‹ Les archives de VeniseChapitre 138 sur 176 · NÉCESSITE DES REVELATIONS · texte numérisé non relu

NÉCESSITE DES REVELATIONS

espérer, surtout y ayant à Venise un Ambassadeur de l'Empereur, et ce Prince y ayant bien des partisans et même zelcz. Il faudroit donc, en continuant à parler à votre confèrent et paroissant négocier avec !e Sénat, tâcher de découvrir et de vous ménager quelque autre voye particulière et secrète.

» La plus convenable et qui mèneroit plus à un objet fixe, ce seroit de pénétrer jusqu'aux Inquisiteurs ; ils sont en estât et en habitude de s'étendre sur des propositions et de ne les porter au Sénat que quand elles sont à un certain point de maturité et qu'ils ont lieu, parce qu'ils ont préparé eux-mêmes, d'en espérer le succès.

» La difficulté est de parvenir à eux, car on ne le peult directement, et ils ne recevront aucune proposition ni relation directe avec un Ambassadeur, qui doit même être sur cela infiniment léservé.

)) Mais il est des canaux par lesquels on peut passer. On peut trouver quelque personne de ceux avec qui quelqu'un de ces Inquisiteurs sont en relation, on voit ce tiers, on discute avec luy, il rend par forme de conversation à V Inquisiteur ce qu'il a ouy dire, l'Inquisiteur s'explique, on raporte ce qu'il a dit, il se forme une relation indirecte qui souvent peut conduire une affaire à bien, parce que l'on peut faire passer bien des choses par là que l'on ne pourroit ni ne devroit dire, dès que l'on ne sexpliqueroit qu'avec un confèrent ou au SéiKil.

» L'embarras est double : 1" de trouver un Inquisiteur seciel, capable et que l'on puisse juger bien disposé pour nous ; 2» de choisir le canal pour v arriver et une personne sûre, discrète et qui ait assés d'esprit pour entamer et suivre une pareille négociation.

» Si l'on ne trouvoit pas moyen de s'assurer d'un Inquisiteur capable et bien intentionné, on pourroit peut-estie s'adresser à un des secrétaires qui, se trouvant avec les Inquisiteurs et pouvant se servir de ce qui lui seroit revenu secnètement pour jeter des idées, pourroit sojider les Inquisiteurs et les engager à entrer en discussion.

»J'ai lieu de croire qu'entre les sieurs Marinî et Bianclii, le premier s(;roit plus capable. Je n'en suis pas assés seur pour vous rien prescrire ou [)our un Inquisiteur pinsfot que [ojii-

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un Secrétaire, ou pour un Secrétaire pluslost que ytourVai^tre. N'v a-t-il point de inôdecin ou <lc religieuse assés adroite? Il ne faut pas faire le choix témérairement ni légèrement. Examinés vous-même l'avantage et la possibilité de cette manière de négocier : vous estes plus en estât d'en juger, il vaut mieux ne le pas tenter que de risquer d'ostre commis on traliy. "

A quoi répondait M. l'Ambassadeur, le 18 août 1735 :

« Les Inquisiteurs d'' Estât changent le mois prochain ; le secrétaire Mari ni restera. Je verrai à qui je pourrai m'adresser. Le risque d'cstre trahi ou découvert est grand et me retiendra. Je connois médecins et religieuses, mais gens secrets et saurs sont difficiles à trouver, et voudroient bien de l'argent et peut-estre d'avance. Je me conduirai de mon mieux dans l'esprit de vos ordres, Monseigneur. J'ai peine à croire qu'on amène le gouvernement à se déclarer, quelque avantage qu'on lui accordât. »

Puis le 27 août :

« On assure le secrétaire Mariai un ours, grand travailleur, mais point du tout de commerce et d'aucune société; M. Bianchi plus traitable et fort réservé. Le premier va chez un marchand son ami, fort souvent; l'autre a un frère moine qui le gouverne. Je verrai si l'on pourroit trouver jour à parler avec l'un ou avec l'autre. L'accès des nobles et des secrétaires est plus difficile qu'autrefois.

