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SIGNATURES DES CAHIERS

dans certains registres il s'était produit des lacunes et des interversions (1). Au lieu de tenir compte de ces accidents, ou a chiffré les cahiers tels qu'ils se présentaient , sans se préoccuper le moins du monde de l'ordre primitif auquel se rapportaient au contraire les numéros des feuillets. Il n'y a plus alors de correspondance exacte entre les deux séries de notations numérales.

Il faut immédiatement ajouter que ce fait ne constitue que l'exception. Dans la grande majorité des cas , signatures des cahiers et numérotation des feuillets sont bien d'accord. Beaucoup de signatures paraissent tout à fait contemporaines de la formation des registres. On y reconnaît parfois la main même des scribes qui ont transcrit les actes (2).

Bien plus, il est arrivé à deux reprises, pour des registres embrassant la série complète des actes expédiés pendant des périodes inférieures à une année, qu'au moment où la transcription des actes était achevée et où il ne restait plus qu'à réunir eu volume les éléments préparés, on a cru prudent, pour éviter les erreurs, de noter à l'avance la place respective des cahiers (3). Dans ce but, ou a mis au verso du dernier feuillet du cahier, dans le bas de la marge inférieure, un peu à droite j un chitïre romain suivi en général de l'abréviation ; ^ = «5, de manière à se lire : primus, secundus^ tercius [Registre primitif n» XVII); ou bien on s'est servi de lettres majuscules gothiques, répétées, dans chaque cahier, au recto du premier feuillet dans l'angle supérieur gauche, et au verso du dernier feuillet dans la marge du bas (Registre primitif n" XXIX). Ces lettres et ces chiffres ne sont, à proprement parler, que de simples moyens de repère destinés à faciliter le travail de composition. C'est du reste ainsi que les employés de la Chancellerie eux-mêmes les ont considérés ; car , malgré leur présence, ils n'ont pas manqué, une fois les registres terminés, de chiffrer à nouveau tous les cahiers d'après le système habituel. Mais un fait analogue s'est reproduit plus tard dans un registre contenant les actes adressés aux justiciers (Registre primitif n° CXXV), et cette fois pour de véritables signatures (4).

(1) Registres primitifs n"' XVIII, XCIl, XCVI et CXXII.

(2) Registre primitif n» LXXXII.

(3) Il est à remarquer que, dans le Registre primitif n» XXIX, on n'a étendu cette mesure qu'à la portion du registce dont le classement présentait le plus de difficulté, c'est-à-dire aux séries des actes adressés aux justiciers.

(4) En effet, dans ce registre, les signatures de cahiers étaient cei tainement déjà placées lorsqu'on a procédé à la réunion des séries en volume. A ce mo-

D'ailleurs, ni la numérotation des feuillets, ni lasiguatnre des cahiers ne constituaient jadis de règle absolue. Ou omettait fréquemment soit l'une, soit l'autre de ces formalités, soit même les deux à la fois. On trouve par conséquent, parmi les registres primitifs , des volumes où les feuillets ont été numérotés sans que les cahiers aient été chitîrés (1) et, réciproquement, des volumes où il n'y a , en fait de chiffres romains , que des signatures de cahiers (2). Enfin, dans bien des cas, on constate une absence complète de toute indication numérale qui soit ancienne et antérieure à la formation des Registres angevins actuels. Tel est le cas notamment, sans aucune exception, pour tous les cahiers de comptes, en français comme en latin, des trésoriers du Château de rOEuf et des greffiers de l'Hôtel.

Au même ordre d'idée que les signatures de cahiers se rattache l'emploi déjà signalé (3) de lettres majuscules, inscrites en manière de titre au milieu de la marge supérieure, servant à déterminer des divisions factices dans les anciens registres de la Chambre, à l'époque où ces registres présentent encore un aspect différent des registres de la Chancellerie (4). Nous rappelons que ces lettres, absolument contemporaines du texte, sont tantôt placées seulement sur le premier feuillet de la division {Registres primitifs n»* XXVI et XLI), tantôt répétées de feuillet en feuillet (Registre primitif no LIX). Leur présence exclut toute signature de cahiers par le moyen ordinaire.

Il est inutile d'insister sur l'immense importance de ces notations en chiffres romains et surtout de celles qui se réfèrent à la numérotation primitive des feuillets. Tout en tenant compte des

ment, on a laissé de côté, par erreur, le cahier I. Le registre composé, on s'est aperçu que les signatures ne cadraient plus avec l'état des choses. Par suite de l'omission de tout un cahier, on se trouvait avoir en tête un feuillet portant II comme signature de cahier. Au lieu de réparer l'erreur en recherchant le cahier oublié pour le remettre à sa place, on a préféré surcharger toutes les signatures en les diminuant chacune d'une unité, afin de rétablir l'harmonie avec la numérotation des feuillets.

(1) Registres primitifs n°" VI, XVI, XXX, etc., etc.

(2) Registres primitifs n" XX, LVII, CXVIII, CXXVI, etc., etc.

(3) Voir plus haut, pp. 94 et 95.

(4) Nous avons dit également que ces lettres réapparaissent , à la fin du règne de Charles !"■, dans un registre qui est bien destiné à la Chambre, mais qui a l'aspect d'un registre de la Chancellerie {Registre primitif n° CLllI). Seulement, au lieu de majuscules écrites dans la marge supérieure, ce sont des minuscules placées tout au bas de la marge inférieure, et, malgré leur présence, il y a des signatures de cahiers suivant le système habituel.

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