L. Copie contemporaine des deux pièces / et K
M. xvne s. Copie de la pièce /.
N. 1646. Copie d'une traduction authentiquée et certifiée par le consul de Portugal à Paris, en 1646, de la charte d'Alphonse I", transcrite dans la pièce A et les suivantes.
O. 1682. Récépissé donné à Paris, par D. Wireau, aux Bernardins, le 23 août, des papiers relatifs à la rente de Portugal.
P. xviiie s. Formules de reçus pour le paiement de la rente.
Q. xvne s. 1153. 1191 de l'ère d'Espagne (copie d'une charte datée de), par laquelle Alphonse 1er, roi de Portugal, et sa femme, donnent à Saint-Bernard, abbé de Clairvaux, et à ses successeurs, le lieu et le monastère d'Alcobaça, sur le territoire de Lisbonne. Cette charte, moins curieuse que l'autre (pièce A et suivantes), a été publiée plusieurs fois, notamment par Manrique, .4nrja/. Cisterines. lu. p. 84, et Jongelinos, NotUia cÀhat., etc. lib. vi. p. 30.
nensi Diocesi, tribuant in raodum feudi et vassalilij quinquaginta luarabitinos auri probati boni et digni quod recipialur. Si verô contigerit per nostrum Dominum aliquem ejusdem Monasterii et ordinis piefali intrare vel transire vel Monasterium inibi conslruxerit, persone et res talis Monasterii sub tutelâ et patrocinio Régis erunt, taliter quod à nullo possint molestari, inquietari, perturbari, vel à suis bonis defraudari. Quod si conlingat, in pristinam libertatera restiluantur quâcumquehorâ, tempore, velmomentoin quo majori comniodilate id fieriquiverit, quaproptèr bona talium Monasteriorum et personarum erunt tanquàm bona Regalia, et de illis erit Régi eadeni cura quam de suis débet habere. Si verô Rex aliquis velTyrannus (quem de lumbis noslris futurum non credimus) prefalas personas molestaverit, seu illarum bona subripuerit, non nieam, aut earum, sed Virginis bereditatem usurpare se credat, et tanquàm Domino suo infldelis, sub cujus tulelâ Reguum conslituiraus, eodem privetur, et semen ejus non elucescat super terram. Fratribus verô in dicte Monaslerio de Claravalle et in aliis sui ordinis Monasteriis Deo famulantibus cura erit statum Regai noslri Deo devotè commendare, et animara meam et parentum meorum missis et vigilijs adjuvare, et feudo seu vassalitio altare Beale Marie reparabunt. Abbas verô Dorainus Bernardus, et ejus in perpetuum successores huiusmodi feudura annuatini habebunt in die Annuntiationis Beale Marie Virginis, et ideô Virgo mater Domini raei Jesu Chrlsti, in cujus laudembic ordo constilutus micat, Ego humilis servus tuus Aldepbonsus, Rex Portugalensis, peto quatenùs Regnum meum defendas à Mauris inimicis Crucis filij tui, et Coronara hanc ab omni externo Domino liberam conserves ac de proie meâ fidèles servos et feudi largitores in Regni sede corrobores. Si quis verô contra hoc vassalitiura et feudi lestimonium aliquid altentaverif, si vassalus fuerit, à Regno expellatur, si verô (quod Dominus non consentiat) Rex fuerit, sit à nobis maledictus, et in stirpe non numeretur nostrâ, et à Domino Deo qui nobls Regnum dédit, omni dignitate spoliatus, et à suis inimicis victus, et cum Judâ Traditore in inferno sepultus ! Facta carta in Ecclesiâ lamecensi (o). Calendas Maij. Anno.M.C.XLII (/*).— Ego Rex Aldephonsus. — Petrus Pelaides curie signifer confirmo. — Eagas curie preses confirmo. — Fuas Ropinius Colimb. prefectus confirmo (c). — Pelagius de Sausa confirmo —
(o) Bamacensi : (pièce A et suiv.) De Lamego.