» L'abbé de Pomponne avoit à lui une coiutisane qu'on payoit bien et qui l'iustruisoit; les nobles principaux soupoient chez elle, on y briguoit et on y parloit d'affaires. Mais nous ne sommes plus dans le cas, les nobles ne voient plus les courtisanes qu'en passant. Ils voyent librement les dames à présent. Les jeunes qu'on pourroit gagner sont peu instruites, voyant des jeunes gens et peu de bonnes testes. Les vieilles mieux informées sont difficiles à voir. Je suis assés content de mon honune. . . Il fréquente un frère de M. Thiepolo, inquisiteur d'Estat, et qui va sortir de cet euiplov et les autres inquisi-

leurs, et voit bonne compagnie. Il est Vénitien, fin et a de l'esprit. ')

Et enfin le V octobre :

<i Je m'en tiens jnsques icv à mon homme. Je vois peu de jour à ponvoir rien faire du costé de MM. Bianchi et Marin!. Geluy-ci entre ce soir Secrétaire des Inquisiteurs d'Estat. Je chercherai encore et vais suivre de loin une vove d'une femme qu'on m'a indiquée, capable de me servir. La peine est de se descouvrir, peur de l'estre. n

Et là , en effet , était le danger ; car ce ne fut pas seulement au dehors, en pavs étranger, que, par le moyen des Ambassadeurs, le Tribunal des Inquisiteurs portait ses regards pour surprendre les trames des révélateurs (les secrets de la République ; mais c'était dans Venise même que leur vigilance était sans cesse active, sans cesse entretenue. Leurs documents retracent leur besogne ténébreuse et souvent terrible. Quelquefois aussi ces documents mettent en scène des situations tantôt très-dramatiques, tantôt fort piquantes. Certaines révélations étaient offertes à des prix considérables. Le 1 l août 1592, im individu qui veut garder l'anonyme se présente aux trois Inquisiteurs, et leur déclare qu'il lévélera, de concert avec un sien familier, les noms des personnages qui, ayant accès au Sénat, vont en raporter les délibérations secrètes a l'Ambassadeur d'Espagne. Il demande 4,000 ducats (de G livres -4 sols par ducat) pour récompense, et exige la promesse du secret le plus absolu, (^ar il y allait de la vie pour lui comme pour son compagnon. Le Conseil des Dix , instruit de cette démarche par les Inquisiteurs, approuve les propositions

à l'unanimité des votes, et charge les Inquisiteurs de s'aboucher autant de fois qu'il sera nécessaire avec les deux personnes mystérieuses, pour mener à bonne fin cette négociation. Tous les faits s'en trouvent exposés dans leurs écritures.

Nous avons dit qu'ils étaient les exécuteurs des résolutions du Conseil des Dix, La preuve en est formelle dans ce document que nous rencontrons à la date du 8 août 1594 :

« Que des pleins pouvoirs soient donnés aux Inquisiteurs pour trouver une personne qui, par quelque moyen prudent, pourra arracher à la vie Frà Cipriano de Lucques, »

Ce moine était du couvent des Saint-Jean et Paul à Venise, et comme il y faisait l'espion plus encore que le religieux, l'autorité l'en avait chassé. Il s'était réfugié sur terre autrichienne et avait pris de l'empire sur l'esprit des Archiducs et du Souverain même. Il n'était nul office pernicieux qu'il ne fit contre la République Sérénissime, et en dernier lieu, il avait été chargé d'une mission auprès du Turc. L'Ambassadeur à la Cour de Vienne surveillait toutes ses démarches, et en participait les mouvements et les dangers aux Inquisiteurs. Telle était la cause de cette commission homicide.

