I . Compte rendu des travaux jusqu'à ?a ïîn d'octobre 179J
a. Il y eut même dans PAssemblée une sorte d^émeute contre l'agence, & L'Officîa!, I^Jn d« députéS) fît un rapport à la Convention dans lequel il prononce sa condamnation : « Si la commission a nommée pour l'examen de la loi du 7 messidor « an II veut prendre connaissance des décrets des j « et 17 septembre 179a, ao février 1793, *• ^''"' « maire Se 7 mess'dor an 11 , a, j & a8 brumaire « an m (6 décembre 1794), de l'arrêté du comité « des décrets du 16 frimaire de la même année & « des différents rapports qui les ont précédés, elle V sera convaincue que te principal objet de ces difféw rentes lois U arrêtés a été la prompte rentrée dans « les domaines nationaux aliénés par l'ancien gouver- « nement. L'agence temporaire des titres établie par
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« la loi du 7 messidor était spécialement créée pour « accélérer ce travail important. A-t^le rempli les « vues de la Convention nationale? Non. Elle a au a contraire tout fait pour rétarder un recouvrement «t aussi intéressant. »
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I . De tous les arrêtés contradictoires, des factums insolents des deux parts, je n'extrairai que ce qui peut donneip une idée de la confusion qui s'est introduite dans tes papiers d'archives par suite ée celle qui était dans l'esprit de l'archiviste. Dans un rapport du iti piraitial an vii (9 juin 179^), Canws s'élève fbflemeifit contre l'archiviste de la section domaniale : «t Le dépôt domanial, à la gahde duquel te citoyen « Gheyrë test préposé, était encombré d'une quantité ff dé papiers inutiles que le bureau du triage a sup- « primés. En même temps que le bureau faisait le « triage des papiers intéressants à conserver, il ran- « geait tes papiers dans l'ordre le plus convenable, « iarrêté, après un mfûr examen , entre les membres « du bureau 8t moi , & il remettait au citoyen Cheyré « tes papiers ainsi disposés, dans des cartons, avec «f un inventaire sommaire qui en indiquait Tordre, en « assurait la conservation & en facilitait la recherche. « Mais à peiné ces titres sont-ils arrivés au dépôt
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a que le citoyen Cheyré bouleverse tous les cartons, « transporte des pièces de Tun dans l'autre, & en « change totalement la disposition. — 11 faudra inces;- « samment un nouveau triage, un nouveau rétablisseu ment d'ordre ; U c'est en ne cessant ainsi de faire a ce qui a été fait, de le défaire & de le refaire que « l'on présente, comme étant d'un grand prix, des a travaux qui sont très-inutiles, & que l'on dissipe en a pure perte les privations que les citoyens exercent a sur eux-mêmes pour fournir aux besoins de la Rétt publique. Pour se faire une idée de l'état violent des esprits, il faut lire la réponse du citoyen Cheyré, dépositaire des archives domaniales, au compte du citoyen Camus pour l'an vu. Camus, à la fin de sa carrière, résumait ainsi les résultats de cette lutte : (( Il ne s'agit pas ici d'examiner de quel côté était la <( raison ou les torts : le résultat est malheureusement « trop manifeste : les travaux respectifs ont beaucoup « souffert du défaut d'accord U d'intelligence. » C'était s'en apercevoir bien tard.
a. Le mémoire était accompagné d'une lettre également imprimée U signée par Berger, Blondel, Jouesne, Le Page & Rousseau, membres du bureau du triage, U qui est tout entière dans ce paragraphe : « Nous vous prions de prendre lecture de ce compte « par nous rendu pour faire cesser pour toujours « les obstacles que nous avons rencontrés jusqu'à
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a présent & qut, en arrêtant la marche de nos tra- « vaux, éloignent le moment précieux de connaître « l'état de la fortune publique. » La lettre, datée du 27 fructidor an vin ( 18 septembre 1800), est adressée au ministre de Tintérieur. Ils n'eurent pas /le réponse, & ils adressèrent un nouveau mémoire aux consuls de la République le j nivôse an ix (34 décembre 1800) qui, en d'autres termes, exprimait les mêmes plaintes & les mêmes désirs.
