PROPRIÉTÉS COMMUNALES
Cette série comprend seulement il articles ^ que j'ai essayé de ranger dans un ordre aussi méthodique que possible^ en consacrant un paragraphe spécial à chacun des sujets qu'ils concernent.
Âcensements.
Sous ce titre^ les Archives renrerment un grand nombre de pièces, dont les plus anciennes remontent aux premières années du zvi® siècle, mais qui n'offrent ^ en général ^ que fort peu d'intérêt ; je n'en signalerai que quelques-unes * .
1551. Accnsement aux habitants de Saint-Dizier de pièces d'héritages dépendant du gaguage des Bordes ', sis
* Les âcensements sont mentionnés dans l'état des revenus de la ville, t. U. p. 33d-338.
^ On appelait bordes les loges dans lesquelles on renfermait les lépreux^ et il semblerait résulter de la dénomination donnée à cet ancien gagnage, qu'il se serait élevé sur l'emplacement d*une léproserie.
au bout dudit Sainl-Dizier, liranlà Maxéville. — Requête * de ces habitants, au duc Charles III, touchant les cens dus par eux : « A Son Altesse, ses très-obéyssantz les commune et habitans du bourg de Sainct-Dizier, peu exceptez, réhabituez en sa ville nœuve de Nancy....
» Or advint en Tannée 1591, que ledict bourgs menacé de démolition et ruyne, lesdictz remonstrans s*assemblèrent par diverses fois, tant pour adviser les moyens s*ilz la pourroient éviter^ comme pour donner ordre au faict de leur communaulté....
» Quilz n*ont laissé d*estre commune, ledict bourg démoly, non plus qu*ung temple rasé ou abbatu, Féglise ne délaisse d*estre. Qu'ilz ne soient demeurez commune, se vériftie en ce qu*après ladicte démolition ne se sont peu dire bourgeois de Nancy, moins des villages circonvoisins^ èsquelz ilz n*ont eu leurs demeures, par quantité d'années , que comme par emprunt et en attendant qu*ilz se fussent réhabituez ; ce que Sadicte Altesse a trèsprudemment considéré, n'ayant permis que, quelque part ilz se soyent adressez, ilz ayent payé entrée de ville, faict aucun office ou function de bourgeoisie ; aussy ne les a faict presser ou contraindre de se retirer en la ville
* Cette requête rectifie ropioion^ généralement admise» qui fait remonter la destruction de ce bourg à Tannée 1587 ou 1588 (t. I^ p. il) ; elle fait voir, en outre, dans quelle étrange situation se trouvèrent ses habitants à la suite de cette destruction»
Dœuve de Nancy, jaçois que Ton leurs y ail faicl désigner places pour demeure, suy vaut quoy ne se peut dire que la bourgeoisie de Nancy ait jusques à présent supporté aucuns fraiz à leur occasion... »
Acensement d*un terrain longeant le gayoir des chevaux S à la ville vieille , pour y construire des boutiques (1542) ; — de la place du Poids, rue du Vieux-Change, aujourd'hui de la Charité (1559); — de boutiques et maisons adossées à Téglise Saint-Epvre(1606-1G43) ; — de pièces d héritages lieudit derrière la Cour, autrement porte Saint-Louis, et situées au paquis allant àMaIzéville, vis-à-vis du lieu où était situé le moulin de Venise (1G42) ; — de terrains aux Trois-Maisons , lieudit à la Voirie du «jadis faubourg Saint-Dizier » (1642-1742); — d'un terrain au-dessous des roches et pcrrièrcs (carrières) de marbre, à la côte Messire-Jean (1734) ; — du terrain des sept boutiques près du château de la Cour (1745) ; — de la maison dite Tlle-de-Corse (1746); — du terrain du gayoir rue des Augustins (1774) ; etc., etc.
Droit de pêche.
2 juin 1618. Lettres patentes du duc Henri II par lesquelles il maintient les bourgeois et habitants de Nancy
* Ce gayoir fat cédé par échange, en 17^5, an prince de Ligne, marquis de Moy.
au droit et usage qu*ils ont, de temps immémorial, de pécher en la rivière dudit Nancy, depuis le plus proche endroit de ladite ville jusqu'à Frouard, d*un côté, et de Fautre jusqu^à Saint-Nicolas, avec troubles, « supplelz (ou xipplolz) et lignes, quand bon leur semble, et ce tant pour le deffruict de leurs maisons et subvenir à leurs nécessitez ordinaires, qu*aultrement pour s'csgayer et passer le temps ». — 8 octobre 1655. Jugement rendu par M. Le Jay, intendant, qui maintient les habitants de Nancy en la possession de pécher dans la Meurthe depuis Saint-Nicolas jusqu'à Frouard, à la réserve de la fosse des Grands-Moulins et de cinquante pas au-dessous d*icelle, conformément à Tordonnance de 1624. (Le 26 avril de celte année, le duc Henri avait permis à un nommé Gérard Morisot^ trompette, de pécher seul dans la fosse des Grands-Moulins , à condition de lui réserver les saumons qu'il y pourrait prendre *). — Procès entre la ville de Nancy et les Chartreux de Bosserville, au sujet du droit de pèche,' terminé par un arrêt du Conseil des finances, du 19 janvier 1754, ordonnant que la partie de la rivière de Meurthe depuis Saint-Phlin jusqu'à la vanne de Tomblaine, appartenant aux Chartreux, demeurera déchargée du droit de pèche envers la ville de Nancy, en payant,
* Une clause analogue se trouve dans le bail des Grands-Moulins en 1610. (Voy. Note sur la pêche du saumon dans la Moselle supérieure, par Aug. Digot, dans le Journal de la Société d*Archéologie> mai 1S61.)
par lesdits Chartreux , pour indemnité dudit droit , une redevance annuelle et perpétuelle de 50 fr. barrois. (Voy. Lionnois, t. II, p. 86.)
Concessions faites à la ville par Stanislas.
34 juillet 1739. Arrêt du Conseil des Guances par lequel le roi cède à la ville de Nancy les emplacement et bâtiment du vieux et du nouveau château de la Cour, les cou rs^ basses-cours, jardins et maisons servant présentement aux voitures publiques , ensemble les seize boutiques attribuées au corps du vieux château ; Fancien Arsenal avec les écuries et autres bâtiments construits dans son emplacement ; le grand magasin situé près des Cordeliers ; la salle et les bâtiments ci-devant destinés pour la représentation'des opéras ; Thôtel des Pages S maisons et écuries en dépendant ; les bâtiments des portes Saint-Jean, Saint- Nicolas et Saint Georges ; Thôtel de la Gendarmerie (le quartier Saint-Jean) ; le magasin du Manège près de la porte Saint-Georges ; les maisons , hallier et terrain des Fourrières près du Potager du roi* et la pépinière joi-
* Un arrêt da Conseil^ du 18 septembre 1770, ordonna que la maison connue sous le nom d'hôtel des Pages ^ attenant au Palais-de- Justice, serait affectée, k perpétuité, au logement du premier président de la Cour souYeraine.
^ Sur le terrain duquel ont été établies la me Sainte -Catherine et la place d'Alliance. (Voy. Lionnois, t. 11^ p. 103-197.)
gnant ; le loul pour en jouir moyenuaut un ceus aunuel de 120 livres.
9 février 1759. Autre arrél du Conseil par lequel le roi, « désirant donner à sa bonne ville de Nancy des marques encore plus signalées de sa bienveillance, en lui abandonnant plusieurs édifices et bâtiments considérables, construits par ses ordres pour Tembellissement de celte capitale de ses États », lui cède : 1^ le sol et le bâtiment neuf de rHôtel-de-ville , dont la partie occupée par le lieutenant général de police continuera à lui servir de logement et à ses successeurs ; 2° le sol et bâtiment composé de remise , écuries et greniers, situés sur la place Saint-Stanislas ou de FAIliance, pour servir de décharge au lieutenant général de police ; 3® un terrain près de la porte Sainte-Catherine, à l'extrémité du Manège ^ ; 4'' le sol et le bâtiment de la Comédie sur la place Royale , avec le jardin planté en charmilles et le terrain adjacent aux fossés, à charge de laisser au collège royal des médecins I usage tant du premier étage au-dessus du péristyle de la Comédie, que du second étage ; 5^ le sol et le nouveau bâtiment de Tlnteudance, à Fextrémité de la place de la Carrière ; 6® le corps de casernes derrière et à droite du bâtiment de Tlntendance^ avec les emplacements et terrains devant et derrière, et le corps-de-garde attenant auxdites casernes ; 7^ les nouvelles portes Saint-Stanislas et Sainte-
< Démoli en 1741, et sar lequel fut bAti Tliâtel do M. Collenel.
CalherÎDe el les corps -de -garde qui en dépendent; 8"* toutes les sources et files de corps qui conduisent les eaux à la place Royale , à celle de Saint-Stanislas (d*AIliance), à la Carrière, à Thôtel de Tlntendance, ainsi que toutes les fontaines, statues, pyramides, figures, grillages et embellissements desdiles fontaines et des places et rues des ville neuve et ville vieille de Nancy ; 9^ tous les meubles et effets que S. M. a fait mettre dans les appartements de THôtel-de-ville, du côté de la rue des Dominicains, et ceux des magasins et décorations de la Comédie.
17 octobre 1763. Lettres patentes du roi par lesquelles il abandonne à la ville Thôtel et le jardin acquis par lui sur M. Alliot, conseiller aulique, intendant et commissaire général de sa maison, à condition d'en faire usage pour le logement du commandant général des troupes en Lorraine (voy. ci-après, à Tarlicle de l'Intendance). — 5 janvier 1765. Arrêt du Conseil des finances faisant concession à la ville des terrains compris dans la nouvelle clôture du < quartier royal des casernes >.
Ponts et chaussées, aqueducs , canaux.
2 août 1 70 1 • Adjudication des ouvrages de maçonnerie et pierre de taille qu*il convient faire pour la construction d*un nouveau pont, appelé le pont Mougeaty sous lequel* passe le ruisseau du moulin de la ville ; lequel sera construit en place de celui qui y est présentement , afin de le
in. 6
rendre plus large et plus praticable pour la facilité des voilures qui y passent journellement.
1716. Adjudication d*un chemin à construire pour aller de la porte Notre-Dame à la côte de Boudonville. — Adjudication du pont que la ville fait construire auprès du bastion de la Madelaine • à Textrémilé de la rue Sainte-
Catherine (aujourd'hui du Manège), avec des murailles jusqu*à Tembouchure du canal qui conduit les eaux du faubourg (Saint-Nicolas) hors de la ville.
1718. Adjudication des ouvrages à faire pour le rétablissement du pont de la prairie qui va à Tomblaine, près de Tancienne levée des Grands-Moulins.
30 avril 1723. Livraison faite par J.-N. Jennesson, des terrains de part et d'autre du chemin qui conduit de la porte Saint-Nicolas à ta chapelle de Bon-Secours , en exécution des ordres de S. A. R., du 3 mars dernier, aGn de favoriser la construction des bâtiments que plusieurs particuliers ont projeté de faire de part et d'autre dudit chemin, pour former deux rues régulières depuis ladite porte jusqu'à la chapelle, avec une place devant ladite chapelle'. — Carte topographique du faubourg Saint-Pierre, dressée par Jennesson , et devis des réparations à faire pour faciliter Técoulement des eaux.
* C'est ce qui est dit dans la commission donnée par Léopold, le 1 3 mai, au sieur Fériet, conseiller d*État, pour traiter avec les Dames prêcberesses de l'acquisition de leur gagnage de la Madelaine.
Sous les lettres A et I de cette carte sont figurés un • cloaque d'eaux • devant Bon-Secours, et, un peu avant» une « ancienne croix •, probablement celle dont il a été question 1. 1, p. 8U. S'il faut s*en rapporter à Lionnois (t. h p. 572), il ne paraît pas qu'il se soit élevé, à partir de 1728, beaucoup de constructions dans le faubourg Saint-Pierre, cçr cet auteur dit qu'en 1740, « il n'y avait, sur cette belle rue qui conduit de la porte Saint-Nicolas à Bon- Secours, que trois à quatre maisons près de ce lieu de pèlerinage, et trois ou quatre mauvaises auberges bâties en planches, pour recevoir les rouliers qui ne voulaient ou ne pouvaient point entrer dans la ville' >.
1736. Carte et devis pour le rétablissement de la chaussée et du pont de Malzèville aux Grands-Moulins. — 1732. Visite de la chaussée et du pont qui conduisent des Tanneries aux Grands-Moulins. — 7 août 1739. Arrêt du Conseil des finances ordonnant qu*à la diligence et aux frais de la ville, la chaussée qui conduit au pont d*Essey sera dirigée en droite ligne. Acquisition de terrains pour cette construction. — 1771. Visite et reconnaissance d*un jardin près du pont au-dessous de celui de la Croix, sur la nouvelle chaussée qui conduit des casernes aux Grands- Moulins. — 18 janvier 1755. Arrêt du Conseil des finances ordonnant que le ruisseau de Boudonville (dont Tèlargissement venait d^étre prescrit) sera incessamment rétabli et remis en Tétat indiqué sur la carte faite par
* Voy. aassi Notice historique et descriptive sur le faaboarg et la paroisse Saint- Pierre, par M. l'abbé Marchai, ancien curé de eeUe paroisse.
le sieur Mique, et qu*il sera construil, aux frais de la ville, un pont sur ledit ruisseau pour le passage allant de la porte'Saint-StauisIasàla rencontre de la grande chaussée de Pont-à-Mousson.