Les Inquisiteurs n'étaient pas seulement les exécuteurs des volontés du Conseil des Dix, mais encore les dépositaires de leurs plus profonds et importants secrets, les conservateurs des preuves les ])his dangereuses. Sous ce côté leurs Archives, si elles étaient restées intactes, offri-

PAPIERS DES INQUISITEURS. (Jltt

raient les plus curieuses révélations pour l'Ju'stoire des mœurs politiques au seiziènne siècle et au dix-septième. Le 15 janvier 1595, le Conseil des Dix charge le trésorier de son épargne de compter cent écus au grand chancelier, dont le fds Jacopo Vico, secrétaire résident pour la Répuhiifjue à Milan, a donné une somme égale au capitaine César Capuzzimadi. Il résulte de cette simple pièce, qui est dans les papiers des Dix, que le capitaine César Capuzzimadi a reçu cette rémunération du Conseil pour quelque commission secrète qu'il avait acceptée de faire. Mais, à la date du 9 février suivant, dix jours après, nous trouvons cet arrêt : « Que, demain au ynatin, le capitaine César Capuzzimadi, Albanais , loisf/u'il se présentera devant les chefs du Conseil, soit arr^êté, et cela pour les choses qui viennent d'être dites et lues. » Ainsi fut-il fait. Le 12, autre arrêt qui ordonne que les Chefs et l'Avogador de service poursuivent la formation du procès, et aussitôt terminée, qu'ils se rendent au Conseil, où, après en avoir donné lecture, il sera pris telle résolution qui paraîtra convenahle. Le 15, il est dit : « Que f ordre soit intimé au capitaine César Capuzzimadi de produire sa défense, laquelle une fois faite, le Conseil en viendra aux résolutions. » Le 19 : « Vous parait-il que, pour les choses dites et lues, on doive procéder contre le capitaine César Capuzzimadi? » Quinze voix sur dix-sept furent poiH' l'affirmative. « Nous voulons que dans la nuit de mercredi à jeudi, qui sera le 22 du mois courant, on le fasse étrangler dans sa prison, aussi secrètement qu'il sera possible, et que son corps soit fait ensevelir dans le plus grand secret aussi par les soins des chefs du Conseil. "

Ap])rouvé par douze voix. Or, au-dessous de cet arrêt, et c'est où nous voulions en venir, il est écrit : u Notez que le procès formé contre ledit capitaine César Capuzzimadi, ses lettres et ses papiers sont tous en un paquet déposé dans l'écrin {lo scrigno) des Inquisiteurs d'État^. » Ces arrêtés relatifs au dépôt des documents les plus secrets dans l'ec/m du Tribunal des Inquisiteurs étaient fréquents. Celui-ci même fut formellement prononcé et consigné dans les écritures du Conseil.

1610, 21 .luiN, EX CoNSEii. DES Dix. — Qiio les Lettres de notre Consul en Svrie du 25 février et du 28 mars passés, avec les Lettres et la traduction de certaines informations données au Roi Catholique sur les affaires do Perse et des Indes, ainsi que les Lettres qui furent interceptées par ce Consul, et qu'il nous envoya avec ses Dépêches du 2 septembre passé, soient remises sous pli cacheté dans Vécrin des écritures de nos Inquisiteurs d'Etat, et c\ueUes Y restent à jamais conservées.

Le 24- mai de l'année 1600, les membres du Cabinet des Ministres et les Sénateurs reçurent l'avis suivant du Conseil des Dix, sous forme de lettre qui leur fut lue par le Secrétaire de service :

Seigneurs Illustrissimes , Par délibération prise hier en Conseil des Dix, on communiquera à vos Seigneuries un Mémoire sur une négociation dont la trame est parvenue à la connaissance des Exceilentissinies Seiyneurs Lu/uisileurs d'Etat, et comme le contenu est d'une extrême importance, nous recommandons à Vos Seigneuries le secret le plus absolu. Elles ne devront pas en parler même entre elles, après qu'elles auront passé la porte de la salle du Conseil, sous les peines énoncées dans les décrets du Conseil des Dix contre les révéla-

• Pour les pièces relatives à ces différents fnits, voir « AncnivKS dk Vemsk, Papiers des Dix «, aux dates indiquées.

AGE.NTS REVELATEURS. G21

teurs des affaires secrètes, lesquelles sont et de la vie et des biens. Chacune de Vos Excellences prêtera serment sur les Mi.ssels, et le nom de chacune sera pris en note.

