‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 49 sur 142 · NUMÉROTATION DES FEUILLETS · texte numérisé non relu

NUMÉROTATION DES FEUILLETS

gressifs en suivant l'ordre dans lequel se trouvaient reliés les feuillets , sans se préoccuper de vérifler si cet ordre était tout à fait exact. En un mot, ce n'est pas dans la numérotation des feuillets, mais dans le groupement préalable des séries ou des cahiers, que les fautes ont été commises. Si, plus tard, on s'apercevait d'une transposition et si l'on cherchait à la faire disparaître , on était obligé de corriger la numérotation en grattant ou en surchargeant les chiffres (1).

Il y aurait bien eu un moyen de rendre les erreurs impossibles : c'eût été de numéroter les feuillets à l'avance. Les employés de la Chancellerie de Charles I" d'Anjou y ont en effet songé au moins une fois, pour un registre contenant les actes adressés aux justiciers pendant les derniers mois de la VIII* indiction (8 avril-31 août 1280). Mais alors se présenta une nouvelle difficulté. Combien fallait-il réserver de feuillets pour chacune des onze séries (une par justicier) qu'on allait ouvrir en même temps et dont la réunion ne pourrait s'accomplir qu'après la fin de l'indiction ? C'est sans doute en s'appuyant sur des exemples empruntés aux registres des années précédentes que l'on établit une évaluation approximative. Mais pour parer- à toute éventualité et pour éviter de se trouver pris de court, on dut compter très largement et préparer un nombre surabondant de feuillets , dont près d'un cinquième demeura inemployé (2). Une fois les derniers actes transcrits, lorsqu'il n'y eut plus qu'à réunir les séries en volumes, on supprima tous ces feuillets numérotés qui étaient restés blancs. On obtint ainsi un registre qui paraît au premier abord être assez incomplet, à n'examiner que la numérotation des feuillets en chiflVes romains, et qui cependant, en réalité, ne présente pas de lacune , ainsi que le prouve l'examen du texte même , confirmé d'autre part par des signatures de cahiers ajoutées postérieurement (3).

Cet essai fut probablement jugé peu satisfaisant, et l'on revint au système ordinaire. En tout cas, on ne rencontre pas un seul autre exemple du même fait dans ce qui subsiste aujourd'hui des registres de Charles P'' (4).

(1) Registre primitif n° LXXXVII.

(2) Exactement vingt-quatre feuillets sur les cent-vingt-cinq premiers.

(3) Voir la Restitution du Registre p-imitif n" CXVI.

(4) Nous laissons de côté le Liber Donationum. Ce n'est plus, en effet, un registre formé par la réunion de plusieurs séries parallèles, mais un manuscrit dont le texte principal a été écrit d'un seul jet. Rien ne s'oppose donc à ce que

Bien avant la formation de la collection actuelle, à une époque encore voisine du règne de Charles I", quelques-uns des registres que nous étudions ont commencé à être l'objet de remaniements plus ou moins importants. Des séries ont été interverties. Parfois on a réuni deux volumes priuiitivement séparés (1); parfois, au contraire, on a partagé un seul registre en deux ou plusieurs portions (2). Nous pouvons facilement juger de ces remaniements : car plusieurs registres ainsi modifiés n'ont plus subi dès lors aucun autre changement et ont été insérés tels quels, au seizième siècle, dans les Registres angevins modernes (3). Ces remaniements, nous le disions à l'instant, remontent à une date reculée ; la plupart doivent avoir été faits au commencement du quatorzième siècle ou même à la fin du treizième. Cependant, hormis un seul cas bien constaté pour les fragments réunis sous le n» XIX dans notre Restitution des registres primitifs , la numérotation des feuillets en chitl'res romains, lorsqu'elle existe, est toujours antérieure à ces altérations et se réfère exactement à l'ordre primitif réel des feuillets,'tels qu'ils ont été placés au moment même de la première formation du registre.

Il n'en est pas de même pour les signatures des cahiers. Quelquefois les chiffres romains servant de signatures ont été ajoutés après coup et seulement au quatorzième siècle, autant qu'on peut apprécier l'âge de caractères aussi simples et aussi peu sujets à varier (4). Il est arrivé que, lorsqu'on a posé ces chiffres, les remaniements mentionnés plus haut avaient été opérés (5), ou que

les signatures de cahiers donnant le compte des feuillets aient pu être placées au fur et à mesure de la composition du volume.

(1) Voir, dans la Restitution des Registres prùnitifs, le n" XIX.

(2) Ce cas s'est produit pour les Registres primitifs n°' XXIX, LXIX, CXX et

(3) Le fait est attesté par les signatures de cahiers. Ces signatures ont été placées à une époque ancienne et, probablement, aussitôt après les remaniements opérés. Or, elles sont encore bien d'accord avec l'ordre dans lequel les fragments se présentent aujourd'hui. Voir les portions des Registres primitifs XXIX, LXIX. CXI, CL et CLII, contenues actuellement dans les Registres angevins 10, 14, 28, 47 et 48.

(4) Ces chiffres sont toujours extrêmement simples de forme, et, comme le nombre des cahiers ne dépasse pas vingt-cinq à trente, ils sont uniquement formés par la combinaison des trois signes : I, V et X. Ils offrent donc fort peu de ressource pour une étude paléographique. Cependant, avec un peu d'habitude, on reconnaît à première vue les signatures ajoutées postérieurement. Les chiffres sont alors plus gros, plus lourds et tracés avec moins de fermeté et de netteté que ceux qui remontent h la formation même des registres.

(5) Voir les Registres primitifs mentionnés ci-dessus dans la note 3.

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