^. Camus se plaignit au Premier Consul de ne plus recevoir, des membres du bureau, de rapports de leurs travaux & de voir paraître imprimées des publications aussi offensantes. Le chef de l'État demanda aussitôt un arrêté de dissolution de ce bureau.
4. a Les ex-membres du ci-devant bureau du « triage des titres m'annoncent, citoyen, qu'ils ont (c reçu avis de la sujppression de ce bureau. Cette a communication va nous mettre à portée de suivre « l'exécution des autres dispositions de l'arrêté. » ( Lettre du 1 4 pluviôse. )
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I , Le bureau du triage dit bureau des monuments historiques Commença, par la mise en ordre des plans, Texercice de ses fonctions, le i*''' brumaire
an x(i5 octobre 1801 ]. Camus dirijgeait & activait les recherches. Dom Joubert, en faisant le rappcnrt des travmix de trois années révolues (1804 à itoj), termine par une phrase c)ui pourrait bien être un reproche c^itre la tyrannie camusienne : « Nous cr n'avons rien fart de notre chef, nous avons suivi ff scrupuleusement la direction que l'on nous a don- « née. » Mais dom Joubert ne pouvait engendrer une pareille pensée, c'était la soumission U le devoir incamés. Dans un autre mémoire du a a mari 1805, dans lequel il revient sur les travaux àé \%o$ à 1805 qui se faisaient d'après ta direction de Camus, il excuse celui-ci, dans deux passages, de fautes C]ul ont été commises: t On ne doit pas r^t^ eette « faute sur M. Camus. » Il met en avant un projet fil s'empresse d'ajouter: «r Ce que nous proposons « ici est nécessairement subordonné à ce que peut « nous indiquer notre respectable chef. »
2. Nous avons dans ce rapport la mention de tout ce qui a été détruit par eux & on y rencontre des articles bien douloureux: « Une masse énorme de « lettres de correspondance entre le procureur géné- « rai fit différents supérieurs 8c religieux de l'ordre, (« tous les comptes des recettes fit dépenses, répara- « lions fit entretiens des églises fi& ornements, des a prieurés de Rueil, Saint-Pierre-le-Moustier, Souvi- • 6"yi Vandeuvre, Ris, Abbeville, Saint-Marcel-lez-
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« iQ^alon, Mondesir, Mev«rs, Saint-Denis-la-Chètre, « (de LoQgpQnt, 4e Cres^y, de tonguevjile, de S«int> ff ijm ^ v^t ^uU*es, ^- Routes les géuéalogics des <c ^igQkeurs de -U Togr-^u-Pin, ,de Russy-JUbutin, M LitutreC) l^evis Mirepoix, ^c, iuc. n
« Ké&UMË. Sur 785 boites de cartone, 00 «n a 4( ro.nmé ^5 des titres &. renseignements pour l'jbjs- ■« ikoire, la propriété &. la comptabilité depuis ^7/69. »
3. ]L'agence itemporaire du triage des titres rendit «M 'GQEmité des déccets, le jo veniôse (a.^ Iév4:ier jf9{), t^Q rr^por^ ^r Sia gestion, U j'y yois ,ces p«ss«|ges un p^ l^iiieQ ba^bi^es : « Qiieiie ^a ,été « .sa f^r]>rise de iys tiioviver .4^ s le dépôt du Iquir -yre ^icune ressource pour \e domaine ! mais à o Ja jptiace il ^'est trouvé un fati^^s immense de papiers « de toute pâture Se notamiifient de ceux dont suit le ,bi;^f «tat.^ .(;Kei,narquon&^Vie toutce.qui suit ^ été jadicalement détrv^it.) « Çprrefjpondance du .ministre ,« dit î^e \^ maison du <:i-devant roi a,veç .les jinten- « dants, contenant les plus menus détails |de l'ad^inL- « rûstration intérieure, p (Ces menys ^ét^ils étaient Thi^oire même de l'administration if. ils ont été l$i OBu&e ^ Ifi ,mi^ «^ jpilqn de ces piy^iers.) n {Un 4c {nqfnbce considérable de .portefeqiUea remplis de « (Côlas d'in^)9sitipns 4ur .dif%eQtes cqmpagniç^ de « la 'fia du cègne de JLoui^ XIV & qui ne peuvent « &e;rvir que de .monument du despotisme de ce ^x>p
