REGISTRES DES AISN0TA7A0NI
tigateur italien , un des jeunes écrivains en liistoire qui a déjà lait ses preuves par des publications trèslouables, M. Auguste Bazzoni se rendit de Florence à Venise, pour prendre connaissance de ces documents, et le mémoire très-intéressant qu'il vient de produire dans V Archivio siorico italiano sur Le Aniiotazioni degli Inquisitori di stato nous dédommage parfaitement de l'impossibilité matérielle où nous avons été de les consulter '. Nous ne saurions donc trop en recommander la
' Les re<i[islres des AniKjtazioui sont au iiomhro de dix-huit, dans cet ordre progressif de dates :
octobre.
19 décembre.
mars.
12 février.
mars.
1'^'' septend>re.
novembre.
5 septembre.
août.
l" mai.
mai.
30 août.
septeml)re.
10 septemijre.
septeml)re.
29 septembre.
octobre.
29 septembre.
octobre.
27 septembre.
octobre.
29 septembre.
octobre.
29 septembre.
octobre.
27 février.
mars.
7 décembre.
avril.
27 septembre.
octobre.
6 mars.
1746-1797, Index alphabétique.
Nous recommanderons aussi la consultation de (pielques ref;istres désignés sous le titre de Indice di Comniunicate 1700-1743, di Letteir 1701-1720, di Aniiotazioni 1701-1743, di Salvi-Condotti 1714-1738, di Sfrattati 1701-1743, di Condnnnati 1702-1742 , «/i Universali 1702- 1739. Idem, ihidem 1743-1749. Vui-, Lihro memorii- 1776-1781; 1782- 1789; 1789-1795; 1795-1796, et enfin Hnhrichc di Lettere 1747-1789; 1789 ()ctobre-1796.
636 LES ARCHIVES DE VE?sISE.
lecture aux curieux et aux historiens. Ils y trouveront des détails heureusement choisis et habilement présentes. On reconnaît, à lire ces pages, que l'auteur est fait pour cultiver avec succès cette belle science de l'histoire ' .
Dans le cours aussi du dix-huitième siècle, les Inquisiteursi décidèrent que chaque année, au mois d'octobre, époque où les nouveaux élus entraient en fonctions, le Secrétaire de service devrait écrire pour leur usage un rapport qui, sous le titre d' Infor ma zione , les instruirait non-seulement des affaires négociées par leurs prédécesseurs, mais encore du personnel des affidés, des con- Jidents, des prisonniers, et de l'état des finances du Conseil. Si ce soin de présenter Vlnfonnazione eût été en usage dès le principe , et si on en eût conservé le recueil en son intégrité, l'histoire, qui est encore à faire, du Tribunal des Inquisiteurs trouverait de particulières ressources dans ces documents^. En 1779, le Secrétaire fut chargé de relever, d'après les notes officielles, les noms de tous ceux qui avaient accepté ou sollicité l'em-
' M. AiGUSTE Bazzom a publié, entre autres ouvrapes, le livre suivant, que nous recommandons aux curieux de l'histoire de France: « La Rejfjenza di Maria Cristina, Duchessa di Savoia (^con nuovi dociimenti). Un vol. in-8", Turin, Seh. Franco. Il publie présentement la Stoiia diplomatica d'Ilalia dal anno 1848 al 1808 (vol. in-8'', Florence, Civelli).
2 Les Informazioni dont nous avons pris copie sont celles de 1717, 1729, 1730, 1731, 1732, 1736, 1741, 1749, et une sans date. Le Secrétaire rapporteur commençait généralement son mémoire en ces termes : « Ese{{ucndo il mio humilissimo debito son in obbligo di render ronto dello stato deila cassa, delle conjîdcnze che si lianno si in Venezia cliL- fiiori ; delle ncrjolil clie restano e di quelli che se trovan soggeiti alla giustizia del Tribunal^ o pcr sentenzc note o per depositi. n
AGENTS DES IJ<QD1SITEURS. C37
ploi de coriespondant ou de rapporteur secret, principalement à l'etranper. En 1715, à Londres, Giacomo Querini, patricien, servait le Tribunal; de 1715 à 1717, le comte Pijjlietti, originaire de Parme, en 1718, l'abbé Benotti, secrétaire de Florence , en 1740, le secrétaire Vignola, et en 1746 l'abbé Oliva ' (de Rovigo), servaient en France. Leur devoir était d'écrire une fois par semaine. En 1748, ils avaient un agent au Congrès d'Aix-la-Chapelle qui s'était lacilité un accès auprès de tous les ministres étrangers. Les agents qui étaient employés à Venise même apportaient leurs rapports au Secrétaire du Tribunal chaque mercredi. Un des meilleurs et plus habiles espions était, en 1718, un certain Bernardin Garbinotti. Il figure sur les registres des confidents jusqu'en 1739. On peut dire qu'il était un danger pour les résidents étrangers, car sa spécialité, (et il y réussissait extrêmement), était de corrompre les principaux serviteurs dans les ambassades. En la seule année 1735, il avait amené à la dévotion du Tribunal le majordome de l'Ambassadeur de l'Empereur, le maître d'hôtel de l'Ambassadeur de France, et un autre Français qui remettait deux lois par mois, sous pli cacheté, le suc des déj)éches qui étaient adressées à Paris ou (|ui en revenaient. En 1739, il avait amené aussi à composition le majordome du Nonce, qui, régulièrement, envoyait sa correspondance sous le nom de Frà Sempronw.
' Cet aljbé rapporteur lut remercié au mois de novemln-e 1748. Son dernier chi/fic est du 18 novembre et est relatif à madame de Pompadour. Vovez Arcuivks de Venise. Papiers des Inquisiteurs. Notizie traite dalle Jielazioni dei Segrelarii e dai libri délie Annotaiioni in propusito dei conjidenti.
A Gonstantinople, le Tribunal avait pour a^jent secret un évéque, originaire de Rayuse, lequel envoyait ottime notizie, d'excellentes informations. Les moines servaient aussi, fort aisément, dans ces ténébreuses affaires, mais plus ou moins bien , car il arrivait que parfois leur indiscrétion n'avait pas de limites, en ce sens qu'ils s'employaient i\ la fois dans les deux camps. Le roi Louis XIV avait d'eux une médiocre estime, car dans une de ses dépêclies originales et signées de sa main, du 16 juillet 1705, à M. l'abbé de Pomponne son ambassadeur, Sa Majesté ne craint pas de dire... « Quoiqu'il n'y ait point de meilleurs espions à Venise que les religieux , il y en a souvent qui promettent ce qu'ils ne peuvent exécuter^... n Si l'on y regarde de près, on conviendra du reste que ces agents secrets, ces serviteurs occultes n'étaient point aussi nombreux ni aussi formidables pour le service intérieur de Venise, que l'on a bien voulu le dire en mille et une histoires et récits qui n'avaient d'autre base que la rumeur publique.
On a représenté les Inquisiteurs d'Etat comme ayant à leur solde et pour le service de leur inquisition toute une légion d'espions. Il en faut bien rabattre. Entre 1760 et 1779, il y eut des années où le Tribunal n'avait pas à Venise plus de trois ou quatre de ces stipendiés; en 1775, il en avait sept; un buitième, l'abbé Cattaneo, faisait le service d'explorateur et d'intermédiaire dans
1 British Muséum. Slate Papers relatin^ to France (manuscrits 15, 284-285). Dépêches d'.Arnauld de Pomponne, 28 janvier 1705 à 1710. Les Dépêches du Roi qui sont intercalées sont ori{>inales.