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EXTRAVAGANTES INFRA REGNUM

adressés aux secreli, aux magistri procuratores et portulani et aux magistri massarii est particulièrement intéressante au point de vue financier et économique. Nous devons surtout mentionner son importance pour l'histoire du commerce et de la navigation dans la Méditerranée et les mers du Levant (1).

Mais, en outre, il se passe pour les secreti et pour les magistri procuratores et portulani un fait analogue à celui que nous avons déjà mentionné en parlant des justiciers. Ces fermiers ont entre leurs mains, par suite des perceptions qu'ils opèrent , des sommes considérables dont une partie revient à l'Etat à titre de fermage. Aussi le gouvernement royal s'adresse-t-il très souvent à eux pour efTectuer dans les provinces des paiements de toute espèce , dont le montant est ensuite déduit de la redevance annuelle à payer. On prévoit même le cas où les paiements dépasseront la valeur du fermage et où les secreti se trouveront ainsi créditeurs de l'Etat au moment de la reddition des comptes (2). Les secreti et les 'magistri procuratores remplissent alors, vis-à-vis du roi, le rôle de véritables banquiers. A ce titre, ils peuvent se trouver mêlés à des opérations de nature très diverses et qui n'ont plus aucun rapport direct avec leurs attributions régulières.

Extravagantes infra regnum.

Les deux grandes classes que nous venons d'étudier ne renferment que des actes nettement caractérisés par leur adresse. Les autres actes administratifs émanés du pouvoir central , qu'ils soient adressés à des fonctionnaires différents des justiciers, des secreti et des magistri procuratores et portulani, à des simples particuliers, ou à une universalité comme à tous les habitants d'une ville ou d'une province , ou bien qu'ils débutent par une formule générale et indéterminée : « Universis fîdelibus nostris présentes litteras inspecturis », sont tous réunis et mélangés dans les registres de la dynastie angevine sous le nom di'Extrravagantes.

Los Extravagantes se divisent en deux classes, suivant que les actes doivent avoir leur effet dans les limites du royaume de Si- Ci) Voir, à titre d'exemple, les documents publies par Del Giudice, fliplom» iuiili a re Carlo I d'Angiô riguardanti cose marittime. Napoli, 1871, in-4°.

('2) Dans ce cas , ils ne pouvaient être privés de la Secretia avant d'avoir été indemnisés.

cile OU hors de ces limites : les Extravagantes in ou infra regnum et les Extravagantes extra regnum . La première de ces deux classes est naturellement de beaucoup la plus considérable au point de vue du nombre des documents.

Les Extravagantes infra regnum n'admettent en principe aucune subdivision. Les actes sont simplement transcrits à peu près par ordre de dates , au fur et à mesure de leur expédition , sur une série de cahiers qui sont ensuite réunis en volume. Cette absence de subdivisions ne laisse pas que d'être assez incommode , vu la quantité des pièces transcrites. Aussi arrive-t-il presque toujours que, pour gagner du temps, on commence un nouveau cahier, alors que le cahier précédent n'est pas encore rempli. Les divers cahiers d'un même registre d' Extravagantes infra regnum empiètent donc en général les uns sur les autres en ce qui concerne les dates des pièces. Parfois même on se décide à entreprendre simultanément la confection de deux cahiers et , ce système se développant, on arrive à établir, d'une manière tout à fait arbitraire, deux et même trois (l) séries parallèles , indépendantes les unes des autres au point de vue chronologique. Tantôt ces séries sont réunies dans un seul volume, tantôt elles forment, pour une même période de temps, deux registres distincts (2). D'autre part, des erreurs paraissent avoir été assez souvent commises lors de la réunion eu volume des cahiers d'Extravagantes infra regnum. On trouve ainsi à la même époque , à côté de cahiers ayant fait indubitablementpartie d'un même registre primitif, des fragments qui sont au contraire toujours restés à l'état isolé (3).

Nous avons déjà dit plus haut que les Extravagantes infra regnum^ de même que les actes adressés aux justiciers et aux secreti, peuvent être soumis à la division en registres de guria et registres DE PRivATis. On sait que cette division, qui apparaît au mois d'avril 1270 , n'a été appliquée que d'une manière fort inégale et seulementjusqu'à la lin de la IP indiction (août 1274).

(1) Voir la Restitution du registre primitif W CXX.

(2) Voir, dans la Restitution des registres primitifs, pour la XII' indiction, les n"" VIII et IX; pour la IIP indiction, les n<" LXXVI et LXXVII; pour la IX« indiction, les n"' CXXVII et CXXVIII; pour la X« indiction, les n" CXXXIII et CXXXIV.

(3) Voir, dans la Restitution des registres primitifs, les n»' XXI, XXXV, XLIV,

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