Ce jour, en elTet, les Inquisiteurs avaient surpris la trame d'un traité secret entre des Espa^jnols, soutenus sans doute parle gouvernement de Milan, pour s'emparer de la forteresse de Gréme et la livrer à l'Espagnol. Un des coupables était tombé en leur pouvoir et avait tout avoué à Leurs Seigneuries. Les meilleurs agents de ces grands exécuteurs, pour les seconder dans le succès de semblables découvertes, étaient souvent des personnes qui se trouvaient elles-mêmes sous le coup des poursuites du terrible Tribunal, mais qui avaient réussi à échapper à leur vigilance. l']xilées forcément, fatiguées de cet exil, douées souvent de moyens intelligents, elles s'ingéniaient, à l'étranger, à mériter leur pardon par des services véritablement signalés, demandaient des sauf-conduits qu'elles obtenaient aisément sur leurs promesses révélatrices, et selon que leurs services étaient appréciés, recouvraient et la patrie et les biens qu'elles avaient perdus. Les rémunérations étaient du reste de diverse nature. Une des plus singulières, mais en même temps des plus abondantes, consistait à })romettre à un serviteur pour ces sortes d'affaires le droit de libérer soit un exilé, soit un condamné, dont la famille jouissait de ressources plus ou moins importantes. Le Semiteur usait de ce permis comme d'im trafic. Un sieur de Soboret, secrétaire de l'ambassade de France à Venise en 1621, avait été séduit par les affidés du Conseil des Dix et des Inquisiteurs, et dans des circonstances où la lié-

publique de Venise avait un intérêt extraordinaire à connaître les dépêches du Cabinet de France à ses envoyés en Italie, le sieur de Soboret, suivant en cela l'exemple de son prédécesseur à cette Ambassade, livrait les dé])êcbes du ministre Puysieulx. Cette trahison habilement préparée, longtemps soutenue, et dont les preuves irréfragables sont éparses en ces Archives des Inquisiteurs et des Décemvirs *, exigeait de fortes rémunérations que le sieur de Soboret n'avait pas honte de déterminer lui-même en des lettres a l'adresse des Inquisiteurs. Le 6 mars 1621, dans un billet de sa main , où il déclare qu'il envoie la copie des lettres de M. de Béthune, ambassadeur à Rome, et où il promet celle des dépêches de ^I. de Gueffier, importantes en l'affaire de la Valteline et des Grisons, il rappelle à Leurs Excellences de vouloir bien hâter l'acte de libération d'un condamné Bressan qui lui a été promis , acte qu'en effet il reçut peu de jours après, et dont il ne tira pas moins de douze cents ducats. Un sieur Giovanni Battista Pizzo obtient sa propre grâce en assurant les Inquisiteurs qu'il leur fera connaître les desseins et les résolutions du duc de Feria, gouverneur de Milan, s'offrant à retourner en sa première indignité, si ses promesses ne sont pas suivies des bons effets qu'il annonce. Les Inquisiteurs rendaient d'ailleurs de véritables services diplomatiques au Gouvernement : ainsi le 28 juin 1632, grâce à leur diligence, le Conseil des Dix et le Cabinet des Ministres

1 Papiers des Dix, 3, V, 23 et 31 mars 1621, et 19 avril, 4 mai , 2 juin, 17 et 18 juillet, 25 septembre 1621, 3 janvier 1622, février et mars, etc., avec la communication des pièces à l'appui, c'est-à-dire du texte des propres dépêches de France, livrées par le sieur de Soboret.

lurent à même de connaître dans les plus intéressants détails le résultat des négociations de l'Ambassadeur extraordinaire de l'Empereur avec tous les Princes

d'Italie '

Mais un exemple curieux du genre d'informations (|u'ils pouvaient obtenir du zèle de leurs Ambassadeurs est le fait suivant. Cela se passait à Rome. L'ambassadeur Rainieri Zen leur adressait sur la personne et les intentions du pape Grégoire XV, en 1622 et 1623, des détails extraordinaires, sans leur en avoir encore indiqué la source. Les Inquisiteurs la lui demandèrent, et telle fut la réponse :

