‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 113 sur 199 · DE L'AMBASSADEUR DE FRANCE A VENISE · texte numérisé non relu

DE L'AMBASSADEUR DE FRANCE A VENISE

sade de France à Venise a-t-il peu varié. Et comme en cette ville il était d'usage que des ambassadeurs ou résidents étrangers n'habitassent point dans les quartiers voisins de la place de Saint-Marc, et trop près du lieu où se traitaient les affaires politiques de cet État, il en résulta que le palais de France à Venise fut presque toujours choisi dans le quartier dit de Cannareggio. L'espace de terrain occupé par tous les bâtiments de la résidence , avec les maisons attenantes et aboutissantes, avait droit d'asile, et aucun sbire de l'État ne pouvait prétendre à y mettre le pied. Cette prérogative étrange pouvait être très-honorable pour le pavillon du Roi, mais il convient de reconnaître qu'elle était, par suite des abus qui en dérivaient, une source continuelle de discussions et de mécontentements entre l'Ambassadeur et le Gouvernement. Les échanges de notes à cet endroit ont été trèsnombreuses et souvent fort aigres. Un mémoire de M. de Paulmv sur le traitement des Ambassadeurs à Venise1 en fait foi. Différentes autres prérogatives relatives aux droits d'entrée appartenaient encore aux ministres résidents auprès de cette République; mais il est permis de dire que celles-ci, non plus que les précédentes, n'étaient choses faites pour entretenir la paix et l'accord entre les ministres du Roi et les magistrats vénitiens. Il est telle correspondance dont la plus grande partie ne roule pas sur d'autres objets que ceux des différends auxquels donnait lieu l'exercice de ces droits, que

1 Archives de Vesisb, Conseil des Dix (Parti secrète, film. 73), 1768, 2 février.

Page 1