‹ Les archives de VeniseChapitre 123 sur 176 · ORIGINES DIT CONSEIL DES DIX · texte numérisé non relu

ORIGINES DIT CONSEIL DES DIX

rautie, du pouvoir exceptionnel de librement dépenser, ordonner et agir selon qu'il leur paraîtra opportun, et que fout ce qu'ils auront décidé et exécuté à cet égard ait à être approuvé comme si le Grand Conseil même en eût ainsi ordonné '. »

C'était reconnaître trop de pouvoir à quelques-uns qui en avaient déjà beaucoup. Le vote Rit contraire à l'adoption de cette proposition.

On voulut une magistrature nouvelle, réglée, temporairement établie, il est vrai, mais facile à rétablir selon les circonstances et les nécessités politiques.

Il lut proposé d'élire dix patriciens dans le Grand Conseil, dont un seul d'une même famille, et ne devant demeurer en charge que jusqu'au 29 septembre, jour de Saint-Michel. Des pouvoirs particuliers leur seraient délégués, etc..

Le vote sanctionna cette seconde proposition.

Quand vint le jour de Saint-Michel , date assignée à l'expiration de ce nouveau pouvoir, le Doge se rendit au Grand Conseil ; il représenta avec éloquence que les dangers de l'Etat n'étaient pas à leur Hn, il signala les vues secrètes de ce Tiepolo et de ses conq)lices encore aux Irontières, il révéla des menées ourdies dans les Marches et en

u (liiin poiierettir fjiKJcl urniiiii isia iieyotia islaniiu nuvitatiim et omnia «jiiae ad ipsa (juocuiikjhl" modo spectareiit vcl possent spectare, committantiir Consilio de XV ciirn capitihiis de qiiadrajjinta pio quibiis omtiibus et occasione ipsorum et eoruiu cjux spectarent ad ea , possint expendere et omnia alia providcre, ordinarc <;t facorc qua; eîs videbun- • ur, et omnia qiiie tu preditis fada ernnt por ipsos, sint Hriiia sifut facta cssent per inajns Coiisiliiim. (Capta de non.) » Registre Prkshiteh.

Lombardie, il combla d'éloges la vigilance des Dix, et demanda le vote pour la continuation de leur pouvoir à deux mois.

Le vœu fut approuvé à la majorité des voix.

Même exposé du Doge et même vote après les deux mois. Ainsi fut-il jusqu'en 1311.

La continuation s'étendit ensuite à cinq ans, puis à dix ans. Ce Conseil s'était rendu utile, de nouveaux événements le rendirent indispensable.

En 1355, le 20 juillet, peu de temps après que la République eut connu que son propre Chef l'avait voulu trahir, le vote fut pour la perpétuité du Conseil, et l'assemblée législative des Vénitiens lui détermina des règlements à observer qui sont très-curieux à connaître. Il eut son capitulaire.

Ce conseil, déclaré nécessaire à perpétuité, fut le Conseil des Dix.

Eut-il des pouvoirs illimités? Oui, si vous appelez illimitée la faculté reconnue par la majorité des suffrages de rappeler à son devoir le Chef même de l'Etat s'il Tient à y manquer, et ce Cbef non moins que ses Ministres. Ses jugements pouvaient-ils être arbitraires? Non, si vous considérez quelle était son organisation , quels ses règlements, quelle la mise aux voix de toutes ses délibérations.

Il est, dans l'histoire, de ces préjugés et de ces croyances si universellement répandus, accrédités, vulgarisés, que ce n'est que par des fatigues extraordinaires et une production continuelle de preuves manifestes que

Page 1