‹ Les archives angevines de NaplesChapitre 74 sur 142 · I. — Fascicoli · texte numérisé non relu

I. — Fascicoli

Les Fascicoli étaient, à l'origine, un recueil factice absolument analogue aux Registres angevins , que l'on avait formé en groupant, dans une centaine de volumes , tout ce qui restait de débris de registres, de cahiers, de comptes, d'enquêtes, etc., remontant à la période angevine et écrits sur papier. Dans les Fascicoli composés de feuillets de papier, de môme que dans les Registres angevins composés de feuillets de parchemin, les fragments avaient été réunis sans aucun soin , et souvent dans le plus grand désordre au point de vue chronologique. Puis, ces volumes ainsi créés, à peu près au hasard , de pièces et de morceaux , on avait , en général, dans chacun d'eux, donné aux feuillets une numérotation suivie au moyen de chiffres arabes , toujours comme dans les Registres angevins.

Il est probable que les deux collections ont été formées vers la même époque. En tout cas, la série des Fascicoli existait déjà au dix-septième siècle, du temps de l'archiviste Carlo De Lellis, qui les a étudiés en détail (1). A cette époque , il y avait 107 vo-

(l) Le dépouillement des Fascicoli fait par De Lellig est contenu en deux

240 APPENDICE A l'étude SUR LES REGISTRES ANGEVINS.

lûmes. L'un d'eux était marqué d'une-]-; les autres étaient numérotés 1 à 100. Les numéros 51 , 54, 64 et 68 faisaient défaut; les numéros 2, 21 , 29, 93 , 96 et 98 étaient doubles et les numéros 28 et 80 triples. Déjà même, comme l'atteste une table de concordance dressée par De Lellis, cette numérotation n'était plus la numérotation primitive. Depuis la formation des volumes, il y avait eu des changements et des interversions assez nombreuses.

Sauf trois ou quatre d'entre eux , qui ne comprenaient que 30 à 50 feuillets, ces Fascicoli formaient d'assez gros volumes. Beaucoup comptaient de 200 à 300 feuillets ; l'un d'eux allait même jusqu'à 347 feuillets (1).

De cette collection étudiée par De Lellis, qui n'était déjà qu'un recueil de fragments, il ne reste plus aujourd'iiui que des débris. En 1853, ces débris se trouvaient confusément entassés en treize liasses (Fascio ou Mazzo). Depuis, ils ont été remis en meilleur ordre. On a rapproché les fragments provenant des mêmes Fascicoli. Les feuillets ont été remontés et reliés en 37 forts volumes de format petit in-folio, mais sans recevoir, dans ces nouveaux volumes, de numérotation générale se rapportant à l'état actuel des choses. Les chiffres arabes qu'on relève encore au haut des pages se réfèrent donc au recueil tel qu'il existait du temps de De Lellis , ce qui rend actuellement les renvois assez difficiles.

Les volumes sont recouverts d'une demi-reliure de chagrin marron , portant au dos l'indication des numéros des Fascicoli primitifs, lesquels ont été tantôt reliés un à un, tantôt groupés par deux, par trois ou par quatre, de la manière suivante :

Le désordre qui règne dans les Fascicoli est si grand que la plupart des volumes actuels contiennent chacun quelques fragments plus ou moins étendus relatifs au règne de Charles I". On trouve de ces fragments dans les volumes 4-5-6; 7; 9-10; 14- 15-16; 19-20; 21; 24-27; 28; 29; 39-40, 45-46; 55; 59; 60; 62; 65; 66; 70; 82; 87 et 98.

gros volumes manuscrits portant le titre de l^otamenta ex Fasciculis regise siclx. Ces deux volumes étaient , il y a quelques années , la propriété de Minieri- Riccio, alors surintendant des Archives de Naples, qui s'en est servi pour publier, en 1863, ses Studi storici su' Fascicoli angioini [Naples, 8°]. (1) Minieri-Riccio, Studi storici su' Fascicoli angioini, pp. 75-95.

FASCICOLI. 241

Pour le règne de Charles P', tous ces fragments ont un même caractère. Ils proviennent , sans exception , de registres ou de cahiers qui ont été préparés et rédigés, en dehors de l'administration centrale du royaume, par les fonctionnaires de toute espèce, notamment par les justiciers, les secreti et les magislri procuralores , pour être ensuite envoyés par eux à la cour. Ce sont des enquêtes, des tableaux relatifs à la levée des impôts, des lisles de répartition, des énumérations de domaines et de fiefs, mais surtout des cahiers de comptes , avec transcription des pièces à l'appui, comme dans les comptes des trésoriers du Château de rOEuf , ou des documents complémentaires destinés également à être soumis aux maîtres rationaux , tels que les registres où les justiciers reprodu:saient les mandements qui leur étaient adressés, en indiquant ce qu'ils avaient fait pour l'exécution de ces mandements (1). C'est uniquement sous forme de copies postérieures que l'on trouve, dans cette collection, des actes du pouvoir central ; car il n'y a pas un seul feuillet qui émane directement de la Chancellerie royale.

