‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 32 sur 142 · COMPTES DES TRÉSORIERS · texte numérisé non relu

COMPTES DES TRÉSORIERS

11° Sommes payées pour la dépense de la princesse de Salerne, belle-fllle du roi , et de ses enfants;

12" Sommes payées pour les dépenses des trésoriers et des notaires de la Chambre mis sous leurs ordres;

13° Dépenses pour la frappe de la monnaie d'or à Naples (1).

Chaque mention de paiement effectué par les trésoriers est accompagnée de la copie du mandement royal ordonnant la dépense et de l'apodixe ou quittance délivrée par le personnage qui a reçu la somme , en un mot des pièces nécessaires pour mettre à couvert la responsabilité des trésoriers.

Les comptes se terminent par le total des recettes, évalué de la même façon que le total des dépenses ; la balance des recettes et des dépenses ; la mention des sommes restant en caisse après la clôture du compte; enfin l'inventaire des objets précieux, joyaux, pièces d'orfèvrerie , livres, confiés à la garde des trésoriers.

L'exemplaire en langue vulgaire est d'une belle écriture française très lisible. Les actes sont largement espacés. Les marges sont grandes. L'ensemble des cahiers présente un aspect bien supérieur à celui des registres proprement dits, dans lesquels les docLimenls, transcrits à la hdte, se pressent littéralement les uns sur les autres.

La copie latine, qui est l'œuvre d'un scribe italien, est également très soigneusement exécutée.

Pour vérifier la gestion des trésoriers , les maîtres rationaux examinaient les cahiers, en ayant sous les yeux les comptes précédemment arrêtés et les registres renfermant la copie des mandements en français. Eu même temps, on demandait leurs comptes à tous les fonctionnaires qui avaient reçu de l'argent des trésoriers et qui étaient obligés de justifier de son emploi , ces comptes particuliers devant être comparés aux comptes généraux du Trésor (2), Lorsque les maîtres rationaux avaient constaté .l'exactitude des

(1) Reg. ang. 43, f- 100-198 {Registre primitif n- CXXXVII). — Nous avons pris pour exemple un compte en latin, parvenu jusqu'à nous dans son intégrité.

(2) IjC compte des trésoriers pour les mois de mars à mai 1282 porte, en marfje du premier feuillet de l'exitus, la mention suivante, qui a été ajoutée postérieurement, lorscpie le compte a été soumis à l'examen des maîtres rationaux : « Vocenlur ad computum onmes infrascripti quibus data est pecunia, de qua debeant computari. — Et fiât collatio cum rationibus eorum. — Et fiât collatio cum piecedeiiti ratione, de tempore quo posita est et de mandatis qui ponuntur infra fuisse assignata in ipsa et de temporibus solutionum factarum diversis personis, ut continnentur. » Reg. ang. 43, f° 112.

calculs laits par les trésoriers et rauthenlicité des pièces qu'ils soumettaient à leur examen , le roi accordait aux trésoriers , suivant la forme usitée pour les comptables, une décharge générale appelée également apodixe, où se trouvaient résumés tous les éléments du compte. Cette apodixe était munie de deux sceaux : le grand sceau et le sceau secret du loi (I).

De même que les comptes, l'apodixe fut rédigée en double exemplaire, Tun en français, l'autre en latin.

La même disposition fut étendue à des apodixes analogues concernant deux autres groupes de comptables : d'une part les greffiers de l'Hôtel, que nous retrouverons dans le chapitre suivant; d'autre part le vice-maître justicier, chargé, conjointement avec un autre familier du roi, de payer la solde des troupes royales au moyen de fonds remis à cet effet par les trésoriers.

Comme tous les actes de pouvoir souverain, les apodixes octroyées aux trésoriers du Château de lOEuf , aux greffiers de l'Hôtel et au vice-maître justicier furent enregistrées. On les transcrivit sous leur double forme , en reproduisant in extenso, l'une à la suite de l'autre , la version française et la version latine. Les apodixes qui subsistent encore se rapportent à la VI» , à la VIP et • à la Ville indictions. Celles de la Vie et de la VIP indiclions sont rattachées aux registres contenant les mandements en langue française (2). Celles de la Ville indiction, au contraire, sont placées au rang assigné jadis à VApodixarium , à la suite des Extravagantes infra regnum (3).

Les registres de mandements, les comptes et les apodixes en français sont spéciaux au règne de Charles I". Ou retrouve bien postérieurement, surtout pour le règne du roi Hobert, un grand, nombre de fragments provenant de comptes des trésoriers. Leurs débris , plus ou moins mélangés (4), constituent même , dans la colleclion actuelle des Registres angevins, des volumes entiers dont une vingtaine porte au dos la mention : Ratio thesauri (5). Mais ils sont tous, sans exception, rédigés uniquement en latin. Ces documents en français constituent, avecles comptes de t Hôtel, une des portions les plus précieuses des archives angevines. Ils

(1) Voir la pièce publiée à la fin du chapitre. (1) Registres primitifs n"» CIIl et CXIII.

(3) Registre primitif n» CXX.

(4) Voir, à la fin de ce volume, l'analyse du Registre angevin llb.

(5) Reg. ang. 201, 210, 211, 216, 225, 229, 230, 231, 256, 262, 263, 269, 279, 283, 284, 287, 290, 301, 310.

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