JACQUES CASANOVA DE SEING ALT
les ambassades1; de 1777 à 1779, le Tribunal avait rencontré peu de ces officiers mystérieux, il n'en avait que trois, et il avait peu à s'en louer, car le secrétaire dit en son rapport qu'aucun d'eux, ne rend les services désirables.
Parmi ceux qui à cette époque avaient offert leurs services aux Inquisiteurs d'Etat, se trouvait le fameux Jacques Casanova de Seingalt. Dans le cours de nos investigations, nous avons réussi à retrouver un certain nombre de documents sur ce personnage, que ses Mémoires ont rendu si célèbre. Avant que les Archives des Inquisiteurs nous eussent été ouvertes, les pièces relatives à cet aventurier, vraiment extraordinaire, étaient dispersées pour la plupart dans la masse confuse des pa-
1 C'était un personnage très- versé dans les affaires et cérémonies diplomatiques. Il était bon observateur et «avait éerire ses informations en assez bon style. Parmi les raiscellanées qui sont aux Archives DR Venise, il y a de lui un ouvrage manuscrit qui est une sorte de Code à l'usage des Ambassadeurs à Venise. L'ouvrage est divisé en chapitres ainsi désignés : Pré/ace. De l'Extérieur. Des Connaissances qui sont opportunes. Du Discours et Je la Parole. Des Visites et de la fréquentation des Ambassadeurs. Du Cérémonial et <f abord tics conférences avec les Ministres ou Envoyés. De t Entrée publique. De l'Intervention des Ambassadeurs dans les occasions de cérémonies,, telles que t élection du Doge, drs Patriarches, des Procurateurs de Saint-Marc^ du Grand Chancelier et lors du passage de Princes étrangers par Venise. Des Nourella et des Relations. Cet émissaire diplomatique était sans doute le fils ou le neveu d'un J. Cattaueo qui, en 1743, portait le titre à Venise d'historiographe et conseiller intime d«« Sa Majesté Prussienne et négociait officieusement pour le compte de ce .Souverain. L'objet de sa première intervention auprès de la République avait été la réclamation d'une charmante danseuse, la Barberine, récalcitrante à ses engagements avec le théâtre du Roi. Ce fut toute une affaire. (Voir le carton des Pièces secrètes. Conseil des Dix. Filza 65. Années 1743 et 1744.) Il existe aussi dans les Archives un registre intitulé : Ordini del Tribunale air abbate Cattaneo 1795, 5 octobre; 1796, 24 janvier.
piers du Tribunal ; nous avons formé une sorte de dossier dans lequel nous avons réuni toutes les preuves qui lui sont personnelles, et nous ne croyons pas que jamais, en cet endroit, il sera possible d'en trouver davantage. Nous nous étions d'autant plus appliqués à cette recherche, qu'alors même un organe de publicité très-intéressant, V Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux produisait des questions qui mettaient en doute nonseulement l'authenticité de certains faits rapportés dans les Mémoires de ce Vénitien , mais les Mémoires mêmes. Entre autres preuves incontestables, nous avons rencontré les pièces à l'appui des dénonciations qui furent adressées contre lui aux Inquisiteurs par l'espion Manucei*, les pièces à l'appui de son arrestation par le Messer Grande* , celles de son incarcération sous les plombs, de sa fuite au mois de novembre 1 756, de quelques-uns de ses voyages, de son séjour en Angleterre1,
1 L I mterméoiaire des Cuh'.oih is kt des Cciueux (Correspondance littéraire, Notes and Queries français), Questions et Réponses , Communications diverses, à l'usage de tous Littérateurs et Gens du monde, Artistes, Bibliophiles, Archéologues, etc. (Paris, Cherbuliez, rue de Seine.) Cet utile et piquant organe de la curiosité littéraire en France a été fondé en 1864 par l'érudit M. Cuarles Read.
Voir pour les questions et réponses relatives aux Mémoires de Casanova, la première année de V Intermédiaire , pages 51, 91), 120, 137, 153, 187.
2 L<* premier rapport de l'espion G. H. Manuzzi sur Jacques Casanova eut en date du 11 novembre 1754, suivent ceux des 16 et 30 novembre même année ; des 22 mars, 17 , 21 , 24 juillet 1755.
3 En date du 27 juillet 1755, signé Mattio Varutti Capitaine-Grand. * Lettre de Giacomo Casanova, du 18 novembre 1763, Londres,
adressée aux Cinque Savii délia Mercanzia . Dépêches du résident vénitien à Turin, Giovanni Rerlendis, du 30 décembre 1769, etc. Dans la première, le résident avise que G. Casanova lui a remis un exemplaire du livre curieux qu'il vient de publier sous le titre de Confutazione délia