‹ Les archives de la FranceChapitre 24 sur 27 · Le ministre de l'intérieur prévient Daunou que · texte numérisé non relu

Le ministre de l'intérieur prévient Daunou que

le$ archives de Simancas, qui contiennent des papiers très-importants, pourront former le chargement de cinq cents voitures. M. le gênerai Kellermann les dirigera sur Bayonne sous h conduite d'un archiviste espagnol. (Lettre du 14 octobre 18 10.) Ce qui nous reste ne remplirait pas deux voitures.

2. Daunou, en le proposant au ministre pour la mission d'E «pagne, en fait un éloge qu'il faut conserver pour qu'un modeste travailleur, un honnête savant, ne soit pas complètement oublié. « Parmi les a employés des Archives, il en est un qui a étudié a avec beaucoup d'application la plupart des langues « de l'Europe, U qui surtout sait parfaitement l'es- « pagnol. Il n'a d'ailleurs jamais cessé de cultiver les a langues anciennes, U possède les connaissances a historiques & politiques qu'exige le travail que Sa « Majesté vient d'ordonner. C'est M. Guiter, le chef a de la commission allemande. On peut compter sur a son exactitude St sa fidélité. Il a l'esprit très-méa thodique U l'habitude des détails d'administration.

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I . L'abbé Guiter s'occupa dès son retour à Paris, au mois d'août 1 8 1 1 , à classer dans un bon ordre méthodique St en quinze sections ces documents qui sont devenus depuis une source féconde pour l'his-

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toire de France U qu'un inventaire méthodique fera prochainement mieux connaître.

a. Le 7 septembre 18 la, Daunou répond au ministre de l'intérieur : « Par votre lettre du aç août « vous me chargez de vous proposer un commissaire « qui puisse visiter avec intelligence les archives de (( la Belgique & indiquer les articles susceptibles d'être « réunis aux Archives de l'Empire. J'ai l'honneur de « vous proposer M. Dupré, qui a déjà rempli avec « succès une mission semblable à Turin. »

3. Au commencement de mars 181 1, Saint-Aubin, l'un des archivistes les plus distingués des Archives de l'Empire, avait été envoyé en Hollande pour étudier, dans les dépôts d'archives d'Amsterdam, la Haye, Rotterdam, Utrecht, ce qu'il était bon d'envoyer à Paris. L'année suivante, Tourlet, un autre archiviste, lui succéda, U on était prêt à faire un envoi considérable de caisses, lorsque les événements détournèrent l'attention de cet intérêt. Les archives de la Hollande ne vinrent pas à Paris, mais les lettres U instructions de Daunou désignaient comme devant être réunis aux Archives de l'Empire tous les dépôts qui contiennent, non l'administration particulière des départements hollandais, mais le système général du gouvernement de la Hollande & ses relations politiques ,

4. Dans un rapport de Daunou du 7 octobre 1810, on lit : <( On est parvenu à décaisser $t à

a placer dans les combles de l'hôtel de Soubise les « papiers contenus dans 2,206 caisses venues de « Vienne; il en reste 933 qui composent une même « série, U qui ne pourront être ouvertes que lorsque « les dispositions locales seront plus avancées. »

5. Dans cette ville le général Radet commandait, U pendant plus d'une année il fut chargé de diriger l'opération. Elle se fit avec ordre & ponctuellement; jusqu'aux inventaires des papiers saisis à Rome dans le palais du Vatican par MM, Pesci, lieutenant de la gendarmerie impériale ^ & Rotoli, commissaire de police, tout était signé : Radet, inspecteur général de cavalerie. Il est resté une longue U intéressante correspondance entre lui U Daunou. Le militaire domine chez le général, mais son esprit était souvent plus juste que celui de l'archiviste. Je lis dans une lettre à Daunou, du 12 janvier 181 1 : « Je n'ai pas intérêt à « ce que l'on prive Rome de ses archives , mais j'en « mets beaucoup à l'exécution des ordres de l'Empe- « reur, dont la politique est évidemment grande. Si « l'on s'arrêtait au terme technique d'archives judia ciaires, il n'y en aurait pas une à porter à Paris, « parce que sous le gouvernement du Pape toutes (f les branches de l'administration publique s'exer^i- (f çaient sous les formes judiciaires, tandis qu'il n'y a « que les archives de la Rote, celles des deux autres « tribunaux St celles des titres (archives urbaines)