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« fameux tyran. Une collection superbement reliée « de lettres sorties des bureaux des ministres, dans t laquelle sont insérées jusqu'à des lettres de bonne a année. Une immensité de sacs de procédure trèsa ancienne & relative à des poursuites contre les a usurpateurs de la noblesse. Un amas énorme de (( disputes entre les moines U leurs supérieurs, les (( jansénistes & les molinistes , les évéques & leurs « prêtres, des différends entre les ci-devant grands (( pour leurs prérogatives. Beaucoup d'ordres des ci- (( devant rois, autrement lettres de cachet, avec les (( récépissés & des correspondances qui y avoient (( rapport. Enfin un monceau énorme de placets ou (( requestes adressées aux ci -devant rois, à leurs mi- (( nistres, aux intendants. Et tout ce fatras immense, '< en très-grande partie des siècles de Louis XIV & de « Louis XV, que nous avons jugé entièrement étran- « ger aux titres dont la conservation nous est recom- «( mandée & indigne d'entrer dans la composition de « dépôts importants. »
Dans un autre rapport du mois d'octobre de la même année, on lit : « Le dépôt dit domanial du « Louvre passait pour une collection importante de (( monuments précieux pour le domaine. Quelle fut « notre surprise quand nous le trouvâmes encombré « partout de ma'ières hétérogènes, de superfluités, « de drogues qui déshonorent des dépôts — & qui
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« ont procuré à la République plus de deux cents « milliers pesant de papiers & parchemins de rebut ! )> 4. A la maison du roi se rattachaient plusieurs services importants &, plus particulièrement, ceux des arts, des sciences & des lettres. On lit dans un rapport du 22 nivôse an m : « Nous avons entrepris « le triage de papiers relatifs à la maison du ci-devant « roy. Sous ce titre existaient différentes matières dont « voici à peu près Ténumération : les décisions du roy, <c presque toutes purement personnelles aux officiers « de tous grades qui étaient attachés à la famille ci- « devant royale ; les démissions des charges, les états « des officiers de différentes maisons, tout ce qui a était relatif aux charges des ci-devant grands offia ciers de la couronne, aux officiers de la bouche, de « la chambre, à ceux des grandes & petites écua ries, Sec., &c.; les capitaineries des chasses, la a bibliothèque nationale, le jardin des plantes, le « garde-meuble, &c., &c. Toutes ces différentes parce ties, qui 'formaient une masse très-volumineuse, « n'ont presque rien founii d'intéressant à conserver. » 5. Les tribunaux, le clergé, les cours étrangères, n'étaient pas plus ménagés, on les anéantissait en masse. Cela en outre se consignait par écrit. Aussi on lit dans un rapport du 1 1 nivôse an m (31 décembre 1795) ' ^^ ^^"^ ^^ '°° cartons contenant ce a que l'on appelait dans l'ancien régime la haute
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« magistrature & les juridictions subalternes; après a l'examen de cette collection, où il ne s'est trouvé u absolument rien d'utile, Tagence a passé à celui u des papiers étiquetés : Qergé séculier le régulier, ô Cette abondante matière n'a rien présenté non tt plus qui fût digne d'être conservé, excepté quel- (( ques mémoires de délibérations ou procès-verbaux u d'assemblées de haut clergé que l'agence a cru « pouvoir garder provisoirement comme monuments u historiques. Ces objets épuisés, elle a visité d'autres cartons qui contenaient des papiers ayant trait à (( diverses cours de l'Europe, iU ont presque tous été (( mis au rebut parce qu'ils n'avaient aucun caractère « d'authenticité U qu'ils ne fournissent aucun ren- (( seignement utile. -^ Tous c^ papiers forment (( une masse très-considérable. » Ces décisions de mort sont d'autant plus cruelles que le temps 'manquait évidemment pour interroger le coupable.
6. La correspondance des missions étrangères était complète & du plus grand intérêt, on -en conserve quelques lettres prises au hasard d'un choix fait à la hâte. Rapport de germinal an iv : a On dépouille les « papiers des missions étrangères de lettres écrites « par les missionnaires envoyés dans les Indes oriena taies, dont quelques-unes ont été mises à part pour (( être rangées dans la section d'histoire. »