{b) Comme on le voit, celle date est celle de l'incarnalion (Clairvaux ne fui fondé qu'en llID). Cependant Alphonse Ilcnriqucz employait aussi l'ère d'Espagne, témoin la charte Q (voy. ci-contre page 397), qui fut donnée onze ans plus tard, et qui se termine ainsi : « Facta carta erâ M. C. XCI. » Voy. Manrique à fcndroit indiqué. Voy. aussi Art de vérifier les dates, tome i. page six.
(c) Juas Robinius Colomb, prefectus confirmât. (Pièces A et suiv.)
Gundisalviis de Sausa pro leste. — Velascus Sancius pro teste. — Rosendus Alvar pro teste.— Alphonsus Igea pro leste (a).
Texte 4.
1C46. Traduction de la confirmation faicte par Dom Jean IV, Roy de Portugal, du don à tiltre de fief et vasselage promis par Dom Alfonse Henry I", Roy de Portugal, de 50 maravédis d'or à l'abbaye de Nostre-Dame de Clervaux en France.
Dom Jean par la grâce de Dieu Roy de Portugal et des Algarves, de cà et de là la Mer, en Affrique, seigneur de Guinée el delà couqueste, navigation et commerce d'Elyopie, Arabie, Perse, et de l'Inde, etc., faisons scavoir a tous ceux qui verront nos présentes lettres qu'en considération que le seigneur Roy Dom Alfonse Henriquez dans la première assemble des estais généraux quil lenul en la ville de Lamego du consentement de tous ses vassaux qui sy trouvèrent, ordonna que tant sa personne que son royaume, son peuple et ses successeurs, demeureroient souslalutelle et protection, deffense et garde de la bienheureuse vierge Marie de Clervaux, laquelle il choysil pour protectrice de ce nouveau royaume et chargea tous ses successeurs légitimes audict royaume de donner tous les ans a la dicte église de Clervaux, ordre de Citeaux, sittuée au royaume de France dans levesché et dioceze de Langres, par forme de fief et vasselage, cinquante maravédis dor bon el loyal et digne désire receu au jour de Notre-Dame de rannunliation pour reparer son Autel, la priant de deffendre ce Royaume de ses ennemis et quelle conservas! celte couronne libre de la sujection estrangere pour avoir esté arreslé dans ladicte assemblée desdicts estais généraux qu'aucun Roy estrauger ne succederoit a ce Royaume, né hors de Portugal. Pour la conservation desquelz Roys naturels, il choysil la deffense et protection de la souveraine Reyne des Anges souz l'invocation de son Anonliation glorieuse, la suppliant aussy daffermir dans le trosne royal ses fidelles serviteurs de sa postérité affin quilz payent ce droit; avec malédiction qui tomberoit sur le Roy qui conlreuiendroit au payement de ce vasselage et promesse de droict, et quil ne fusl point compté au nombre de ses descendants, mais fusl despouillé de la dignité Royalle par la main de Dieu qui luy avoil donné le Royaume et fusl vaincu de ses ennemis, comme il est plus amplement rapporté dans le mesme escrit que Ion conserve dans l'archive de notre couvent Royal d'Alcobaça dudict ordre. Pour la considération de tout ce que dessus, expérimentant en
(a) Cette charte, qui fi^îurc dans le calalORUC partiel inséré ci-dessus, sous les cotes A et suivantes, a déjà, comme nous l'avons dit, été publiée plusieurs fois. Cependant, elle nous a semblé trop curieuse pour ne pas être reproduite ici. Nous l'avons imprimée d'après les leçons comparées que nous avions à notre disposition ; savoir : le texte de Manrique el les six copies de nos archives.
