SCEAUX CONSERVES AU MUSEE DU PALAIS-DES-ARTS
sceaux de
diverses grandeurs en cire et i
matrices (
en cire.
36 matrices de
1 sceaux, dont 34 lyonnais, et une
dizaine en agathe.
du Bugey.
de la Bresse.
du Comtat-Venaissin.
du Dauphiné.
de la Savoie.
d'Italie.
de la Bourgogne.
. de la Franche-Comté.
de la principauté d'Orange.
de la Provence.
du Languedoc.
de la France en général.
classés comme incertains.
D'après de nouvelles recherches, le nombre des matrices de sceaux, conservées au Palaîs-des-Arts, 3 élève à plus de 300. — On possède aussi aux Archives départementales une quantité considérable de sceaux dans le fonds de Malte. Ces sceaux ne sont que des empreintes en cire à cacheter rouge j (de chatons de bagues armoriés ou de cachets) apposées par chacun des nombreux témoins des actes de ce fonds si précieux ; mais le moulage de ces sceaux est des plus faciles, et leur réunion formera déjà, à elle seule, une très-belle collection (1 ) .
A cette collection, on pourrait joindre aussi les moulages des sceaux de nos Archives judiciaires du Palais-de-Justice.
En attendant la fin des moulages, diverses personnes ont bien voulu faire des dons au cabinet de Sigillographie. M. Gauthier, conservateur en chef des Archives départementales, y a déposé sa collection particulière, composée de 240 sceaux et contresceaux en bronze. — M. Bécamier a offert 64 plombs de douane des xvi% xvii^ et xviii*^ siècles, aux armes de la ville de Lyon et d'autres villes manufacturières de France, plusieurs matrices en cuivre, provenant de son riche cabinet. — M. le Directeur général des Archives nationales de Paris a gracieusement envoyé les moulages des deux grands sceaux et du contresceau de la Commune de Lyon, de 4274 et de 4320, avec offre d'envoyer encore tous les moulages que
(1) Parmi les sceaux encore conservés aux Archives dcpartr mentales, il s'en rencontre un, dit-on, des plus anciens, des Dauphins, représentant un griffon.
la Commission des Archives pourrait désirer à Fayenir. Enfin s'il était permis au Président de cette Commission de parler de lui, il dirait aussi qu'il a été heureux d'apporter au cabinet de Sigillographie les 439 sceaux qu'il a moulés aux Archives de Dijon sur les sceaux originaux.
Le département de la Sigillographie peut donc être considéré comme par&itement et solidement établi, et bientôt il pourra être d'une véritable utilité pour la science. M. Guigne va commencer l'inventaire de ce qui y existe déjà, en le divisant par séries, dont chacune embrassera l'une de nos anciennes provinces. Quand ce classement sera terminé, on fera celui des matrices obtenues à Taide de la galvanoplastie, et ces matrices permettront de faire de nouveaux moulages destinés à des échanges ou à la vente. Un catalogue, imprimé et répandu à profusion, dira les monuments que nous possédons, et alors, soitles Archives des autres départements, soit les particuliers, pourront demander à faire, soit des échanges, soit Tacquisition totale ou partielle de nos sceaux. Le produit de ces ventes sera appliqué à l'amélioration et à Taugmentation de notre propre collection.
Enfin, pour compléter l'aménagement du nouveau salon de lecture, aux Archives, M. Guigue, de concert avec la Commission des Archives et des Bibliothèques, y a fait établir des vitrines destinées à recevoir divers spécimens de miniatures des âges passés. On y exposera les syndicats les plus remarquables par leurs peintures ou leurs lettres ornées, des manuscrits avec des peintures sur vélin, et des croquis de tableaux proposés au Consulat, et qui ont
été ensuite adoptés pour servir de décoration dans de grandes fêtes publiques, données par la ville. Ce salon deviendra un véritable petit Musée lyonnais, en attendant la réalisation du projet de la réunion de toutes les Archives lyonnaises, sous le même toit, et dans le même bâtiment. Ce projet, dont l'exécution s'impose si impérieusement à la ville, sera ma constante préoccupation, car nos riches Archives sont sans cesse , à toute heure , exposées à être détruites entièrement, si elles restent dans les locaux si défectueux où on les laisse enfouies. Je ne cesserai donc de demander leur transf&rement, quelque importunes que puissent être mes doléances.
Nos Archives devront être aussi, un jour, un véritable musée, et leurs portes, toutes grandes ouvertes à ce public qui, courbé pendant la semaine, sur le métier, l'enclume ou l'établi, se plaît, le dimanche, à parcourir les ¥ sées, parce qu'il aime à voir de belles choses et à s*insiruire. C'est donc à soninstruction que nous devons nous attacher, et cette instruction devra être rendue cUtrayante. — Il faut qu'on lui montre ce que nous avons de plus beau, de plus rare ; qu'on place sous ses yeux des étiquettes bien rédigées^ de manière à ce qu'il puisse comprendre facilement Vimportance et le mérite de la chose qu'on lui exhibe, — Il prendra goût alors à examiner ce qu'on lui aura ainsi montré ; — il gardera dans sa mémoire des souvenirs heureux, il apprendra l'histoire de sa ville que personne ne lui enseigne à l'école, car y a-t^il seulement une classe, & Lyon, où Ton apprenne aux enfants l'histoire de notre ville ? — et même, qui a songé à écrire, pour l'enfant du peuple, un court précis historique de Lyon ? Et Ton
se plaint de ce que le peuple soit ignorant! S'il Test, c'est parce qu'on lui enseigne mal ou qu'on lui enseigne ce qu\l na pas besoin d'apprendre, à VécoU.