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« qui en aient les véritables caractères & que Ton « doive réellement conserver à Rome. » On lui avait adressé l'abbé Martorelli, un ancien archiviste, pour l'aider de ses conseils «c pour rechercher &. prendre, dans les<:ouvents d'hommes & de femmes, tout ce qu'il trouverait en chartes U manuscrits dignes d'être envoyés à Paris. Celui-ci correspondait déjà avec Daunou, & il lui avait écrit au mois d'avril 18 10 : <( Dans plusieurs couvents de Rome, j'ai trouvé des « parchemins du XIV*, du xiii*, du xii«, du xi* U même « du X* siècle. Ce sont pour la plupart des contrats a qui regardent les couvents particuliers, ou des con- « cessions des pontifes aux divers ordres. Tous ceux « qui sont d'une date antérieure à l'invention de « l'imprimerie me semblent mériter de la considéraa tion, d'autant plus que dans les contrats & dans a les concessions particulières on peut bien trouver « des renseignements utiles à l'histoire & à la chro- (( nologie. Je les ai fait séparer & j'en fais dresser un a inventaire; en attendant, je vous prie de m'indiquer « si vous croyez que cela soit bon pour vous. » En même temps, il dénonçait aussi les couvents de femmes, (( dans lesquels on cachait pour plus de sûreté « les choses les plus importantes, & je sais par V exemple que dans le couvent des Bénédictines de a Sainte-Cécile en Trastevere, il y a des codes d'une a grande antiquité. » Enfin il voulait ménager le

budget de la France, Si il s'y prenait d'une singulière façon : c Pour tâcher d'économiser les dépéiic ses, on pourrait bien ordonner pour l'avenir que « l'immense quantité de boiseries qui se trouvent « dans les couvents dût s'employer pour faire les « caisses qu'on envoie à Paris. » Il lutta contre l'extension donnée a l'enlèvement des papiers Si nie voulait pas admettre que les archives de fadministratlon romaine fussent plus utiles à Paris qu'à Rome. Il écrit à Daunou le a 5 février 1 8 1 1 : «r Si tes archives de a l'administration sont de toute inutilité à Rome, u comme on l'écrit, je ne vois pas de quelle utilité « elles pourront être à Paris. On pourra trouver cer- « tainement des cas, quoique rares, dans lesquels ces « papiers soient utiles à Rome, je n'en sais prévoir « aucun dans lequel ils le puissent être à Paris. » Il re>ta très-longtemps à Rome, d'où il écrivait le a 8 octobre 181 a à Daunou, qui l'attendait impatiemment à Paris, que le général Miollis le retenait à Rome jusqu'à l'époque de la fonciion du Te Deum, à laquelle il le croit nécessaire, a Je me serais bien « passé du Te Deum, mais les papiei*s, lesarchivesdu (( Vatican qui restent à Rome étant peut-être les plus « importants, comme la secrétairerie d'État & la Rote, « je ne crois pas que ma commission soit achevée <( jusqu'à leur départ. »