Ce même caractère général persiste pour les époques postérieures au règne de Charles I"; mais, de plus, on trouve alors, dans les Fascicoli , des débris de volumes présentant tout à fait l'apparence des registres confectionnés par la Chancellerie, sauf qu'ils sont sur papier au lieu d'être sur parchemin.

Nous citerons notamment tout le volume 2 de la collection actuelle contenant des actes expédiés au nom de Robert, duc de Calabre , fils du roi Charles II et son vicaire général , depuis le 4 mars 1297 jusqu'au 31 août 1298. Ce fragment est remarquable par son ancienneté, car la plupart des débris de même nature ne remontent qu'au quatorzième et même au quinzième siècle, aux règnes de Jeanne V et surtout de Charles III de Durazzo , de Ladislas et de Jeanne II.

II et III. — Arche in pergameno. Arche in caria bambagina.

Les deux collections qui complètent les archives angevines se composent de pièces originales détachées que l'on a collées sur feuillets et réunies en volumes à une époque relativement très récente.

Ces deux collections ne diffèrent que sur un point : les Arche proprement dites ou Arche in pergameno contiennent des pièces

(1) Voir p. 53

242 APPENDICE A l'Étude sur les registres angevins.

sur 'parchemin ; la collection nouvelle des Arche in carta bamba ■ gina, des pièces sur papier. Mais les deux collections ont une même origine. Elles représentent ce qui reste du fonds constitué jadis par l'accu m ulation des documents administratifs envoyés à la cour par les fonctionnaires royaux et surtout des innombrables pièces justificatives remises à l'appui de tous les comptes présentés devant les maîtres rationaux (1).

Les pièces détachées formaient autrefois une collection extrêmement considérable. Elles étaient réunies, sans aucun ordre appréciable et sans distinction entre les pièces sur papier et les pièces sur parchemin , dans treize coffres ou arche , analogues aux anciennes layettes qui servaient dans les archives de France pour le Trésor des chartes. Les arche qui ont dor.né leur nom à la collection étaient marquées : les douze premières par des lettres A, B, G, D, E, F, G, H, 1, K, L, M , et la dernière par une*. Chaque archa comprenait une série de liasses, mazzo ou fasciculus , numérotées en chiflVes arabes, et dans chaque liasse les piè-l ces portaient également un numéro d'ordre. La lettre de Varcha,' le chiffre du mazzo, et le numéro d'ordre individuel étaient inscrits sur toutes les pièces : « Arc. E, mazzo 94, n" 6. » — « Arc. L, mazzo 30, n° 47. »

Dans l'état actuel des choses, il est difficile d'évaluer d'une] manière précise quelle pouvait être l'étendue primitive de la collection. Cependant on peut dire qu'en moyenne le nombre des] liasses dépassait 80 à 90 par archa, et que chaque liasse comprenait au moins une vingtaine de pièces (2).

Celte collection de pièces détachées n'a pas été plus épargnée) que les Registres angevins et les FascicoU. II ne subsiste plus aujourd'hui qu'une portion des documents jadis conservés dans les arche. Vers le commencement de notre siècle, entre 1815 et 1824,J on a extrait de ce résidu toutes les pièces sur parchemin ; et oi a formé avec elles la collection dite des Arche, ou plus exacte-!

(1) Nous avons déjà expliqué , p. 229, comment , dans cette catégorie de pièces à l'appui, se trouvent rentrer des documents qui n'ont pas, par eux-mêmes,! de caractère financier, tels que des lettres royales portant nomination de justi-j ciers ou des procès-verbaux d'élections de judices, magistri jiirati, etc.

(2) Encore aujourd'hui, après toutes les pertes que la collection a subies, on compte, rien que pour les règnes de Charles I*' et de Charles II , près de deux mille pièces sur parchemm ; et d'autre part les documents sur papier,! contenus dans la nouvelle collection des Arche in carta bambagina, dépassent! trois mille cinq cents. Mais que sont ces chiffres auprès de l'immense quantité] des actes transcrits dans les Registres angevins ?