En attirant ainsi Touvrier dans nos Musées, dans nos Bibliothèques, dans nos Archives, où il trouvera des choses attrayantes dpnt son instruction fera son profit, il s'attachera aussi à ces choses, il en comprendra la valeur et l'importance, il désirera leur conservotionf parce qu'il saura aussi que c'est une propriété de la ville, le bien de tous ses habitants^ sa propre chose; et alors, nécessairement intéressé k sa conservation, il la protégera, la défendra même, les jours, trop fréquents, hélas ! où les masses populaires, instruments trop dociles des ténébreux meneurs de nos révolutions, soulevées par ces misérables, se ruent, comme des bétes brutes^ sur nos palais, nos musées, les saccagent, les brûlent, croyant accomplir ainsi un grand acte de patriotisme ! ! ! Il faut désormais que le peuple, instruit, moralisé, soit le premier défenseur de nos richesses artistiques et scientifiques, et qu'elles soient confiées à sa garde et à sa probité.
La création de ce musée est des plus simples et des plus faciles. — On pourra imiter aussi Dijon dont j'ai déjà parlé. — Là, on voit aux Archives départementales, au centre de ses vastes salons, un salon spécial, orné des portraits et des armes de ses grands et célèbres ducs, et dans lequel sont réunis les titres de tous ces grands hommes. Là, tout parle aux yeux et quels heureux souvenirs on en garde ! !
Maintenant, demandons-nous enfin de quels éléments se composent nos Archives municipales, ce qui
en reste et à quel point est arrivé le classement de
chacune de ses séries ?
Ces séries, d'abord, sont les suivantes :
ABCHIVBS DB LA YILLB
Série
Actes constitutifs et politiques de la commune. (Inventoriée.)
Série BB.
Administration communale. (Inventoriée.)
SéHe GG.
Impôts et comptabilité (371 articles sont inventoriés et imprimés). — Reste à inventorier les articles concernant les comptes des receveurs de la ville, les pièces à lappui desdits comptes depuis 1364, les octrois, rentes, droits divers, les dettes de la ville, les emprunts, etc.
Série DD.
PropriiUs communales.— Edifices publics, Hôtelsde-Ville anciens, ponts (depuis 4377), théâtres, voirie^ etc.
Série BB.
Affaires militaires. — Ban et arrière-ban, arbalétriers, archers, arquebusiers, milices bourgeoises, pennonages, fortifications, etc.
Série FF.
Justice, procédures, police. — Registres du greffe de la sénéchaussée, du Tribunal de la Conservation,
juridictiou consulaire, procès soutenus par la ville,
police urbaine, etc.
Série GO.
Cultes^ instruction et a^istance publique. — Actes provenant des paroisses, registres des naissances et des décès avant 4790, clergé séculier et régulier, — exercice de la religion réformée, poursuites contre les protestants. — Académies, collèges, Jésuites, Oratoriens, écoles diverses. — Règlements et administrations des hôpitaux, maladreries, etc.
Série HH.^
Agriculture y industrie ^ commerce. — Taxe des grains, des denrées, foires, marchés, règlements de commerce, monnaies, corporations d'arts et métiers, statuts, etc.
Série II.
Documents divers , inventaires , objets d'art. — Minutes, protocoles de notaires, collections de placards, d'affiches, livres, manuscrits, cartes, plans, tableaux, estampes, etc.
Tous les documents des séries DD, EE, FF, GG, HH et II et partie de ceux de la série CC ne sont encore que triés et classés grosso modo. — Tout, en somme, est à revoir par suite de déménagements successifs et autres causes
Mais de toutes ces nombreuses séries on n'a encore pu inventorier complètement que la série AA et la série BB jusqu'à la fin des Registres consulaires. Cette partie de l'inventaire est Tœuve de M. RoUe et forme
un volume in-quarto, de 323 pages , dont Timpression a eu lieu en 1 865. Ce môme archiviste avait entrepris aussi la publication du tome second et l*avait conduit jusqu'au n® 320 de la série CC qui embrasse la comptabilité. Mais comme dans Tadministration municipale de 1870, les passions et les haines politiques passèrent devant les intérêts de la ville, M. Bolle fut injustement et brusquement révoqué et l'inventaire demeura suspendu pendant un long temps.
M. Ratyé put enfin le reprendre, mais le local qui lui avait été affecté, était si incommode et môme si dangereux que, sa santé, vivement éprouvée, ne lui permit pas de donner à son travail toute l'activité qa'il eût désiré y apporter.
