PROTONOTAIRE
lions de logothète (1). Le rôle politique joué par Robert de Bari aux débuts de la dynastie angevine et surtout sa participation au procès de Conradin lui ont valu une certaine notoriété. La légende même s'est emparé de son nom ; on a prétendu , en effet , qu'au moment où il venait de prononcer la sentence de mort contre le petit-fils de Frédéric II, le comte Robert de Flandres , incapable de contenir son indignation , l'avait frappé d'un coup mortel. Ce qu'il y a de certain , c'est que son nom se retrouve encore au bas d'un acte du 24 décembre 1268 (2), et qu'il disparaît ensuite. Il est donc probable que Robert de Bari mourut dans les premiers mois de 1269; en tous cas, son décès est certainement antérieur au 17 janvier 1270 (3).
Gbarles d'Anjou ne lui donna pas de successeur. Ce n'est que sous le second roi de la dynastie que les titres de logothète et de protonotaire furent officiellement relevés et attribués, le premier à Sparano de Bari , et le second à Bartolommeo de Gapoue (4). Mais les deux personnages que nous venons de nommer figurèrent dans les conseils du prince de Salerne, pendant ce que nous avons appelé, dans notre chapitre VII, la cinquième période d'absence du roi (5); et, en conséquence, ils ont été quelquefois amenés à intervenir dans la préparation des actes expédiés vers
(1) Les fonctions de protonotairc et de logothète avaient beaucoup de rapport entre elles. On peut dire, d'une manière générale, que ces deux dignitaires étaient également chargés d"agir officiellement comme représentants directs du souverain, mais que ce que le premier faisait par écrit, en rédigeant les lettres royales, le second le faisait de vive voix, en prenant la parole, au nom du souverain, dans les circonstances solennelles, ou en recevant à sa place les personnages qui venaient à la cour, comme les fonctionnaires provinciaux ou les envoyés étrangers. Aussi ces deux charges ont-elles été souvent remplies , dans le royaume de Sicile, par un seul et même individu, que cet individu fût simplement qualifié de protonotaire, comme Robert de Bari, ou qu'il portât simultanément les deux titres de protonotaire et de logothète , comme Bartolommeo de Capoue après la mort de Sparano de Bari.
(2) Cet acte porte textuellement : m ce Ixix ; » ce qui a induit en erreur Minieri-Riccio dans la notice qu'il a consacrée à Robert de Bari, De' Grandi Vfjp,ziali, pp. 125-128 ; mais, comme l'a fort bien remarqué Del Giudice (Codice diplomatico , II, p. 271, et 11 giudizio e la condanna di Corradino, pp. 96 et 97, en note), l'acte est, en réalité, de 1268, le chiffre 1269 étant le résultat d'une erreur matérielle que nous avons déjà relevée p. 199.
(3) Minieri-Riccio De' Grandi Vffiziali, p. 126.
('i) Consulter, sur ces deux personnages, les notices détaillées de Minieri- Riccio, De' Grandi Vlflzlali, pp. 128-148. Après la mort de Sparano de Bari, en 1296, Bartolommeo de Capoue réunit le titre de logothète à celui de protonotaire.
(5) Pages 140 et 142.
la fin du règne de Charles I", alors que l'héritier de la couronne gouvernait le royaume comme vicaire et capitaine générai.
A la même époque, le vice-chancelier Guillaume de Faronville se trouvant en France avec le roi, la garde du sceau servant pour les actes de l'autorité souveraine dans le royaume de Sicile était confiée à Adam de Doussy, qui devait être plus tard le premier chancelier en titre de Charles II, mais qui n'était encore que conseiller et trésorier du roi (I). Ce qu'il y a de remarquable, c'est que c'était déjà un trésorier du roi, Guillaume Boucel, qu'on avait choisi dans une circonstance analogue, au moment de la précédente absence du roi, pour remplir les mêmes fonctions auprès du comte Robert d'Artois, nommé vicaire et capitaine général du royaume le 25 décembre 1275 (2).
Parmi les grands officiers dont le nom peut se trouver au bas des pièces après les mots Datum X... per, figure encore, on le sait, le maître justicier ou son sjppléant. Ce chef du tribunal suprême de la Magna curia est toujours un chevalier et les deux maîtres justiciers : Barrai de Baux et Guillaume de Muideblé, comme les six vice-maîtres justiciers : Dreux de Roil aye, Lucas de Saint- Aignan, Jean d'Aunay, Adam Fourrier, Louis de Mons et Henri de Guines, qui se sont succédé pendant le règne du frère de saint Louis (3), avaient tous une origine française.
Quant aux maîtres ralionaux , ils pouvaient être pris indifféremment parmi les clercs ou parmi les laïques; et Charles d'Anjou appela à ce poste de confiance aussi bien les Italiens Joczolino , Angelo et Huggiero Délia Marra, Matteo di Huggiero , de Salerne , et Sparano de Bari , que le chancelier d'Achaïe , Léonard, et que les Français Nicolas Boucel, Pierre Boudin , Jean de Mesnil et Louis de Royer (4).
(1) Les noms d'Adam de Doussy, de Bartolommeo de Capoue et de Sparano de Bari se rencontrent fréquemment au bas des actes , dans les registres du prince de Salerne pour la XII' indiction.
(2) Voir le texte reproduit plus haut, pp. 140 et 141.
(3) Minieri-Riccio, De' Grandi Vffiziali, pp. 94-114.
(4) Minieri-Riccio, Itinerario cji Carlo I di Angio, pp. 17 et 18.