Ibid., p
INTRODUCTION VII
affluaient dans l'hôtel du fermier général Richard, situé à l'angle de la place Vendôme et de la rue des Capucines, que Bertin avait loué pour les recevoir. Moreau et Bertin, agrandissant toujours l'horizon de leur projets, songèrent bientôt à compléter les recherches commencées dans les chartriers de France par des fouilles pratiquées, sur le même plan, dans les Archives étrano-ères. Le « Cabinet des chartes » devait ainsi renfermer, à l'état de copies, ces archives complètes de l'histoire de France, que Napoléon rêva plus tard de réunir, en original , dans le palais de l'esplanade des Invalides. INI. de Bréquigny reçut en effet, vers 1764, « la mission de copier, dans les différents dépôts de Londres, les pièces qui concernaient l'histoire de France ». Dom Berthod fut chargé, plus taifd, d'une mission analogue dans les Pays-Bas autrichiens' et dom Colloz dans les duchés de Bouillon et de Luxembourg-. « Sa Majesté, écrivait Bréquigny, en novembre 1773^, a établi un dépôt pour y placer les pièces manuscrites qu'elle a ordonné de rechercher et de transcrire, soit en France, soit même dans les pays étrangers, et on y en a déjà beaucoup rassemblé; l'Angleterre seule en a déjà fourni un graud nombre. L'intention du Roy seroit qu'on fist des recherches semblables dans les autres Etats et surtout dans ceux qui, par leurs anciennes relations avec la France , paroissent avoir dû conserver une plus grande quantité d'actes propres à en éclaircir l'histoire. — Rome est de tous les pays celui qui promet la moisson la plus abondante en ce genre... » L'illustre Laporte du Theil fut en effet désigné, en 1776, pour diriger l'exploration des archives romaines ; et l'on sait avec quel bonheur il s'est acquitté de cette tâche*.
On demeure confondu de la rapidité avec laquelle s'enrichit le Cabinet des chartes. D'après les calculs de M. J. Delpit '^,