AVIS PRÉLIMINAIRE
nous, les missions qui ont été données à divers érudits, ;i de longs intervalles, ne l'ont pas été suivant un programme uniforme et raisonné (ci-dessus, p. xiv) ; quelques-unes n'ont produit aucun résultat ; plusieurs ont produit des résultats médiocres ou très circonscrits ; les rapports vraiment utiles sont perdus dans la foule des rapports sans valeur, et la liste nen a jamais été dressée.
D'ailleurs, si nous regrettons vivement que l'exploration des archives étrangères n'ait pas été dirigée en France d'une manière systématique et uniforme dès l'origine, nous reconnaissons volontiers qu'il est aujourd'hui trop tard pour recommencer : on ne saurait procéder utilement maintenant à une grande enquête d'ensemble. Il faut se contenter d'utiliser ce que nous avons ; de combler les plus grosses lacunes, et de coordonner à cet effet les efforts des travailleurs ^ .
Indiquer ce qui est fait et ce qui reste à faire, tel est notre but. Ce qui reste à faire, pour extraire des archives étrangères tout ce qui intéresse notre histoire ]3olitique, biographique, artistique, administrative même, est immense. Si l'on songe à la prodigieuse force d'expansion militaire et intellectuelle qu'a déployée la France durant et depuis le moyen-âge; à la révocation de l'udit devantes, qui a semé des colonies françaises aux quatre coins de l'horizon ; aux relations diplomatiques que notre pays a entretenues avec tous les autres pendant des siècles, on ne s'étonnera pas qu'il y ait, hors de nos frontières, d'innombrables traces de notre activité nationale. De ces traces, il y en a partout, jusqu'à Haarlem, où se conservent des documents sur l'école d'Alfort; jusqu'à Margonia, village perdu de la Prusse orientale, où l'on a retrouvé récemment le texte de la prière que les pasteurs prussiens devaient réciter en 1807 pour le salut de Napoléon P^ Ces deux exemples, ])ris au hasard, suffiront à faire soupçonner qu'il serait tout-à-fait chimérique d'entreprendre des investigations en vue de relevés complets. Ce
('s Gravcnhagc, 1S88-1.SS*», 2 vol. in-8"; — et dans VcrsUi^ aangaande een onderzoek in de archieccn l'an Ilusland tcti bâte der Nedcriandsclie geschiedenis, door D' G. C. Uhlenbeck ('s Gravenhagc, 1891, in-S").
1. C'est en vue de combler une des plus graves lacunes, qu'a été confiée à M. J. Flammcrmont, le 25 juillet 1883 {Arcliires des missions, XXXI, p. 67), une mission d'un caractère générjil, « à l'effet de rédiger un rapport sur chacun des grands dépôts d'archives diplomatiques de l'Europe et sur les collections de dépèches des ambassadeurs accrédités en France (jui s'y Iriuivenl cunservécs ».
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qui est possible et ce que nous nous proposons de faille, c'est de décrire très sommairement les fonds d'archives franco-étrangères les plus considérables ; nous nous en tiendrons aux grandes lignes ' . Bon nombre de dépôts en Allemagne, en Autriche-Hongrie, en Belgique, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, dans les Pays Scandinaves , en Suisse , ont été visités personnellement par l'un ou l'autre de nous ; pour la plupart des autres , nous nous sommes procuré à bonne source des renseignements inédits. Nous espérons que l'on voudra bien excuser les lacunes (encore considérables, nous n'en doutons pas) de notre information, en raison des difficultés exceptionnelles que présentait une tâche })our laquelle la littérature antérieure ne nous offrait aucun Vorarbeit.
1. Comme il est naturel, on donnera plus de détails sur les petites archives des pays limitrophes, comme la Belgique, la Suisse, etc., profondément imprégnés de culture et d'influence françaises, que sur celles des pays lointains.