1616. Livraison faite par Pierre Vannesson (arpenteur juré) de la longueur du canal qu*il convient faire pour conduire les corps des fontaines et le ruisseau venant de Boudonville ^ sur les piliers du fossé au-dessus du bastion de Salm dans la ville (vieille). — 1699. Visite des réparations à faire aux piliers de pierre de taille de Taqueduc qui porte les chenaux ou coulent et passent les eaux de Boudonville, lesquelles, entrant à la ville, se divisent et font plusieurs ruisseaux qui arrosent les rues de la ville vieille, portant pareillement les eaux de la grande fontaine de Saiut-Epvre '. — 1709. Devis pour le rétablissement de Taqueduc qui conduit les eaux de Boudonville à la ville vieille, avec un plan de Taqueduc. — 1712. Adjudication des ouvrages qu*il convient faire pour mettre des chenaux de pierre de taille en place de ceux de bois qui portent les
* n en est ftit mention, sons le nom de raissean de la Bondière, dans le titre de fondation de l'hôpital Saint-Julien, en 1885, et l'on voit qne, dès cette époqae, il coulait déjà dans la ville vieille . On prétend que la rue de la Source s'est ainsi appelée parce que ce ruisseau commençait à y paraître. (Voy. Lionnois, t. I, p. 869, et t. If, p. i60-36i et i96.)
' Un « desseing pour les fontaines Sourotte et de la Cour », joint k cette pièce, mais qui ne porte point de date, montre les corps posés sur des chevalets de bois plantés dans les fossés.
eaux venant de Boudonville pour arroser la ville. -^ 1729. Visite de Taqueduc, composé de quatorze piliers de pierre de taille, élevés de 36 pieds de hauteur, et les chenaux de bois sur lesdils piliers , traversant la largeur du fossé devant la courtine entre les bastions des Michottes et de Salm (à peu près au commencement du cours Léopold, du côté de la place de Grève, ainsi qu*on peut le voir sur le plan joint à THistoire de Nancy).
1666. Visite du canal Saint-Thiébaut par le sieur Lenoir, « premier et ordinaire ingénieur de S. A. et de la ville de iNancy » .
1708-1718. Réparations au canal de la rue Saint-Dizier.
13 avril 1709. Adjudication des ouvrages à faire pour un canal propre à conduire les eaux de décharge de la fontaine de la place de la ville neuve (la place du Marché) au grand canal qui est dans ta rue et va au gayoir des chevaux. (Des pièces de 1774 et 1775 sont relatives au canal construit sur remplacement de « l'ancien » gayoir.) — 2 juin 1736. Traité pour la vidange du canal qui commence dès la fontaine de la Grande-Rue (ville vieille) et a son issue derrière le bassin de la Cour. — 1736. Plan du canal voûté depuis Télang Saint-Jean, passant par les moulins de la ville, jusqu*aa « bout bas » de ladite voûte, derrière Thôtel de M. Tenvoyé de France S dressé par
* C'est la maison rue Saint-Georges n* 26.
Lalance, ingénieur de S. A. R. — 9 avril 1743. Construction d*un canal voûté pour la conduite des eaux du ruisseau du Pont-Mougeat depuis sa sortie dans la rue neuve Saint-Nicolas (aujourd'hui du Pont-Mougeat) jusqu'au canal du lavoir de la porte Saint-Georges. — 1747. Décision du Conseil de ville au sujet de la construction de canaux depuis les maisons jusqu'au grand canal du Pont- Mougeat. — 1755. Construction dun canal depuis Tangle du bâtiment de la Poissonnerie jusqu'à la rencontre du canal dans la rue Saint-Julien , et d'un autre pour la décharge des eaux de la source des fontaines de la Grande- Rue et de rintendance. — 1778. Construction d'un canal dans la rue de la Congrégation (de la Constitution) pour la décharge des eaux des fontaines de la rue de la Poissonnerie. — 1787. Construction d'un canal pour l'écoulement d'une partie des eaux de la nouvelle place de Grève.
Édifices et monoments publics.
Arc-de-Triomphe — 1771. Reconnaissance et estimation
faites par Claude Mique des maisons et baraques attenant
à FArc-de-Triomphe , sur la droite de la place Royale,
pour former une rampe de communication à la promenade
publique.
L'Ârc-de-Triomphe était autrefois obstrué par des baraques, qui ont été heureusement détruites ; mais^ ce qui est regrettable^ c'est la démolition (vers 1818) des deux magnifiques escaliers qui conduisaient en haut de ce monument.
Le 35 mars 182i, la ville fit racquisition de la maison dite la Voûte des Chameaux, pour exécuter le projet de régularisation et d'alignement des abords de TÂrc-de-Triomphe , du parachèvement de la rue de la Pépinière, et d'une communication delà Grande- Rue à celle de la Pépinière. (Des titres de 1767 à 1769 font mention de Tbôtel des Chameaux et du souterrain des Chameaux, sous le bastion d*HaussonviIle.) Cette communication n'a été complètement établie qu'en 1847, par la démolition de ce qui restait de l'ancienne porte Saint-Nicolas et de la voûte des Chameaux, ainsi appelée parce qu'elle servit d'écurie aux chameaux du duc Léopold. On a cru devoir conserver cette dénomination à la place qui avoisine TArc-de-Triomphe, mais il est à désirer qu'on puisse lui en substituer une autre.
Bibliothèque publique ^ — 38 décembre 1750. Édil de Stanislas portant établissemenl de la Bibliothèque à Thôtel de rintendance (dans la galerie des Cerfs).— 37 juin 1763. Ordonnance pour sa translation à l*HôteI-de-ville '.
Cette création, on le sait; amena celle de l'Académie qui porte aujourd'hui le nom de son fondateur. On peut voir ce que rapporte à ce sujet Lionnois (t. Il, p. 3515 -33i) ; niais je crois intéres-
' J'ai cru devoir ranger ici ce qui eoDceme la Bibliothèque publique. D'ayant trouvé place pour ce sujet dans aucune antre des séries.
^ 11 résulte de pièces jointes à celles qui viennent d'être rappelées, qu'en 1 795K; une partie des locaux affectés à la Bibliothèque avait été prise pour y établir le bureau des actes civils ; qu'en 1797, une portion de la Bibliothèque avait déjà été déposée à l'Uni ver site, et qu'il s'y était commis des dilapidations ; enfin , que sa translation définitive , de « la Maison commune à l'Ecole centrale, sous la direction du sieur Marquet, bibliothécaire de ladite école •, eut lieu en vertu d'une délibération duS6 octobre 1798.
sant de reproduire ici un document qu'il se borne à mentionner. Stanislas, dit-il, était indécis entre rétablissement d'une académie ou d'une bibliothèque publique : il prit un parti moyen et résolut de fonder une bibliothèque et d'instituer des prix pour les Lorrains qui se distingueraient dans les lettres et les arts. Au commencement de novembre 1750, il fit partir M. de Solignac pour consulter MM. de Réaumur, de La Gondamine, de Sainte-Palaye et Tercier, et leur proposer, de sa part, de se charger d'adjuger les prix annuels qu'il voulait fonder. M. de Réaumur fut d'avis d'établir une académie ; M. de La Gondamine opina pour une bibliothèque.
Ge que ne dit pas Lionnois, et ce qui est peut-être le plus intéressant à faire connaître , c'est que Stanislas rédigea lui-même, pour être soumis aux célèbres académiciens, un mémoire dans lequel il exposait ses propres idées ; voici ce mémoire, qui est conservé aux Archives de la ville, dans le dossier relatif à la Bibliothèque :
« Mémoire au sieur chevalier de Solignac, secrétaire de mes commandemens, pour conférer avec les quatre membres des Académies des Sciences el des Belles-Lettres de Paris cy-dessous nommés.
» i"" Avant que j*aye pris une dernière résolution sur Texécutiou de mon idée, je ne veux pas qu^elle soit de la connoissance de tout le monde ; c*est pourquoi je ne m*adresse point aux Académies assemblées, me contentant de savoir le sentiment des quatre dignes sujets qui en sont membres , et auxquels j'ai une entière confiance , sçavoir M^ de Réaumur, de La Gondamine, Sainte-Palaye et Tercier, persuadé que je suis que les deux Compagnies pen-
seront de même» quand on leur aura communiqué mon dessein.
> 3^ Ce dessein est de faire fleurir les sciences et les belles lettres en Lorraine, ayant reconnu le goût que cette nation a pour elles , et les progrès qu*elle pourroil y faire si on Texcitoit par une noble émulation, si on ly poussoit par quelque attrait, et qu'elle eût à espérer quelque fruit de son travail .
» 3"" Dans cette vue, plusieurs ont désiré d'avoir, à l'exemple d'autres villes de France , une Académie érigée à Nancy. Ce projet, quoique louable, me répugne, je Favoue. Il ne peut qu'être défectueux dans une ville de province ; et, comme je ne connois rien de plus parfait que les deux Académies de Paris, je voudrois qu'elles regardassent la Lorraine comme leur département plutôt que comme leur rivale , et que la Lorraine pût puiser de cette source les sciences, espérant, de cette sorte, les voir bientôt répandues sur des génies capables de les cultiver.
> Af" En faveur de cette association , je voudrois qu'on m'accordât ce que je demande très-instamment : c'est qu*au lieu des deux sujets que ces Compagnies proposent tons les ans pour les prix qu'elles distribuent, chacune en proposât trois pour les seuls Lorrains , qui seuls auroient droit aux prix que je veux établir , et qui seront chacun de mille francs au cours de France.
» 5"^ Les six sujets proposés dans toutes sortes de
sciences et de belles lettres pourront être envoyés tous les ans à Nancy, au commencement de chaque année, à l'adresse que Ton indiquera , pour qu*à la fin de Tannée, tous ceux qui y auront travaillé envoyent leurs ouvrages aux deux Académies, lesquelles^ en donnant la préférence aux six meilleurs, les renvoyeront à la même adresse, pour que, suivant leur jugement, les six gagnans puissent recevoir le prix établi.
> 6** On croit que, par la multiplicité des six sujets proposés, on pourra travailler sur plus de diverses matières de sciences, que 1 émulation sera plus vive, et que le nombre des savans croîtra plus promptement.
» V Dans Tespérance qu*une bibliothèque publique à Nancy pourra beaucoup servir à former les sujets, on va incessamment en créer une , avec une rente de trois mille livres tous les ans pour Tachât des livres dont on ne cessera de Taugmenter. A Lunéville, ce 5 novembre 1750. » Stanislas Roy. »
Une autre note, également émanée du roi, contient ce qui suit :
« Stanislas, etc. Satisfaits que nous sommes de Temploi
qu*on a fait jusqu a présent des mille écus que nous avons destinés annuellement à Tachât des livres de notre Bibliothèque royale, nous souhaitons que désormais on y forme peu à peu un cabinet de médailles , d'instrumens de phisique, de modelles de machines et de tout ce qui peut concerner Thistoire naturelle ; et , en conséquence, nous
YOuloDS que le secrétaire perpétuel de notre Académie soit attentif à saisir les occasions où » de Tavis de la Compa^ gnie , il pourra acheter à bon marché, comme il arrive assez souvent aux ventes des cabinets des curieux, ces sortes de raretés, sans préjudice, néanmoins, de Templette des livres, dont Tacquisilion doit continuer toujours, spécialement pour ceux qu'il importe d*avoir autant pour Tusage des académiciens que pour Tavanlage de nos sujets qui cultivent les lettres.
> Et comme il se trouve déjà dans notre Bibliothèque un fonds de livres assez considérable, et qu il se présente rarement des occasions d'acheter les raretés mentionnées ci-dessus, et que, d'ailleurs, nous désirons exciter de plus en plus l'émulation des membres titulaires de notre Académie, qui en sont sensés les vrais soutiens, nous ordonnons qu'à commencer dès le T' janvier prochain , il soit distribué, dans chaque séance académique, à chacun desdits titulaires qui s'y trouveront , et non aux honoraires, un jetton d'argent de la valeur de trois livres tournois, en sorte que le nombre desdits titulaires se trouvant fixé à vingt par les statuts de l'Académie , il y ait, à chaque séance, autant de pareils jettons à distribuer ; lesquels seront distribués à chacun des titulaires présens , et non aux absens.
> C'est d'autant plus volontiers que nous avons formé la résolution de gratifier les académiciens titulaires,
qu*après ud calcul exacl, nous avons trouvé que la dépense des vingt jetions à distribuer à chaque assemblée, ne peut aller, par chaque année, qu*à la somme de 1,440 livres ; lesquelles seront prises, dès le commencement de l'année prochaine, sur les mille écus fondés pour la Bibliothèque , jusqu*à ce que les 2,000 livres que nous avons accordées aux quatre censeurs viennent à rentrer dans les fonds de ladite Bibliothèque par la mort desdits censeurs. Alors, les 1,400 livres prises jusqu'à ce moment sur les mille écus, seront employées, comme elles Font été jusqu*à présent, à Tachât des livres, et les 2,000 livres commenceront à être employées en jetions dès le décès de celui des censeurs qui viendra à mourir le premier ; en sorte que, dès lors, on prendra pour les jellons 500 livres de moins sur les mille écus de la Bibliothèque, et ainsi consécutivement jusqu*à la mort du dernier censeur.
