‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 67 sur 142 · CHANCELLERIE · texte numérisé non relu

CHANCELLERIE

Chambre ou office des Raisons, enfin le tribunal du maître justicier ou de son remplaçant le vice-maître justicier, auquel s'appliqiiait plus particulièrement le nom de Granl Cour ou Cour royale.

La composition de ces bureaux est sujette à varier quelque peu dans les détails, suivant les années, d'autant que les employés de la Chancellerie ou de l'ofïice des Raisons : maîtres rationaux , notaires, écrivains et jusqu'à Vinterpreteour de grec en latin (I), sont souvent détachés de la cour pour être chargés de missions dans les provinces ou même hors du royaume. Pour la première partie du règne de Charles 1", nous n'avons que des renseignements isolés ne permettant pas de conclusions générales. Mais à dater de 1278, les comptes des greffiers de l'Hôtel et des trésoriers du Château de l'Œuf nous fournissent des éléments assez complets pour dresser comme suit le tableau du personnel (2).

Chancellerie. — Aux débuts du règne de Charles I", la Chancellerie était sous les ordres d'un chancelier en titre , et à la tête des notaires se trouvait un protonotaire.

En 1278, le chancelier et le protonotaire ont disparu; il ne reste plus qu'un vice-chancelier. Le personnel comprend alors :

2 notaires de la Chancellerie (3);

2 écrivains placés auprès de ces notaires;

2 autres écrivains (4);

Un garde des registres de la Chancellerie (5) ;

Un « interpreteour de grec en latin » (6);

(t) Voir, à ce sujet, le texte public par Minieri-Riccio, Il regno di Carlo I d'Angiù , anno 1276, p. 50. — Lorsque les fonctionnaires étaient ainsi envoyés hors du royaume, leurs gages se trouvaient, ipso /'ac^o, augmentes d'un tiers pendant toute la durée de la mission.

(2) Les indications relatives à l'année 1278 sont empruntées aux comptes des greffiers de l'Hôtel dans le Registre angevin 225, f"' 294 et 295 (Registre yrinitif n° CV) -. celles qui se réfèrent à l'année 1282, aux comptes des trésoriers du Château de l'Œuf , dans le Registre angevin 46, f<" 193", 194, 142 et HS" (Registre primitif n" CXLIV).

(3) « Jean de Capes [de Capua] et Philippe de Salerne. »

(4) Les comptes de 1278 ne donnent pas les noms des écrivains; mais il devait y avoir parmi eux un certain « Raymbaldus de Montebonodo » reçu à l'Hôtel, le 5 mai 1277, comme scriptor Cancellarie [Reg. ang. 25, f" 211).

(5) « Mestre Oude » ou, suivant les documents rédigés en latin (Minieri-Riccio, JVkouî stvdii rignardanti la dominazione angioina, p. 31), « Magister Odo de Castronantonis. »

(6) .< Mestre Nichole de Meschines. » — Ce même personnage est appelé

2 a registeours en la Chauceleiie « (1).

Les notaires louchaient comme gages 2 onces 11 taris 5 grains (soit environ 5 1. 18 s. 9 d. tournois) par mois. De plus , ils recevaient deux fois par an une somme supplémentaire de 2 onces, soit 4 onces ou environ 10 1. t. pour Tannée, représentant le prix d'une robe d'hiver et d'une robe d'été. L'interprète de grec en latin était traité de la même manière quant aux robes , mais ses gages mensuels n'étaient que de 2 onces (5 1. t.). Enfin , les écrivains et les registeours , ainsi que le garde des registres , avaient seulement une paie mensuelle de une once et demie (3 1. 15 s. t.).

Ofjîce des Raisons. — Cet office , comme tout ce qui avait trait à l'administration centrale des finances , était placé sous la direction suprême d'un des grands officiers de la Couronne , le chambrier, de qui relevait tout le personnel (2).

En 1278, le personnel comprend :

4 maîtres des comptes ou maîtres rationaux (3);

8 notaires (4);

« Nicolaus Dontanus de Messana » dans la mention de sa réception à l'Hôtel,^ le 28 mai 1275 (Reg. ang. 19, f» 197.)

(1) « Matheu de Greignen [Matteus de Graniano] et Boece. »

(2) En cette qualité , le chambrier était amené quelquefois à s'occuper des] questions de solde. C'est ainsi qu'on trouve dans un registre de la Chambre! (Uegistre primitif n° XXVI) , cet extrait , non daté, mais qui paraît remonter aul mois de mai 1272, d'une cédule du chambrier Pierre de Beaumont, comte de] Montescaglioso et d'Alba, au trésorier du roi, Pierre Fariniau , pour le règle- j ment des gages dus au notaire qui est chargé justement de la confection des! registres de la Chambi-e : « Cedula comilis camerarii. — Magister Petre Farinelli,f detis vel dare faciatis Nicolao de Capua , notario , registratori pro parte nostraj statuto super faciendis registris per regiam excellentiam ordmatis, expensaaj seu gagia pro se et scriptore uno , sicut registratori magistrorum rationalium,! a xx° preteriti januarii in antea , quo incepit dictum servicium facere"; et] faciatis provideri si ad presens omni aliquo mutuo pro expensis preteriti tem-î poris, sicut uni ex notariis curie, infra dictum tempus provisum extitit. » (Reg. ang. 29, f" 116").

(3) Sur ces quatre maîtres rationaux il n'y en a que trois qui figurent sur les comptes des greffiers de 1278 : « Sire Joselin [Joczolino délia Marra], sire Angre [Angelo délia Marra] et le chancelier de la Mourée [Léonard, chancelierl de Morée ou d'Achaïo, connu par son rôle politique]. » Le quatrième, Nicolas* Boucel, sous-doyen de Beauvais et chapelain du pape, était alors en mission à Rome.

(4) « Lorens de Termes, Nichole de Saint-Victor, Nichole de Capes [de Capua], Robert de Matere, Godefroi d'ieble, [de Eboli], Gile d'André [Egidius de Andria], François de Trane, et Dominique de Dyen [de Diano]. »

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