MODES DE SCELLEMENT
des lacs de soie (1), de la même manière que la bulle d'or, ou apposé sur double ou sur simple queue de parchemin ;
3" Le petit sceau secret qui, autant qu'on peut en juger par quelques débris mutilés , était à une seule face , de type armoriai comme le revers de la bulle d'or, et avait 20 millimètres de diamètre. Employé seul , il pouvait être apposé sur simple queue. Lorsqu'il accompagnait le grand sceau, il était plaqué, à gauche, sur le talon qui réunissait au corps de l'acte la lanière ou simple queue portant le grand sceau (2).
L'apposition de la bulle d'or est toujours annoncée dans les privilèges au moyen d'une formule analogue à celle-ci : « Ut autem hujusmodi nostra concessio et donalio plénum robur oblineat flrmitatis , presens privilegium exinde fieri et aurea bulla tipario nostre Majestatis impressa jussimus communiri (3). » Il en est de même pour le grand sceau dans la plupart des lettres patentes, notamment dans les liliere gratie et dans les documents ayant un caractère financier, comme les apodixes pour versements à la Chambre qu'on délivrait au nom du roi avant la réorganisation du Trésor en 1277 (4). Les mandements, au contraire, ne renferment presque jamais d'indications relatives au scellement de la pièce. Quelquefois, cependant, on mentionne l'emploi du petit sceau secret (5).
Transcription des actes sur les registres.
Dans les registres de Charles I*"^ on peut distinguer, au point de vue du mode de transcription, trois catégories d'actes : les actes qui ont été reproduits textuellement depuis le premier mot jus-
Blancard , Iconographie des sceaux et bulles des archives départementales des Bouchesdu-Rhône, planche 7 bis, n" 2.
(1) Lacs de soie rouge (Archives nationales, J. 171, n" 11) ou rouge et jaune (Lettres patentes de Charles II, mêmes archives , J. 51J, n"* 14 et 16).
(2) Archives de Naples , Arche. n<" 365, 372, 374, 380, 404, etc.
(3) Voir, à titre d'exemple , les documents publics par Del Giudice, Codice diplomatico , I, p. 29; II, pp. 44, 129, 256 et 271.
(4) « Unde, ad futurara memoriam et predicti N cautelam , présentera
apodixam sibi exinde fieri feciuius sigillo Majestatis nostre munitam. » Telle est , sauf modification de détails , la formule généralement employée.
(5) « Data Neajioli sub sigillo secreto nostro, die xxvi dccembris, XIIII* indictionis. » — Archives de Naples, Arche, pièce sans numéro placée à la fin du volume 8 , après le n» 762.
qu'au deruier, sans aucune suppression ; les actes dont le corps est transcrit entièrement, mais dont les formules initiales et finales sont plus ou moins abrégées; enfin les actes qui sont seulement analysés ou même simplement mentionnés d'une manière rapide.
Les premiers ne constituent que l'exception. C'est dans la catégorie des privilégia et concessiones que le fait se présente le moins rarement; parfois, aussi, en commençant un nouveau volume ou un nouveau cahier, on a reproduit dans son entier le premier des actes transcrits; mais, à cet égard, il n'y a pas de règle fixe (1).
Dans l'immense majorité des cas, c'est la seconde disposition qui est adoptée. Les abréviations portent alors à la fois sur la phrase de début qui contient le nom du roi et Ténumération de ses titres, sur l'adresse qui vient ensuite et sur la date qui termine la pièce. Pour la phrase de début, on se contente des trois ou quatre premiers mots et souvent même du nom seul que l'on fait suivre du sigle etc. : « Karolus, etc. » — « Kaiolus , Dei gralia, etc. » Ou bien encore on coupe absolument toute la phrase, en la remplaçant par les deux mots « scriptum est, » placés immédiatement avant l'adresse. Ce second système est de beaucoup le plus fréquemment employé. Pour la date, il y a également deux manières de procéder. Tantôt on la laisse à sa place réelle, en se contentant de la raccourcir plus ou moins; tantôt on la supprime à la fin de l'acte , en reportant les indications essentielles tout à fait en tête avant les deux mots : scriptum est. Dans le premier cas, on conserve en général , non seulement les deux éléments les plus sujets à varier, c'est-à-dire l'indication du jour et du lieu , mais encore le chifi're de l'indiction. Dans le second , au contraire, on ne mentionne habituellement que le lieu et le jour, et ce n'est que dans le premier acte du cahier ou de la série qu'on croit utile d'ajouter l'indiction. Enfin, on allège aussi l'adresse, en retranchant tout ce qui est de pure formule, y compris le salut, et en simplifiant les noms et les titres des destinataires quand on peut le faire sans crainte de confusion. D'ailleurs, pour l'adresse comme pour la date , il est fait un très fréquent usage des renvois aux pièces précédentes : « Datum ut supra. »
(1) Ainsi, dans le Registre primitif n° CIII, dont l'ouverture a été déterminée par l'ordonnance du 27 octobre 1277 relative au Trésor, on a transcrit textuellement le premier des mandements aux trésoriers du Château de l'Œuf et la première des apodixes en français.