— AOO —
nous le restablissement des Roys naturels de Portugal, a lexclusion miraculeuse des Roys de Castille estrangers, et reconnoissant quune action si esloignée des forces et industrie humaine ne pouvoit procedder que de l'intercession de la très S'* et tousjours vierge Marie de Cleruaux et de la chrestienne oblalion et vasselage que ledict seigneur Roy Dom Alfonse Henriquez luy fist. A ces causes desiranls tesmoigner nos remerciments et reconnoissance d'une faveur si grande et conserver le dict vasselage et droict, comme naturel, légitime et fidelle successeur de ce Royaume, affin que la très S'e vierge de Clervaux nous assiste a le deffendre, comme a expérimenté ledict seigneur Roy Dom Alfonze Henriquez, ordonnons que doresnauant les dits 50 maravédis d'or seront payez selon la forme arrestée dans la mesme lettre dudict seigneur Roy Dom Alfonse Henriquez. Lequel droit sera offert par noslre grand Aumosnier tous les ans au jour que Ion célèbre en nostre chapelle Royalle la feste de l'anonciation de Nostre-Dame, et le thresorier de nostre chapelle recevra et gardera lesd. 50 maravédis d'or et en fera fidel rapport au Dom Abbé d'Alcobaça, affin que par nostre ordre il les envoyé en France adressants au Dom, Abbé de Cleruaux, et quil retire un certificat du receu dans la forme ancienne telle que S' Bernard et autres Dom Abbez de ce couvent le donnoient, lequel droict se payera de notre revenu duquel on a accoustumé de tirer les oblations qui se font en nostre chapelle. Et pour asseurance de tout ce que dessus avons ordonné et ordonnons en estre dressé les présentes lettres signées de nostre main et scellées du grand seau de nos armes pendant, lesquelles seront execultées selon leur forme et teneur et aussy entièrement quelles le contiennent. Et seront enregistrées dans notre Ausmosnerie au tiltre des oblations et fiefs. Donné en cette ville de Lisbonne le 30« de may. Manoel Gomez comis la escrit l'an de la naissance de N. S. J. C. 1646. Jean Pereite de Castelbranco la faict escrire. Signé Roy (a).
Texte 5.
Sans date (H79-H90) (6). Geoffroy, dit Barrai, vicomte de Marseille, donne à Clairvau.x une rente annuelle et perpétuelle de 20 livrea de poivre à prendre sur son droit de quintal. Il confère en outre à Vahhaye immunité complète pour son commerce sur le territoire de la république.
In nominesancte et indivjdue trinitatis. Quùm nunquàm res meliùs traduntur memorie quàm cùm laudabili thesauro scriplure mandantur, ego Barralis dei providenliâ Marsi-
(a) Liasse 197. Pièce J. Voy. la noie ci-dessus, page 397.
(6) J'ai déterminé celte dale d'après Gaufridi, Uist. de Provence. 1699. in-fo. p. 54, el H. Bouche, Chorographie, etc. in-f». 1664. t. i. p. 870, cl Pass\m.
— /lOi —
liensis domlnus notum fieri volo tàm prcsentibus qudm futuris quôd ego dedi fralribus Clarevallis et concessi eis in perpetmim tànipostmorlera nieam quàm in viia meâ .xx. libras piperis annuatim persolvendas in feslivilate beali Johaunis-Bapliste in jure de quintallo meo, sinjîulis annisrecipiendas, ut idem fralres mcmoriara meî habeanl et pro aniroabus patris mei et matris mee apud dominum intercédant. Item dedi eis et concessi ut ipsi libéré et absolutè res suas in orani terra meâ vendere et emere necessaria usui suo et ducere et reducere sine omni contradictione et exactione costumie possint. Et ut hoc ratura et immutabile in perpetuum habeatur, feci présentera cartam sigilli mei impressione muniri. Testes hujus reisunt Anfossus licius et Fulco filius ejus et Guillelmus Corcella et Caudola et Giraudus de orlo et Ansaudus mussus (o).
Texte 6.
Sans date (vers 1200) (6). Rocelin ou Roncelin frère et successeur de Barrai, confirme la donation précédente.
Innominesancte etindividuetrinitatis, Ego Rocelinus, dei providenliâMarsiliensis dominus, notura fieri volo tàm prcsentibus quàm futuris quôd elemosinam piperis quam pie memorie Barralis frater meus, xx" scilicet libras, fralribus Clarevallis anouatim dédit, ratarahabeo et firmam, staluens utsingulis annis predicto abbalie nuncio qui cartam présentera vel cartam fralris mei tulerit, absque ullà contradictione reddatur, ut idem fratres memoriam meî habeant et pro animabus patris mei et matris mee apud dominum intercédant. Et ut hoc ratura et immutabile in perpetuura habeatur, présentera cartam sigilli (c) mei impressione feci muniri (</).
(a) Le sceau manque. Voyez ci-dessus, page 255 : Musée sigilîaire. Carton vu, auquel appartient cette pièce.
