MAGISTRI PROCURATORES ET PORTULANI
prolhonlini et les comiti ou capitaines de navires (1). Toutefois l'Etat conservait une part importante dans le règlement de ces questions qui intéressaient si vivement la sécurité du royaume. Ainsi, dans chaque port de l'île de Sicile, il devait y avoir trois porlulani, l'un d'origine française nommé directement par le roi, l'autre par le vicarius Sicilie ou commandant militaire de l'île , le troisième seulement par le magister procurator et portulanus Sicilie (2).
Le royaume était divisé , au point de vue qui nous occupe, en quatre grandes régions, affermées chacune soit à un seul magister procurator et portulanus , soit à deux ou plusieurs associés portant en commun le litre de magistri procuratores et portulani.
Le « magister procurator et portulanus Principatus et Terre Laboris » a dans son ressort les côtes de la Méditerranée , depuis la frontière du royaume au nord jusqu'a«x limites de la Calabre; le « M. P. et P. Apulie et Aprucii » les côtes de la mer Adriatique, également depuis la frontière du nord , délimitée de ce côté par le fleuve Tronto, jusqu'au port de Roseto , au fond du golfe de Tarente; enfin le « M. P. et P. Calabrie » et le « M. P. et P. Sicilie » les côtes de la presqu'île de Galabre et celles de l'île de Sicile.
Les limites qui séparent les attributions des magistri procuratores et porlulani de celles des secreti ne sont pas établies d'une manière rigoureusement fixe. Il arrive parfois, lors d'une nouvelle adjudication , que la perception de tel ou tel revenu est retirée au secretus pour être donnée au magister procurator et portulanus, et réciproquement. Tel est le cas, par exemple, pour le bail des enfants mineurs possesseurs de fiefs, que l'on a notamment, dans la même année 1278, confié en Pouille au secretus (3) et en Sicile au magister procurator et portulanus (4). Tel est le cas aussi, dans un autre ordre d'idée, pour la location et la mise en valeur des jardins, vignes, bois d'oliviers, boutiques et bains faisant partie du domaine de l'Etat (5).
Bien plus, \^ Secret la et la charge de magister procurator et
(1) Minieri-Riccio, Saggio di codice diplomatico, supplemento, parte I», pp. 38-44 ; Tomacelli, Stoha de' reami di Napoli e Sicilia, I, pp. 389 et 430.
(2) Minieri-Riccio, Il regno di Carlo 1 d'Angiô. anno 1278, p. 44.
(3) Ueg. ang. 1, f» 159".
(4) Ordonnance de nomination des magistri procuratores et portulani Sicilie , du Il décembre 1278, publiée par Minieri-Riccio, Saggio di codice diploviatico , supplemento, parte I», p. 41.
(5) Voir le texte cité dans la note précédente, pp. 42 et 43.
portulanus pour un même pays peuvent parfaitement se trouver réunies dans les mêmes mains et être affermées simultanément par le même individu ou par la même société. Cette combinaison paraît même la plus généralement adoptée pendant les dernières années du règne de Charles I"', à partir de 1282 (1).
Parmi les revenus qui ne rentrent pas dans la Secretia figurent , on l'a vu plus haut, le produit des fermes ou masseries royales et des haras. Celles de ces masseries qui sont situées au nord du royaume , dans les provinces voisines de Naples : Terre de Labour, Principat et Abruzzes, sont, ainsi que les haras, administrées directement pour le compte du roi, sous la surveillance du sénéchal. Mais les masseries des provinces plus éloignées de la capitale : Basilicate , Terre de Bari . Terre d'Otrante, Capitanate et Calabre , sont au contraire données à bail en quatre groupes (la Basilicate et la Terre deJBari n'en formant qu'un seul) à des fermiers appelés magislri massarii.
Les masseries et les haras sont, de la part du gouvernement angevin, l'objet d'une constante sollicitude. Tout ce qui concerne leur exploitation est soigneusement réglé dans les plus minutieux détails. Ne pouvant entrer ici dans de plus longs développements, nous renvoyons le lecteur aux curieuses lettres et ordonnances de Charles P' publiées par Minieri-Riccio (2), ainsi qu'au statutum massariarum contenu dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris (3).
Enfin , à côté des secreti, des magistri procuratores et portulani et des magislri massarii, il existe encore une quatrième classe de fermiers de l'Etat. Ce sont les magistri siclarii qui ont affermé, à la suite d'une enchère publique et moyennant une redevance annuelle considérable (4) , l'exploitation des monnaies royales « régie sicle » de Brindisi et de Messine.
La fabrication des monnaies est pour l'Etat une source de revenus importants. Aussi rien de plus net, de plus précis que les mandements se rapportant à cet ordre de choses, fixant par exemple le poids , la valeur et la quantité des espèces à frapper. On va même jusqu'à introduire dans ces mandements un dessin sommaire du coin à employer pour les nouvelles monnaies , avers et
(1) Registres primitifs. n<" CXXXIX, CXL. CXLII et CL.
(2) Saggio di codice diplomatico, supplemento, parte I», pp. 34-39.
(3) Bibl. nationale, manuscrit latin 4626, f°* 4'' et suiv.
(4) Minieri-Riccio, Il regno di Carlo Id'Angiô, no 1278, p. 82.