Aujourd'hui, M. Gnigue a repris et continue l'œuvre de ses devanciers, et on peut être certain d'avance qu'elle sera menée avec une grande célérité, que n'exclura pas une savante et habile rédaction. Toutefois son travail, dans le début, a été des plus ingrats, n a dû remettre un ordre complet dans les nombreux titres de la comptabilité qui avaient été déjà triés, et que son inhabile prédécesseur avait entièrement mêlés et séparés des titres auxquels ils étaient annexés. Ajoutons aussi que Tune des causes du retard dans la confection du second volume a été l'ineptie avec laqueUe une partie de ce volume avait été rédigée. Plusieurs de ses feuilles, déjà imprimées, étaient ai &utives qu'on a dû les meitre au pilon et les recommencer entièrement à nouveau, triste et nécessaire conséquence de l'inhabileté de l'administration de 4870, qui n'a songé qu'à satisfaire ses créatures, sans le moindre souci des intérêts de la ville, et des
sciences. Mais quand sera terminé cet inventaire ? Malgré tout leur dévoûment , les archivistes ne peuvent le faire que très - lentement» car ils sont obligés de lire chaque pièce, de l'analyser et de lui assigner ensuite une place chronologique, œuvre de science et de patience qui exige un temps infini, — et cependant ils sont seuls et obligés de se mettre à toute heure à la disposition du public qui abuse souvent de leur temps et de leur obligeance. On ne comprend donc pas que la ville n*ait qu'un seul archiviste, alors qu'elle sait cependant que l'inventaire de ses Archives est si peu avancé, qu'il faudra encore les vingt-cinq ans de ce siècle pour le conduire à bonne fin, — et que pendant ce long temps^ les hommes d*étude ignoreront entièrement ce que contiennent tant de centaines de cartons qu'ils auraient cependant besoin de consulter chaque jour.
La viUe ne devrait-elle pas dès lors mettre la main dans sa bourse et donner à son archiviste un adjoint qui le seconderait dans son pénible labeur? Que de dépenses luxueuses et inutiles la ville ne fait-elle pas , quand, cependant, l'un de ses plus importants services est en si grande souffrance!
Ce qui existe déjà de nos inventaires ne peut nous donner aussi que des regrets de ne pas les voir achevés, car que de trésors cachés et inconnus nos Archives municipales ne renferment-elles pas? Qu'on en juge par Taperçu sommaire du contenu des séries AA et BB qui sont, comme je l'ai déjà dit, les seules inventoriées.
La première renferme les titres constitutifs et politiques de la commune de Lyon, c'est-à-dire ses privilèges et ses firanchises depuis 4 245, «- le fameux
cartulaire d'Etienne de Villeneuve, les bulles des papes et les actes des rois de France qui ont aidé à la constitution de la Commune lyonnaise et à Torganisation de la justice royale, malgré la résistance des archevêques. Dans cette série, se trouve la correspondance politique, c^est-à-dire les lettres originales des gouverneurs de Lyon au sujet de l'administration de la ville, des princes de Lorraine, de François et de Henri de Guise, de Charles de Mayenne, des cardinaux de Guisé et de Lorraine qui ont joué un si grand rôle dans la Ligue, de tous les chefs ligueurs, des députés de la ville, des ambassadeurs, des ducs de Savoie, de Lesdiguières, du Consulat et des rois de France, correspondances des plus importantes et dans laquelle se rencontrent les documents les plus curieux sur les longues et douloureuses agitations nées de la réforme, qui ont duré jusqu'à Tavénement de Henri IV en 4 594. Puis, viennent les titres relatiâ aux députés de Lyon, aux messages envoyés par la ville à François I*', Henri II, Charles IX, Henri IV, etc... au sujet des affaires de la ville, soit politiques, soit purement administrativesyles édits, déclarations, lettres patentes et de cachet de nos rois , depuis Louis XI jusqu'à Charles IX, etc., etc. Cette série a 460 numéros.
La série BB est non moins riche et plus volumineuse encore , car elle n'embrasse pas moins de 456 numéros et est consacrée entièrement à Vadministration communale. Ses premiers actes sont les délibérations du Conseil de la ville, connues sous le nom d'actes consulaires. Ils commencent à 4446 et forment, à eux seuls, une véritable histoire de notre ville, jour par jour. Le premier registre de cette
belle collection relate, en t6te, la prestation de serment de Raulin, de Mftcon, en qualité de procureur général de V Université de Lyon. Je ne dirai pas ici le contenu entier de ces registres, tenus avec ce soin que nos pères apportaient à tous les actes de leur vie privée ou publique. On y retrouve le moindre détail de tous les services qui relevaient de la commune, les dépenses journalières, pour les édifices publics, la garde de la ville, l'armement de sa milice, de ses francs archers auxquels on donne à chacun 40 sols tournois, au moment d'aller en guerre « afin qu'ils n ayent occasion de faire aucunes pilleries, ne fouler la ville et le pays. »
Les fortifications, le clergé séculier, les communautés religieuses, jadis si . nombreases & Lyon, les subventions accordées à ces corporations pour la construction ou la réfection de leurs maisons, — les troubles des guerres dé religion et de la Lig^e, — les commandes d'objets d'art, de tableaux, de gra^ vures, d'orfèvreries pour cadeaux aux églises, aux souverains et aux grands personnages, —les récompenses accordées à d'anciens serviteurs, — le cérémonial à observer par le Consulat dans les grandes solennités, — les épidémies, les disettes, les aumônes, les hospices consacrés aux malades et aux pauvres, mdme aux pauvres pèlerins de passage à Lyon, — la police, ^ la voirie, la navigation, les fameuses foires de Lyon, sources de sa grande richesse, «l'industrie, la soierie, etc., tout y est relaté.