(6) Voy. la note b; charte précédente, page 400.
(c) Ce sceau consiste en une bulle de plomb pendue à une double cordelette de chanvre. Face : un cavalier armé de l'épée et du bouclier (analogue à la gravure que donne Bouche, dans sa Ckorographie de Provence, t. i. page 869); légende : Sigillcm Rocelim — Revers : même figure ; légende : — vice comitis domi.m massil.
(d) Cette pièce est infichée à la précédente, et se trouve dans le même carton.
— /.02 — Texte 7.
1267. Bulle de Clément VII, à l'abbé de Montiéramey, tendant â forcer, s'il se peut, un certain J. Langlois, jadis maître de V œuvre de Saint-Urbain, à rendre compte des deniers qui lui ont été confiés pour cette destination.
Clemens episcopus servus servorum dei, dilecto filio abbati monasterii Aremarensis, Trecensis diocesis, salutem et apostolicam beoedictionera. Ex parte dilectorum fîliorum decani et capituli ecclesie sancti Urbani Trecensis, ad romanam ecclesiam nullo medio pertinentis, fuit propositum coràm nobis, quôd licet Johannes Anglicus, civis Trecensis, crucesignatus, quondàm magister fabrice ipsius ecclesie sancti Urbani, de pecuniâ operi ejusdem fabrice deputatâ usque ad summam decem millium et quingentarum librarum turonensium receperit, (ille tamen?) Johannes dictis decano et capitulo dehujus raodi summâ pecunie rationem reddere indebitè contradicit. Cùmque predicti decanus et capitulum eundem Johannem, super hoc, autoritate litterarum sedis apostolice, coràm Thesaurario ecclesie sancti Johannis Laudunensis trahissent in causam, veuerabilis frater noster Trecensis episcopus, asserens quôd crucesignalis regni Francie à sede est indultum eâdem ut quaradiù parati fuerint coràm ordinariis suis de se conquerentibus respoudere, convenire non possint per litteras sedis ipsiusque de indulto hujus modi plenam et expressam non fecerint mentionem, ad instantiam ipsius Johannis thesaurario predicto inhibuit ne in causa procederet memoralâ, sicque idem thesaurarius cause hujus modi supersedit. Quare predicti decanus et capitulum nobis humiliter supplicàrunt ut providere sibi super hoc paternâ soUicitudine curaremus. Quo circà discretioni tue per apostolica scripta mandamus quatinùs si tibi de piano et sine strepitu judicii consliterit ità esse, predictuni civem, quôd eisdem decano et capitulo de predictà pecuniâ rationem reddat et nichilominùs restituât eidem quod de predictà sumraâ non coiistiterit in utilitalem predicte ecclesie sancti Urbani légitime fuisse conversum, monitione premissà per censuram ecclesiasticam, appellalione reraotâ compellas; non obstantibus indulto hujus modi seu processu habifo coràm thesaurario dicto; dummodô coram 60 non sit ad litis contestationem privilcgiura sive indulgentia dicte sedis quâ clericis et laïcis civifalis Trecensis dicitur esse concessum, ut extra civitatem ipsam trahi non possint in causam perlilleras sedis ipsius que de indulgentiâ hujus modi plenam et expressam non fecerint mentionem. Datum Viterbii VII Kal. februarii, pontificalvis nostri anno secundo. Au dos est écrit : Conirà Johannem Anglicum qui débet reddere rationem de ir" et v^. lib—Abbas Aremarensis judex {a).
'a) Liassp I2G. Pii'CC K
- A03 — Texte 8.
1274. Vidimée en 1293. — Alphonse X, roi de Castille et de Léon, avait, en 1274, permis aux visiteurs de Clairvaux d'emmener de SCS états quatre bêtes de somme sans péage. Sanche IV. en 1293, confirme cet octroi. Il y ajoute le privilège d'emporter également soixante livres de mouton, pour leur consommation, et trois hanaps d'argent.
