AMBASSADEURS AU TEMPS DE LOUIS XIII
une série de vin^jt-trois volumes, depuis le 2 août 1581) jusqu'au 15 mai IGIO '.
Louis XIII vit à sa cour douze Ambassadeurs ordinaires et six extraordinaires. Cinquante-huit volumes de dépêches renferment la correspondance vénitienne écrite pendant son règne (14 mai 1610 à 16 mai 1643). Plusieurs volumes de cette série ont été désastreusement ■atteints par l'humidité , entre autres celui des dépêches de Tannée 1621, et plus encore le volume portant le numéro d'ordre 75 et daté de 1630. Les dépêches qu il contient sont pour la plupart devenues illisibles, depuis la date du 11 avril : aussi cette liasse a-t-elle reçu le titre de Framnienii (li Francia plutôt que celui de Dispacci. Il est à remar(]uer (jue c'est dans cette série que, pour la première fois, les dépêches de France reçoivent, avec chaque ambassade nouvelle, un numéro d'ordre successif. Cette énumération commence avec la correspondance de Siméon Contarini, en 1618, et dans l'usage des recherches et (les notes, elle est d'une utilité particulière. Le nombre des dépêches, sous ce règne qui fut si affairé, depuis que M. le Cardinal eut en ses mains la j)olitique du royaume, s'accrut du reste considérablement. Le chiffre total n'est pas moins de quatre mille six cents dépêches. Il est remarquable que cette abondance diplomatique épistolaire commença avec l'année 1629.
' Nous tlevoiin faire rniinrqiiiT que parmi ces viii{|l-ti()is volumes ap|iartenant à la collection des Dépêches de France, les imméros 30 ■et 30 contiennent aussi des dépêches de Lorbai^k (n" 30, missicjn de <^iovaniii Hattista Padavin, seciélairc, 1601-1607); (n" 39, ambassade <le Francesco Morosini, 1609).
Alvise Gontarini, du 1" septembre 1620 au 13 avril 1632, n'écrivit pas moins de quatre cent quarante-cinq dépêches; Giovanni Soranzo, du 15 avril 1632 au 25 octobre 1634, en écrivit trois cent treize; Alvise Gontarini, son successeur, cinq cent sept; Angelo Gorrer, cinq cent cinq.
Louis XIV reçut dix-huit Ambassadeurs ordinaires et deux extraordinaires, qui les uns et les autres ont fourni à une correspondance de cent onze volumes , formant un total de sept mille sept cetit cinquaiite-lmit dépêches, depuis 1643 jusqu'en 1710'. Nous disons 1710, bien que le règne ne fût pas terminé à cette époque, car les rapports de la République de Venise avec la Gour de France furent alors interrompus. L'affaire « dite de la protection du cardinal Ottoboni, en Gour de Rome », avait causé cette rupture , et lorsque l'ambassadeur Alvise Mocenigo quitta Paris le 2 mars 1710, sans qu'il lui ait été permis de prendre congé du Roi, la République put dire que, seule entre toutes les puissances de l'Europe, dans l'espace de cent soixante-quatorze ans , depuis le retour de François I" de sa captivité de Madrid, en l'année 1526, elle n'avait pas vu s écouler un seul jour sans qu'elle fût représentée auprès de la personne royale par ses Ambassadeurs. L'année suivante, au mois d'août 1711, Giovanni Emo reçut avis
1 I^es volumes de dcpêdies portant les numéros 143 (G. Morosini, ambassadeur, 1608) et 154 (Ascanio Giustinian, ambassadeur, 1673) renferuient quelques dépêches que rbuuildité a mallicureusenicnt rendues illisibles.
AMBASSADEURS VENITIENS SOUS LOUIS XV. :il5
de se rendre auprès du marquis de Torcy, ministre des affaires étrangères, avec lequel il eut une première conversation le 30 août à Fontainebleau, non point en qualité d'ambassadeur, mais simplement avec le titre de Nolnle, ce qui à l'endroit du cérémonial ne voulait à peu j)rès rien dire. Des ouvertures pour une bonne entente furent faites, mais les négociations n'aboutirent pas, et la République demeura sans représentant à la Cour, non-seulement jusqu'à la mort du Roi en 1715, mais encore pendant les cinq premières années de la Régence.
Sous Louis XV, la Cour reçut quinze Ambassadeurs ordinaires et un extraordinaire. Les rapports, interrompus ouvertement pendant dix années (de 1710 à 1720), avaient été repris avec l'envoi et la réception du secrétaire Giovanni Maria Yiucenti , arrivé à Paris le 13 novembre 1720. Il y prépara l'accueil des Ambassadeurs extraordinaires annoncés à l'occasion prochaine de la déclaration de la majorité du Roi. Lorenzo Tiepolo et Ni(;ol6 Foscarini arrivèrent en effet au mois de juillet 1722, et ils partirent en octobre. Barbon Morosini vint en décembre et fut le premier des ambassadeurs vénitiens ordinaires, accrédités de nouveau à la Cour de I" lance. Ouant au secrétaiie Giovanni Maria Yincenti, (jiii avait rouvert les relations, il quitta Paris en janvier 1723 pour se rendre au congrès de Cambrai , où il résida jusqu'en mars 1725. Or, de la fin de 1720 jusqu'au 10 mjù 177-4, date de la mort de Louis XV, quarantesept volumes forment la correspondance vénitienne sur le règne. Elle est de irais mille sept cent soixante
et onze dépéc/ies '. Nous ferons remarquer que dans certains volumes de cette série, particulièrement après le traité d'Aix-la-Chapelle, en 1748, il se trouve souvent des interruptions dans l'ordre réfjulier de ces dépêches , signalées du reste à la place que devrait occuper le document, par une page blanche portant le numéro d'ordre avec ce mot : Espulsis. Il en faut conclure que toute dépêche ainsi qualifiée, n'ayant pas été lue au Sénat, d'après l'ordre du Ministère , qui par là voulait souvent éviter quelques discussions violentes, doit être recherchée dans les papiers du Collegio ou quelquefois aussi dans ceux du Conseil des Dix, On sent qu'à cette époque l'observation des lois antiques de l'État vénitien n'était plus rigoureuse, et que les abus de pouvoir, tels que celui dont le Ministère donnait ainsi l'exemple en empêchant que des dépêches adressées au Sénat parvinssent à leur légitime adresse, pouvaient se produire avec facilité.
Pendant le règne de Louis XVI, quatre Ambassadeurs ordinaires se succédèrent à la Cour de France. Douze volumes formant un ensemble de huit cent soixante dépêches environ composent la correspondance. Antonio Capello fut celui qui eut à décrire l'assemblée du 5 mai 1789; Almoro Pisani, la journée du 10 août 1792. Parti en septembre pour Londres comme simple voyageur, il
* La correspondance de Franck dans les Archives de Venise relative au règne de Louis XV commence avec les volumes marqués 210 hisy 210 ter au nom du secrétaire Gio-Maria Vincenti. Le numéro 211 contient la courte correspondance de l'ambassade extraordinaire de 1722, et le numéro 212 rouvre celle des ordinaires avec Barbon Morosiui, le 41 décembre 1726.