ARCHIVES DO CABINET DES MINISTRES
Ouelles étaient maintenant les Archives proprement dites du Cabinet des Ministres et quels sont les recueils qui, ayant été conservés jusqu'à présent et répartis dans le classement actuel, peuvent être consultés avec fruit par les historiens. Ici comme pour les archives du Sénat, nous établirons deux classes absolument distinctes, nous montrant indifférent pour l'une, dite administrative, et fort curieux pour l'autre, dite politique.
Le Vénitien Giovanni Rossi , dans le premier volume de ses œuvres encore inédites ' sur les choses vénitiennes, et qu'il a consacré aux archives de la République, réunit
Histoire du Gouvernement de Venise, par le sieur Amelot de la HoiSSAVE. (Paris, Léonard, 1077, 2 vol. in-12.)
Supplément à [Histoire du Gouvernement de Venise, etc. (Paris, Léonard, 1677, in-S".)
La Ville et la République de Venise (Paris, de Luvnes, 1680, in-12), par D. S. D. C'est l'ouvrage du sieur de Saint-Didier.
Nouvelle Relation de la ville et République de Venise, divisée en trois parties, dont la première contient son histoire générale, la seconde traite du (j/ouvernement et des mœurs de la nation, et la troisième donne connaissance de toutes les familles patrices employées dans le Gouvernement. (Utrecht, chez Poolsum, 1709, rn-8".) L'auteur est le sieur Frescuot.
Mémoires historiques et politiques sur la République de Venise, rédigés en 1792. (1795.)
Mémoire justificatif àc l'autour des Mémoires historiques et politiques sur la République de Venise, composé par lui-même en 1795. (Lyon, 1796, in-8°.) Auteur : Léopold Curti. Les deux premiers volumes ont été réimprimés, revus, corrigés et augmentés de notes. (Paris, Pougens, an XI, 1802.)
Mais il existe parmi les manuscrits des Bibliothèques d'intéressants rapports demeurés inédits jusqu'à présent et qui peuvent être consultés avec avantage. Nous pouvons citer entre autres, à la Bibliothèque impériale, le n" 560V, Du Gouvernement de Venise; le n° 14660, V^oyac/e de M. d' ffalincourt en Italie; le n° 19013, Voyage en Italie fait en 1611-1612; le n» 19020, Du Gouvernement de Venise, Relation de Brilart, qui y fut ambassadeur de France.
1 BiBLiOTiiÈQiE DE Saint-Marc. Leggi e Documenti.
en une seule série les papiers du Collège et de la Seigneurie. Il en résulte pour lui une énumération considérable de liasses et de registres dont le plus grand nombre ne saurait être d'aucun usage pour les investigateurs auxquels s'adresse particulièrement ce présent ouvrage. Nous laisserons donc de côté les quatre-vingtquinze^ volumes Costitiiti di CoUegio , désignés aussi Costituti di nihil transeat, de 1G32 à 171)3 ; les deux cent dix-neuf appelés SupjjlicJie di fuori, de 155-4 à 1797; les trois cent neuf de Suppliche di dentro, de 1563 à 1797; les cent quatre-vingt cinq de Suppliche in causa, de 1600 à 1797, les soixante-dix de Rimesse a Savii, de 1627 à 1793, appelés aussi la Raccolta dei Da mà^ ., les cent treize de Sottoscritte da terra, de 1488 à 1723, et les dix-neuf de Sottoscritte da mar, de 1492 à 1669 : le tout réuni sous la dénomination générale de Lettres de la Seigneurie, avec les Réponses, et relatif h des affaires litigieuses entre particuliers sur lesquelles il était besoin d'informer auprès des représentants de l'autorité. Tels encore seize volumes de Possessi délia Signoria, de 1560 à 1609 ; cent des Parti delV officio alla scriltura; vingthuit d'autres Lettere délia Signoria, de 1663 à 1792; douze de Possessi del CoUegio, de 1609 à 1647; vingthuit des Grazie et Privileggi, de 1299 à 1593, etc.
Ouant aux séries formant les archives proprement dites du CoUegio, elles se composent des deux cent vingt-cinq registres appelés Notatorio di CoUegio, des liasses de Lettres dites secrètes, de quelques registres
1 Terme absoliiincnt vcuiiicn. Les Da ma étaient des décrets exécutoires immédiatcnieiit.
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contenant les Commissions ou Insty^uctions pour des Envoyés et des Ambassadeurs, des cartons renfermant les Lettres des Souverains et des Princes [Lettere Dominorum) adressées à la République, des registres enfin appelés Esposizioni Principi, ou recueils des audiences données par le CoUegio aux ambassadeurs des Puissances. Telles sont les archives politiques du cabinet des Ministres dont nous avons à nous occuper en examinant séparément chacune des séries.
Il serait difficile de définir exactement le contenu des Notatorii del CoUegio, tant il est varié. Chaque registre porte avec lui un répertoire des matières qui est ainsi établi :
Delegationes.
Litterœ.
Spéciales personœ.
Datia et nierces.
Provisiones générales.
Officia et Regimina.
Secrelarii et Cancellaria.
Electiones et Confirmationes.
Communia et Commnnitates .
Le premier volume va do l'année 1327 à l'année 1383, le second de 1383 à 1391, le troisième de 1397 à 1406, le (juatrième de 1 400 à 1 413, le cinquième de 1414 à 1424, le sixième à 1439, le septième à 1444, le huitième à 1453, etc. Cette série contient peu de matières j)olitiquos, et sauf quelques articles qui y sont consignés comme j)Our mémoire, tels que le fait d' « une récompense donnée au courrier qui porta, en 1498, la
nouvelle de l'alliance conclue avec le Roi, » une note relative à « l'ambassadeur Capello allant en France en 1501, » une autre concernant « Hieronimo Donado» y allant en la même qualité, des ordres touchant «la publication de la paix en 1512,» nous sommes d'avis que notre histoire n'a rien à trouver là. Des ressources abondantes s'y offrent, au contraire, pour qui aurait à faire des recherches relatives à différents privilé(jes fort intéressants, dans les dernières années du quinzième siècle et dans la première moitié du seizième. Privilèges pour l'impression de tels ou tels livres , privilèges pour le droit de profiter de telles ou telles inventions , ordres de payements pour tels ou tels artistes officiellement commissionnés , abondent en ces pages ' .
Quant à la série des Leltere del Collegio, de 1487 à 1758, sorte de Compendhim relatif aux élections des Ministres délégués dans les provinces de terre ferme ou dans les pays maritimes , elle nous paraît surtout recommandable par les détails qu'elle offre touchant le passage des Princes étrangers sur le territoire de la République et sur l'accueil que le Gouvernement avait jugé devoir leur faire. Ainsi c'est à l'aide de ces lettres, de ces patentes , de ces mandats , que nous avons pu former le Journal officiel de la réception et du séjour de Henri III à Venise^ lorsqu'à son retour de Pologne ce Roi de France
* Que ceux qui possèdent notre publication des Lettres d'ALDE Ma- KUCE l'Ancien et des documents le concernant, « Aldo Manuzio, » etc. (Venise, 1867, imprimerie d'Antonelli), regardent à V Appendice , n° 1, page 55. Ils y trouverout rintlicalion d'un grand nombre de textes de ce genre signalés par nous dans les Notaiorii del Collvgio.