Sepan quantos esta carta vieren, como nos Don Sancho por la gracia de Dios Rey de Castilla, de Toledo, de Léon, de Galicia, de Sevilla, de Cordova, de Caliiz et del Algarbe, viemos una carta del Rey Don Alonso nuestro padre que Dios perdone, dio al Abbad et al convento de Claraval fecha en esta manera :
(t Don Alonzo por la gracia de Dios Rey de Castilla, de Léon, de Toledo, de Galicia, de Sevilla, de Cordova, de Murcia, de Jahen et del Algarbe, a todos los portadgueros et alos que guardan las sacas de nuestros Regnos et a quantos esta mi carta vieren, salud et gracia. Sepades que por fazer bien et merced alabad et al convento de Claraval tengo por bien que los visitadores de Claraval que vienen a visitar los raonasterios que ay en nuestro regno que son hijos de Claraval, que puedan sacar cada auo de nuestro regno quatro bestias entre rozines et bestias mulares en tal manera que lo saquen par Logrono una ver en el ano et non mas, et estas sin las bestias que ellos troxieren de fuera del Regno. Ende mando et defiendo que ninguno non sea osado de aquellas contrariar, ni de aquellas erabargar por paso de portadgo ni de sacaraiento del regno ni por otra ninguna cosa. Ca qualquier que lo fiziese al cuerpo et a quanto oviesse me tornaria por ello. Et porque sea creido, do les ende esta mi carta abierla y sellada con nuestro sello. Dada en Burgos, a nueve dias de febrero de mil trecientos y doze anos (a). Yo Gil Ferez la fiz escrevir por mandado del Rey. »
Et nos sobredicho Rey don Sancho por fazer bien y merced al abbad et al convento sobredicho de Claraval, confirmaroos esta carta et mandamos que les sea guardada segun sobredicho es. Et por les fazer mas merced, tenemos por bien que saquen de los nuestros regnos mas destas bestias sobredichas, sesenta libras de carneros, o la valia dellos, cada afio, por su despensa, y 1res taças de plata. Et sobre esto mandamos que las nuestras guardas de las sacas de las cosas vedadas que esta nuestra carta vieren, que los non embarguen ninguna cosa desto que sobredicho es, por saca ni por diezmo, ni por otra razon ninguna. Et esta carta non vala mas de una vegada cada ano. Y sea metida en el registro porque nos den ruenta por ella el non fagam ende al por ninguna manera. Et desto les mandamos dar esta nuestra caria enque escriviemos nuestro nombre con nuestra raano sellada
(a) Cette date ost celle de l'ère d'Espagne.
cou nuestro sellado colgado. Dada en Valladolit a veinte y seis dias de Abril de mil y Irecientos y Ireinta y un anos (a). — Nos EL Rey don Sancho (6).
Texte 9.
1307. Procès-verbal constatant Vinvasion à main armée de Vabhesse de N.-D -aux-Nonnains de Troyes, et de ses gens sur le territoire des Frères Jacobins.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront et orront Joiffroiz de Gondrecourt tabellions pour n" seigneur le roy à Troyes, salut. Saichent tuit que, à la requeste et supplication de religieuses personnes les frères prescheurs de Troyes, je fui presens ou lieu où religieuse personne Isabiaux de Sainct Fale, abbesse de Nostre-Dame-aux-Nonnains deTroyes, avecques lui monsieur Gui de Sainct Fale, chevaliers, son frère, et plurieus autres, liquel estoienl sergent et homme de la dicte abbaesse, à espées, à apoinçons, à hasches de noise, à besches, à fessoins et autres armes, le mercredi après la Trinité de l'an mil trois cens et sept, entrèrent ou pourpris desdiz frères, par la porte de devers la Tannerie, lequel pourpris lidit frère dient estre leur, parceque de tant de temps dont il nest mémoire, il ont tenu la clef de ladicte porte, si comme ils disoient, et un poncel enclos dedans le domoine desdiz frères, la dicte abbaesse avoans, et ledit monsieur commandant, Jehans diz li ostes, diz li lisserant, diz li trouuez, à grant mulelitude de gens de ladicte abbaese, circonstans, presens ledit chevalier, et les diz frères défendans de bouche, si comme il appartient à religieus ; abatirent et derrorapirent à armes. Et personnes, hommes et famés qui par pitié estoient venu veoir la force que Ion fesoit aux diz frères, furent gité au fossé, et à ce faire furent présent pour le veoir et regarder cinc cens personnes et plus. Derechief, le jeusdi après ensuient, moi présent et plurieus autres personnes cidessouz escriptes, leprevost deTroyes et plurieus de ses sergens appelez espéciaumcnt pour garder lesdiz frères de force et de violence, ladicte abbaesse et li diz monsieur Gui ses frères, à grant multitude de gens à armes, entrèrent le pourpris desdiz frères par les pertuis d'une paroiz qui enclost les diz frères, liquel pertuis avoient esté fait des gens de ladicte abbaesse le mercredi dessusdit et contre la volenlé desdiz frères, à force de gens firent un fossé en la closlure desdiz frères et rompirent et décopèrent à armes les treilles et gastèrent les courtillages desdiz frères. Et pour que ce soit ferme chose et véritable, je, en tesmoing des choses dessusdictes, ai scellé ces présenics lettres de monscel. A ces choses furent présenletlesmoingponr ce appelé espéciaument : Renauz Raguiers, Guillelms Boolet, Jacquot Couste, Jehe-
(o) Celle date est cgalcincnl celle de Tèrc d'Espagne. (b) D'aprrs une ropie informe du wnc s. Liasse 184.