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I. M. de Gérando écrit de Rome, le 23 février 18 10, au ministre des cultes : a Je prends la liberté « d'adresser à Votre Excellence un homme que je « crois digne de votre faveur U par le prix qu'il y « attache & par les titres qu'il peut y apporter. Votre (( Excellence sait que les archives papales çiu Vatican a viennent d'être transportées à Paris. Le R. P. « Altieri, qui était chargé de leur conservation , n'a « pu se résoudre à les abandonner à la négligence « des conducteurs, U a demandé à les accompagner. « Votre Excellence jugera facilement comment a été « reçue une telle proposition faite par un tel homme, « U il est en conséquence parti avec ce précieux « dépôt. Votre Excellence, qui sait apprécier tous les « genres de mérite, en trouvera beaucoup réunis « dans le R. P. Altieri. Sa haute naissance, l'estime « que l'on a pour ses lumières , la haute considéraa tion U le crédit dont il jouit à Rome, feront penser « peut-être à Votre Excellence que, dans ce moment, « sa venue à Paris pourrait être de quelque utilité. « Excellent théologien U très-versé dans l'étude de « cette partie de la diplomatique qui développe & a explique, par leurs actes mêmes, la conduite des « souverains pontifes depuis plusieurs siècles, on

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ff pourra trouver encore quelque intérêt dans l'usage V de ses lumières. »

a. Lettre du j février 1811.

3. La commission est du i) août 181 1, signée Montaiivet. Elle est ainsi conçue : « Le ministre de « l'intérieur, comte de l'Empire, d'après le congé a accordé par Sa Majesté à M. le chevalier Daunou, ff garde des Archives de l'Empire, le charge de se a transporter dans les départements au . delà des (( Alpes, dans ceux de Gênes, de la Toscane, dans le a Taro & dans les Etats romains, pour examiner les « différents corps d'archives ayant appartenu à des « États séparés & reconnaître ceux qui paraîtront « susceptibles d'être réunis aux Archives de l'Empire.» Il partit de Paris le 20 août, était à Turin le 28, à Gênes le 30, à Parme le 8 septembre, à Florence le 14, à Livourne le 35, à Rome le i" octobre, à Perugia le 8, à Florence le 10.

4. Il écrit au ministre de l'intérieur, en partant pour l'Italie : « Je vais partir pour Florence, confor- « mément à vos ordres ; mais afin de n'y pas faire un « trop long séjour, je désirerais que Votre Excellence (( voulût bien me remettre, pour M. le préfet de l'Arno, a une lettre qui contînt l'ordre exprès de seconder « efficacement ma mission. 11 importe que le dépôt (( des archives diplomatiques U tous les autres dépôts « d'archives qui existent à Florence me soient ouverts

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« chaque jour, que j'y puisse travailler depuis six heures (( du matin jusqu'à cinq heures du soir. »

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I . Il avait des ressources infinies pour motiver son choix. S'agit-il de pièces historiques, cela va tout seul : l'histoire générale doit être concentrée à Paris; de l'histoire particulière des républiques italiennes, de leur constitution & de leur législation, ce ces villes ne « devant plus être régies que par les lois communes « à tout l'Empire, & ne devant aspirer à d'autres pri- « viléges qu'à ceux qu'elles obtiendraient de la bîen- « veillance de Sa Majesté, il est évident que leurs ance ciens statuts, leurs anciens titres, ne sont plus que (( des monuments historiques qui appartiennent aux « archives générales de l'Empire dont elles font parce tie. — Si ces pièces restent dans les archives muni- « cipales, elles donneront lieu, tôt ou tard, à des préce tentions & des réclamations au moins incommodes. Je ne crois donc pas qu'il y ait lieu d'accueillir les « réclamations qui ne manqueront pas de s'élever « contre le transport de cette seconde classe de pa- « piers. » Il arrive ensuite à l'histoire & aux titres des grandes familles, U il lui semble tout naturel, à une époque où les moyens de communication étaient si lents, de mettre entre les familles intéressées U leurs

