‹ Les archives de Venise Histoire de la chancellerie secrèteChapitre 9 sur 199 · DES CHANCELLERIES · texte numérisé non relu

DES CHANCELLERIES

médiatement ù gauche, on trouvait en Face de soi un autre escalier, à degrés étroits, dont la première rampe conduisait à diverses petites pièces (stanzint) occupées par des secrétaires , et dont la seconde aboutissait à la salle de la Chancellerie ducale. Ce lieu, très-vaste, puisqu'il occupait en longueur l'espace de l'aile orientale du palais compris entre la grande cour et le petit canal, était de bel et digne aspect. Au fond s'élevait une estrade à balustres, à laquelle on atteignait par quatre degrés fort amples. Toutes les murailles étaient remplies par de hautes armoires d'un dessin uniforme, dont chacune portait à la cime un écusson aux armes d'un Grand Chancelier. Un banc circulaire soutenu par des appuis sculptés, comme on en voit aux stalles des anciennes églises, complétait le grave décor de ce lieu , centre des études de ces citoyens de Venise qu'on appelait les Secrétaires. La Chancellerie ducale conservait d'importants papiers et registres, tous d'État, mais n'ayant pas un caractère absolument secret 1 . Elle était le centre de toutes les écritures et de toutes les pièces dites de législation. Elle avait pour chef le Grand Chancelier, de qui dépendaient les quatre Secrétaires du Conseil des Dix , les vingt-quatre du Sénat et tous les scribes ou notaires. Elle était à la fois un dépôt d'archives législatives et une institution, une sorte de collège politique, institution très-honorée et choyée, pour laquelle les plus graves

1 II en fut ainsi depuis la moitié du quinzième siècle, comme on le verra plus loin d'après un document officiel. Jusqu'à cette époque, en effet, documents législatifs non secrets et documents |K>liliques secrets *e trouvaient classés au même endroit , dans la Chancellerie ducale.

décrets rédigés dans les conseils n'avaient d'expressions ni assez tendres ni assez glorieuses. Le 22 décembre 1459, le Conseil des Dix, ayant à statuer sur elle, la désigne « Cor Nostri Status, cœur de notre Etat » . Le Grand Conseil, dès 1443, disait en parlant d'elle : « Qitod Cancellaria noslra per quant transeunt omnia facta Status nostri et publica et sécréta. » Les documents principaux que contenaient ses armoires blasonnées étaient l'immense partie des textes du Sénat, non secrets, classés sous la rubrique de Terre et de Mer; puis les textes des lois discutées et votées par le Grand Conseil, les registres dits Notatorii de la Seigneurie ou Ministère, les papiers du Receveur au sceau ducal, ceux proprement dits du Grand Chancelier, ainsi que du Secrétaire aux voix, ou recueil des preuves de toutes les élections aux charges et dignités soumises au vote du Grand Conseil , du Sénat, des Dix, des Quarante1, etc. ; puis les formules des privilèges accordés, Libri gratiarum , etc. Nous ne nous arrêterons pas davantage à la description de son intérieur, puisqu'elle n'était pas la gardienne spéciale des documents politiques dont la recherche et l'étude sont la véritable fortune de l'histoire générale, et nous passerons aussitôt à cette troisième Chancellerie, qui, tout en n'étant qu'une subdivision de la Ducale, formait cependant un dépôt séparé, expressément administré sous la désignation officielle de « la

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