— Zi05 —
pins lo ber, diz do la cour; Jehansde Gondrecourt; Maislre Diirans do, Trichaslcl; Monsieur Anchiez de Gondrecourt, clerc; Guyol de Miauz; Jehans 11 barbiers, de la rue Notre- Dame ; Jacquc le François ; Jehan Lachièvre ; Tliiébaus d'Angleure, serjjenl de Troyes; Guiotlefrepier; Jehan Galimart, prévostde Troyes; FelisoDovion; Jaquinot, son fils; Jehan Jhesus; Gauthier de Sacey et plurieus autres, liquel furent présent à toutes les choses dessus dictes. Ce fut lail l'an de grâce dessusdict le samedi après la Trinité (a).
Texte tO.
1359. nenri de Poitiers, évêquc de Troyes, donne au chapitre les étaux qui entouraient la cathédrale ducqlédc lame.
Uenricusdeigratiâ episcopus Treconsis dilectis in Chrislo
filiis decano et capilulo ecclesie Trecensis sponse nostre,
salutem in domino sempiternam. Cùm nos et predecessores
uostri olim habuerimus quedam stalla in quibusolim vendi
solebant panes, quorum stallorum major pars corruerat et
ad aream erat redacta, juxtà ecclesiam nostram, scilicet inter
ipsara ecclesiam etpavimenlum seu viara publicam exlati-
titudine, et inter portale dicle ecclesie quod est juxtà pavi-
menlum, ex parte unà, ellicias dicle ecclesie, ex altéra, in
longitudine, siluata, queeciàrastalla, vidilicet,illa pars que
adhûc stabat, ruynam minabatur et maximis refectionibus in-
digebat et que à mullis retroactis temporibus predecessori-
bus nostris nichil commodi attulerant necnobis afferebant,
yraô erant nobis quam plurimùm inutilia et eciàm onerosa,
plusqueincommodi quàm commodi nobis afferebant et in fu-
turum afferre verisirailitèr tiraebantur, nos insuper atten-
dentes quôd eadem stalla vobis et ecclesie nostre predicte
utilia et necessaria existunt ; maxime, quia dicta stalla lumi-
nibus et verreriis cappellarum dicte ecclesie eisdem stallis
contiguarum adèo nocenl etofflciunt quôd sacerdotes, in al-
taribusdictarum ecclesiarum célébrantes, in divinis impe-
diuutur, quôdque stillicidium et aqua pluvialis de super
dicta stalla dirivata fondamonta dictarum capellarum des-
truit hujusmodi fondaraenta concavando et eciàm putrefa-
ciendo : Hinc est quôd premissanos diligenter considérantes
et attendentes, habita super hiis diligenti et maturâ delibe-
ratione cum consiliariis et offîciariis nostris, nec nonfabris,
videlicet : lathomis, carpentaroribus et coopertoribus juratis
nostris, predictas causas fore veras asserenlibuset nobis re-
ferentibus, considérantes eciàm evidentem utilitatera tàm nos-
trîquempredicleecclesienostreetsuccessorumnostrorum et
quôd eciàm redditus et bona episcopatùs nostri per predones
et inimicos regni adeô sunt diminuta quôd ad sustincndum
stalumnostnimetadreficiendaetrcparandadoraosetedificia
dicti nostri episcopatùs per predones et inimicos dicti regni
nupèr combusta, nequaquàm sufficiunt seu sufficere possunt ;
(a) Liasse 357.