archives près de cinq cents lieues, sans autre raison que les avantages de la centralisation, et Puisque ces « titres des grandes familles étaient déposés dans les archives des divers gouvernements sous lesquels vivaient ces familles, ils doivent l'être aujourd'hui dans les archives du gouvernement qui est devenu celui de tous les petits États. Presque tout ce qu'on a pu conserver de litres des grandes maisons de l'ancienne France est aux Archives de l'Empire; il n'y a, ce me semble, auOune raison de n'y pas recevoir également les titres des familles domiciliées dans les nouvelles parties de la France actuelle. 11 n'existe aujourd'hui de véritables titres de noblesse que ceux que Sa Majesté accorde & dans les occasions, où, pour accorder de nouveaux titres, elle jugerait convenable de prendre connaissance des anciens, c'est à elle seule encore qu'il importerait d'avoir à sa disposition les archives de l'ancienne noblesse. J'ajoute que la réunion de ces titres aux Archives de l'Empire devrait être sollicitée par les familles mêmes qu'ils concernent, car c'est l'unique moyen d'en garantir la conservation. » Je ne pousserai pas plus loin ces extraits de l'argumentation de Daunou ; il est facile,d'après les raisons données pour l'enlèvement des titres de famille, d'apprécier ce que peuvent être celles qui autorisent le transport à Paris des cartes fa plans tlu pays, le ^uvernement devant

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avoir sous sa main les moyens de connaître toutes les parties du territoire qu'il régit; des titres domaniaux U de propriété : l'administration générale des domaines en ayant besoin à Paris; des correspondances diplomatiques : le gouvernement français entretenant seul des relations politiques, 6r lui seul succédant aux anciens gouvernements italiens, des lettres adressées aux souverains par des personnes privées, presque toutes célèbres dans l'histoire des lettres & des* arts : i7 est aisé de concevoir les avantages que l'histoire, la littérature & la politique doivent recueillir de la réunion de ces précieuses correspondances.

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I. Il est bon de savoir comment il argumente : (( A l'égard des vingt-deux chartes sur papyrus, voici, « Monseigneur, les considérations qui en font désirer « la réunion aux Archives de l'Empire : à Rome, à « Florence, en d'autres dépôts moins. considérables, « une salle particulière rassemblait & offrait aux re- « gards tout ce que les fondateurs de ces établisse- « ments avaient pu réunir de chartes sur papyrus, U « les monuments les plus anciens U les plus rares de « ceux qui appartiennent aux archives en étaient con- « sidérés comme la partie la plus précieuse. C'était « celle que l'on conservait & que l'on étalait avec le

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cr plus de luxe & de magnificence; Aujourd'hui que « Sa Majesté destine un vaste édifice aux archives de « son empire, peut-on supposer qu'elle n'y voudra « pas rassembler ce genre de richesses? J'avoue que <f ces chartes sur papyrus ont été imprimées, qu'on V en a même gravé des fragments, qu'elles ne sont « donc ni nécessaires ni très-utiles, & que leur impor- « tance ne consiste que dans leur antiquité & leur ff rareté, mais elles sont l'ornement & en quelque « sorte le frontispice de l'immense dépôt des archives « de Sa Majesté. Il est certain que, lorsque ce dépôt « sera complètement établi, tout étranger qui le visi- « tera demandera où est la salle des chartes sur pa- « pyrus. Du reste, lorsqu'on dit que le départ de ces (( chartes causerait un deuil universel dans la ville de Rome, je n'ai pas besoin de remarquer combien « ces expressions sont exagérées. II ne s'agit pas de (( détruire la salle du Vatican, très -magnifique en H effet, où ces chartes sont réunies, elles y seraient '( facilement St même avantageusement remplacées (( par des tableaux. Les ornements de cette salle n'ont <( aucune sorte de rapport avec ces monuments, & a l'on pourrait dire que leur simplicité & leur vétusté (( contrastent beaucoup trop avec les richesses quiles « environnent. »

a. Daunou écrit de Paris au comte de Montalivet, ministre de l'intérieur, le 10 février i8ia, qu'il ne

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reste plus à expédier du Vatican & de Monte-Cavallo qu'une cinquantaine de caisses, & qu'il suffit d'un ordre envoyé à M. le duc de Cadore : « Je dois « ajouter que les papiers de la secrétairerie d'État de « .Rome qui restent à réunir aux Archives de l'Empire (( sont d'une très-grande importance, puisqu'ils con- « tiennent une partie de la correspondance de la cour (( romaine avec les puissances étrangères durant les a années 1805, 1806, 1807, 1808 W 1809. C'est « parmi ces papiers que s'est rencontrée une pièce « originale dont Sa Majesté a daigné me parler le « 3 janvier dernier, U qu'elle désire que l'on con- (( serve dans ses archives comme un monument, « a-t-elle dit, des entreprises les plus insensées dé a la cour de Rome. » (C'est l'excommunication de Pie Vil.)