Illustrissimes et Excellentissimes Seignei rs thès-res- PECTÉs , Celui qui me donne les nouvelles du Pape et de ce qui se dit chez Sa Sainteté est don Giacomo Bolojjnese, son camérier, lequel l'habille, le déshabille et est presque toujours à SOS côtés, et, bien que les Cardinaux soient en audience, il va et vient dans la chambre, étant le serviteur familier du Pontife. L'inlermédiaire a été la iMarquise Orsina , femme du Seigneur Bertoldo Orsino, pelite-fille du Comte de Pitijjliano, qui est mort au service de la République Séréuissime. Elle esl elle-même très-dévouée à la République, et si elle avoit des fds plus âgés, elle en mettrait un au service de cet Etat. Elle envoie appeler cet homme, qui est tout à fliit de sa maison; il dîne avec elle : elle le fait parler, elle le questionne ; c'est une femme des plus accomplies. Et derrière une tapisserie, je tiens un mien gentilhomme qui écoute toiU et me rapporte tout.

.l'ai encore différents avis sur les choses de l'Etat par une autre voie. Je tiens le Pape pour bientôt mort, car cette Dame

' 1632, 28 niuGNO, in Gons" ue X. « Che i |)arl,ii;olarI porvemiti aili iiifjuisitori nostri di stato per le diligenze du loro usate et portate da essi a questo Consifdio, coinc havute da parte sicura, circà il succisso délie nojjotiationi dell' Ami)'' EstiaorJiiiarlo délia Maestà Gesarca cou li IMiiicipi d'Itali.i iii (■adaiin Itiojjo ove ejjli è slalo Hn liora , etc.. "

a dit à cet homme pour savoii- la vérité : " Don Glacomo , (ju/ind vous verrez qu'il n'y aura plus d'espoir à avoir pour la vie du Pape, apportez ici vos affaires^ qui de la sorte seront sauves. » Et cette nuit il a commencé à les apporter. Et je baise humblement les mains à Vos Excellences ^

De Rome, le 6 avril 1623.

De Vos Excellences Illustrissimes

Rhenier Zkx, Ambassadeur.

Il est remarquable comme peu à peu les Inquisiteurs élargirent le terrain de leurs attributions, et comme vers 164r0 ils avaient déjà une sorte de correspondance véritablement politique avec les Ambassadeurs ou avec des agents spéciaux. Jusqu'alors on ne les avait guère vus s'engager dans leur correspondance avec l'étranger que pour être informés de faits qui appartenaient uniquement à ce qu'on appellerait aujourd'hui la haute police secrète ; mais ils n'en étaient pas demeurés là, et il est tels de leurs documents qui offrent le plus vif intérêt historique. Celui du 10 février 1645, est de ce genre : « Que par un

Secrétaire de ce Conseil soient communiquées d'abord

au Cabinet des Ministres, puis, s'il le juge bon, au Sénat, les particularités suivantes qui sont arrivées de source certaine à la connaissance des Inquisiteurs d'Etat, par le moyen d'un confident auquel on doit prêter la plus grande créance... Dans les premiers jours du 7nois passé à Pans,

* Le texte italien est fort piquant : « Tcnyo il Papa per inorto, perduniiesta Siynora ha detto a quest' hiionio per beii cavar fiiori : •< Von Giacomo, quando vedete voi, che non vi sia più speranza del Papa, portate pur (/iii la vostra roba, che sarà salva. » Et questa notte, lia coiiiinciato a portarla. Et a VV. EE. bacio umilmente le niani. »

li'ois ijersotines tinrent Conseil, Eng/iien, Mazarin et Br'ezé l'amiral; pendant deux jours consécutifs, ils délibérèrent sur les entreprises ci faire en Italie, tant par terre que sur mer. On répartit les forces, on discuta les moyens avec des cartes et des plans, la résolution fut prise de porter toutes les troujies des provinces de ce côté, etc.. » Suit tout un exposé (les projets du Cardinal, des raisons intimes et personnelles qui le lont agir, des obstacles qui seuls pourraient l'arrêter dans l'exécution de ses desseins. Il est manifeste qu'en cette occasion, les Inquisiteurs avaient pour confident à la Cour de France un personnage qui en avait tout le secret '.