> Mais, comme ces quatre censeurs sont du nombre des titulaires, et que leur présence à TAcadémie se trouve récompensée au-delà par les 500 livres de pension dont ils jouissent actuellement, nous ne prétendons point qu*ils ayent part à la distribution des jetions.
> Pour y procéder avec ordre , il sera tenu , par le secrétaire perpétuel, un registre particulier où il inscrira, séance par séance , les titulaires qui s*y trouveront , et ce registre sera signé , à la fin de chaque séance , par le directeur ou sous-directeurj et par le secrétaire.
» Voulons, en outre, que la présente ordonnance soit conservée en original dans les archives de notre Académie, et exécutée à perpétuité selon sa forme et teneur. Donné à la Malgrange ce 14 du mois d*aoùt 1753.
» Stanislas Roy.
> Par le Roi :
» Solignac. •
Bourse. — 35 juin 1756. Délibération des juges-consuls par laquelle ils abandonnent au roi le bâtiment de la Bourse, dans Tespérance qu'il donnera des ordres pour leur faire rembourser ce qu'il leur a coûté.
Ce bâtiment^ qui sert actuellement au tribunal de commerce, avait été construit en 1753, ainsi que le rappelle l'inscription gravée sur la première pierre, étant alors premiers juges-consuls : Claude Coster et Dominique Noirdemange, et juges-consuls : Pierre-François Ghailly, Louis Toussaint et Benoit Baille. (Voy. Lionnois, t. H, p. 805, et p. 85i relativement à la justice consulaire.)
On trouve, à ce sujet, dans la table alphabétique de toutes les juridictions consulaires du royaume, qui clôt le Commentaire de Jousse sur les ordonnances de 1669 et 1678, l'indication suivante : • Nancy, et avant à Saint-Nicolas (en I8i0, conflrméen 1899, 1564, > 1571» 1597, 160i, 1618, 16S6 et 1707), du Parlement de Nancy >. La juridiction des marchands de Nancy aurait donc une origine beaucoup plus ancienne que celle qui lui est ordinairement assignée (1715), puisqu'on passant par Saint-Nicolas, elle remonterait à la première moitié du xiv* siècle. Il y a plus : elle aurait le privilège de rfige sur toutes les autres créations du même genre, car.
d'après la même table alphabétique > celles-ci ne dateraient que des xvi% xvii« et xviii® siècles, dans 76 villes françaises, sauf la seule ville de Lyon» dont la Conservation (ou juridiction consulaire) est indiquée, mais sans précision de date, comme seulement antérieure à I3i9. L'institution des juges-consuls en Lorraine (dont le tribunal de commerce actuel de Nancy n'est que la continuation) serait donc la première en date, en France, ou tout au moins contemporaine de la Conservation de Lyon , et lés deux juridictions consulaires auraient précédé d'environ deux siècles toutes les autres.
Cimetières * ,
33 mai 1667. Donation » par Charles IV, aux gens da Conseil de ville, d^une place sise à la ville neuve, lieudit « aux Paille-mailles ', entre le jardin des héritiers de Jean Jacquemiu, cy-devant tenant rhostellerie de TEscu de Lorraine, d'une part, et les rues Sainte-Catherine, Saint- Michel et Sainte-Anne >, d'autre part, pour servir au cimetière de ladite ville. Dans leur requête, les gens du Conseil disent « que la place destinée au cimetière de la ville neuve est présentement comprise dans la closture du monastère nouvellement érigé par les religieuses Carmélites ».
1 Les cimetières des différentes paroisses , à part celui dit de Saint-Nicolas; ont été supprimés et remplacés par le cimetière général de PréviUe^ qui a été bénit le Si avril iSiS.
^ Suivant Lionnois (t. 111^ p. SOS) , cette dénomination vient d'un jeu de paille-maille , ou plutôt de mail , qui était établi près de la, porte Saint- Nicolas»
1699. Devis pour la coDStruclion d*un cimetière près du moulin SainVThièbaut. Joint un plan de « la place à faire le cimetière vulgairement appelle le cloistre de Sainct- Thièbauli ». — 1" juin 1670. Permission donnée par M. de Charnel, intendant, pour faire bâtir un cimetière à la rue Saint-François, au lieu dit Saint -Thiébaut.
L'inventaire de I7i8 mentionne, sous la date de 1637, la requête d'un individu demandant que la ville se vit obligée à lui payer le prix de la place et enclos de Saint-Tbiébaut, dont elle s*était emparée pendant la contagion pour y faire inhumer les personnes décédées de la maladie contagieuse.
30 octobre 1731. Acquisition, par la ville, d*un jardin situé dans son enceinte, derrière les Jésuites du Noviciat, pour servir de cimetière à la paroisse Saint-Nicolas.
Ce cimetière fut bénit le 33 novembre 1731 , agrandi en I75i et abandonné en 1775 pour le nouveau, « situé au bord du chemin qui va de la porte Saint-Nicolas à celle de Saint- Georges •, dans lequel on enterra pour la première fois le 30 mai de cette année. Depuis la suppression des cimetières dans l'intérieur de Nancy (en 1769), le terrain où avait été primitivement établi celui de la paroisse Saint-Nicolas, fut acensé à un nommé Leclerc, qui subrogea au bénéfice de son acensement le sieur Thouvenel, commissaire des poudres et salpêtres.
8 août 1733. Lettres patentes de la duchesse régente portant concession à la ville d*un terrain hors de la porte Notre-Dame, près du bastiou le Marquis, pour servir de cimetière aux paroisses Notre-Dame et Saint-Epvre. —
10 juillet 1779. Acquisilion de lerrains pour Tagrandisse-
meot dudit cimelière.
C'est celui des Trois-Maisons, transformé aujourd'hui en jardin.
1"^' juiu 1740. Gootrat par lequel la ville cède à Jean- Nicolas JennessoD un terrain près la porte Saint-Nicolas, alors en nature de cimetière, en échange d un terrain formant le cimetière actuel derrière l'église Saint-Pierre, près de la maison de cure.
Le i décembre I7i0^ le cimetière attenant à Téglise Saint-Pierre et Saint-Stanislas , fut bénit, et on y apporta processionnellement les ossements exhumés du cimetière « auprès de la porte Saint- Nicolas ». Au mois d'août i7ii, on bénit le cimetière attenant au jardin de la maison curiale de la paroisse Saint-Pierre et Saint- StanisIaS; et; le 3 décembre de la même année , le curé de Saint- Nicolas et de Saint-Pierre exhuma les corps qui étaient dans le cimetière attenant à l'église de cette dernière paroisse, faisant alors partie du jardin des PP. Jésuites , et les transféra dans le nouveau cimetière donné pour remplacement de Tancien, et attenant au jardin de la maison de cure , au faubourg Saint-Pierre. (Reg. des décès de la paroisse Saint-Pierre.)
34 novembre 1763. Procès-verbal de la bénédiction faite par le sieur Pécheur, curé de Saint-Epvre, de la chapelle érigée dans le nouveau cimetière de la porte Saint- Jean.
L'emplacement de ce cimetière est aujourd'hui occupé par la gare des marchandises du chemin de fer.
5 avril 1788. Acquisition de terrains pour Tagrandis-
sement du cimetière attenant à Téglise Saint-Fiacre.
Depuis la construction de la nouvelle église Saint-Vincent-Saint- Fiacre, ce cimetière a été supprimé.
12 décembre 1769. Ârrèt de la Cour souveraine portant règlement pour les sèpaltores. Il y est dit que les cimetières actuellement existant dans la ville ayant été interdits par rOrdinaire» on a cessé d*inhumer dans celui qui était destiné aux paroisses Saint-Sébastien et Saint-Roch , et il a été remplacé par un cimetière établi hors de la porte Saint-Jean. A Tégard de ceux des paroisses Saint-Nicolas et Notre-Dame, on continue encore à y faire des inhumations... ; il y en a cependant un hors la porte Notre-Dame pour Tusage de cette paroisse et celle de Saint-Epvre, et, quant à celui de la paroisse Saint-Nicolas, il est également remplacé par un autre établi hors de la ville, et servant à la paroisse Saint-Pierre et Saint-Stanislas
État des personnes inhumées dans les églises paroissiales et dans celles des maisons religieuses ^
Paroisse Saint -Sébastien. Le sieur Claude Cosler, ancien premier juge-consul, natif de Nancy, décédé le 11 mai 1770, inhumé le 13 en Téglise des PP. Tiercelios.
Noms des personnes et des familles qui ont droit de sépulture en Téglise des religieux Tiercelins : Familles Âbram, Bermant, Charles, Chevrier, Coster, de Longin, Gerbéviller, Gouzot, Mallarmé, Pierre, etc.
État de ceux et celles qui sont enterrés à Téglise de
' Je donne seulement quelques extraits de cet état.
rbôpital Saint-Julien depuis Tannée 1631 : M. Jean-Georges Serre, conseiller d'État (1686). — Messire Antoine de Marsanne, premier écuyer et chambellan de S. A. R. (1709).
Bénédictines du Saint-Sacrement. M. de Boussemard, Conseiller d'État de S. A. Léopold (1706). — M. Christophe^ peintre ; M. Parisot, président à la Cour (1746). — M. le comte de Girecourt (1754). — M. Gormand, secrétaire du collège royal de médecine (1765) ; etc.
Annonciades. Le 19 février 1759, nous avons cédé une place de sépulture , à titre de donation , par amitié et par reconnaissance, à feu M. Mutlot^ architecte du roi.
Augustins. Le 18 octobre 1757, a été enterré messire Claude-François marquis de Toustain de Viray, chevalier, conseiller d'État du roi et son procureur général de Lorraine et Barrois ; etc.
Religieuses de Sainte-Elisabeth. Les familles de MM. Marcol^ de Turique^ Racle, Lenoir, Colin, fondeur ; etc.
Tiercelines. M. Roxard de la Salle, conseiller à la Cour.
Minimes. Le sieur Lamour a droit de sépulture dans la nef, pour lui et sa famille, en reconnaissance des bienfaits qu'il a faits à la maison. Sa femme, sa fille et ses petitsenfants y sont inhumés. — M. de Riocour, chevalier, baron de Damblain. On a accordé la sépulture à toute la famille par reconnaissance.
Dominicains. Le 19 septembre 1712, nous avons enterré M. Luc Lamoureux, maître brodeur de S. A. R. —
Le 4 juillet 1731, le sieur Louis Joraut a fondé une place pour être iohumè, lui et ses desceodauts, daâs notre grand caveau du bas de la nef de Tèglise. — Le 7 décembre 1738, nous avons enterré M. François Lamoureux , maître brodeur de S. A. R., au lieu de la sépulture de sa famille. — Le 30 mai 1755 , nous avons enterré dans le petit caveau d*en haut messire Jean-Baptiste de Maudhuy , chevalier, président à mortier à la Cour souveraine , dans le lieu de la sépulture de sa famille. — Le 14 janvier 1763, nous avons enterré dans le caveau du haut de la nef messire Pierre-André d'Ohéguerly, ancien gouverneur de File Bourbon, académicien honoraire de TAcadémie des sciences et belles-lettres. — Le 30 octobre 1769, M. Willemet, apothicaire, a fondé une place dans le caveau du haut de la nef, pour lui et sa famille ; etc.
Refuge. M. Christophe André , vivant écuyer et « visiteur » général des bâtiments, ponts et chaussées de S. A. R. et de ses États, a acheté, pour lui et pour toute sa famille, le droit de sépulture dans Tun des caveaux de notre maison.
Orphelines. 11 y a bien des années que M. Goujon, musicien de la Primatiale, fut enterré dans notre église, gratis, en reconnaissance des services rendus à nos sœurs, pour leur avoir appris le plain-chant et plusieurs motets pieux.
Carmélites du second couvent. M. Betto, architecte, a été inhumé dans notre église.
PrémoDtrés. Il a élë accordé par nous à M. Mique, architecte du roi, et à sa famille, le droit de sépulture dans notre église, en reconnaissance des bons services qu'il nous a faits dans le parachèvement de notre église.
Cordeliers. Ont droit de sépulture : depuis 1557. M. Guiot de Saint-Remy. — 1629. M. René de Florainville, chef de cette maison. — 1748. Messire Charles- Ferdinand comte de Custine, baron d'Auflance. — 1763. Nicolas-François Guiot , seigneur de Saint-Remy-aux-Bois, ancien conseiller. — Dans la chapelle de la Sainte-Vierge : 1594. Théodore (Thierry) Alix de Veroncourt. — 1616. François Alix de Veroncourt. — 1658. Dame Alix Bouvet, son épouse. — Dans le cloître : 1650. Jean Gallot et sa famille.
Carmes. La chapelle des Morts , sous le titre de Saint- Élie, a été donnée à haut et puissant seigneur Elisée â*Haraucourt, gouverneur de Nancy , en reconnaissance de ce qu*il avait fait construire le grand autel à ses frais ; depuis, il y a été inhumé et plusieurs de sa famille. — Le 22 octobre 1660 fut enterré M. Claude Desruets (Deruet), fondateur de la chapelle Saint-Nicolas. — Le
1680 fut enterrée, dans la chapelle Saint-Nicolas,
M""^ Déruet. — Le 31 août 1691 fut enterré dans le caveau de la chapelle des Morts messire Charles d^Haraucourt, maréchal de Lorraine. — Le 7 mai 1721 fut enterré dans le caveau de la chapelle de la Vierge M. Claude Georges, président au Parlement de Lorraine. — Le 4 jan-
vier 1733 fut enterré dans notre église le sieur Pierre Deschanip, imprimeur. — Le 31 janvier 1742 fut enterré dans le caveau de Sainte-Thérèse M. Jean-François Breton, ancien conseiller d'État du duc de Lorraine. — Le 29 juillet 1756 fut enterré dans le caveau de la chapelle de la Vierge messire François-Xavier Datlel , président de la Chambre des Comptes. — Le 16 mars 1764 a été enterré dans le même caveau M. Joseph-François Barbe, horloger. — Le 23 décembre 1768 fut enterré dans le caveau de Sainte-Thérèse messire Marc Antoine, chevalier, président en la Chambre des Comptes ; etc.
