V. son rapport. Ibid., pp
5. J. Delpit, Documents français conservés en Angleterre , Paris, 1847, in-i", pp. 24 et suiv.
VIII INTRODUCTION
Bréquigny ne rapporta pas d'Angleterre moins de 12.000 copies de pièces. Laper te du Theil expédia de Rome la transcription de plus de 5.000 lettres pontificales. En 1780, ^loreau estimait que les vingt-neuf dépôts explorés jusque-là avaient déjà fourni plus de vingt-cinq mille documents. Si l'entreprise avait été continuée sur ce pied-là, peut-être aurait-elle pu, malgré les apparences, être menée à bonne fin '.
Ce n'est pas, cependant, que le plan primitif de M. Bertiu, même rectifié par de sages amendements, fût à l'abri de toute critique. Il était chimérique de demander la transcription intégrale de tous les documents historiques qui existent ; une telle besogne serait au dessus des forces humaines. Moreau, homme d'esprit positif, le disait déjà sans ambages au ministre en août 1762 ~ : « Est-il possible d'avoir dans un dépôt des copies de tous les titres importans qui sont renfermés dans les différents dépôts du Royaume? Je conviens que rien ne seroit plus utile, mais je crois qu'il ne seroit point prudent d'annoncer cet objet dans toute son étendue. » Son ambition, à lui, se bornait à faire tirer copie des actes les plus importants; tel était aussi le sentiment de dom Le Noir, historiographe de Normandie, qui écrivait'^ : « On perdrait un temps infini à copier des titres sans nombre qui figureroicnt mal dans la collection des chartes et qui ne feroient qu'en augmenter le volume. » M. Bcrtin fut, quoiqu'il en eût, obligé de se rendre à ces considérations dictées par l'économie et par le bon sens. 11 restreignit ses projets ; et il dut se résigner à ce que les collections du Cabinet des chartes, comme la collection de copies exécutée dans les dépôts du Midi de la France, à la fin du xvu" siècle, sous la direction du président Jean de Doat, ne représentassent point la totalité des collections originales, dépouillées par leurs auteurs. — Les copistes du Cabinet des chartes ont donc fait
1. L'histoire détaillée du Cabinet des Chartes, versé pendant la Révolution à la Bibliothèque nationale, se trouve dans le Cabincl des nutniiscrils de M. L. Dclisle , I, 559 et suiv.