EXTRAVAGANTES EXTRA REGNUM
uu registre de la XV^* iudiction : « Vicario et camerario Urbis et vicario Tuscie , senescaito Lombardie , ballivo Andegavensi , senescallo Provincie et aliis extra regnum » (1).
Inutile d'iusister sur rintérêt que présentent les Extravagantes extra regnum, surtout au point de vue de la France et de l'Orient latin. Il faut toutefois faire remarquer qu'on rencontre égalemenldans les trois autres grandes classes étudiées précédemment un assez gi'and nombre d'actes qui, bien qu'adressés dans le royaume même à tels ou tels officiers, s'appliquent d'une manière plus ou moins directe à la politique générale et aux affaires extérieures. Ainsi, il y a parmi les lettres aux justiciers , aux secreti ou aux magislri portulani et procuralores^ aussi bien que parmi les Extravagantes extra regnum , des pièces concernant les relations de Charles P"" avec les princes d'Oiient, chrétiens ou musulmans (2). Il en est de même pour les documents relatifs à la dernière croisade de saint Louis en 1270, où Charles d'Anjou accompagna son frère (3). Mais cette observation n'atténue pas il'ailleurs l'importance des Extravagantes extra regnum.
Sans vouloir multiplier ici les exemples , nous mentionnerons encore un règlement du 28 août 1274 relatif aux juifs établis à Angers (4) , et nous emprunterons au « Registrum Francie et Provincie (5) » ce mandement du 5 février 1277 , si curieux pour l'histoire du costume , qui nous atteste, à la fois, et la vogue dont jouissaient déjà les modes françaises, et la facilité de relations qui devait exister entre Naples et le nord de la France pour que la reine de Sicile fit venir de si loin ses guimpes, ses coiffes , ses gants et autres menus objets de toilette et de lingerie (6) :
a Chai le , par la grâce de Dieu Roi de Secile , à Jehan de Vilemaroi (7) , son clerc et son familier , sa grâce et sa bone volonté. Nous te
(I) Regf. ang. 17, f» 50. Cf. Ktgiitn ■primitif n» XLV.
(?) Voir les textes réunis et publiés par Del Giudice, Codlce diplomatico, pp. 219- 223, en note.
(3) On verra plus loin qu'il existe un registre spécial tenu pendant la croisade « au camp devant Carthage. » Cf. la Restitution du registre primitif, n° XXVIII.
(4) Registre angevin 20, f° 54.
(5) Aujourd'luii Registre angevin 20, f° 67. Cette pièce a déjà été publiée, mais d'une manière presque inintelligible et qui appelait une réédition, par Minieri- Riccio, Saggio di Codice diplomatico, I, p. 132.
(6) Cette pièce est en outre, dans l'état actuel des choses, le plus anc-icu document en langue française qui subsiste aux archives de Naples.
(7) Jehan de Vileniaroi était, depuis le 18 mars 1276, le chargé d'affaires du
mandons que, à la requcste Jehan Troussevache , nostre eschancon et nostro familier, et de sa conscience, tu achetés ou faces acheter aveuqucs celui Jehan les choses qui sunt contenues en ceste letre, lesqueles sunt neccessaires pour Nous et poui- nostre compaigne la reine de Secile; et, quant tu les auras achetées, balle les à icelui Jehan à assener au trésoriers de nostre Chambre , et pourchace voiture pour les aporter jusques à nous, et rcscrif au devant diz trésoriers le pris des devant dites choses particulercment, c'est assavoir combien chacune chose par soi couste. Les choses sunt teles : mil aunes de toile ; x dozenes de toalles; xl sarges verz , ii dozenes de tapiz , moitié verz et moitié rouges ; Ix paire de robes linges ; iiij livres de laz et ii de couture et de pourfil ; I pel et ii paire de heuses forz et i pièce de tele déliée pour faire coiffes; vi paire de ganz fourrez et x(i dozenes de ganz sanglés et VI dozenes pour dames et ii dozenes de panes pour chaperons, que de gros ver que de menu ver, et iiij escallates vermeilles et ii paonnaces, vi verz, VI pers; VI camelins de Douay ; ii galebrins vermeuz ; ugalebrins noirs ; Ix napespour la table le Roi ; xx dozenes de toualles ; item, m dozenes de caintures d'argent dorées ; ii dozenes de caiutures d'argent blanche ; vi dozenes de fermauz d'or; v dozenes d'aumeurnieres; nu mars d'orsende ; 1 pièces de gimples de xn s. la pièce, don la moitié soit large de v tourz et l'autre moitié soit estraite de m tourz ; xxxvi pièces de cou vrechiés de lin ; III dozenes de coustiaUs petiz ; m dozenes de coifes flories granz pour la Reine; Iv dozenes de coifes plenes pour la Reine; v dozenes de couvrechiés de soie pour la Reine ; ii pelicons de gris pour la Reine ; ii pelicons de menu ver pour la Reine ; i chapel ; i trecon à buisetes pour la Reine ; ii dozenes de chapiaus à pelles ; i dozene de trecons à perles pour donner ; v dozenes de chapiaus de poisson ; x™ de bones espingles de Lagni ; v dozenes de coifes à mestier de pluseurs couleurs ;
V dozenes d'aguilles à lacier sanz molles ; nu pièces de guimples de
V tourz pour la Reine ; nu pièces de guimples de un tourz pour la Reine ; un pièces de guimples de m tourz pour la Reine; un pièces de guimples de Léon de m tourz pour la Reine ; i coustepointedes armes noble houme le Conte de Neverz , son père , et ni tapiz de celés meesmes armes. Et recoif apodixe de celui Jehan de ce que tu li desliverras. Gestes choses fai en tele manière que il n'i ait nul deffaut.
Ce fu fet à Roume, l'an de Nostre Segneur m n« Ixxvn, le quint jour de fevi'ier de la quinte indicion , le xn an de nostre règne (I).
roi en France, et spécialement à Paris, dans l'Anjou et dans le Maine. Registre angevin 20, f 54'' .
(1) Il y a quelques années encore, cette pièce ne constituait pas un exemple isolé dans les Registres angevins. Il y en avait une autre du même genre, également en français, peut-être plus curieuse encore, et , en tous cas, antérieure de près de cinq ans : « Donnée à Montfort (Monteforte , en Prlncipat), par la main mestre Symon de Paris, chancelier dou reau de Seziie , l'an l'incarnation Nostre Segneur MCCLXXII , le premier jor d'aoust, XV' indiction, l'uitime
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