‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 45 sur 142 · I. — Matière subjective. — Format · texte numérisé non relu

I. — Matière subjective. — Format

Pendant, le règne de Charles I" , les registres proprement dits , de même que les comptes des trésoriers du (>iiàteau de l'OEuf et des greffiers de l'Hôtel, sont tous sur parchemin (1). Les feuilles de parchemin sont pliées en deux et réunies par cahiers composés chacun , en principe, de quatre feuilles, soit huit feuillets ou seize pages.

Nous disons : en principe , car ce nombre de feuillets se trouve maintes fois réduit par la force même des choses. En effet, on emploie toujours des cahiers distincts pour chaque série d'actes, par exemple pour les lettres adressées à tel justicier, à tel secretus, ou pour les Extravagantes extra regnum se rapportant à telle région. 11 n'y a que les mentions de faveurs personnelles formant notre sixième grande classe (2) qui puissent être réunies sur les feuillets d'un même cahier. Quand une de ces séries ne renferme qu'un petit nombre de pièces , il suffit de lui consacrer un cahier n'ayant que six , quatre ou même seulement deux feuillets. D'autre part , il arrive aussi, à la fin des séries, que les actes à transcrire manquent pour remplir entièrement le dernier cahier. Dans ce cas, les employés de la Chancellerie s'ar-

(1) Dans les feuillets provenant da plus ancien registre de Charles I", le parchemin est excessivement fin. Plus tard , il varie d'épaisseur, de grain . de poli et de blancheur, sans qu'il faille accorder aucune attention à ces différences, des <|ualilés très inégales se trouvant réunies côte à côte dans les mémos registres primitifs. On peut noter toutefois que, dans les comptes des trésoriers, le parchemin est un peu i)lus beau et surtout plus égal d'aspect que dans la généralité des registres proprement dits.

(2) Voir plus haut, p. 71.

rangent pour faire tomber les dernières lignes des pièces au bas du verso d'un feuillet, et l'on supprime ensuite tous les feuillets qui seraient restés blancs (1). Ce sont là, d'ailleurs, des exceptions accidentelles. Dans les séries qui occupent sans arrêt une certaine étendue, telles que les Extravagantes infra regnum, on observe très exactement , en général , le groupement des feuillets par cahiers de huit.

Le format des feuillets varie et augmente progressivement à mesure que le registre est plus récent, depuis l'avènement de Charles l" jusqu'à la IV indiction (1275-1276).

Dans les premiers registres , antérieurs au commencement de la XII* indiction (septembre 1268) , les feuillets n'ont encore que 320 à 340 millimètres de haut sur 220 à 250 millimètres de| large (2). Les dimensions sont portées à 340 millimètres sur 270 millimètres dans le registre de Geoffroy de Beaumont ouvert pendant le premier tiers de la XIP indiction; puis à 350 millimètres sur 270 millimètres dans les registres de l'indiction suivante. La hauteur atteint ensuite 360 millimètres dans la plupart des registres des XIV» et XV indictions. Ceux de la P® indiction au contraire n'ont guère, en général , que 330 à 340 millimètres de haut sur 250 millimètres de large. Mais avec la JP indiction on retrouve la même moyenne que pour la XV«. Enfin , à partir de la IIP' indiction jusqu'à la fin du règne , ou adopte généralement comme dimensions 380 à 390 millimètres de haut sur 280 à 290 millimètres de large. Toutefois ces dimensions sont encore momentanément dépassées dans la plupart des registres des IV» , V* et VP indictions, qui atteignent jusqu'à 400 millimètres sur 300. Les comptes des trésoriers ont exactement le même format

(1) On remarque une préoccupation constante de ne pas laisser d'intervalle vide dans les volumes, afin d'empêcher toute fraude tendant à introduire après coup la copie d'un acte plus ou moins faux. Non seulement on supprime les pages blanches, mais encore les scribes chargés de confectionner les registres cherchent toujours autant que possible, en écartant ou en resserrant l'écriture et les lignes, à remplir entièrement les pages et à terminer chaque série au bas d'un verso de feuillet. Mais , bien entendu, il y a des cas où les circonstances se sont trouvées trop défavorables pour que ces efforts aient pu complètement aboutir.

Chose curieuse, l'événement a donné raison , au bout de quatre cents ans, aux appréhensions des employés de la ChanceUerie. Il paraît en effet certain qu'au dix-septième siècle d'habiles faussaires ont cherché à tirer parti des espaces demeurés inoccupés dans les R,egistres angevins. Voir Del Giudice , Del grande Archivio di Napoli , pp. IG-19, en note.

(2) Registres iirimitifs n°' 1 à V.

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