1779. Vente du terrain de Vancien cimetière Notre- Dame (rue des Morts) , interdit en 1769, à condition que la chapelle ^ sera démolie aux frais des collateurs, qui en vendront les matériaux , et que l'HàteUde-ville fera désigner un autel dans une église de Nancy, autre que la paroisse Notre-Dame, où les titulaires auront le droit de
célébrer les messes et offices fondés dans ladite chapelle.
ÉgH
ses.
Bon-Secours. — « Veue et perspective de la Chapelle des Bourguignons, maintenant Nostre Dame de bon secours^ proche de Nancy, où René Duc de Lorraine gaigna
* Dite de SaiDt-Jacqaes-du-Tcrreau , construite au milieu du cimetière, ainsi qu'on le voit par le plan joint à Tacte de \ente.
la bataille contre Charles Duc de Bourgongne le cinquième
Janvier 1477. »
A cette gravure d'Israël Sylvestre , représentant la chapeHe primitive» dont la fondations été rappelée précédemment (t. I, p. 136)^ sont jointes plusieurs pièces modernes^ parmi lesquelles une lettre du ministre de l'Intérieur^ du 17 janvier 1807, autorisant les fabriciens de Bon-Secours à faire replacer à leurs frais, dans cette église, les mausolées de Stanislas et de la reine» déposés au Musée de la ville.
Saint-Epvre. — 1" août 1712. Adjudication des ouvrages à faire aux collatéraux. — 1713. Procès-verbal de visite des bâtiments de Téglise, par Sébastien Palissot» portant qu'il y a nécessité d'y faire travailler incessamment afin d'éviter les accidents qui pourraient arriver , et qu'on a été obligé de se servir de l'église des Dames précheresses pour faire le service divin. — 1 1 septembre 1722. Reconnaissance faite par Joseph Duc et Sébastien Palissot» architectes» de Tétat où se trouve le clocher. Ils estiment que, quand on y aura fait quelques réparations, il pourra encore durer quantité d'années. — 1723-1724. Raccommodage de l'orgue par Claude Moucherel, le jeune, facteur de S. A. R. Visite par Charles Cachet, facteur d'orgues. — 16 février 1756. Visite de léglise par Claude Mique, pour reconnaître s'il y a des-détériorations survenues depuis celle du 10 janvier 1755, qui puissent empêcher le service de la paroisse. — 1" juillet 1758. Accord fait entre l'Hôtel -de-ville et les Cordeliers pour l'usage de leur église.
d'après les ordres de M. le ehaocelier , sur le décret d'interdit de la paroisse Saiut-Epvre , qui oblige de la transférer dans une autre église jusqu'à ce que la première soit construite à neuf ou réparée. — 1780-1790. Reconstruction de l'escalier qui conduit au beiïroi ; ouvrages de grosses réparations à l'église ; etc.
Saint-Nicolas. — 1770. État des ouvrages à faire dans c l'église ci-devant les Jésuites du Noviciat », pour servir de paroisse à Saint-Nicolas, en exécution de l'arrêt du Conseil du roi.
On 86 servait auparavant^ pour paroisse, de l'église des Capucins, qui, depuis la révolution, est restée affectée à cette destination.
Saint-Pierre. — 1736. Location faite à la ville par Jean- Nicolas Jennesson, architecte , de l'église Saint-Pierre et du presbytère (qu'il avait bâtis à ses frais).
On commença à y dire la messe le jour de Noël 1786, et Tévèque de Toul la consacra le 15 Juin suivant. (Voy. Lionnois, 1. 1, p. 571.)
Saint-Sébastien. — 13 janvier 1610. Contrat par lequel Antoine de Lenoncourt, primat de Lorraine ; Regnault de Gournay, bailli de Nancy, et le président Bouvet, au nom du duc Henri II, vendent aux habitants de cette ville, moyennant 6,000 livres, l'église (commencée en 1603) dans laquelle Messieurs de la Primatiale ont, pendant plusieurs années, fait le service divin (voy. Lionnois , t. II , p. 558). — 1639. Compte du fonds commencé à faire par le sieur
Marcand, curé, pour le bâtiment d^une nouvelle église dédiée à saint Sébastien. — Comptes des deniers reçus pour la construction de celle église, de 1639 à 1722. — 17 janvier 1719. Ordre de Léopold pour là démolition de l'ancienne église Saint-Sébastien. — 1720. Adjudication à J.-N. Jennesson de la construction de la nouvelle (celle qui existe aujourd'hui). — 1727. Adjudication des ouvrages de charpente pour la construction du dôme de la nouvelle tour. — 1781. Réparations à Thorloge, pour servir en même temps de befTroi.
Saint-Vincent-Saint-Fiacre. — 1643. Requête des résidants aux Trois-Maisons et vallon de Boudonville pour avoir la permission de bâtir une chapelle au cimetière. Ils y disent « qu*ayaus obtenu, en Tannée 1627, permission de faire ériger une chapelle proche le cimetière des Trois- Maisons S les misères de la guerre ayant commencé à régner^ il fust résolu d'abattre tous les lieux éminantz qui approchoient la fortification de Nancy, comme, en effect, ilz receurent ordre d'abattre ladicte chapelle, environ l'an 1 632 ; depuis lequel temps ilz ont souffertz de grandes incommoditez pour n'y avoir aucun lieu propre pour y
* On trouve^ à la date du i^^ août 1636, une interdiction du cimetière des Trois-Maisons^ par le doyen de la chrétienté de Port, parce qu'il n*était pas fermé, « et que les chiens, les loups, les pourceaux et aultres brutes y ont l'entrée libre de touts costés , au deshonneur des chrestiens y enterrés, et au péril d'estre tirés hors des fosses et mangés des bestes » .
célébrer la saincle messe et y administrer les sacremenlz, en estans le plus souvent privez aux jours de festes et dimanches ; outre qu'i ayant des enfans à baptiser, on est contrainct de les apporter , en quel temps ou saisons se puisse estre, en Téglise Nostre-Dame (où ilz sont paroissiens de tout temps) , ce qui peut causer la mort de leursdictz enffans, avant que d*estre munys du sacrement de baptesme. Outre plus, les remonstrans ou leur famille venans à tomber en accident de maladie , ilz ne peuvent estre secourus des sacrementz... » Us ajoutent que, sur la demande du curé de Noire-Dame, M. du Hallier, avant son départ pour la campagne dernière, leur avait permis de faire réédifier cette chapelle au lieu où elle était auparavant. Suit Tautorisatiou de M. de Lenoncourt, gouverneur, datée du 5 mai 1643. Le surlendemain, ils demandent à M. de Vignier, intendant, et obtiennent de lui la permission de faire des quêtes pour la reconstruction de leur chapelle. — 9 août 1644. Ordre de TOfficial de Toul au curé de Notre-Dame d'aller administrer les sacrements aux habitants des Trois-Maisons ou de les leur faire administrer par un prêtre salarié sur. les revenus de sa cure. 15 septembre 1716. Lettre de cachet de Léopold ordonnant la construction d*une église et d*un cimetière aux Trois-Maisons. — 1717-1720. Devis et adjudications pour la construction de l'église ' et des maisons de cure et
* Le Musée lorrain possède aajourd'hai rinscripiion qui avait éié posée
d*école. — Comptes des levées faites à ce sujet sur les habitaols, de 1716 à 1725. — 8 mai 1726. Arrêt du Conseil portant que les sommes restant dues pour la construction de réglise^ du presbytère et de la maison d'école, seront acquittées par la ville, et restreignant à vingt années lexemplion de logement et fournitures de gens de guerre, accordée par Léopold aux habitants desTrois- Maisons.
Mémoire d'ouvrages faits par Claude Charles pour cette église : « Un tableau de unze pieds et demy de roy de hauteur, sur huict et demy de large, dans lequel est représenté la Sainte-Trinité dans sa gloire, accompagnée de chérubins ; au bas dudit tableau saint Fiacre d*un costé avec un grouppe d*anges, et de Fautre, saint Vincent, martir et diacre, le tout grand du naturel... — Une Annonciation avec une gloire composée d*anges au naturel ; ledit tableau hault de huict pieds sur six de large. . . — Un autre tableau de même grandeur, où est représenté saint Sébastien, saint Roch et saint Charles avec une gloire d*enfant... >
Fontaines.
15 janvier 1628. Donation à la ville de Nancy, par le duc Charles IV, des sources et fontaines qui sont en un
sons la première pierre de cette église ; elle est gravée snr une lame de plomb et conforme an texte que j'en ai donné (t. II, p. SS), si ce n'est que l'on a ajouté an revers le nom de l'architecte : J.-l^. Jennesson. Cette inscription a été donnée par M. Morey, architecte de la nouvelle église.
pré situé au bau de Vandœuvre, proche la chapelle du Reclus, à charge que la ville satisfera aux dommages de ceux qui pourront eu être intéressés; moyennant quoi S. A. veut que ladite ville jouisse à jamais de Teau desdites sources pour la faire conduire audit Nancy, afin d*en grossir la fontaine qui doit être au-devant de la statue de bronze qui se doit poser en la place de l'Hôtelde-ville de Nancy la neuve. — « Ung desseing sur papier bleu de la fontaine qu*on désigne faire édiffier en la place de devant THostel-de- ville de Nancy la nœuve * ».
i640. « Procès-verbal* des sieurs commis et recepveur de la ville, servant d*esclaircissement pour trouver les sources, bouges et autres lieux où descoulent les fontaines, tant dehors que dans les deux villes de Nancy, ensemble la coppie de tous les tiltres concernant lesdites fontaines.
* Ces deux notes sont empruntées à l'inventaire de I6i6 : les pièces qu'il mentionne n'existent plus dans les Archives de la ville. Le plan de 1611 représente la « fontaine jeltant eau par trois gros tuyaux en grande abondance, n*y ayant présentement qu'une estache d'une pièce de bois carrée dressée en cest endroit devant l'hostel de ville, en attendant que l'ouvrage que l'on fait d'autres matériaux exquiz pour ladite fontaine soit parachevé ».
^ Ce procès-verbal, à la suite duquel sont résumés plusieurs titres antérieurs, fait connaître toutes les fontaines publiques et particulières qui existaient à Nancy vers le milieu du xvii^ siècle. Le plan de 1611 indique la grande fontaine (de la place Saint*Epvre), les fontaines « Sorrette, du vieil Hospital, de la neuve rue » (la Carrière) et des Sœurs- Grises, dans la rue des Dominicains, i peu près vis-à-vis la rue de l'Hdpital Saint-Julien.
» Fontaine de Sourolle (Sorrelle). — La source de ladite fontaine se prend au pied de la muraille du jardin du sieur Serre, à Boudonville, sur le grand chemin tirant aux bois de Hey (La même source alimentait les fontaines de la Carrière et celle de THôpital^ à la Grande- Rue.)
> Fontaine de la Cour. — La source de ladite fontaine est dans la cour de la maison du sieur Serre, à Boudonville; laquelle se nommoit anciennement la fontaine de la
Tombe Clefs ^ où Ion donne de Peau du maistre corp
de la fontaine de la Cour : fontaines des sieurs de Warneville et baron des Salles ; des P. de TOratoire et de M. de Removille ; de M^^ le marquis de Moy et du sieur de Gailéan ; fontaine du couvent des P. Cordeliers.
» Fontaine de la place Saincl-Epvre. — La source de ladite fontaine se retrouve dans ung petit bastiment qui
est joignant la maison du sieur Voillot, à Boudonville
Clefs où Ton donne de Teau du maistre corp de la fontaine de devant Sainct-Epvre : fontaine au quart de Tescuyerie de M. d'Anderny; fontaine estant en la maison de M. d*Anderny; fontaine de TArsenal; fontaine du sieur Janin^ secrétaire d*Estat; fontaine au quart de Tescuyerie de M^^' le marquis de Moy.
' On trouve encore de ces clefs appendues aax titres de concessions de li^es d'eau.
> Foutaioes des Daines prescheresses et des Sœurs- Grises, qui se preDueut dans ung mesme lieu et se yodI séparant par ung forchu qui est dans les terres labourables Dans le* chemin qui va au-dessus de la coste
de Buttegnémont, environ quatre toises au-dessus de la
porte de la maison appellée le Vivier, y a une case-
matte où est la source desdites fontaines Clefs où Ton
donne de Teau du maislre corp des Dames prescheresses : au logis du feu sieur Rennel, vivant président des Comptes de Lorraine, où pend pour enseigne le Cheval rouge, appelle anciennement le logis de la Maucouline; en la maison du sieur Mainbourg, eschevin à Nancy, vis-à-vis du logis cy-dessus, dans la maison de feu M. d*Haraucourt, vivant gouverneur de Nancy, au-dessus de la rue des Comptes (Callot) ; et dans la rue de TEstrapade (de la Monnaie ^), vis-à-vis du logis de la Cellerie.