Enfin, cette série se termine par l'inventaire des célèbres syndicats ou procès-verbaux des élections consulaires. Le plus ancien de ces actes est de 1294. Ils sont rédigés en latin et en français et écrits pour
la plupart sur une peau de vélin entière, et ornés de remarquables vignettes ou miniatures. J'ai déjà dit plus haut qu'un inepte archiviste a mutilé ces monuments en les faisant rogner pour les relier, et en a arraché tous les sceaux qui gênaient la reliure. Enfin, cette série se termine par tous les actes qui concernent les offices et charges du Consulat, la bourgeoisie et les nommées, et les dénombrements de biens, titres si précieux pour établir Torigine et la fortune des fiEunilles lyonnaises.
Le tome second,formé jusqu'à présent de 248 pages et comprenant 371 numéros, commence la série CC. Cette série embrasse la comptabilité de la ville et les impôts. 374 articles sont déjà inventoriés et imprimés ; il reste à inventorier les articles qui concernent les comptes des receveurs de la ville, les pièces à l'appui de ces comptes depuis 1 364, les octrois, les rentes, les droits divers, les dettes de la ville, hélas ! parfois si lourdes, les emprunts, etc. Je n'ai pas besoin de dire combien cette partie de nos Archives est riche et intéressante au point de vue historique. Les pièces produites par les parties prenantes, à l'appui de leurs mémoires et presque toutes inconnues vont bientôt jeter un jour tout nouveau sur l'un des points obscurs de nos annales et compléter bien des choses ou aider à redresser des erreurs. Je n'en citerai qu'une seule. Chacun sait qu'à la funeste bataille, livrée à Briguais, aux Tard-Venus, en 1362, périrent Jacques de Bourbon, comte de la Marche et son fils ; tous les auteurs lyonnais , se copiant les uns les autres, ont raconté que ces princes ont été inhumés dans Téglise des Dominicains, à côté des Orlandini, des Gradagne, et de tant d'illustres morts
jusqu'au jour où la Révolution a jeté leurs cendres au vent... Mais ces auteurs^ qui avaient négligé de consulter Tancienne comptabilité, se sonttrompés. Le comte de la Marche et son fils n'ont été que déposés chez les Dominicains, car il ressort d'un compte découvert par M. Qnigue que le 4 juin 4 495» leurs restes furent transportés à Vendôme, et la Bévolution n'a pas pu les pro£aner . Ce compte est ainsi conçu :
a Item pour XX torches pesant LIX livres que l'on mit au délevement de mons le comte de laMarchi et de son fieux quant l'un les hostil dou Despoz dou Prescheurs por mena à Vendôme.
a Item pour XX personnes qui porteront les dites torches devant lez corps dou Prescheurs jusque à la Chanal a quel Tun porta chacun VI de et pour XX escussons que l'on mit en les dites torches à les armes de la ville (4 juin 1495). — Compte de Jehan Tibout,CC. 382,f.365.
Cette volumineuse comptabilité nous révélera aussi la partie artistique de notre histoire encore peu connue. EUe nous dira les noms de tous les peintres, sculpteurs, omementistes auxquels la ville fit des commandes et qui, par ce fait, ont été payés par les receveurs de « l'Université » (commune). Espérons donc que cet inventaire se terminera rapidement, l'art et la science auront tout à y gagner !