idcircô, consideralis premissis et aliis que nos movere poterant et debebant, predicta stalla prout protenduntur et in longum et in latum se comportant, nostro et successorum Dostrorum nominibus, vobis decano et capitulo ac ecclesie nostre predicteadrequestam et supplicationem vestrampietatis intuitii concessimus concedimus, etdonamus perpétue jurepossidenda et tenenda; nos ex nunc devestienles, etc. — Proviso taraen quôd in dicta plateâ, sive loco, ubi fuerunt dicta stalla, non construantur, sivè fiant talia edificîa aut taies donius anlè fenestras dictarum capellarum que luminibus earumdem aut ecclesie predicte possint offlcere vel nocere; promittenfes, etc.; renunciantes, etc., etc. Datum Trecis die Martis anlè festum Ascensionis Domini. Anno ejusdem 81° ccc l" ix» {a).
. Texte 11.
1442. Transcrit en J449. Procès-verbal de Visitation faite dans Vabbaye de N.-D.-aux-Nonnains, par Jean Lesguisé, êi'êque de Troyes.
A toux ceux qui ces présentes lettres verront, Ant. Guerry, etc., etc., prévost de Troyes et garde du scel de ladicte prévosté, salut. Savoir faisons que l'an de grâce 1449, le 21^ jour d'avril après Pasques, en présence de Jehan Thevenin et Jehan de Lutel, clercs, notaires, jurez et establis ad ce faire en ladicte prévosté de par le roy notre sire, se comparut révérend père en Dieu, Monseig^ M^ Jehan Lesguisié, évesques de Troyes, par lequel fut raonstré et exhibé ausdits notaires ung livre escript en parchemin quil disoit estre le livre et cartulaire des Chartres et lectres appartenant audit évesché; au commencement du quel livre est escrit Eufienius episcopus. Près de la fin du quel livre estoit et est contenu ung article faisant le registre de certaine Visitation et réformation faicte par ledict révérend oii monastère deNostre-D.aux-Nonnains de Troyes, comme il disoit, le quel registre et article, iceulx notaires virent, teinrent et leurent de mol à mot contenant la forme qui sensuit :
» Sequitur modus visilationis ac rcformacionis facte per dominum episcopum in monasterio béate Marie ad Moniales Trecensis. — Anno domini rao. cccc. xl. ij" mensis verô julii, dieduodecimâ, Rev. in Ch" Pat. dominus Johannes, miseratione divinâ Trecensis episcopus accessit ad monasterium Béate Marie ad Moniales Trecensis causa reformandi idem monasterium. Eo autem veniente, ad ingressum majoris porte ecclesie, abbatissa et moniales venerunt ei obviàm cum magnû humililate, cl factâ oracione anlè majus altare, tandem ingressus est capilulum ejusdem monàsterii unà cum venerabili et venorando paire domino abbato monas-
(a) Liasse 39, pièce C.
