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ORIGINE DES RÈGLES DE CLASSEMENT

irimoniis , pour les Apodixe , et aussi deux catégories qui ne sont pas destinées à rester en usage , le groupe des Littere de conductu ou saufs-conduits et celui des lettres relatives à des emprunts ou de muluo conlrahendo (1). En revanche, les actes auxquels on commence alors à donner le nom d' « Extravagantes » sont tous mélangés ensemble, au lieu d'être partagés entre deux groupes, comme du temps de Geoffroy de Beaumont. De plus, au milieu de ces Extravagantes , on a admis des Privilégia.

A tous ces premiers registres s'applique indistinctement une même remarque de grande importance. Dans aucun d'eux on ne tient compte de ïindiction ni pour ouvrir, ni pour fermer le registre. On sait cependant combien la règle de l'indiction devait finir par être rigoureusement observée pour la coupe des volumes. Tel est l'état des choses lorsque le registre de Jean d'Acy est interrompu, au mois d'octobre 1268 (XII* indiction), par la mort du chancelier. Geoffroy de Beaumont, succédant à Jean d'Acy, revient à la tête des bureaux de la Chancellerie, cette fois avec le titre de chancelier du royaume. A partir de ce moment, le nombre des actes transcrits augmente dans une immense proportion et paraît comprendre désormais l'universalité des documents administratifs émanés du pouvoir central.

En même temps, on constate l'application des grandes règles de classement qui continueront à rester en usage, y compris la règle de l'indiction pour les changements de registres. Lorsque cette dernière règle a été mise eu pratique à la fin de cette même XIP indiction, ce devait être certainement la première fois qu'on l'invoquait, car elle a embarrassé les employés de la Chancellerie, qui, faute d'habitude, ont commis des erreurs en prolongeant plusieurs des séries pendant un ou deux jours de trop après le 31 août (2).

La coïncidence de cet ensemble de faits avec la rentrée de Geoffroy de Beaumont nous paraît significative. Elle atteste formellement, suivant nous, que c'est au nouveau chancelier qu'il faut attribuer l'adoption détinilive d'un plan général pour les registres. Du reste, le nom de Geoffroy de Beaumont était déjà attaché à certaines mesures importantes relatives aux mêmes matières. C'était sous sa première administration, alors qu'il n'était encore que chancelier de Bayeux, que l'on avait ouvert le plus ancien « registrum Cancellarie, » opposé au plus ancien « regislrum Cu'

(1) Voir plus haut, p. 7S, notes 1 et 3.

(2) Voir, dans la Reslitulion des registres primitifs , les n" VI , VII et IX.

mère. » Et, dans ce regislrum Cancellarie pour la X® indiction, il avait introduit une division analogue aux Extravagantes extra et infra regnum, tandis que, l'année suivante, le chancelier Jean d'Acy, moins avancé que lui, continuait à ne pas faire de distinction entre les actes s'appliquant dans les limites et les actes s'appliquant liors des limites du royaume de Sicile.

Ainsi donc, en examinant les fragments des premiers registres de la dynastie angevine, on trouve d'abord une période originaire où le registre n'admet aucune division. Puis on entre dans une période d'essais qui tendent à faciliter l'usage du registre par la répartition des actes en séries et qui vont en se développant et en se perfectionnant graduellement. Ces essais demandent un temps assez long, et ce n'est que sous la XIl^ indiction, c'est-à-dire seulement dans la quatrième année du règne de Charles I", que les principes finissent par être arrêtés d'une manière à peu près fixe.

Il en résulte que les règles exposées dans nos premiers chapitres n'existaient pas encore au moment de la conquête. Elles sont, par conséquent, l'oeuvre des employés de la Chancellerie de Charles P"" d'Anjou, et spécialement, parmi ces employés, du chancelier Geoffroy de Beaumont.

D'ailleurs, nous avons déjà eu occasion de faire remarquer que l'adoption définitive de ces règles remonte justement à l'époque où le fondateur de la nouvelle dynastie se trouve débarrassé de la rivalité de Conradin , et désormais en possession assurée des provinces méridionales de l'Italie (1). L'étroit rapport qui existe entre le classement des registres et les principes d'administration appliqués par Charles h' dans ses nouveaux Etats nous porte à croire que c'est également à la même époque que celte organisation administrative a dû atteindre ce haut degré de netteté et de précision qui la caractérise dès lors jusque dans ses plus petits détails.

(l) Voir plu3 haut, p, 34.

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