A Lyon, où notre Consulat a été également si grand, et a accompli tant de grandes choses, ne devrait^n pas, non plus, pour rappeler et perpétuer son glorieux souvenir, créer au centre de nos nouvelles Archives une salle spéciale en mémoire de cette ancienne magistrature municipale? A défaut des portraits de nos anciens édiles que la Révolution a
lacérés et brûlés, on inscrirait leurs noms sur des tables de marbre. — Au-dessous, on placerait tous les titres de leur admirable gestion, les vues de tous les monuments qu'ils ont élevés, et les dates de leurs actes les plus mémorables. On formerait ainsi un Ycritable Panthéon lyonnais que la foule qui visite, le dimanche, nos musées avec un si louable empressement, parcourrait aussi avec un vif intérêt. Cette foule demande qu'on l'instruise. Ouvrez-lui donc alors ce Uvre de notre histoire lyonnaise. Elle verrait ce que fut une véritable et grande Commune, ce qu'une institution semblable a pu faire d*utile et de grand pour la ville, tandis qu'elle ne connaît que la Commune hideuse, née à Lyon le 4 septembre 4870, celle plus hideuse encore, de Paris, du 18 mars 1871 . Je n'en veux pas d'autre preuve que ce fait qui s'est produit quand les hommes du i septembre se mirent à changer si ridiculement les noms de nos rues. L'une de nos places portant le nom de place du Consulat, en souvenir de notre ancienne administration municipale, le Conseil élu qui posait comme une assemblée sans égale, ne savait mdme pas qu'il eût existé
à Lyon un Consulat Dans saluiine stupide contre
le passé, il crut que cette place du Consulat portait le nom d'un grand homme, qui avait été un jour premier consul, et il crut fiedre acte de civisme éclairé, jn bifiant le mot de Consulat pour lui substituer je ne sais quoi.
IN vient de lire l'eBqoiBsa rapide de l'histoire, souvent lamentable, de DOS belles Archives municipala auxquelles le temps et les hommes ont été souvent si funestes. J'ai dit leur lointaine origine, leur formation, leur accroissement successif, leurs migrations à travers notre ville, quand elles suivaient le Consulat dans ses divers Hostels communs, leurs vicisaitades durant les troubles, leur mutilation par la Révolution et par ses propres conservateurs et, enfin, leur arrivée dans leur local actuel. Nous savons donc maintenant ce qu'elles ont été dans le passé , ce qu'elles devraient être aujourd'hui, — et j'ai indiqué aussi ce qu'elles pourront être dans l'avenir, — tm amas de cendres, — si on s'obstine k les laisser dans les combles, si inflammablea, de l'HOtel-de-Ville, — ou bien l'une des plus splendides colleelions de France, si on réalise le projet de tranafôrement et de classement que j'ai indiqué.
Mais ma tâche n'est pas achevée ; il me reste encore à dire ce que les t«mp8 modernes ont &it de nos belles Archives départemenlales, leur compositioii actuelle et les richesses si généralement ignorées qu'elles renferment.
Nous avons déjà indiqué plus haut l'origine des Archives départementales, qui sont une création relativement toute récente et l'œuvre de la Conven-
tioD. Cette assemblée, qui a laissé des souvenirs mêlés de tant de grandeurs et de tristesses, de vertus et de crimes, avait tenté Tentreprise de cette belle institution ; mais cette institution était au-dessus de ses forces, de ses moyens, car elle n'est pas de celles qu'on peut décréter, poursuivre et conduire à bonne fin dans des temps aussi troublés que ceux où ce pouvoir redoutable dominait la France. J'ai raconté les diverses mesures prises par les divers gouvernements qui ont régi notre pays après la Convention et celle sous l'empire desquelles elles sont placées aujourd'hui pour assurer leur conservation; mais c'est de l'histoire générale. Localisons notre récit et complétons notre tâche en faisant connaître aussi les vicissitudes de nos Archives départementales après leur création, les pertes et les accroissements qui les ont tour à tour appauvries ou enrichies.
C'est encore à M. Gauthier, conservateur actuel de ces Archives, que je vais emprunter ce récit. Je ne peux puiser à une meilleure source.
Lorsqu'on exécution de la loi du 5 brumaire an V, les titres et papiers dont le gouvernement s'était emparé furent réunis au chef-lieu du département, on les déposa, sans ordre ni méthode, dans les greniers et les combles de THôtel-de-VilIe (côté de la rue Lafont), avec ceux qui y avaient été déposés déjà depuis 4792 jusqu'à la fin de Tan IIL
De Tan IV à Tan VII, on travailla à mettre un commencement d'ordre dans cet amas confus de papiers et de parchemins de provenances si diverses. Mais, lors de la création des préfectures, en Tan VIII, on jugea à propos d'afiecter le local où étaient déjà déposées les Archives, aux bureaux de la Préfecture
du Rhône. Les papiers furent alors transportés, sans ordre et sans soins, par des hommes de peine, dans le fond des greniers où, mêlés et confondus, ils furent entassés d'un plancher à Tautre.
Le rapport de Tarchiviste Ferrand (an XII) fiadt un triste tableau de Tétat où se trouvèrent à ce moment ces Archives. « Ce dépôt, dit-il , ouvert à tout le monde, fut à la disposition des curieux et des tiU^-
ressés Dans trois pièces, qui servaient de passage
habituel , le plancher était couvert , à une assez grande hauteur, de papiers qui périssaieuU sam les pieds.
Mais dans les autres pièces, notamment sous les eambleSy les papiers jetés, dans le principe, sans intérêt, sans ordre, laissés en tas, sous les toits mal réparés» sont dévorés par la puiréfaciùm^ la poussière y. les rais^ les teignes et les vers.^... »
En l'an X, sur la demande du Conseil général, le ministre de llntérieur accorda quelques fonds destinés à subvenir à la dépense que devait occasionner la mise en ordre des Archives de la Préfecture. On commença le classement dans une des salles dj rHôtel-de-Ville.
