AGENTS DES INQUISITEURS. C
ploi de correspondant ou de rapporteur secret, principalement à l'étranger. En 1715, à Londres, Giacomo Querini, patricien, servait le Tribunal; de 1715 à 1717, le comte Pighetti, originaire de Parme, en 1718, l'abbé Benotti, secrétaire de Florence, en 1740, le secrétaire Vignola, et en 1746 l'abbé Oliva 1 (de Rovigo), servaient en France. Leur devoir était d'écrire une fois par semaine. En 1748, ils avaient un agent au Congrès d'Aix-la-Chapelle qui s'était facilité un accès auprès de tous les ministres étrangers. Les agents qui étaient employés à Venise même apportaient leurs rapports au Secrétaire du Tribunal chaque mercredi. Un des meilleurs et plus habiles espions était, en 1718, un certain Bernardin Garbinotti. Il figure sur les registres des confidents jusqu'en 1739. On peut dire qu'il était un danger pour les résidents étrangers, car sa spécialité, (et il y réussissait extrêmement), était de corrompre les principaux serviteurs dans les ambassades. En la seule année 1735, il avait amené à lu dévotion du Tribunal le majordome de l'Ambassadeur de l'Empereur, le maître d'hôtel de l'Ambassadeur de France, et un autre Français qui remettait deux fois par mois, sous pli cacheté, le suc des dépêches qui étaient adressées à Paris ou qui en revenaient. En 1739, il avait amené aussi à composition le majordome du Nonce, qui, régulièrement, envoyait sa correspondance sous le nom de Frà Sempronio.
1 Cet abbé rapporteur fut remercié au mois de novembre 1748. Son dernier chiffre est du 18 novembre et est relatif à madame de Pom- |>adour. Voyez Archive* de Vemisk. Papiers des Inquisiteurs. Notizie traite dalle Helazioni dei Segrelarii e dai libri délie Annotationi in proposito dei confidenti.
A Constantinople, le Tribunal avait pour agent secret un évéque, originaire de ltaguse, lequel envoyait ottimc notizie, d'excellentes informations. Les moines servaient aussi, fort aisément, dans ces ténébreuses affaires, mais plus ou moins bien , car il arrivait que parfois leur indiscrétion n'avait pas de limites, en ce sens qu'ils s'employaient à la fois dans les deux camps. Le roi Louis XIV avait d'eux une médiocre estime, car dans une de ses dépêches originales et signées de sa main, du 16 juillet 1705, à M. l'abbé de Pomponne son ambassadeur, 8a Majesté ne craint pas de dire... « Quoiqu'il n'y ait point de meilleurs espions à Venise que les religieux, il y en a souvent qui promettent ce qu'ils ne f>euvent exécuter1... » Si l'on y regarde de près , on conviendra du reste que ces agents secrets, ces serviteurs occultes tétaient point aussi nombreux ni aussi formidables pour le service intérieur de Venise, que l'on a bien voulu le dire en mille et une histoires et récits qui n'avaient d'autre base que la rumeur publique.
On a représenté les Inquisiteurs d'État comme ayant à leur solde et pour le service de leur inquisition toutr une légion d'espions. Il en faut bien rabattre. Entre 1760 et 1779, il y eut des années où le Tribunal n'avait pas à Venise plus de trois ou quatre de ces stipendiés; en 1775, il en avait sept; un huitième, l'abbé Cattaneo, faisait le service d'explorateur et d'intermédiaire dans
1 Bnnisti Muséum. State Papers relating to France (manuscrits 15. 284-285). Dépêches d'Arnauld de Pomponne, 28 janvier 1705 à 1710. Les Dépêches du Roi qui sont intercalées sont originales.