COMPTES DES TRÉSORIERS
la bonne règle, transcrits une seconde fois dans les registres à' Extravagantes infra regnum , où ils devaient régulièrement se placer (1).
De leur côté , les trésoriers étaient astreints à préparer des comptes pour les soumettre aux maîtres rationaux. Dans ce but ils devaient, sur des cahiers ou quaternes , noter , conformément aux antapoques , les versements opérés au Trésor, et énumérer d'autre part tous les paiements effectués par eux, en transcrivant comme justification de chaque paiement les mandements royaux et les quittances délivrées parles tiers qui avaient touché l'argent.
Comme les mandements royaux étaient en français, il parut tout naturel de les transcrire textuellement. Mais le latin était la langue administrative officielle du royaume. On décida donc, pour tout concilier, que les comptes des trésoriers, avec les nombreuses pièces justificatives dont ils contenaient la copie , seraient rédigés en double exemplaii'e, l'un en français et l'autre en latin.
L'ordonnance de 1277 ajoutait que ces cahiers devaient être envoyés au roi à la fin de chaque mois. Mais ce délai parut sans doute trop court, et l'on crut préférable d'attendre trois ou quatre mois pour arrêter chaque compte. En effet, le premier compte qui aitsuiviTinstitulion du Trésor futseulement rendu le 5 mars 1278 et ce compte contenait toutes les opérations financières effectuées depuis le 27 octobre 1277 jusqu'à la fin du mois de février 1278(2). Plus tard, nous trouvons l'année partagée : pendant la VIII», laTX«etlaXI« indictions, en trois périodes de quatre mois (3) ; et pendant la X* indiction en quatre périodes de trois mois (4), les séries de périodes ayant toujours le l^' septembre comme point de départ.
Les deux exemplaires de ces comptes des trésoriers, après avoir été vérifiés par les maîtres rationaux , étaient déposés dans les archives de la Couronne pour être conservés à côté des registres proprement dits. Aussi leurs débris figurent-ils encore aujourd'hui dans la collection des Registres angevins.
Ces documents sont toujours disposés de même. En tête se trouve l'état des sommes qui sont restées entre les mains des tré-
(1) Reg. ang. 31, f»» 116, 12'2^ 124, 125 et 126.
(2) Voir le texte de Vapodixe publiée à la fin du présent chapitre.
(3) Registres primitifs n<" CXXIII, CXXIV, CXXX, CXXXI, CXMV, CXLV etCXLVl.
(4) En effet, nous avons, pour la X* indiclion, des comptes de mars h mai et '1^- juin à août. - Registres primitifs n"' CXXXVI, CXXXVII et CXXXVIII.
soriers après la reddition du compte précédent. Puis viennent les recettes : entrée, inlroilus, rangées par ordre chronologique. Ce sont presque uiii(]uemeiit des excédenls versés par les ditTérents officiers et spécialement par les justiciers, les secreli et les magislri procuralores. I/iiidicalion de la somme perçue est répétée eu marge des feuillets, pour faciliter le calcul du total de l'entrée. Dans ce total, qui termine les recettes, les sommes sont indiquées suivant la nature des espèces , florins d'or, augustales d'or , gros et petits tournois d'argent, avec l'évaluation en monnaie de compte, d'après le système adopté par l'administration angevine : onces d'or se divisant chacune en 30 taris , et chaque tari en 20 grains (1).
Les dépenses sont réparties en un certain nombre de chapitres, qui varient peu d'un compte à l'autre. Pour les mois de mars à mai 1282 , ces chapitres sont ainsi classés :
1" Sommes payées aux greffiers de l'Hôtel pour les dépenses personnelles du roi;
2» Sommes payées aux pourvoyeurs des châteaux-forts pour les gages des châtelains, concierges, chapelains et sergents, des pourvoyeurs eux-mêmes et de leurs notaires ;
3° Sommes payées au capitaine du Château de l'OEuf, pour les gages des sergents du Château de l'OEuf et du Château-Neuf à Naples;
4° Sommes payées pour divers services de la Cour;
5° Sommes payées pour la construction du monastère royal de Sainte-Marie de Real-Valle;
6» Sommes payées pour la construction du monastère de Sainte- Marie de la Victoire (2) ;
7° Sommes payées pour les travaux du Château-Neuf, à Naples ;
8° Sommes payées pour les travaux du Castel-Capuano, à Naples;
9° Sommes payées pour la construction |des navires et des galères royales;
lOo Sommes payées à diverses personnes; •
(1) Le rapport de cette monnaie de compte avec la monnaie française varie légèrement suivant le cours ày\ change. En moyenne, le grain est égal au denier tournois; le tari vaut donc l sou 8 deniers, et l'once d'or 2 livres 10 sous tournois.
(2) Construit près de Tagliacozzo pour perpétuer le souvenir de la victoire remportée sur Conradin en 1268. Le monastère de Real-Valle était situé près de Scafati.