» Clefs où Ton donne de Teau du maistre corp de la fontaine des Sœurs-Grises : fontaine du sieur Cueullet, gruyer de Nancy ; fontaine en la maison du feu sieur Berroan ; fontaine de Thospital (Saint-Julien) et celle qui est dans la rue allant audit hospital.
» Fontaine de devant THostel-de-ville de Nancy la nœuve. — La source de ladite fontaine est dans le jardin
* Un titre da 18 déeembre 16il, transcrit dans la seconde partie do registre, porte en tète : « Traicté faict a?ec les référendes Dames prescheresses ponr avoir une fontaine en la rue de TEslrapade ou de la Monnoy§ » .
du sieur Jeaunot, à Boudonville Dans le maistre corp
se relrouvenl trois tuyaulx, le premier servant pour la fontaine de la Grande-Maison , le second pour le couvent
des P. Minimes, et le troisiesme pour la Munition*
Autres clefs ou Ton donne de Teau du maistre corp de la fontaine de devant THostel-de-ville : fontaine de M^ Jacques^ tainturier (la maison des teinturiers, devant Saint- Charles); fontaine du couvent des P. Carmes; fontaine du fossé des chevaulx, ville uœuve; fontaines du sieur Ginet, du couvent des Bénédictines, des R. P. Capucins; fontaine au hault du faulbourg.
» Fontaine de Thostel de Salm (sur la Carrière). — La source de ladite fontaine est dans le fossé de la ville, visà-vis du bastion de Solrup Clefs ou Ton donne de
Teau du maistre corp : Fontaine des P. Jésuistes et des Filles repenties (du Refuge) ; fontaine au jardin du sieur Bonnaire; fontaine du sieur Desrué (Deruet, près de rhôpital Saint-Julien); fontaine qui va fluer au pied des figures qui sont au réservoir du jardin de la Cour. »
1646. c Advis de Messieurs les médecins de Nancy touchant la fontaine minérale qui s*est trouvée près du moulin Sainct-Thiébault (voy. t. I, p. 340).
» Les soubsignés , docteurs en médecine , demeurans à
* Dans le bâtiment des écuries du prince de Phtlsboorg, entre les deax Tilles» « où se cuisait la munition pour la garnison » (luTentaire de 1 6i6^ f. i87.)
Nancy, convoquez par Messieurs les conseillers au Conseil de ville pour donner advis touchant les eaux minérales qui, depuis peu de temps, se sont découvertes entre la muraille du cimetière de la chappelle de Sainct-Thiébault et le ruisseau provenant de la chute du moulin dudict Sainct-Thiébault , ont, auparavant que dire leur opinion, taschè de recognoistre les facultés des choses qui font le meslange et composition de ceste eau minérale. Pour à quoy parvenir, ils se sont servis de deux voyes ordinaires : la première est sans destruire le mixte, le laissant en son entier ; la seconde est en le destruisant et réduisant aux principes dont il est composé. Pour le premier poinct, ils ont employé les sens de la veue, du toucher, de Todorat et du goust, sans oublier Tusage et les effects que lesdictes eaux produisent. L'autre poinct gist en la considération de la nature des lieux par où Teau coule, et eu la dissolution et résolution de ladicte eau en ses principes , qui se faict ou par la nature mesme ou par Tartifice , et ce en trois façons : par coctiou , par légère évaporation à une chaleur très-douce et à petit feu, à vaisseau découvert, et par distillation à vaisseau couvert et exactement bouché , affin qu'aucune substance ne s'exhale. Après tous lesquels examens et preuves, lesdicts consultans ont trouvé lesdictes eaues douées des facultés de divers minéraux, comme de vitriol, nitre, fer, et, par conséquent, qu'elles contiennent toutes les vertus et fa-
cullés que l'on peut souhaiter pour la guérison des plus grandes, plus fascheuses et rebelles maladies du foye, de la ratte, des reins, du mësenterre et de la matrice; ce qui les a induit à opiner qu'il estoit utile pour le public que lesdicts sieurs du Conseil de ville fissent rechercher la source de ladicte fontaine, et ce de tant plus qu il y avoit, au mesme endroit, un marrest puant et corrompu, qui
croupissoit de longues années, suffisant d'infecter toute la ville, dont la vuidange a esté faicle pour mettre ladicte eaue dans le poinct de sa pureté , la recherchant jusques à la terre forte. En foy de quoy lesdicts déclarans se sont soubsigpés, à Nancy, le premier jour de septembre 1646. > D. Periun, C. Vitou, G. Rousselot, Lambert ^ »
L'opinion des quatre docteurs fut presque aussitôt combattue par un de leurs confrères, le sieur Fournier, qui adressa aux officiers municipaux un mémoire dont voici le préambule et la fin :
c Au très-équitable Magistrat de Nancy.
» Les Romains , sages politiques , avoient ordonné que quiconque proposeront quelque nouvelle loy, qu'il se mit le licol au cou! ; les Égipliens punissoient à mort quiconque guérissoit les malades autrement qu'avec les remèdes approuvés : par ces loix, ainsy establies, leurs
* Aacan de ees médecins n'a laissé d^ontrage qui atteste son savoir ; il en est de même de leur contradictear ; aucun d'eux , du moins , n'a mérité d'être mentionné par M. le docteur J.-B. Simonin dans son Esquisse de l'histoire de la médecine et de la chirurgie en Lorraine.
iotentious n'estoient pas d*enfoDcer davantage la vérité, que Démocrite avoit dit eslre cachée au fond du puyts, ou de retarder le curieux de la recherche des choses dii&ciles et utils ; mais il prélendoit seulement que, sy quelque chose se proppsoit de nouveau, qu'elle fust tellemenT bonne, excellente et approuvée auparavant, qu*il ne s*y trouvast aucune difficulté, et qu'elle fust absolument parfaite en tout point.
» Que le mesme maintenant arrive , c'est à vous (Messieurs très-advisés) d y prouveoir au faict de cette nouvelle fontaine de Sainct-Thiébault, que quelques expérimenteurs veullent expérimenter en vos bourgeois, puisqu'ils vous la font bonne , comme fontaine médicale, soubs prétexte seulement ou principalement de ce que son eau, moyennant la pouidre de noix de galle, quand elle y est mesiée, acquiert la couleur noir ; de là ils conjecturent que ladicte fontaine tient du vitriol et de ses qualités.
» Mais, où il y va de la vie de vos cytoyens, il faut peser davantage laflaire et croire tant seulement à ceubc qui sont expert eu leur artz.... >
Après avoir discuté, en termes emphatiques, les épreuves faites par ses confrères, Fournier termine ainsi :
c Au reste, jamais le Magistrat de Nancy n'a mieux employé les deniers publicqs que de faire rechercher la
source de cette nouvelle foutaioe, et que de desseicher les mareils (probablemeot ceux de Tétaug Saint-Jean) qui servoient de repaire à tous serpens vénéneux. Le fruict et I émolument que, de cette œuvre, en a desjà reseu la maison de Saint-Charles, elle ne Ta tust, ains hautement loué. »
A ces deux pièces sont jointes un < mémoire du sieur (Siméon) Drouin touchant la nouvelle fontaine », et un « desseing dressé par le sieur Drouin, sculteur, pour la construction de la fontaine minérale ».
1659. Établissement des fontaines du pont « Mougeart » et de la place Saint-Georges , en prenant de Teau à celle de Saint- Thiébaut, n*y ayant d*autre fontaine publique à la ville neuve que celle de devant rHôtel-de-ville, laquelle elle-même manque souvent d'eau à cause de la distribution qui se fait de celle du mailre corps aux couvents des Minimes, Carmes, Capucins, Bénédictines, à la Munition et aux teinturiers, devant Saint-Charles.
1723. Ordre de Léopold pour faire travailler au rétablissement de la fontaine de Salm ou des Allemands, au bastion de Saulrupt, dont les eaux seront partagées par moitié entre la ville et le Noviciat des Jésuites. (On lit dans rinventaire de 1646 : « Fontaine anciennement appelée des Allemands, qui fluoit dans le faubourg de Saint- Nicolas avant les fortiûcations de la ville neuve ; sa source
estoit sur le bord de Tétang , du côté de la porte Saiot- Nicolas *). »
1726. Devis des ouvrages à faire pour la construction d*un réservoir destiné à recevoir toutes les eaux de la fontaine du Reclus (que Léopoid avait acquises sur le sieur Sorriot, et dont il avait disposé en faveur de la ville).
1732. Plan de Nancy indiquant la distribution des eaux de la vieille ville et de la ville neuve, dressé par Vayriuge.
22 février 1736. Décret de la duchesse régente ordonnant que, dans deux mois^ les propriétaires de maisons, en faveur desquels feu S. A. R. a disposé de la troisième Conduite des eaux qui viennent de Boudonville en la ville vieille » feront mettre ladite conduite en bon et suffisant état, à peine d*étre privés du droit de fontaine.
4 février 1741. Concession à la ville, par Stanislas, de la conduite des eaux dites des Sœurs-Grises (il est fait mention de leur fontaine dans un titre de 1511).
23 mai 1750. Règlement de la Chambre ordonnant aux personnes qui ont des fontaines dans leurs maisons ou jardins, de faire décharger les eaux dans leurs puits, si cela est possible sans incommoder les voisins , ou de faire construire des canaux souterrains à prendre depuis les*
* En IS79, laTÎlle et les commis des habitants da faobourg Saint-Nicolas STaient octroyé à Cunin on Cuny Le Briseur, prévôt de Nancy, un Qlet d'eau provenant de la source des Allemands.
— lie —
dites foDtaioes jusqu'aux canaux de la ville ou des particuliers qui eu ont construit, pour y recevoir les eaux qui couleront desdites fontaines.
9 juin 1753. Ordonnance confirmative du règlement du 17 juin 1730, portant que tous particuliers qui ont obtenu depuis 1697 la permission de tirer des eaux de la conduite des fontaines de la ville pour former des fontaines particulières, paieront un cens annuel de 3 livres par ligne d*eau à eux concédée.
r' septembre 1753. Adjudication de la démolition de la fontaine'actuelle de la Carrière et de son « remplacement » sur la place Saint-Epvre. « Les quatre bassins seront chacun d*une seule pierre, ornés de moulures
proprement travaillées Les quatre (êtes de sculpture,
placées dans les niches actuellement, seront conservées
pour les adapter au second bassin Les deux bassins
faisant la nappe d'eau seront enrichis d'oves et dentelés
par le haut pour former la nappe > Adjudication est
faite à Joseph Démange , architecte, de la démolition de la fontaine, « à charge de la rétablir sur la place Saint- Epvre et de poser sur icelle la .statue équestre du duc René qui s'y trouve actuellement placée, et de l'orner de tous les trophées désignés sur le plan (qui n'existe malheureusement plus) qu'il a entre les mains, et de lui donner, en outre, les couleurs en huile qui seront trouvées les plus convenables et les plus belles » .
2 mai 1760. Procès-verbal de visite de la file royale de Pixerécourt, suivi d^uoe ordonoance prescrivant que les réparations à faire à la fontaine de Pixerécourt auront lieu aux frais de la ville.
1768. Devis et état estimatif de la dépense pour la conduite des eaux d*une source abondante que Ton peut prendre à l'extrémité du village de Laxou , que Ton propose d'amener à Nancy, dans une bassine qui sera établie rue Saint-Stanislas.
1776. Ouvrages au bouge de la Vénerie, qui fournit Teau aux fontaines de la place Royale. — 1786. État de la dépense à faire pour le déplacement de la fontaine de la rue « de la Mort qui trompe > et son replacement à Tangle que forme cette même rue avec celle dite Grande- Rue (c'est la fontaine de la rue Sainte-Antoine). Les premiers articles du devis concernent la démolition et la reconstruction de la pyramide en pierre de taille qui surmontait la fontaine. — Adjudication à Joseph Sôntgen, sculpteur, et à Nicolas Kraniz, plombier, des réparations à faire aux figures qui décorent les fontaines aux deux angles de la place Royale, près de l'hôtel des Fermes (rÉvèché) et de la Comédie. — 1790. États estimatifs des ouvrages à faire pour rétablissement de fontaines au haut de la rue de Grève et rue de la Hache , à la jonction de cette rue avec le cul-de-sac de la manufacture de tabac.
Mémoire sur les fontaines de la ville de Nancy, présenté
à M^' rinlcndant de Lorraine et Barrois par M. Nicolas, conseiller médecin du roi, professeur royal de chimie, inspecteur honoraire des mines de France, membre du district de Nancy. (Ce mémoire renferme une analyse des eaux des fontaines de^la ville.)
Fours banaux.
Pièces relatives aux six fours banaux qui existaient dans les deux villes : rue Derrière et près du grand Jeu-de- Paume, à la ville neuve, appartenant au duc ; rue des Maréchaux, au commandeur de Saint-Jean'; le four Sacré, dans la partie inférieure de la rue Saint-Miehel, au sieur Caboche ; le four banal des chanoines de Saint- Georges, près de la porte Notre-Dame ; enfln , celui de la rue Saint-Dizier (à Tendroit où a été établie la rue du Four).
Glacières.