L'hiver suivant, le plancher supérieur de cette salle s'écroula et les papiers furent mis de nouveau dans le plus grand désordre.
Plus tard, le 1 4 juillet (25 messidor an XI), un incendie éclata dans THôtel-de-Ville. Les Archives furent sauvées, mais le désordre des papiers fut nécessairement augmenté par ce sauvetage fait à la hftte. Lorsqu'on les eut de nouveau réunis, on s'occupa encore une fois de leur classement. A peine eut-on obtenu un commencement de résultat qu'on
dat les transporter dans le nouvel Hôtel de la Préfecture, rue Sala, où Ton continua à commencer un nou^ veau classement. En 1819, elles forent transférées de la rue Sala dans l'ancien couvent des Jacobins, qui devint le siège de Tadministration préfectorale, jusqu'en 1858, époque à laquelle l'administration du département du RhOne vint siéger à THôtel-de- Ville. Les Archives suivirent M. Valsse; mais on eut alors la désastreuse pensée de les installer dans les combles si défectueux de ce palais, au lieu de créer pour elles un local spécial à Tabri de tout danger, loin des agitations de la foule et assez vaste pour contenir, sans encombrement, pendant de longues années encore, le» énormes quantités dejpapier versées journellement aux Archives d'un département. Leur installation dans ces combles coûta des sommes énormes, car il fallut enlever toute l'ancienne charpente de la longue toiture de toute Taile nord de l'Hôtel-de-Ville trop surbaissée, et lui substituer une charpente en fer avec une couverture k la Mansard. Avec le prix de cette transformation, on eût pu acheter un bfttiment spécial ou aménager, pour un dépôt général d'Archives, une partie au moins de l'ancien Hôtel de préfecture de la place des Jacobins ; mais on était si pressé alors de transformer notre vieux Lyon, pensée heureuse et digne d'éloges , mais exécutée trop hfttivement et sans une intelligence parfisiite des besoins de l'avenir qu'on n*eut pas le temps d'y songer.
Tons ces accidents, tous ces transfèrements d*un local dans un autre, ont dû occasionner la perte ou la destruction de nombreuses pièces. Ces pertes ne sont malheureusement pas constatées, mais elles sont
très-probables. Il en est d'autres qui ne sont que trop certaines 1
n existait autrefois dans les Archives des monastères et des Chapitres des titres précieux qui ont été connus et cités, et même publiés par les historiens, et qui, par suite des événements politiques, auraient dA faire partie des Archives départementales. Mais des causes diverses ont contribué à leur perte, principalement, les lois, si regrettables et inspirées par la haine révolutionnaire, du 24 juin et du 3 octobre 1792, —des 5 juin et H juillet 4793, et Tarrôté du Comité de salut public du 7 frimaire an III, — lois qui, si elles eussent été rigoureusement exécutées, eussent anéanti presque tous nos monuments historiques. Heureusement la Convention fut mal obéie ; on oubUa ou on négligea de se conformer à ces lois, malgré les doléances du député Coupé, de rOise, et de Tévêque constitutionnel Grégoire, à la tribune de la Convention, et malgré les ordres du gouvernement. Cette nonchalance, qui a sauvé nos plus précieux titres, est attestée aussi par la correspondance échangée alors entre les diverses autorités de la République et les administrateurs du département, et ceux du district du Rhône. On voit par cette correspondance que Texécution des lois susvisées, se borne, quant à nos Archives départementales, aux faits suivants :
Le 4 germinal an III, en exécution du décret de la Convention , du 5 janvier 4 793 , qui ordonnait le triage des papiers et parchemins, propres au service de r artillerie de marine, il fut remis au garde d artillerie Hainant, contre son récépissé, sept terriers, cinq rouleaux et soiocante-trois feuilles de parchemin
(trois de ces feuilles ont été réintégrées par les soins da gouvernement) (4.)
