‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 57 sur 142 · MODES DE TRANSCRIPTION · texte numérisé non relu

MODES DE TRANSCRIPTION

— « Eodern die, ibidem, scriptum est N... » — » Scriptum est eidem , etc. »

Quant au corps de l'acte, il est, en principe , transcrit en entier, tel qu'il se trouve sur l'expédition. Toutefois , dans les premiers registres de la Chambre ayant encore un caractère spécial, il arrive fort souvent que la pièce tout entière est simplement analysée au lieu d'être copiée (1); et les registres de la Chancellerie eux-mêmes présentent des cas assez fréquents d'infraction à la règle générale. Ainsi, nous avons déjà dit que, lorsqu'une lettre était expédiée à plusieurs exemplaires avec diverses adresses, on ne transcrivait qu'une seule de ces expéditions, en se bornant à mentionner l'existence des autres (2). De même, quand on avait à enregistrer, à la suite d'une pièce déjà copiée , une ou plusieurs pièces ne ditTérant de la première que par des points de détail , on accélérait le travail au moyen de la formule : « Scriptum est eidem sub eadem forma ut... »

D'autre part, nous devons encore rappeler qu'une des grandes classes dont nous avons déterminé l'existence, la sixième, consacrée aux faveurs personnelles, ne contenait, à proprement parler, ni analyses , ni transcriptions. Elle se bornait à des listes énumérant les faveurs accordées, sans aucune allusion aux documents qui avaient pu être rédigés à cette occasion (3).

Formules initiales des actes. — Titres portés par Charles /".

Les actes émanés du roi Charles P' peuvent, suivant les cas, commencer de trois manières :

1" Tous les actes administratifs, ainsi que les privilégia destinés à avoir leur efïet dans les limites du royaume de Sicile, c'est-à-dire l'immense majorité des pièces transcrites sur les registres , débutent par le nom et les titres du souverain , suivis de l'adresse et du salut ;

2° Dans les lettres qui ont un caractère de correspondance personnelle et qui sont écrites à des individus occupant les plus hauts

(1) « Eodem die, ibidem, scriptum est eidem ut una cum H., duce Burgundie, vendat secretias Terre Laboris et Apulie non pro minori precio quam

■ valuerunt hoc anno et cum incantu. » Registre angexin 29, f" 55.

(2) "Voir plus haut , p. 51.

(3) Voir p. 71.

degrés de la hiérarchie sociale ou ecclésiastique, au pape, aux rois, aux princes, aux cardinaux, aux prélats, il y a interversioQ dans l'ordre des deux premiers membres de phrase, et l'adiesse se trouve placée avant le nom du roi :

a A très haut prince son très cher seignor e neveu Philippe , par la grâce de Dieu roi de France, Ghalles, par icele meisme grâce rois de Jherusalem e de Sezile, saluz e bone amour e soi appareillié son plasir (1). »

« Scriptum est : Venerabili in Christo patri et amico karissimo domino Bénédicte (2), Dei gracia Sancti Nicolai in carcere Tuliani diacono cardinal! , Karolus , etc. (3). »

3° Enfin, nous rencontrons quelquefois une courte invocation : « In Dei nomine. Amen , » en tête de certains actes expédiés , soit sous forme de privilégia, soit sous forme de lettres patentes solennelles, et se rattachant à des questions d'ordre politique ou, plus rarement, d'ordre financier, par lesquels le roi prend des engagements vis-à-vis de tiers étrangers au royaume, comme le Souverain Pontife, l'empereur de Gonslantinople, les républiques de Toscane ou les grands banquiers italiens : tels sont les traités de paix, les actes d'alliance , les contrats d'emprunt et les conventions avec le Saint-Siège, etc. (4).

L'invocation est aussi employée, mais avec une rédaction plus développée, dans les pièces de correspondance adressées aux souverains et aux princes non chrétiens , par exemple au roi de Tunis : « -j- In nomine Sancte et individue Trinitatis, Patris, Filii et Spiritus Sancli , amen. Karolus Dei gratia, etc., magnifico viro Hemiramominino Machometto , régi Tunisii et domino Africe , agnitionem Veriiatis cum timoré divini Nominis et amore (5). »

Les litres portés par Charles P'' ont varié à plusieurs reprises

(1) Lettre du 9 mai 1282, conservée en original aux Archives nationales de Paris, J. 513 , n" 49. La même disposition se retrouve sur la pièce J. 511, n» 5.

(2) Benoît Gaëtani , qui devint plus tard le pape Boniface VIII.

(3) Registre angevin, 41 , f" 107, pièce imprimée dans le Saggio ii codice diplomatico, de Minieri-Riccio , 1, p. 198. Voir aussi, comme exemples, les documents publiés par Del Giudice, Codice diplomatico , I, pp. 173 et 174 (en note); II, pp. 185, 198, 277 (en note), 280 (en note) et 285; et par Raynaldi, Annales écoles., an. 12G8, g xxxu; an. 1275, § liv ; et an. 1283, g xlvi.

(4) Del Giudice, Codice diplomatico, I, pp. 57 et 89; II, pp. 30, 45, 125, 212; Raynaldi, Annales eccles., an. 1276, g xxxviii.

(5) Registre angevin 14, f° 167. Cf. Minieri-Riccio, Saggio di codice diplomatico,

I, p. 10\î; et Del Giudice, Bel codice diplomatico angioino apologia, p. 104, en

note.

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