24 juillet 1731. Traité fait avec le sieur Gentillàtre, architecte^ pour la construction d'une glacière près de la Vénerie. — 25 octobre 1755. Adjudication des ouvrages à faire pour le rétablissement de la glacière appartenant à la ville^ attenant aiix fossés des fortifications de la ville vieille.
* n eo est déjà fait mentioD en 1147 (voy. t. T, p. ii.)
GouYeroement et Inteudance.
6 mars 1745. Arrêt du Conseil des finaoces autorisant la construction de rhôlel de Tlntendance sur remplacement de Fan^ien et du nouveau Louvre. — 29 mars. Adjudication des ouvrages à faire pour cette construction.
En vertu de rautorisalion qui venait de leur être accordée , les ofQciers municipaux commencèrent à faire démolir le nouveau palais bâti par Léopold sur les dessins de Boiïrand, de même que tout ce qui restait de l'ancienne Cour , à Texception de Taile donnant sur la Grande-Rue, dont la partie voisine des Gordeliers (la Gendarmerie actuelle) fut transformée en pavillon pour les officiers de la garnison ; la galerie des Cerfs fut affectée, en 1750, à la bibliotbèque publique que le roi de Pologne venait de fonder. Le bâtiment que la ville fit élever, d'après les plans et devis de Jean-Jacques Baligand, ingénieur de S. M., fut remplacé, peu d'années après (en 1751), par rédiflce actuel, dont Emmanuel Héré fut Tarchitecte *. Après la mort de Stanislas, M. de Stainville, commandant en Lorraine, qui habitait le pavillon oriental de la place Royale (aujourd'hui le Casino), fit attribuer au gouvernement le palais de la Carrière, et Tintendance fut placée dans ce pavillon. Il servit, en 1790, de logement à l'Administration départementale, puis (en l'an viii) au premier préfet de la Meurthe.
1770. Etat estimatif de la quantité de terres nécessaires pour former dans la Pépinière, entre le mur des casernes,
' On peut Toir, sor le plan de Belprey, la représentation de l'ancien hôtel de l'Intendance et de la nouvelle Intendance. (Voy. aussi le Palfiis ducal de Nancy, p. Ui-li9.)
celui des frères de Saiiil-JeoD-de-Dieu el le bastion de Vâudémont, un jardin pour Phôlel de Tlntendanee.
C'est aujourd'hui le jardin de l'Évèché ; il était séparé de Tlntendance par la rue Sainte-Catherine, ainsi qu'on peut le voir sur le plan de Nancy dressé par Claude Mique^ architecte du feu roi de Pologne.
13 novembre 1774. Ordonnance du roi qui impose les
duchés de Lorraine et de Bar à 8,000 livres par année
pour Tentretien de Thôtel du Gouvernement ^
Hôpital militaire.
24 mars 1724. Acquisition, par la ville, sur M. Rouot, conseiller à la Cour, de quatre maisons sur la place de Grève (place Dombasle), pour y construire Thôpital militaire. (Ces maisons provenaient à M. Rouot d'acquêt fait sur les héritiers de M. Pillemeut de Russange, aussi conseiller à la Cour, lequel les avait fait bâtir sur un terrain, faisant partie de TEsplanade, à lui cédé par Léopold en 1708.).
L'hôpital militaire situé vis-à-vis du bâtiment de l'Université, fut transféré^ en 1768, dans remplacement qu'il occupe aujourd'hui, à l'endroit où était la brasserie du sieur Hoffmann.
* Cet hôtel fut remis à la ville d'après l'ordonnance royale da 27 juillet 1821 ; la Préfectare y fut transférée en vertu d'une autre ordonnance du 38 mai 1823; elle y est restée jusqu'à l'époque de la création des grands commandemculs militaires (en 1858), et l'hôtel est redevenu» comme antrefois, le Gouvernement.
Hdtels-de-TÎUe.
3 janvier 1600. Acquisition, par la ville, sur M. d'Haraucourt, du bàtimeut dit la Grande-Maison, à la ville neuve, pour y construire un Hôtel-deville. — 1699-1732. Devis d*ouvrages à faire à cet édifice pour augmentations ou embellissements , notamment après la suppression des halles.
30 décembre 1751. Arrêt du Conseil des finances ordonnant que les bâtiments < servant ci-devant à l'administration de la justice et Hôtel-de-ville de Nancy, appartenant à ladite ville , seront incessamment démolis à ses frais, pour les matériaux être employés à Tédification d*un nouvel Hôtel-de-ville ; que remplacement desdits bâtiments servira â Tavenir par augmentation à la place publique où ils sont situés , et que les façades des maisons qui en formeront Tenceinte des quatre côtés, seront rebâties par les propriétaires, quand il en sera besoin, conformément au plan d'élévation annexé au présent arrêt >.
L'ancien Hôtel -de-ville fut remplacé par celui qui forme un des côtés de la place Stanislas ; Lionnois (t. 11, p. 31) donne une trèsminutieuse description de ce dernier et fait connaître les dépenses que sa construction et sa décoration occasionnèrent au roi de Pologne. La ville n'y resta pas totalement étrangère : en vertu d'une délibération du 23 mars 1754, elle paya au roi une somme de 50,000 livres, cours de France, pour raison du bâtiment du nouvel Hôtel-de-ville.
LaToirs.
1727. Adjudication des ouvrages à faire pour la construction des lavoirs près de la porle Saint-Georges. — 1744. Devis et plan pour la construction d'un nouveau lavoir sur remplacement d'un jardin situé derrière le lavoir actuel.
Maison-de-Force oo Réclusion.
8 mars 1691. Acquisition, par la ville, sur les religieuses du Refuge, des maison, jardin et enclos à elle appartenant, sis à Nancy la neuve, < au bout de la rue dite le Vieux-Faubourg (le faubourg Saint-Nicolas), d'une part, le chemin et terrasse du rempart, d'autre, et encore entre les jardins des PP. Jésuites et Capucins et la rue dudit faubourg, dit Saint-Dizier, en forme de place, d'autre ». — 12 avril 1717. Devis des ouvrages du nouveau bâtiment à faire pour des casernes , où sont les fours de la ville, près du grand magasin S derrière le jardin des Capucins.
Celait le quartier Saint-Nicolas, à la place duquel furent successivement établis une maison de force^ de correction èl de travail (1727), dite la Réclusion ou la Tonderie ^, et le dépôt de mendicité («770).
* Le magasin à foarrages qoe la Tille ayait fait construire , ei qui fat incendié en 1707.
' Ce bâtiment est encore conna aojoard'bai sons cette dénomination. (Voy. Lionnois, t. I, p. i 15.)
Poissonnerie.
r' décembre 1731. Acquisition, parla ville, d*UD bâtiment en forme de remise et écurie et d'un terrain situés en la grande rue qui vient de la porte Saint-Nicolas, allant à la petite boucherie*. — 22 septembre 1732. Devis pour la construction d'une nouvelle poissonnerie sur TEsplanade, tant dans remplacement de la Comédie que du terrain attenant. — 14 août 1750. Construction de greniers à blé dans remplacement de la salle de Comédie, sur TEsplanade. — 1754. Établissement d'une renfermerie pour les filles libertines dans le bâtiment de la Poissonnerie^. — 1786 et 1790. Réparations dans le logement que la ville loue au sieur Vernolle^ fondeur, au rez-dechaussée de la Poissonnerie, et à la toiture au-dessus des greniers à blé établis dans ce bâtiment ^.
Portes de la Tîlle.
1739-1789. Adjudications de travaux aux portes Saint-
* La Gargoterie, qui devait être située Ters le milieu de la nie d'Âmenral actoelle.
' Le marché ans poissons fut de nouTeau transféré sur la place de la TÎlle nenre et la Comédie placée sur la place Royale. (Voy. Lionnois, t. Il, p. 232-236.)
'En 1817, le rez-de-chaussée de la Poissonnerie fut conterti en magasin pour les pompes et seaux d*incendie. La maison actuelle a été construite il y a euTiron trente ans.
Jean, Saint-Nicolas et Saint-Georges ; location de maisons et baraques sous ces portes.
A ces pièceS; que je mentionne sommairement, sont jointes quelques-unes des vues des anciennes portes de Nancy ^ gravées par Israël Sylvestre^ et qui nous les représentent comme de remarquables monuments d'architecture militaire. Cet artiste a aussi gravé la porte Saint-Louis^ construite par ordre de Louis^XIII^ en I63i, entre le bastion des Dames et le retranchement de la Citadelle^ et démolie, en I66i, en même temps que les fortifications.
Romaine ou Poids public.
3 mai 1615. Lettres patentes du duc Henri II portant donation à la ville d'une place sise devant Thôpital Saint- Julien (dite place de THôpilal) pour y faire bâtir une Romaine à travers laquelle toutes sortes de chariots pourraient passer, à TefTet d y peser les marchandises et denrées qui seraient amenées du dehors.
Ce bâtiment; dit Lionnois (t. II^ p. 2)» qui avait coûté plus de 30,000 fr., fut abandonné en i6l9 et vendu à M. Rousselot^ qui en fit un hôtel particulier^ où Louis Xlll et la reine logèrent en 1633 ; cet hôtel fut, à son tour, démoli en 1726, pour faire place à celui de Rouerck; compris aujourd'hui dans les dépendances de l'Hôtelde-ville. Le Poids public ou Douane fut transféré à la ville vieillCi où il resta jusqu'en I6i0 ; à cette époque, M. de Villarceaux, intendant, le fil placer à Tendroit qu'il occupe encore à présent, et où, au siècle dernier, étaient également établis les fours et pressoirs banaux. (Voy. Lionnois, t. II, p. 547.)
Statae de Charles III.
18 juin 1621. Traité avec David et Antoine Chaligoy, statuaires et fondeurs, pour faire et poser sur la place du Marché ^ de la ville neuve, pour la Saint-Jean-Baptiste de Tannée 1625, une statue de bronze représentant Teffigie du duc Charles III, montée surun cheval, aussi de bronze, de neuf pieds de hauteur, lesquels devaient être placés sur une fontaine, destinée à leur servir de piédestal. (Voy. Lionnois, t. III, p. 116 et suiv.)
Ainsi qu'il a été dit précédemment (t. II, p. 315), le cheval seul fut terminé, et Louis XIV le fit enlever, en I67< , non sans que la ville réclamât contre cette spoliation , témoin la réclamation suivante adressée par elle au roi :
« Du 17'apvril 1671.
» A la requeste des président et conseillers de la Chambre du Conseil de ville de Nancy, qui ont eu advis que le sieur de Fossyer s^estoit transporté en ceste ville pour en enlever et emmener le cheval de bronze, soit signiffié quMIs s*opposent audit transport et enlèvement, parce que ledit cheval appartient à ladite ville, et que vraysemblablement Tintention de Sa Majesté D*est pas de
* On a demandé, ei avec raison, qoe la dénomination de cette place soit changée, et qu'on Ini donne le nom de Charles III, comme fondateor de la ville neate.
causer un si notable préjudice à ladite ville, et, partant» ils protestent, en cas que Ton ne voudroit déférer à leur opposition , d*eu Taire leurs très-humbles remonstrances, en temps et lieu, à Sa Majesté, dont act. »
Deux jours après, les officiers municipaux recevaient» en réponse à leur protestation, l'ordre ci-après, qui ne supportait pas de réplique :
« Jacques Charuel , conseiller du roy en ses conseils, intendant de police et finances des paîs de Lorraine et Barois, etc.
» Il est ordonné aux maire et officiers de la ville de Nancy de donner les ordres nécessaires afin que le sieur Foissier, chargé par Sa Majesté de la conduilte du cheval de bronze, aye tous les ouvriers, bois et matéreaux dont il peut avoir besoin, en la ville de Nancy et dans Testendue de leur office, en payant ainsy qu*il est acoùtumé, sans y aporter aucune difficulté. Fait à Nancy le dix-neufième avril 1671.
» Charuel. »
Il fallut se soumettre, et les officiers de vUle écrivirent au dos de la lettre de l'Intendant :
< En exécution de Tordre d*autre part, la Chambre a ordonné aux maistres charpentier, serrurier et taillandier de fournir au sieur Fossier tel nombre d'ouvriers qui luy seront nécessaires pour les causes y contenues. >
Érectioo iTnne stsiae pédestre k Sunislts.
Érection d uue statue pédestre de marche blanc à Stanislas P% (irojet proposé à M. Durival , lieutenant général de police. L*auteur de ce projet demande que la statue soit érigée à la place occupée par la fontaine du pont « Moujard > ; qu*elle soit placée dans une niche pratiquée dans la maison faisant Tangle de la rue » et surmontée de cette inscription :
Stanislao 1*^ Re. Pol. Loth. et Ba. Duci
Principio Optibio Maximo Benefactori suo
CiviTAS Nang. anno mdcclxx....