ARCHE IN PERGAMENO. 243

ment Arche in pergameno, en rangeant les documents par ordre chronologique (1), sans tenir aucun compte de l'ancien classement. Les actes qui se rapportent aux règnes de Charles P'' et de Charles II ont été analysés ; et ces analyses en latin forment l'ouvrage intitulé Syllabus membranarum ad regix siclse archivum pertinenlium, deux tomes en trois volumes iu-4° publiés parla surintendance des archives de Naples, de 1824 à 1845. Dans cet ouvrage, les documents sont groupés par liasses ou fasciculi , dont chacune contient exactement dix pièces. Il y a trois séries de fasciculi : la première, de I à LXIX (2), plus un appendice de sept pièces, embrasse le règne de Charles I"; la seconde, de I à LX (3), la première partie du règne de Charles II jusqu'en 1299; la troisième, de l à LXI (4), la fin du même règne, de 1300 à 1309.

Aujourd'hui, les pièces détachées sur parchemin sont montées sur onglet et reliées en volumes petit in-folio contenant chacun, en moyenne, de 100 à 120 pièces (5). 11 y a, pour la période angevine , quaiante-sept volumes numérotés 2 à 48 , le premier volume de la série contenant des parchemins antérieurs à Charles l". La reliure de ces volumes porte comme titre : Archivio DELLA REGiA Zegca. Les documeuts y sont rangés dans l'ordre chronologique adopté pour le Syllabus membranar'um ad regix siclx archivum pertinenlium ; mais, au lieu d'être groupés par liasses de dix, ils ont reçu une numérotation générale continue. Toutefois, quelques pièces ont été oubliées et ne sont pas comprises dans cette numérotation. Les actes se référant à l'époque de Charles 1" occupent les volumes 2 à 7 et une partie du volume 8 (6).

(1) On relève dans ce classement chronologique quelques erreurs, d'ailleurs facilement compréhensibles, pour les actes datés seulement par indiction, analogues à celles que nous avons relevées plus haut, p. 205, note "2.

(2) Le fasciculus LXIX ne compte que cinq pièces.

(3) Le fasciculus LX ne compte que cinq pièces.

(4) Le fasciculus LXI compte seulement neuf pièces. .

(5) La confection des volumes actuels a eu lieu vers 1844. Voir B. Capasso, le fonli délia storia delh provincie napolilane , dans V Archivio storico per le provincie napoletane, I , p 610.

(6) Ces volumes sont ainsi formés :

Volume 2, pièces n"« 1 à 83.

Id. 3, id. n»' 84 à 180.

Id. 4, id. n" 181 îi 306.

Id. 5, id. n"' 307 .\ 418. lil. G, id. n<" 419 ;i bb'l, plus 4 pièces sans numéro.

244 APPENDICE A l'étude SUR LES REGISTRES ANGEVINS.

La plupart des actes sur parchemin n'émanent pas du pouvoir central. Ce sont, le plus souvent, des allestatious notariées constatant l'exécution de tel ou tel mandement royal, de telle ou telle ordonnance administrative qui doit finalement se traduire par une recette à percevoir ou par une dépense à effectuer au nom de l'Etat. Cependant on y rencontre également bon nombre de pièces sorties de la Chancellerie royale, rapportées, comme nous l'avons dit plus haut, comme pièces justificatives à l'appui des redditions de comptes.

Les parchemins ainsi mis à part et classés à nouveau , il restait, des anciennes arche, tontes les pièces sur papier. Celles-ci ont été à leur tour réunies en dix-neuf volumes , formés par la surintendance des archives de Naples, du mois de novembre 1874 au mois de mai 1875. Ces volumes, de très grand format (54 centimètres de haut sur US de large), couverts d'une belle reliure en parchemin avec trois fermoirs de cuivre , portent le litre de : Arche in carta bambagina.

Contrairement à ce qui s'était passé pour les actes sur parchemin, on a respecté, dans cette collection nouvelle, l'ancien classement par arche marquées avec des lettres (1), sans chercher à rétablir l'ordi-e chronologique. Du reste, il eût été difficile d'agir autrement ; car, sauf de très rares exceptions , les documents sur papier ne présentent d'autres éléments de date que l'indication du lieu, du jour et de l'indiction. On n'y voit presque jamais mentionnées ni l'année de l'Incarnation ni celle du règne. Or, on sait combien l'indiction employée seule laisse d'incertitude , les mêmes notations se retrouvant tous les quinze ans. Les 3412 pièces contenues dans ces dix-neuf volumes ont seulement reçu une numérotation générale suivie, de 1 à 3392 , dans laquelle on a employé trois fois le chiffre 9 et deux fois les chiffres 987, 989,

Volume 7, pièces n<" 553 h 650, plus 1 pièce sans numéro. Id. 8, id. n»' 651 à 762, plus 15 pièces sans numéro, (l) Voici comment les pièces se répartissent suivant leur provenance Volume I A.rche A à E

Volume II à V Archa E (suite)

Volume VI Arche F à I

Volume VII à IX Archa K Volume X Arche K et L

Volume XI à XIII Archa L (suite) Volume XIV à XVIII Archa M Volume XIX Archa *

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