^ Dans celle remarquable communiralion se Irouvent ces lifines textuelles : « Oii{jine e motivo di cosi fatla delijjeratione contro la Toscana essere una privata passione concepita contro la Casa de Medici da Mazzarini per tre cause : l'una che da Cardinale de Medici fatlole sjierar anzi promessoie formalmenle per suo fratello il capello, siano poi slati li principali autorl délia delusione et del disprezzo. Altra che la stretta confidenza del Gran Duca con Vandomo per macchinare contro Mazzarini et la certezza clie il Papa non sia par consignar Bopuis alla Francia : la terza essere il negolio de' Barberini contro quali ad isligazione di Toscana certainente il Papa in primo capo si porti. Quest' ultiraa servire di coperto ail' altre, che seco altrae {jli impe{;ni e le dichiarationi délia Francia. Aprirsi con questo colpo la strada di travagliare più ginstifica»mente il Poiitejice, contro il quale non possa portarsi a drittura la guerra , ineiitre al nome délia Chiesa si prolessi in Fi'ancia grandissimo respetlo et alcuno si sia dichiarato in (lonsilio di non voler assentire ad una aperta rottura coi Papa : che in ogni modo sia ben presto per conseguirsene l'elCetto : se ben con strada oblicjuu, perché dall' invasione che il Gran Duca soffrirà per il Papa habbi da rimaner obbligata la Santuà sua di dichiararsi a sua dilfesa, con necessaria consequenza di far passare piij ollre le armi dclla Francia, Quosto esser certo, che se il coljjo riesca, et se mettl il piede in Toscana, il Christianissimo non sia per Icvarlo si facilinente per il concetto radicale nel cuore del Cardinal Muzzarini d'approsslmarsi a Homa con la forza et forse cogliere oppurluniiù di «jualchc vanlaggio in occasione di sedc vacante per abbatter anco

Avec le cours des temps, le rôle politique des Iiirpiisiteurs ne cessa de croître, et en plus d'une circonstance ils semblèrent avoir pris la place des véritables Chefs du Conseil des Dix. En 1701, le 16 novembre, nous les trouvons félicitant le fjénéral commandant les troupes en terre ferme au sujet de dépêches absolument politiques qu'il a dirigées à leur adresse : « Les lettres de Votre Excellence du 10 courant, lui écrivent-ils, roulent sur deux uoints. Dans le premier, nous remarquons l'intime -pénétration que vous avez eue des projets du Prince Eugène. » Et ils le louent en termes magnifiques du zèle dont il vient de faire preuve pour le service de l'Etat ' . Autrefois, ces communications n'auraient été adressées qu'aux Chefs du Conseil, et ces Chefs n'auraient point laissé à d'autres le soin d'y répondre. Le 2 mai 1705, ils écrivent à l'Ambassadeur de France : « 7/ est arrivé à notre connaissance que le noble Benedetto Tossetti qui est à

la Casa Pamjilia con mano jjiù vigorosa e vicina. Essere indubitabilc aitrettanto che li Minislri Pontijicii et Fiorenlini non habbino risaputo Kn quà tali positive risolutioni et che il Papa et Gran Duca siano inganiiati et traditi neili loro più iritimi gabinetti, tutto essendo revelato a Mazzarini delli più importanti discorsi et decreti, mandate anco ad esse» Cardinale le isti uttioiii et scritture con le ziffre stesse, quali sian stalc sotte l'occhio medesiriio de chi ha risaputi gli accennati particolari et li ha rappresentati con fede e sincerltà »

' Le temps n'était plus où, stricts observateurs des limites imposées à leur pouvoir et à leurs attributions, ils faisaient aux ambassadeurs des recommandations du genre de celle-ci :

«< A noi dunque continuera Vostra Signoria lllustr. a scriver solamcnte le cosc che spctlano a propalatori incombendo le altre al Consiglio dei Dieci et per questo solamente se prometterà , seconde la qualità dei servizii, che le anderà preslando il confidente sue, non dovendo noi petultra sorte de avvisi abusare l'autorilà che vi è con publica deliberationr iiiipartilo. " 1611, 8 octobre, à l'ambassadeur Antonio Priuji à Madri«l.

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