3. A la fin de 1812, Daunou présenta à l'Empereur le tableau des Archives de l'Empire, dans lequel il rappelait avec satisfaction que 392,739 articles, c'est-à-dire liasses du registres, reposaient sur les rayons de l'hôtel de Soubise, & qu'on en attendait' 58,813 autres auxquels la place était réservée. Tous les envois n'étaient pas encore arrivés en 1 8 1 3 ; en ' effet le ministre de l'intérieur, dans une lettre du 16 septembre, veut les suspendre parce qu'ils lui paraissent excessifs. Il écrit à Daunou : « Le maire de Pe- « rugia réclame la conservation des archives munici-

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a pales de cette ville, qu'il annonce être d'un intérêt « purement local. Je remarque, en effet, que dans l'état « général, n° 3 , des archives à transporter à Paris, a que vous m'avez adressé, celles de Perugia sont a indiquées sous les titres de : i" archives du nota- « riat ; 2" archives municipales; )° archives de « l'abbaye de Saint-Pierre. A en juger par ces titres, a on serait porté à croire que les deux premiers artiff des rentrent dans la classe des papiers utiles au ff service des administrations locales & non suscepti- « blés d'être déplacés. »

4. Je ne vois trace que de deux pertes réelles décrites l'une dans le procès-verbal du maire de la commune de Saint-Ambroise, près Turin, en date du 1 1 juillet 1810, où il est dit qu'une voiture chargée de papiers d'archives pontificales est tombée dans le canal d'un moulin ; l'autre dans une lettre du 5 avril 1810, où il s'agit de deux voitures envahies par les eaux U renversées dans le fond de la rivière au passage à gué du Stirone, entre Parme & Plaisance, département du Taro.

5. Au mois de juillet 1815, Daunou écrivait au ministre de l'intérieur : a A l'égard des archives ita- « liennes, on s'est abstenu d'ouvrir les deux cents (( caisses que M. Marini avait fart emballer ; elles sont dans l'état & dans les salles où on a les laisff sées. ))

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6. L'entrepreneur Fortin avait apporté toutes les archives d'Italie; le marché conclu avec lui pour les remporter est du 1" janvier 181 5.

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I A la fin de iSia^Daunou écrivait au ministre pour se plaindre de son personnel italien, trop paresseux Se sans cesse absent : « A l'égard des archives « romaines, voici l'état des choses : le bureau chargé a du dépouillement de ces archives a pour chef M. « Martorelli, qui est retourné à Rome dès 1810, k. qui a ne paraît pas disposé à en revenir. Pour sousa cher, M. Gaetano Marini, vieillard infirme qui ne (T paraît jamais aux Archives & qui se tient pour dis- « pensé de tout travail. Pour troisième employé le P. « Altieri, qui est détenu pour dettes à Sainte- Pélagie a depuis la fin de janvier i8ia. Pour quatrième em- (( ployé, M. Marino Marini jeune, peu habile, li qui « ne se croit pas obligé à un travail très-actif. Pour (( cinquième employé, M. Sismondi, qui est encore à d Turin, où le retient le retard des ordres nécessai- « res pour le transport de quelques restes d'archi- « ves. » L'abbé Martorelli annonça encore pendant cinq ans qu il allait revenir, mais il était enchaîné à Rome par des habitudes qui n'étaient pas à l'honneur de son habit.

