‹ Les archives de l'histoire de FranceChapitre 4 sur 182 · X. Charmes, op. cit., p · texte numérisé non relu

X. Charmes, op. cit., p

.3. Ibid., p. 228.

INTRODUCTION IX

un choix, mais un choix arbitraire, car h quel signe certain ont-ils pu distinguer les actes « les plus importants » des actes « les moins importants »? Leur œuvre a été utile, sans doute, puisqu'ils ont lait connaître des documents qui, s'ils ne les avaient pas transcrits, seraient restés très longtemps encore enfouis dans des dépôts lointains, ou même auraient été détruits à jamais, mais, à un certain point de vue, elle était dangereuse. Ne devait-on pas être tenté, en effet, de considérer les collections du Cabinet des chartes comme complètes, alors qu'elles étaient seulement des spicilèges , et cela n'équivalait-il pas à réduire désormais à rien, en pratique, l'usage des originaux, à supprimer en quelque sorte, par conséquent, les documents omis, comme sans valeur, par les collaborateurs de Bertin? Nous voyons sans cesse, dans l'histoire de l'érudition, les recueils abrégés se substituer aux recueils complets ; et ce phénomène de substitution s'est effectivement produit, pendant cinquante ans, pour la collection formée à Londres par Bréquigny : elle a détourné les érudits français qui s'en sont servis de recourir aux liasses originales de la Tour de Londres, et elle leur a donné une fâcheuse illusion en leur faisant croire que, en possession des morceaux choisis de Bréquigny, ils avaient tout.

Ainsi, une transcription intégrale des archives de l'histoire de France n'est pas possible ; une transcription partielle n'est pas sans inconvénients.

Moreau avait très bien compris cette vérité, et, avec une clairvoyance étonnante pour son temps, il avait aperçu nettement le biais par où il est facile de tourner une difficulté par ailleurs insurmontable. Son rapport de mars 1774 « sur l'état et les progrès de la collection des chartes ^ » l'atteste en des termes précis qui méritent d'être cités textuellement, car, encore aujourd'hui, je crois qu'on ne saurait mieux dire : « L'objet que le ministre s'est proposé a été d'ouvrir un chemin facile à tous ceux qui doresnavant voudroient étudier

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