(!) A cette triste époqae, dit M. Aimé Ghampollioii-Fjgeae, dans son Mantiel de rArehivisU^ on ne voyait dans les amas de parchemins et de papiers des Archives qu'une ressource financière éveiâtaellê. Les bénéfices bruts provenant de la vente au poids de ces masses de papier et parchemin furent, en eiTet, assez considérables. Enfin , l'administration de la guerre y trouva un moyen économique de fabriquer des gargousses pour l'artillerie, en y faisant enlever, par réquisitùms offieieUes, des milliers de quintaux provenant des établissements supprimés en 1790. Ce n*est pas sans regret qu'on trouve au bas des arrêtes prescrivant l'exécution formelle de ces désastreuses opérations les noms illustres de Garnot, de Merlin de Douai et de Foureroy. Dans l'un de ces arrêtés, qui porte la date du 7 frimaire an III. il est dit : « Les parchemins, imprimés et écrits, existant dans les dépôts nationaux, seront remis à la Commission des armes et poudres, pour être employés au service des arsenaux, après, néanmoins, que les derniers auront éU hàion" nés d* encre ou autre substance indélébile, »
Cette stupide mesure compléta celle qui avait été édictée déjà par la loi du 17 juillet 1793, laquelle avait prescrit « que tous les titres entachés de féodalité seraient brûlés le jour de la fête du 40 août, en présence du Conseil général de la commune et des citoyens.... — 2. Que ceux qui seraient convaincus d'avoir caché, soustrait ou recelé des actes qui doivent être brûlés* seront condamnés à cinq ans de fer ; 1* que ceux qui n'auront pas fait remise, dans un délai prescrit, seront déclarés suspects et seront, comme tels, mis en état d'arrestation ; — 3. Qu'on usera de tous les moyens pour dresser un état des citoyens mal intentionnés qui ne consentiraient pas à apporter volontaireîMnt leurs archives, — et enfin, que les titres qui seront remis aux districts seront coupés de suite, au moins en douze morceaux, et vendus h V enchère. — Que deux commissaires seront nommés pour surveiXUr la coupure et la vente»
Cette loi fut exécutée d'une manière si inepte que ceuxmêmes qui l'avaient édictée en furent effrayés ; ils n'avaient
Le 24 pluviôse an IV, en présence des officiers municipaux de la commune de Lyon , . Gilibert et Revoir, et du sieur Blachier^ archiviste du district
pas tardé, en e£fet , de constater que les agents des districts, gens ignares et brutaux, brûlaient tous les titres qu'ils ne savaient pas lire , et alors parut la loi du 7 messidor (25 juin 1794), qui a réserva tous les actes réputés nécessaires et les chartes et mantucrits qui appartiennent h V histoire, pour être déposés aux districts; mais c'était trop tard... les monuments les plus précieux avaient déjà été jetés dans les flammes par « les vertueux sans-culottes, » qui s'étaient inspirés de l'odieux décret de la Convention du 7 messidor an II, lequel avait été précédé d'un rapport dans lequel on lit, entre autres, les absurdités suivantes :
c La Commission porta ses regards sur Timmensité des titres et pièces manuscrites qui existent dans les dépôts publics. Le premier mouvement dont on se sent animé est de liorer tous ces titres aux flammes et de faire disparaître, jusqu'aux moindres vestiges, des monuments d'un régime abhorré. L'intérêt public « peut et doit seul mettre des bornes h ce zèle estimable que votre Commission partage, loin de songer h le refroidir. C'est, pour mieux proscrire ce qui nous est justement odieux, que nous provoquons un examen sévère. La Commission propose donc de ne rien laisser subsister do ce qui porterait l'empreinte honteuse de la servitude, maïs de conserver les titres de propriété publique et privée... » Ce triage fut fait de la manière la plus déplorable ; les agents qui en furent chargés savaient à peine lire..., et leur haine contre le passé était si vive que déjà ils avaient trop fidèlement exécuté la loi du 24 juin 1792, laquelle portait « Considérant qu'il existe dans plusieurs dépôts publics, comme la Bibliothèque nationale, dans les greffes des Chambres des comptes, dans les archives des Chapitres et Prieurés des titres généa^iques qu'il serait dispendieux de conserver et qu'il est utile d'anéantir f décrète : « Tous les titres généalogiques qui se trouveront dans un dépôt public , quel qu'il soit , seront anéantis. »
de Lyon, ou remit à ce dernier tous les papiers, parchemins, terriers et autres, « portant traces de féodalitéy pour être brûlés. Le procès-verbal qui constate ce stupide auto-da-fé ne mentionne pas le nombre de pièces (}ui forent livrées aux flammes, au nom de la Raison et de la Liberté; mais on voit cependant que cent cinq couvertures de livres de diverses grandeurs « furent distraites pour être vendues au profit de la commune. )> Ces registres et papiers n'appartenaient cependant pas aux Archives départementales, mais bien à la ville; c'étaient, vraisemblablement, au moins en partie, les titres originaux des privilèges de la ville de Lyon. On ne trouve pas de traces d'autres destructions ofGlcielles, mais c'était déjà bien assez ! ! !
n est encore d'autres causes d'appauvrissement, et nous empruntons à nouveau ce renseignement à un rapport de M. Tarchiviste Gauthier.
Le 8 ventôse an VU, l'administration centrale du département annonçait au ministre de l'Intérieur, François de Neuf chftteau, qu'elle adressait aux conservateurs de la Bibliothèque nationale, rue de la Loi (Richelieu) huit cartulaires (lisez Chartres) « provenant des cy-devant instituts religieux qui existoient dans ce département.» De ces huit chartes, la lettre d'envoi ne mentionne qu'une seule ; c'est un diplôme du roi Lothaire II , en faveur de Tabbaye de Saint- Pierre, de Fan 864. Le ministère remercia Tadministration centrale du Rhône , par une lettre du 25 ventôse et le 26 du môme mois, le conservateur de la Bibliothèque nationale accusa aussi réception de ces huit chartes.
