‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 51 sur 142 · RÉCLAMES. — TITRES COURANTS · texte numérisé non relu

RÉCLAMES. — TITRES COURANTS

quelques erreurs commises et des cas de remaniements anciens, elles constituent un élément de critique des plus précieux qui, dans bien des cas, a été notre principal guide pour la restitution des registres primitifs. On ne saurait s'empêcher de regretter que leur usage n'ait pas été tout à fait général et que les scribes de la Chancellerie de Charles d'Anjou n'aient pas cru devoir les appliquer à un plus grand nombre de volumes.

On peut aussi, pour recomposer les anciens registres, se servir âe réclames, contemporaines do la transcription des actes et placées comme dans les livres imprimés. Mais les réclames sont excessivement rares. Pour qu'elles soient employées, il faut que le texte d'un acte se trouve partagé en deux portions, le commencement étant copié à la fin d'un cahier et les dernières lignes débordant sur le cahier suivant (1). Ce cas ne se présente que tout à fait par exception et seulement dans la série qui embrasse la plus longue suite de cahiers , dans la série des Extravagantes infra regnum (2).

En effet, la plupart du temps, les écrivains qui travaillaient aux registres se sont arrangés pour éviter les rejets à faire de cahier à cahier, ce qui leur était, en somme, assez facile, puisqu'ils n'étaient pas astreints à un ordre absolument régulier et qu'ils pouvaient à leur gré resserrer ou espacer les lignes , augmenter ou diminuer les blancs laissés entre les actes.

On trouve fréquemment, au contraire, dans les Registres angevins, des litres courants placés au haut des pages et qui mentionnent sommairement , suivant la classe des actes , soit leur adresse : « Justiciario Calabrie, » — « Secretis Apulie »; soit leur nature « Extravagantes infra regnum , » — « Apodixarius » (3). A défaut de titres courants , se répétant de feuillet en feuillet, ces indications sont, en général, portées au moins une fois en tête de chaque division du registre, sous forme de titre (4).

(1) Nous ne parlons ici, bien entendu, que des registres proprement dits. On sait, en effet, que, dans le Lider Donationum, les réclame'^ étaient employées d'une manière générale, comme on le faisait si souvent , au moyen âge , pour les manuscrits confectionnés régulièrement.

(•2) Registres primitifs n" XVIII et LXXXVI.

(3) Dans deux registres de la XllI" indiction, embrassant chacun l'ensemble des séries d'actes expédiés pendant une période de temps assez restreinte, les titres courants comprennent en sus une indication de mois : « Januarius, » — « Aprilis, » — Maïus, » se référant à la date des pièces (Registres primitifs n"' XVII et XVIII). Ces deux registres se distinguent d'ailleurs par un soin tout particulier apporté à la disposition matérielle.

(4) Dans ce cas, ces indications se complètent souvent d'une note chronolo-

Quelques registres ont reçu de plus , sur leur premier feuillet, un titre général rappelant à quelle époque et même dans quelles circonstances le volume a été commencé : « Incipit registrum factum per Robertum, Nicolaum de Provincia et Gerardum, clericos cancellarie, sub magistroG. de Bellomonte, regni Sicilie cancellario, post reditum domiui régis de partibus Tunisii, an no Domini M» cc° septuagesimo, inceptum Trapani a xxii» die mensis novembris , XlIIIe indictionis « (1). — « Registrum justiciariorum regni tam citra quam ultra Farum , anni quinte indictionis , factum sub magistro Guillelmo de Faronvilla , preposito ecclesie Sancti Amati Duacensis, regni Sicilie vice cancellario , anno Domiui m ce" Ixxvi», die primo septembris , quinte indictionis, régnante domino Karolo rege Sicilie, etc., anno duodecimo féliciter. Amen (2). » Ces titres généraux, dont l'importance n'a pas besoin d'être démontrée, sont tous soigneusement relevés et reproduits dans notre Reslilution des registres primitifs.

D'autre part, une fois les registres formés, on plaçait fréquemment sur la reliure, à l'extérieur, une inscription indiquant brièvement le contenu du volume. « Registrum ubi coutinentur secreti et magistri portulani et procura tores, anni Ve indictionis. » — « Quaternus justiciariorum, anni VI* indictionis. » Bien entendu, ces inscriptions ont toutes disparu avec les couvertures primitives elles-mêmes, mais le libellé d'un certain nombre d'entre elles nous a été conservé par les listes du 21 novembre 1284 (3).

Enfin, il nous reste à mentionner une dernière disposition, dont l'usage est tellement général qu'il peut passer pour caractéristique dans les Registres angevins. C'est l'emploi d'une courte mention placée sur la marge, en manchette auprès de chaque

giqae, en général le chiffre de l'indiction : « Secreto Apulie, anni sexte indictionis. » — «JJusticiario Principatus, anni VIP indictionis. » Quelquefois même, les mentions sont plus étendues et renferment, comme les titres généraux, des renseignements relatifs à la confection des registres : « Quaternus omnium secretorumfactus tempore quo dominusrex fuit in partibus Tunisii, anno XIIII* indictionis » [Registn angevin 6, f« 165 ; Registre yrimilif n» XXVIII). — « Quaternus continens litteras directas magistris massariis regni Sicilie ab xi" aprilis VIII* indictionis in antea, quo facta fuit nova ordinacio registrorum » Regiilre angevin 39, f 12 ; Registre primitif n° CXXII).

(1) Registre primitif n° XXIX.

(-2) Registre primitif n" LXXXVIII.

(3) Nous savons, par ces mêmes listes, que plusieurs de ces inscriptions, placées à l'extérieur sur la couverture, étaient déjà illisibles au bout de quelques années.

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