Le prince , suivant un dessin au lavis joint au projet, aurait été armé de toutes pièces, tenant en main le bâton du commandement. L'auteur conseille de faire faire la statue à Rome, et il propose, entr autres artistes, M. Clodion (Claude-Michel, de Nancy)^ « petit-fils des'Adam^ au moins aussi habile qu'eux , et qui sort de l'Académie de France, ou il était pensionnaire du roi. »
Dans le carton qui renferme ces pièces^ il s'en trouve quelquesunes qui conoplètent ce qui a été dit précédemment (t. I, p. 26i) des diverses statues qui remplacèrent celle de Louis XV. La première, commandée en 1808^ pour être érigée sur la place dite alors Napoléon, représentait le Génie de la France distribuant des couronnes aux armées françaises. L'exécution en fut confiée à Joseph Labroisse, « sculpteur statuaire • à Nancy, et le prix ac-
quitté à l'aide d'une souscription, de même que les dépenses faites pour les fêtes données aux différents corps de la grande armée. — En i8U> le Corps municipal; « désirant signaler, éterniser même le retour de la famille des Bourbons, héritiers légitimes du trône de la France, qu'une suite de malheurs a, depuis prés de i5 années, éloignés de leur patrie, qu*à l'imitation des anciens rois^ et notamment de Henri IV, ils rendoient heureuse » ; le Corps municipal autorisa le sieur Labroisse à exécuter « la ^atue colossale représentant le Génie de U France * couronnant les écussons, armoiries et chiffres de Louis XV, ayeul de Louis XVHI le Désiré^ Ce monument (à ériger sur la place Royale) sera environné d'emblèmes analogues à son retour en France, qui va enfin Jouir des bienfaits de la paix et de l'abondance ». La délibération du Conseil non plus que le marché passé avec l'artiste ne disent qu'il s'agissait simplement de retoucher la statue de 1808 ; le contraire semble résulter de cette dernière pièce, puisqu'une des clauses du traité de Labroisse porte « qu'il se chargera de fournir la pierre de Savonnières, de la meilleure qualité, rendue à Nancy ». De plus, il lui est alloué 2,500 fr. c'est-à-dire exactement la même somme que pour la première statue.
Il est certain, néanmoins, au dire de toutes les personnes qui ont gardé le souvenir de cette époque , que Labroisse se contenta de retoucher la première statue et de lui faire subir les transformations exigées par sa nouvelle destination.
ThéAtre.
Il a été question précédemment des divers bâtiments qui furent successivement afifectés aux représentations théâtrales : la salle
* La statoe fut peinte à l'huile, couleur de brooxe, par E. Pierre.
d'Opéra, derrière les Gordeliers, abandonnée en 1738 et rétablie en 1750; la Poissonnerie, construite en 1731; enfin, le Théâtre actuel, compris dans l'ensemble des édifices élevés par Stanislas pour former la place Royale» sans compter une petite salle de comédie provisoire établie, vers 1753, dans le magasin dit Saint- Antoine, rue des Ponts (aujourd'hui de la Visitation).
Les documents que je vais mentionner se rapporteront uniquement à l'administration et à la police du spectacle. Je les ai placés ici^ bien qu'ils eussent dû, à la rigueur, être rangés dans d'autres séries ; mais il m'a semblé préférable de les grouper, afin d'en former un ensemble plus intéressant.
21 novembre 1753 et 3 décembre 1754. Règlements pour les spectacles, portant, enlr*aulres dispositions : « Nul ne pourra siffler ni faire aucun bruit» sous quelque prétexte que ce puisse être. L*on commandera» tous les jours qu*il y aura comédie, un détachement de vingt grenadiers, qui seront rendus à la porte de la salle à trois heures et demie précises. L'ofGcier sera chargé de mettre des sentinelles partout où besoin sera , tant dans lintérieur de la salle qu*au dehors, pour maintenir Tordre, la décence due au public et le silence. Et comme il n y a point de fautes plus graves que celles qui ofTensenl le respect et Tordre public. Ton fera arrêter et conduire en prison toutes personnes, de quelque état qu'elles soient, qui y contreviendront.
5 février 1755. Autre règlement : « Sur ce qui a été représenté par le procureur-syndic, qu^il s'est glissé dans
iir. 9
le speclacle de la comédie diiïérenls abus, qui d*un côté, exposent la salle à être incendiée, et, d'un autre, excitent les plaintes continuelles du direcleur de la troupe et blessent la décence publique ; auxquels abus il convient de remédier ' ; la Chambre fait défenses à toutes personnes, de quelque qualité et condition qu elles soient, de faire porter, ou porter dans les loges, à Tamphithéàtre ou au parterre, aucunes chaulTerelteSy sauf à se servir, si elles jugent à propos , de paniers , vulgairement dits chaueelières ; sous peine d'être lesdiles chauiïereltes enlevées sur-le-champ, et de ^5 fr. d*amende, et de répoudre de tous accidents....
i^ mars 1755. Projet d'abonnement à la nouvelle salle de comédie, et prix à Tentrée pour les non abonnés : « Il n*est pas possible de se flatter d'avoir à Nancy une troupe de bons comédiens, si elle n'y est permanente, et si rHôtel-de-ville n'est chargé de la former et de la prendre à sa solde ....
> La qualité de la troupe sera telle qu'il n'y en aura pas une, dans les diiOTérentes provinces du royaume, qui soit mieux composée en tout genre. Les prix seront de
* Ud dernier règlement do police^ du i^*" octobre 1781, contient cette singulière disposition : « Défenses sont faites de commettre aucune indécence et de faire des ordures dans les loges ou corridors, sous peine de trois jours de prison pour ceux qui seraient pris sur le fait ou convaincus d'en être les auteurs. »
3 livres au théâtre ; de 30 sols aux premières loges et premières des secondes ; de 24 sols à ramphithèàlre ; de 16 sols aux secondes loges ; et de 12 sols aux parterre et troisièmes loges ; le tout cours de France. On s*en remet à la générosité de Messieurs les ofGciers du régiment de Champagne pour la fixation de leur abonnement.
> Les conditions de Tabonnement seront : qu*il y aura quatre représentations par semaine, depuis le mois de novembre jusqu*au dimanche de la Passion ; trois représentations depuis le mardi diaprés Quasimodo jusqu'au i" de juin ; et deux représentations depuis le r^ juin jusqu'au 1°"^ novembre , ou trois représentations jusqu'au 1" août, et en vacance pendant aoùt^ septembre et octobre. Il n y aura, dans toute Tannée , que trois abonnements suspendus, Fun pour les pauvres, et les deux autres pour servir à gratifier quelques acteurs de la troupe , ou des acteurs étrangers qu*ou aura admis, soit pour les
éprouver, soit pour diversifier le spectacle Un mari
abonné pourra céder sa place à sou épouse, et celle-ci à son mari ; un père ou une mère à leur fils ou fille non mariés/ et un frère ou une sœur non mariés, à leur frère ou sœur aussi non mariés^ à charge d*en faire la déclaration au moment de Tabonnemeut^ sans que cette liberté puisse s'étendre à d'autres degrés de parenté.
> On propose de prendre pour abonnement au théâtre
4 louis annuellement par personne ; et sera Tabonnement
personnel, sans qu il soit libre de se faire remplacer par qui que ce soit. Aux loges royales, premières loges et premières des secondes, 3 louis par personne. Aux secondes loges , 2 louis , aussi par personne Si Ion
ne veut point s*abonner pour toute Tannée , mais par mois, on en aura la liberté. Mais Tabonnement sera personnel , et aucune place ne pourra être cédée à mari ou femme , fils ou fille, frère ou sœur. L'abonnement par mois au théâtre sera de 18 livres par mois ; aux premières loges de 12 livres, et aux secondes loges de 8 livres.
10 avril 1756. « La Chambre, en proposant au public de s*abonner pour la nouvelle Comédie qu*elle met sur pied, avoit borné toutes ses vues à composer une bonne troupe > sans entendre y joindre un ballet, à cause de la dépense qu'il occasionneroit, dont elle craignoit Tacquittemeut peu possible, à moins qu'on n'augmentât le prix des abonnemens et des places; mais, sur ce que plusieurs personnes ont représenté qu'un spectacle sans danses seroit inanimé et laisseroit un vuide ennuyeux entre les deux pièces ; qu'il y en auroit même quantité qui ne pourroient être jouées à ce défaut; que, d'ailleurs, un ballet ne seroit pas seulement agréable, mais qu'il fourniroit à la ville des maîtres de danse pour la jeunesse; qu'enfin, y ayant dans la troupe de belles voix en suffisance pour donner de tems à autre des actes détachés, ou fragmens d'opéra, ce qui ne pourroit s'effectuer
si la danse y manquoil, la Chambre s*est déterminée a engager deux maîtres de ballets, premiers danseurs, et huit figurans et figurantes, entre lesquels il y a encore des voix gracieuses et d*autres pour former les chœurs, en sorte qu*elle sera en état par là de diversifier le spectacle, d*autant plus au gré des amateurs de la musique, qu'on a. eu soin de composer Torchestre de tout ce qu'il y a de mieux au Concert en clavecinistes, violons, basses, bassons et hautbois, sans qu^elle veuille pour cela surcharger le prix des abonnemens et des places non abonnées^ parce qu'elle est persuadée que la foule des curieux la dédommagera des plus grands frais que ce nouveau spectacle lui occasionnera ; au moyen de tous ces arrangemens, il ne reste plus qu'à instruire le public, pour sa satisfaction, de la règle et de Tordre qui s'observeront... » La Chambre ordonne : qu'il sera placé une cloche derrière le théâtre, qu'on fera sonner à cinq heures, pour avertir tous les acteurs de se tenir prêts à paroitre et à remplir leurs emplois. A cinq heures un quart précises , on fera sonner la cloche pour lever la toile , et le spectacle commencera à l'instant, n'y eùt->il qui que ce soit dans la salle ; règles dont on ne se départira point durant toute Tannée théâtrale, à commencer le ^7 du présent mois d'avril, où on donnera la première représentation. Le silence pendant les représentations est recommandé sur toutes choses... L indulgence étant due
aux acteurs et actrices, et Tobligation où ils sont souvent de suppléer des rôles qu'ils ne remplissent imparfaitement que parce qu'ils sont hors de leur emploi, ce qui rendroit injuste la censure qu'on en feroit, il est défendu, non-seulement de siffler les acteurs et actrices en aucun cas, mais même de faire le moindre murmure, brouhaha ou exclamation qui soit capable de les décourager et d'interrompre le spectacle... Défenses sont faites à tous pauvres de se placer sous le péristyle, ou au dehors, et d'y venir mendier, sous peine d'être conduits sur-le-champ à la Maison-de-Force. Pour prévenir les vols et Clouteries, défenses sont faites à tous petits garçons et autres de se trouver sous le péristyle avec falots, flambeaux et lanternes, sous prétexte d'éclairer les sortans jusque chez eux; ce qui devient inutile au moyen des lanternes de la ville...
» Fait défenses aussi à toutes personnes de rien jeter des premières et secondes loges dans le parterre ou Tamphilhéàtre, sous peine de *25 fr. d'amende »
26 avril 175G. Nouveau règlement pour les spectacles (à peu près semblable aux précédents). — 30 avril. Ordonnance de la Chambre portant quà partir du l""*^ mai, le prix des secondes loges sera de 20 sous cours de France, ou 26 sous cours de l.orraine, par personne; le prix de la loge du fond, des deux à côté, qui seront grillées incessamment, des deux premières et des balcons,
demeurant toujours fixe à 30 sous cours de France; l*abonnement de celles-ci à 3 louis, et de celles-là à 2 louis.
Registre * servant à inscrire le produit de chaque représentation (depuis le 27 avril 1756) : Polyeucte, tragédie, suivie du Procureur arbitre. — Les Folies amoureuses et la Servante maîtresse. — Le Philosophe marié, suivi de Zénéïde. — Le Comte d'Essex, tragédie, suivie des Trois frères rivaux. — Les Ménechmes, comédie, suivie de Crispin rival. — Le Malade imaginaire, comédie, suivie de la Réception du médecin. — Turcaret, comédie, suivie de FUsurier gentilhomme. — Zénéïde, tragédie, suivie de la Pupille. — Le Légataire universel, suivi de FEsprit de contradiction. — Le Menteur et le Babillard.
— La Femme juge et partie et l'Épreuve réciproque. — Démocrile amoureux. — Le Tartufe et Vacance des procureurs. — La Rose, opéra, suivi de FEcole des Femmes.
— Acajou, précédé de F Avocat Patelin. — Athalie, suivie du Français à Londres. — Amphitryon. — Les Troqueurs, opéra, précédé de la Métromanie. — La Servante maitresse, opéra, précédé du Médecin malgré lui. — La Fille capitaine, comédie, suivie de la Chercheuse d'esprit. — Le Grondeur, suivi de Crispin , médecin — Le
* J'cD reprodois seulement ce qui se rapporte à une partie du premier trimestre de 17S6, pour donner une idée du répertoire dramatique de cette époque.
Distrait^ suivi de TÉlé des coquettes. — Le Joueur, comédie^ suivie des Amours de Naulerre. — Le Philosophe mariée suivi de Crispio rival de son maitre. — Rodoguue, tragédie y suivie de Tlmpromptu de campagne. — L*Étourdi. — Le Mercule galant. — Les Talens liricomiques , prologue , suivi de TÉcole des maris. — Le Médecin par occasion , suivi de la Fausse ridicule. — Inès de Castro, tragédie, suivie du Galant coureur ^
1756-1757. Registre contenant les noms des acteurs et le prix de leur engagement* :
Le sieur Roussellois a élé engagé à raison de 3,600 livres par année (rôles de rois en chef dans le tragique ; dans le comique, les rôles à manteau, les premiers pères, financiers et brutaux, les paysans ; le tout en chef, dans tous les genres, français, italiens et opéras comiques). 3,600 1.
Etienne Denesle (les petits maîtres en chef et sans partage , les jeunes premiers rôles eu tout genre, aussi en chef, etc.), et Catherine Gobert, son épouse (premiers rôles en tout genre, ù Texception de Topera comique, où elle jouera en chef, et mêmes des actes d*opéra). 5,000 I.