Parmi les anciens titres qu'on ne retrouve également plus, il en est un grand nombre qui furent
distraits des archives des établissements religieux, longtemps avant que la révolution ne s'en emparât par Todieux moyen de la confiscation. Les religieux de ces grandes communautés les donnèrent ou les vendirent à des amateurs puissants ou riches. Je ne citerai que le plus important qui provient certainement des archives du monastère de l'Ile-Barbe. C'est un diplôme original de Louis le Débonnaire de Tan 816, en faveur de ce monastère. Il diffère de celui que Le Laboureur a reproduit dans ses a Masures de rile-Barbe. » Il existe encore à la Bibliothèque nationale de Paris et a été publié dans les Mémoires des antiquaires de France, par Auguste Bernard.
Enfin, ce qui a contribué aussi à la perte, avant la Révolution, de nombreux et précieux titres , c'est la vente par les établissements religieux , euxmêmes, de beaucoup de ces monuments^ M. Gauthier cite, h l'appui de cette assertion, un passage de Dom Bouquet, dans a le Becueil des historiens des Gaules et de la France. » Tome X, page 47. a Et nous ajoutons que les sciences et les arts fleurissent encore sans doute, de nos jours, à Lyon, quoique peut-être les temps paraîtront un peu changés à tous ceux qui considéreront que divers monastères de cette ville sont tombés ou ont été sécularisés, et que des manuscrits f oh ! douleur ! ont été mis en vente par les chanoines qu^an appelle Comtes (1760). »
D'autres causes, d'après M. Gauthier, ont amené aussi la perte de nombreux documents. D*abord, ditil , en suivant l'ordre des temps , ce fut l'envoi fait aux districts du département du Bhdne et à ceux des départements voisins, d'un grand nombre de titres des archives des corporations religieuses.
Ces titres servirent à la vente des biens déclarés nationaux, et furent remis aux acquéreurs decesbie^^s, en vertu du décret du 12 juillet 1793. En outre, on rendit aussi aux émigrés, après leur rentrée, leurs titres de famille quand ils les réclamèrent.
Les documents les plus précieux furent, , surtout, perdus pour les Archives par le fait d'un conseiller de préfecture qui faisait, avant la Restauration, les fonctions d'archiviste. Ce fonctionnaire écrivait des notices historiques très-intéressantes et très -estimées sur les localités du département. Pour faciliter son travail, il emportait chez lui les manuscrits et documents qui lui étaient nécessaires, et il oubliait ensuite ou négligeait de les restituer. A sa mort, ses héritiers vendirent ces manuscrits, de bonne foi, sans dQute, comme appartenant à la succession. Delà, la perte très-regrettable des cartulaires d' Ainay et de Savigny ; — du livre des Compositions du Forez, — de l'inventaire et du Liber ConsuetudinunM de Tabbaye de Savigny etc., etc. Ces monuments, heureusement, n'ont pas été détruits encore. Les deux premiers faisaient partie de la bibliothèque Coste, acquise par la ville sous l'administration de M. Valsse, le second a été acheté par la ville de Saint-Etienne. Les«autres appartiennent aujourd'hui & des particuliers, n suffit de parcourir le catalogue de la bibliothèque Coste, dont je viens de parler, pour se rendre compte des nombreuses soustractions opérées dans les Archives du Rhône pendant que ce dépôt n'était soumis à aucune espèce de surveillance.
liais les pertes éprouvées par les Archives ne se bornent pas là. En 1806, l'administration remit au cardinal Fesch, nommé archevêque de Lyon, 860 re-
gistres environ, et différentes lîasses.C'étaît unefisdble restitution de ce que la Révolution avait enlevé à Farclievôché. Ces documents remontaient au XVP siècle. En 1816, par ordre de M. de Vaublanc, alors ministre de l'Intérieur, on remit encore àFarchevôque un certain nombre de registres des preuves de noblesse des chanoines du chapitre métropolitain.
En 1811, il fut envoyé au département de TAln onze caisses de documents provenant des archives du Grand-Prieuré d'Auvergne, Ordre de Malte, concernant des commanderies situées dans ce département.
La même année, des remises semblables furent faites au département du Cantal, de la Creuse, de rindre, de l'Isère, du Léman, de la Haute-Loire et de la Haute-Vienne.
En 1854, il fut remis au département de l'Ardèche, par ordre ministériel, un manuscrit (1351-1358) concernant la chfttellenie d'Annonay ; la même année, au département de la Loire, 178 reg'istres ou liasses intéressant le Forez.
Cette dernière remise eut lieu , malgré l'énergique résistance de M. Gauthier, archiviste du Rhône, appuyée de pièces authentiques qui prouvaient qu'incontestablement ces documents appartenaient aux Archives du Rhône, en ce qu'elles provenaient du»bureau de la Généralité de Lyon, en vertu d^un arrôt du Conseil du 11 décembre 1691 .
Telle est la liste assez longue, mais bien incomplète cependant, des pertes successives éprouvées par nos Archives départementales, depuis la Révolution.
Voici maintenant celle des acquisitions faites par ce dépôt, par d'assez nombreuses remises de documents.