‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 48 sur 142 · ORNEMENTATION · texte numérisé non relu

ORNEMENTATION

de côté le Liber Donationum et les comptes des trésoriers (1), offre plutôt un aspect négligé, il n'y a aucune recherche de luxe ni d'élégance. On se contente d'entasser les actes les uns à la suite des autres, en laissant très peu de blanc entre eux, et l'écriture est sensiblement moins soignée dans les transcriptions que dans les expéditions. Ces conditions matérielles s'améliorent un peu vers la fin du règne, et l'infériorité des registres commence à s'atténuer. Cette tendance s'accentue après la mort de Charles P"", surtout à l'époque du roi Robert. On trouve, pour le quatorzième siècle, des registres qui, tout en restant toujours fort simples au point de vue de l'ornementation, finissent par présenter un certain degré de soin et même d'élégance.

III. — Numérotation des feuillets. — Signatures des cahiers. — Réclames. — Titres courants.

A une époque déjà ancienne qui paraît être voisine, sinon même contemporaine, de la formation, au seizième siècle, des Registres angevins actuels , les feuillets de chaque volume ont reçu une numérotation générale en chiffres arabes (2) placés dans l'angle supérieur droit du recto. Cette numérotation se suit normalement d'un bout à l'auti-e du volume, sans tenir aucun compte des interversions et des lacunes antérieures à la création de la collection factice que nous possédons aujourd'hui (3). C'est à cette numérotation moderne que se réfèrent , sauf erreur , les auteurs et les historiens, lorsqu'ils citent une pièce extraite des Registres angevins. Il est à noter que ce numérotage a été fait parfois avec assez de négligence. Certains chiffres ont été répétés et d'autres , au contraire, ont été omis.

A côté du chiffre arabe, toujours dans l'angle supérieur droit du recto, on trouve souvent un ou moins fréquemment deux chif-

(1) Nous avons déjà parlé de la supériorité de ces comptes sur les registres proprement dits. Quant au LmiiR Donationum, on sait qu'il se distiugue par des particularités tout à fait spéciales.

(2) Cependant, dans certains Registres angevins, au lieu de donner aux feuillets cette nouvelle numérotation en chilîies arabes, on s'est borné à se servir, pour tout ou partie du volume, des numérotations primitives en chilïres romains. Voir VAnalyse des Reyistres angevins 33, 41 et 48.

(3) 11 faut excepter le Linmt Donationdm [Reg. ang. 7), oii l'on a cherché à mettre la numérotation par chiffres arabes en harmonie non pas avec l'ordre actuel, mais avec l'ordre primitif réel des feuillets. D'ailleurs, cette numérotation paraît de date plus récente dans ce volume que dans le reste de la collection.

fres romains (1). De ces deux séries de chiôres romains , l'une représente Yancienne numérolalion des feuillets^ l'autre, qui n'apparaît que par intervalle , les signatures des cahiers. Il est à remarquer que, la plupart du temps, les signatures se trouvent placées, par rapport à la numérotation des feuillets, un peu plus haut et plus près du bord de la feuille de parchemin.

Cette numérotation des feuillets en chiffres romains se rapporte à l'état primitif des registres, tels qu'ils étaient sous le règne de Charles I". Cependant, en se livrant à un examen très minutieux, on relève encore quelques cas, du reste assez rares , où elle ne correspond pas tout à fait à l'ordre réel. Mais ces exceptions doivent être considérées comme étant le résultat d'erreurs commises par les employés de la Chancellerie dans la formation des registres.

Cette opération demandait en effet une grande attention. Les actes étant transcrits au fur et à mesure de leur expédition, il fallait commencer simultanément un certain nombre de cahiers correspondant aux divisions adoptées. Rien que pour les actes adressés aux justiciers, ces cahiers étaient au moins au nombre de dix ou onze. Ce n'était qu'à la fin de la période embrassée par le registre qu'on pouvait songer à ranger les cahiers et à les réunir en volume. Les listes du 21 novembre 1284 nous décrivent un de ces registres en formation dont les éléments ne sont pas encore reliés, mais simplement attachés ensemble par une cordelette (2).

On conçoit que des erreurs se soient glissées de temps en temps dans ce travail de groupement. Parfois on a oublié de joindre au reste un des cahiers préparés ; parfois on a interverti la suite habituelle des séries (3). On a même été jusqu'à insérer dans un volume un cahier qui aurait du être placé dans un autre (4). Or, la numérotation des feuillets n'était possible qu'une fois le registre achevé, et, bien entendu , on appliquait alors les chiffres pro-

(1) On relève aussi, mais beaucoup plus rarement, des chiflFres romains en caractères plus ronds et plus cursifs et qui ne paraissent remonter qu'à la fin du quinzième ou au commencement du seizième siècle. Ces chiffres romains , placés au haut de la marge, un peu vers la gauche, doivent certainement se rapporter à un classement ou à un numérotage des ancieus registres, antérieurement à la formation des Registres angevins. Ils n'offrent plus aujourd'hui aucune espèce d'intérêt appréciable.

(2j Voir, dans le second volume, le texte des listes de 1284, art. LXXXIII. Cf. Restitution n° CXLIX.

(3) Voir les Restitutions des Registres primitifs n°' VI, XVIII, LXXIII et LXXIV, et surtout CXLVIII.

(4) Registres primitifs n" CXLVIII et CL.

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