Il écrit le 33 avril 1814 : « Je serai charmé de ff retourner à Paris ou pour un temps ou pour tou- « jours, si la destinée de Rome doit être de retourner a de nouveau à sa situation de Tannée 1797; » le 13 déc. 1814) : a J'ai été contraint de renoncer ff à mon canonicat de Saint- Pierre par les duretés « que je recevais de mes collègues U par d'autres « motifs, Il je me trouve dans le cas de quitter Rome « dans trois mois après avoir arrangé mes affaires, ff Je l'aurais déjà quittée sans une maladie de lana gueur dont vient d'être attaquée cette dame qui eut « l'honneur de vous connaître chez moi b, que j'ai a malheureusement beaucoup de crainte de perdre. « Les malheurs n*ont pas épargné non plus ma santé, a qui est trèsr-délabrée. »

Je trouve une autre note de 1 8 1 a qui n'indique pas à qui elle était adressée, mais qui montre combien il y avait de négligence dans le bureau italien : Ces extraits ne correspondent qu'à cent feuillets d'un volume de lettres & c'est là le travail d'un mois. Il faudrait, pour l'entier dépouillement des archives italiennes y dix mille ans au moins à dix employés dont chacun n'analyserait ainsi que 100 feuillets par mois. Deux ou trois jours, six au plus doivent suffire pour l'examen & le dépouillement d'un volume tel que celui-ci.

Il paraîtrait que, dans ce personnel, l'abbé Altieri, celui qu'à son départ de Rome recommandait de Gé-

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randô, était le plus instruit, le plus capable, mais sa conduite & ses mœurs contrastaient avec son éducation & sa robe. Daunou en parle ainsi : « Il a infini- « ment d'esprit, d'instruction & d'activité; je ne' « connais personne qui pût conduire avec plus d'in- (( telligence &. de succès un bureau d'archives ita- « liennes, s'il savait mieux se conduire lui-même ; « mais avec tout l'extérieur d'un homme qui n'est « jamais sorti du cloître, il a des habitudes, sinon de « désordre, au moins dé dérangements qui affaiblissent, c( encore plus que les créanciers, les garanties que a Votre Excellence exige. »

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I . Le ministre de l'intérieur fait écrire à M. Daunou le 21 novembre 1814 : « Je vous ai fait con- « naître par ma lettre du 3 août dernier, que Son « Excellence avait décidé que les extraits & copies « de pièces historiques qui ont été faits sur les titres « originaux provenant des archives pontificales restece raient déposés dans les Archives du Royaume. « M. Marini, garde des archives pontificales, a écrit (f à Son Excellence pour réclamer ces extraits. 11 dé- « clare qu'après les avoir examinés & en avoiif re- « tranché ce que la cour de Rome veut tenir secret, (( il remettra le surplus aux Archives pour y être con- « serve comme pièces historiques. Son Excellence,

« ayant jugé à propos de Taire droit à la demande de « M. Marini. me charge de vous autoriser à lui re- « mettre sur son récépissé les extraits qu'il réclame. » Le lendemain, Daunou les lui abandonnait. Quand Marini les lui rendit, il ne daigna pas même laisser trace de ce qu'il enlevait, mais c'était tout ce qui avait été écrit de sa main, & tout ce que la cour de Rome voulait tenir secret. Il prétendit en outre garder les honneurs de la générosité, fie il écrivit à Daunou le 2 5 novembre 1 8 1 4 : c Tous les extraits faits sur les «t monuments des archives pontificales resteront «f déposés aux Archives du Royaume. La persuasion V & presque la certitude en laquelle je suis qu'on ne « mésusera point desdits extraits m'engage à n'en ff réclamer pas même le triage, li en conséquence, « tous les cartons qui renferment ces travaux sont à « votre disposition. » Marini ne se montra pas aussi facile pour des recherches que Daunou voulait faire dans les papiers de VIndex; on lui communiquait les registres alphabétiques, « mais les censures qui ont « été faites par VIndex sur lesdits ouvrages, je vous « préviens qu'on ne peut pas les consulter fie s'en « servir, fit moi je ne pourrais jamais me prêter à « cela. »

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