' On voit, par le registre d'où sonl tirées ces notes, que le prodoit de 196 représentations, du 19 avril 1787 au 11 mars 1758, s'éleva à la somme de i 1,568 livres, cours de France, non compris la représentation donnée au profit des pauvres.
' Ce document fait connaître le personnel de la troupe et le traitement affecté k chaque artiste.
Michel -François Villeneuve (les raisonneurs, les amoureux de caractère dans le comique, les rois el grands rôles à récit dans le tragique; dans Topera comique^ les rôles qui lui seront assignés, le tout en premier, second et troisième), et Angélique Boyer, son épouse (soubrettes en chef) 4,300 1.
Louise Périer (les reines en chef sans partage, les quatre premiers rôles forts dans le tragique, les rôles de caractère dans le comique, les mères nobles, aussi en chef, et jouer dans les opéras comiques) 2,500 I.
François Fleury (troisièmes rôles et confidents dans les tragiques, seconds comiques, rôles de niais, et sa fille (tous les rôles de son âge) 1,200 fr.
Antoine-François Fournier (pour jouer en chef tous les comiques, valets brillants, crispins, les marquis ridicules et les trivelins dans Titalien , et jouer aussi dans Topera comique, le cas échéant) 2,6001.
Le sieur Auvray (seconds rôles dans la tragédie, la comédie et Topera comique) 1,200 1.
François-Henri Tabary (rôles subsidiaires et de nécessité du genre comique , ceux d'arlequin ; direction et composition du ballet), et
Marie-Claude Dancourt, sod épouse (premiers rôles en chef ou en partage daus tous les genres, à la réserve de Topera comique ; rôles travestis en chef dans le français et Titalien). 4,000 I.
Charles de Hautemer (seconds pères, premiers ou seconds confidents, rôles de financier et de paysan en second , lorsque le sieur Roussellois ne les jouera pas, etc.) 1,000 1.
Le sieur Neveu (composer des ballets, y figurer et y danser) et la demoiselle Neveu (seconds rôles en tout genre, confidentes, secondes soubrettes; chanter dans Topera comique et figurer dans les ballets, y danser seule ou en pas de deux) 3,000 I.
François Morin , souffleur 6001.
Marie Waneuil (figurante dans les ballets, chanteuse en première, seconde ou troisième dans les rôles des actes d*opèras, opéras comiques ou petites pièces) 300 I.
Les sieurs Vincent et Salay, danseurs . . . 1,0001.
Frédéric Moislin^ danseur 550 I.
Antoine Pieltrot, maître de ballets 1,0001.
Les sieurs Pitre, père et fils (le premier, répétiteur des ballets et danses; le second, joueur de violon) 1,4001.
Les sieurs Poirel, violon et claveciniste;
Morel el Palli basses; Moron, basson; Cezan, joueur de hautbois et de flûte traversiëre ; Bois, Meuran et Didelon, violons; chacun . . 1^0 I.
Le perruquier 200 I.
Le moucheur 1501.
17 décembre 1757. Traité passé entre les officiers municipaux et les sieurs Denesle et Fleury, comédiens du roi, en exécution du privilège exclusif à eux accordé par S. M. de former une troupe pour jouer sur le théâtre de Nancy pendant six hivers consécutifs, avec permission de jouer aussi pendant les étés, autant qu ils le jugeront à propos pour leurs intérêts.
14 janvier 1767. Traité passé avec les sieurs Martin et Patrat pour Fentreprise des spectacles à Nancy pendant six années, le sieur François Bénard Fleury S entrepreneur desdits spectacles , étant forcé , par la mort de son frère, de quitter la direction pour aller remplir l'emploi de commissaire des poudres et salpêtres. (En 1770, le privilège exclusif des spectacles, tant à Nancy que dans les villes des deux duchés, fut accordé au sieur Rousselois, pour quinze années, à charge de rembourser le montant des actions et de demeurer principal garant et responsable de la somme de 15,000 livres avancée à la caisse des spectacles pour suppléer au défaut des recettes.)
* C'est probablement le père da célèbre comédien Fleury, qu'on fait naître k Nancv en 1750 ou i75i.
En 1768, il s'était formé, sous le patronage de M. de Stainvilie et la protection « de ce qu'il y avoit de plus important dans la magistrature et la noblesse •» une société d'actionnaires pour soutenir le théâtre, et la ville elle-même avait pris deux actions.
Outre le théâtre, il y avait, comme on Ta vu précédemment, un Concert *, qui cessa d'exister en 1756, plus des bals et redoutes, auxquels on donna, à cette dernière époque, une organisation régulière, en vertu d'une délibération du 'Conseil de ville, du 11 décembre : « La Chambre, y est-il dit, ordonne que, chaque année, il y aura des bals et redoutes dans la grande salle de l'Hôtel-de-ville, destinée à cet usage ; pendant lesquels il sera libre de jouer aux cartes, aux jeux permis et non de hasard, dans la salle attenante. Les bals commenceront en janvier de chaque année, . continueront jusqu'au jour des Cendres exclusivement, se donneront tous les dimanches, à onze heures du soir, et finiront à six heures du matin, indépendamment des bals du jour des Rois, des jeudi et mardi gras, et du jour de la fêle de Sa Majesté. Il sera loisible de venir auxdits bals masqué ou non masqué. Les redoutes se donneront, à commencer en janvier de chaque année jusqu'au jour des Cendres, la première le jour de l'an, s'il n'y a pas co'iédie, ou le lendemain ou surlendemain; les autres le mercredi de chaque semaine ; les redoutes commenceront à quatre heures précises du soir, et finiront à huit heures. On pourra venir en habit de masque, mais sans masque, comme cidevant... •
' Qoalifié aussi Académie royale de Musiqoe. En 1786, lors de sa suppression, il comptait i7 musiciens , tant hommes que femmes ; un nommé Rebour était directeur de « l'Académie » .
Promenades publiques.
20 janvier 1730. Lellres palentes de François 111 portant que la ville a obtenu de lui concession d*un terrain situé près de la Garenne, vulgairement appelé le Cours, où elle a fait planter des tilleuls pour y former une promenade publique.
Le bois de la Garenne était lui-même une promenade trèsfréquentée.
20 octobre 1765. Arrêt du Conseil des finances portant établissement d'une Pépinière * royale sur des terrains appartenant à la ville, au domaine du roi (qui en fait abandon) et à des particuliers, à charge de les indemniser ; laquelle Pépinière servira eu même temps de promenade publique.
Suivant un plan agréé au Conseil^ le 19 Juin i78i, cette promenade devait être augmentée et continuée jusqu'à un canal qui devait lui servir de clôture et se décharger au pont de Malzéville. (Voy. Lionnois, 1. 1, p. iO.)
Rues et places publiques ' ; constructions^ alignements.
19 avril 1706. Arrêt du Conseil d*État approuvant un règlement de poliee du 15 de ce mois, par lequel il est
* H y en atait déjà précédemment une sur une partie de l'emplacement de celle qui fut créée en 1765, car I*inTentaire de 17i8 rapporte l'adjudication faite, en 1751; sous un canon annuel de M 6 livres^ 'de la Pépinière près des frères de la Charité (les frères de Saint-Jean-de-Dien).
' Outre les places dont il ta être parlé, il y atait anciennement, i
défendu d^élever aucun bâtiment nouveau dans les deux \illes de Nancy, en rétablir ou réparer d^autres menaçant ruine, ou y faire quelque changement à l'extérieur, qu'après s'être adressé au sieur André, intendant et directeur des bâtiments de S. A. R., du(|uel ils seront tenus de prendre le plan des façades extérieures, tant pour leur hauteur et élévation, que pour celle des étages et la régularité des croisées, portes et jours, etc. (Voy. Recueil des ordonnances, t. I, p. 512.)
2 janvier 1710. Ordonnance de Léopold prescrivant d'observer l'uniformité et l'alignement des maisons, les faire de hauteur égale aux voisines, et obligeant les particuliers qui ont, sur les grandes rues et avenues, des terrains qui ne leur servent que pour les cours et jardins, d*y faire construire des bâtiments ou vendre et acenser lesdits terrains à ceux qui les demanderont. (Yoy. ibid., p. 689.)
9 mai 1730. Lettre de cachet de S. A. R. (le duc François \\l) au Conseil de ville, à Teffet de faire estimer et régler les frais de démolition des anciennes boutiques qui existaient le long du mur de l'église et de la clôture des
Nancy : celle de l'Hôpital^ qui occapait l'espace coayert aujourd'hui par l'H6tel-de-7ille et les maisons adjacentes et se prolongeait jusqu'au! fortifications de la ville neuve ; et la place de la Licorne, sur l'emplacement de la petite rue des Carmes, dont il est déjà fait mention en 1591 , et qui servait alors au marché des vins, foins, pailles et bois. (Voy. Lionnois, t, II ^ p. 3.)
Dames précheresses , lesquelles avaient été mises à bas pour élargir ladite rue (c est la rue Lafayelte).
10 février 174^. Délibération de la Chambre à roccasion de louverture de la rue qui communique de la rue du Manège dans celle du cloître de la Primatiale. — ^ juin. Arrêt du Conseil pour faire ouvrir ladite rue de ^4 pieds de largeur (c'est celle de la Primatiale, dite de la Fayencerie en 1754). — 1742. Accord entre la ville et le primat pour obtenir une partie de son jardin, afin de faire une nouvelle rue pour communiquer de celle du Manège dans la rue du Cloître ; ledit accord fait ensuite d'une requête des propriétaires des maisons nouvellement bâties sur « Tancienne rue du Manège, dite le Marais », et la petite place près de la porte Saint-Georges.
1757. Arrêt du Conseil des finances ordonnant que toutes les boutiques, baraques et autres petits bâtiments semblables, appuyés aux murs des maisons, édifices et autres, dans les rues et places de la ville, seront incessamment démolis, sans qu'on puisse, à Taveni'r, y en construire de semblables, sans permission expresse du roi.
1756-1764. Pièces relatives à rétablissement de la rue des Champs et à la construction de maisons du côté du mur de ville.
1772. État des démolitions, constructions nouvelles et autres ouvrages et changements faits tant pour établir une nouvelle communication entre la ville vieille et la ville
neuve, que pour « l*amélioralion et embellissemeot » des remparts de la ville.
Cette nouvelle communication est indiquée sur le plan de Mique, depuis la rue des Michottes, longeant le côté droit du cours Léopold, jusqu'à la rue de TOpéra.
Place de la Carrière.
36 mars 1733. Décret de la duchesse régente accordant au Conseil de ville des arbres chênes dans les bois du
comté de Chaligny pour entourer la Carrière de landrage.
Cette place n^est devenue ce qu*elle est aujourd'hui que sous le règne de Stanislas : tandis qu'elle s'embellissait par la construction (175i) du Palais-de-Justice (l'ancien hôtel de Graon) et de la Bourse (I75i), un arrêt du Conseil des finances^ du 5 avril i75i, prescrivait aux propriétaires des maisons de faire reconstruire les façades sur un plan uniforme.
Parmi les maisons qui formaient le côté occidental de la Carrière, quelques-unes étaient encore antérieures au siège de Nancy par le duc de Bourgogne, notamment celle de Georges Marque, dans laquelle fut porté le cadavre de ce prince après qu'on l'eût retrouvé dans l'étang Saint-Jean. En mémoire de cet événement, le pavé de cette maison, sur la Carrière et la Grande-Rue , avait été fait de pierres noires, que Ton fit disparaître , sous le règne de Stanislas, avec tous les monuments qui rappelaient à nos pères les souvenirs gtorieux de leur pays. Ce pavé a été rétabli sur la Grande-Rue.
Places Uengin et da Marché.
6 septembre 1751. Plan de la grande place de la ville neuve pour servir au projet de son agrandissement (par
suile de la démolilion de Tancien Holel-de-ville) et poor ooe uouvelle décoration des quatre faces des bâtiments formant le contour de la place S dressé par le sieur Montluisant, sous-ingénieur des ponts et chaussées de Lorraine au département de Barrois. — Clauses et conditions sous lesquelles il sera procédé, le 19 février 1757, à la publication et adjudication du terrain de remplacement de Fancien Hôtel-de-ville et des halles, sur la place de la ville neuve : « 11 sera réservé un terrain de 37 pieds de roi, de face, sur toute la profondeur, au milieu dudit emplacement, pour y faire construire un corps-de-garde, un beffroi, logements au-dessus et magasin derrière. Les adjudicataires des terrains dont la face donne sur la plus grande place, seront tenus de bâtir dans Tannée, d*achever leurs bâtiments dans trois ans et de se conformer aux plan^ élévation, croisées et toitures désignés sur la carte jointe au présent procès-verbal. » — 4 juillet 1764. Ordonnance du roi enjoignant aux propriétaires des maisons du côté gauche de la place de la ville neuve de se conformer, au fur et à mesure de la reconstruction des façades , au plan ' qu il a fait dresser, lequel serait d'une exécution
* Dressé par Claude IMique, et intitulé : • Élévation de la façade de toutes les maisons du côté gauche de la place de la ville neuve, que les propriétaires desdites maisons seront obligés de suivre et exécuter à mesure quMls bâtiront • . Les maisons ont trois étages , avec des perrons qui varient d'une à huit marches.
^ « Ce qui n'a pas eu son exécution •, est-il écrit au dos du plan. La rue