‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 55 sur 142 · CARACTÈRES DIPLOMATIQUES DES ACTES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DIPLOMATIQUES DES ACTES

Les mandements étaient le plus souvent expédiés à leurs destinataires plies et assujettis au moyen d'une mince lanière découpée à même tout à fait au bas de la feuille de parchemin, audessous de la bande plus largo qui constituait la simple queue. Cette lanière n'était pas fixée, mais simplement enroulée autour du pli, l'attache du sceau restant dégagée et pendant au dehors (1). Cette disposition pouvait être également étendue aux lettres patentes scellées sur simple queue (2).

4o Enfin, les lettres closes, dont le nom seul suffit à indiquer la particularité essentielle. Dans ce genre de document, de nature plus intime, on ne mentionnait à la suite du nom du souverain que son titre de roi (3), et la date était réduite au lieu, au jour et à l'iudiction , ou même simplement au lieu et au jour.

Le second roi de la dynastie angevine, Charles II, employait à la fin du treizième siècle, pour la fermeture de ses lettres closes, un système analogue à celui de la Chancellerie pontificale (4). La feuille de parchemin était pliée, puis percée de part en part de deux ïrous où l'on passait l'attache du sceau (5). Il fallait, par conséquent , couper cette attache ou entailler le parchemin pour prendre connaissance de l'acte. Ce mode de fermeture était-il usité dès le règne de Charles P' ? La chose est possible. Cependant, il n'y a pas d'incisions dans l'original d'une lettre écrite à Phili[)pe le Hardi après les Vêpres siciliennes, qui présente bien les caractères d'une lettre close (6). Des traces de cire semblent indiquer qu'on s'est au contraire servi, pour fermer cette pièce , de l'empreinte du petit sceau secret plaquée en guide de cachet.

(1) Mandements originaux aux Archives nationales, J. 178, n"' 35 et 39, et J. 511, n- 2.

(2) Archives nationales, J. 511, n° 3 bis.

(3) C'est-à-dire, suivant l'époque, roi de Sicile, ou roi de Jérusalem et de Sicile.

(4) Voir L. Delisle, Mémoire sur les actes d'Innocent IH , p. 20.

(5) Lettres closes originales du 8 décembre [1299J et du 3 janvier [1300], aux Archives nationales, J. 513, n«" 47 et 48. Le texte de la lettre du 8 décembre a été publié par M. Amari , La guerra del Vesyro sicilia^no , documenti. n» XLII; et par Tomacelli , Sloria de' reami di Napoli e Sicilia dal 1250 al 1303, II, p. 436.

(G) L'original de cette lettre, du 9 mai 1282, est aux Archives nationales, J. 513, n" 49. Le texte en a été publié à diverses reprises, notamment par Saint-Priest , Uistoire de la conquête de Naples par Charles d'Anjou, IV, p. 204, et par M. Amari, La guerra del Yespro siciliano , documenti, n" "VIII.

Modes de scellement. — Annonce du sceau.

La Chancellerie royale, sous Charles d'Anjou, employait simultanément trois catégories de sceaux :

U La bulle d'or, réservée pour les privilégia auxquels elle était appendue par des lacs de soie rouge et jaune (1). Ainsi qu'on peut en juger par un exemplaire de toute beauté que possède le cabinet des médailles, à la Bibliothèque nationale de Paris, la bulle d'or de Charles !«■■, de 40 millimètres de diamètre, était à double face, portant à l'avers le type de majesté, c'est-à-dire l'image du roi assis sur son trône et revêtu des insignes de la souveraineté, et au revers un écusson armorié (2) ;

2° Le grand sceau on sceau de majesté « qraiit, seel , » — « sigillum Majestatis nostre, » le plus communément employé. Ce grand sceau , de cire rouge, ayant 95 millimètres de large , avait également deux faces : à l'avers le type de majesté comme sur la bulle d'or, et au revers le type équestre, représentant le monarque en action de combattre, sur un cheval recouvert d'une housse blasonnée (3). Suivant les cas , le grand sceau était suspendu par

(1) Raynaldi , A.nnales ecdes., an. 1267, g ix, reproduit une copie d'un privilège de Charles l" , qui se termine par cette indication : « Pendebat ex filis sericis rubri et crocei coloris buUa aurea satis levis, habens ab altéra sui parte imaginem régis sedentein in solio, ab altéra liiia Francie. » Montfaucon , Bibliotheca bibliothecarum vianuscriptorum , I, pp. 204 et 205, emploie des termes équivalents : « cum bulla aurea, serico flavo et rubro, » à propos de ce même privilège et d'une autre pièce analogue dont les originaux se trouvaient jadis dans la chambre du Trésor, au château Saint-Ange. Du reste, quelques fils de soie rouge sont encore adhérents à la bulle d'or de la Bibliothèque nationale.

(2) La bulle d'or de la Bibliothèque nationale porte, comme légende :

à l'avers : * KAROLVS • DEI • GRACIA • SICILIE • REX et au revers : * DVCATVS • APVLIE • PRINCIPAT» • CAPVE

L'écusson du revers présente uniquement les armes d'Anjou : semé de France au lambel à 3 pendants. L'absence de toute indication relative au royaume de Jérusalem atteste que cette bulle remonte au roi Charles l" et môme qu'elle est

antérieure au 15 juillet 1277. C'est donc à tort que le Catalogue des camées et

^pierres gravées de la Bibliothèque impérale , n° 2914, attribue à Charles II ce précieux monument.

Une image de cette bulle, qui a été prise pour une pièce de monnaie, se trouve gravée dans l'Histoire chronologique de Provence, de Bouché ,[Aix, 1661 et 1G64, in-f»]. Il, p. 306.

(3) Douët d'Arcq, Inventaire des sceaux des Archives, HI, p. 510, n" 11765;

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