terii Celle, nec non nia}:fislrls Slephano Colin officiali, Stéphane Grappin archidiacono sancte Margarite, domino Petro Munerii decano christianilatis Marif^niaci, eanini monialiim confessore, et domino PetroGracialis presbitero. El tune idem rêver, pater exposuil prefalis abbatisseet monialibus qualiler, per mensem ante vel circiter, ipse similitèr causa reforniacionis unà cum supradictis, derapto domino abbate supradicto, fueral in dicto monasterio, co quôd quedam ex ipsis monialibus erant inobedientes ac rebelles sue abbatisse, et quandô ipsa volebat eis imponere aliquam pe- Ditenciam, dùm casus exigebat, ille respondebant quôd nichil facerenl, ymô, et quod deleriès erat, quandô predictis abatissa volebat imponere aliquam penam q^uibusdam etiàm junioribus monialibus secundùm regxilam suam, due vel très ex majoribus et anliquioribus dicebant sibi quôd ille juniores nichil de injunctis facerent et quôd ipsa volebat et nitebatureis imponere nova et insolita onera et introducere Dovum modutn eas tenendi et corrigendi et quôd non palerentur ista. Dicebat et insuper idem reverendus pater quôd tune ad ejus noliciam devenerat quôd dicte moniales fréquenter non cantabanlMatutinas et quôd in ceterishoriset divinis officiis erant négligentes et muitùm deflcienles; nàm quandoquè priorissa exspeclabat eas per dimidiam horam post pulsura campane sue et quandô milebat pro eis, sepiùs non curabant venire et maxime quandô cum eis erant aliqul earum parentes et alii ociosi juvenes, qui cum eis vana et inutilia loquebantur. Sed et adhuc dicebat tune idem reverendus quôd erat mullùm malecontentus de eo quôd ità fréquenter ibanlper villam discurrendo etvagando eciàm sine magnâ suî vel ejusdem monasterii utilitate, quôdque earum monasterium erat nimiùm commune et patens bominibus vagis et discolis qui fréquenter vanilatis gratiâ illùc accedebant et proptoreà idem rêver, comminatus est eis, sicut priùs fecerat, quôd nisi circà providerent, ipse includeret eas, prout volunt ac precipiunt sacre canonice sanctiones. Dicebat consequentèr idem rêver, pater quôd rursùs ad ejus noticiam devenerat quôd prefate moniales, postprediclam visitationemac reformacionem, adhùcmagis quàm antè erant sue abbatisse inobedientes atque rebelles et quôd insupèr erant mirabilitèr elate tàm in gestu quàm in habitu et in verbis, et nichil in eis erat religionis nec devocionis, et proptereà narratis ac exposilis benè ad longum earumdem monialum egressibus et forefaclis, tàm in generali quàm in particulari, tandem ipse reverendus pater, habito maturo et digesto consilio cum notabilibus viris hiijus civitatis, dixit et ordinavit quôd extunc illud monasterium clauderetur et quôd manerent eedcm moniales clause et firmate, sicut in pluribus monasteriis monialium reformatis observatur; et quia talis clausura non polest tieri sine raagnis sumptibus, ipse ordinavit quôd de septuagintalibris turon. annue pensionis quas eedem moniales consueverunt annualim accipere in ecclesiâ sancti Johannis-in-foro, nichil à modo reciperenl
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donec dicla clausura perficeretur. Et insuper quatuor earundem monialium que causam et fomenlum prestiterant predicte rebellioni gravera imposuit penitenciam. Sed et aller! earum, que vocatur soror Ralherina de Coursan quia maxime dederat céleris exeraplum malè obediendi, quôdque mulla scandalosa fecerat de quibus non fueralcondignè pugnila, dorainus supradietus precepit sub cerlis magnis pénis quôd infrà finem hujus mensis Iransferrel se ipsam ad mouasterium de Paraclilo hujus diocesis. Hiis aulem sic et ampliùs quàm diclum est exposilis, prefale moniales, cum lacriniis el ejulatu magno et genibus flexis, ceperunl rogare dominura quatenùs dignarelur làm durara sentenciam seu ordinatiouem miligare; el cùm pro nimio fletu loqui non possenl, supradietus abbas monasterii Celle causam illarum accepil, rogans et supplicans quatenùs vellel dominus revocare dictam ordinationem de clausura supradicli monasterii et quôd vellel prefatis monialibus dare et facere aliquas ordinaliones, restringendo scilicet eas à nimià extra monaslerium ambulalione seu vagacione el à nimiâ ejusdem monasterii hominum frequentatione. Et insupèr supplicavit idem dominus abbas quatenùs supradietus reverendus vellel eciàm revocare sentenciam translationis latam contra prediclam sororem Kalharinam, promittens ejus nomine quôd de cetero ità humilitèr, ethonestè, ac religiosè se ipsam gererel, quôd meritô idem rêver, de ipsius regimine contentarelur. Siraililèr dominus archidiaconus supradietus supplicavit ad idem pro eisdem monialibus. Quibus prefalus dom. episcopus responditquôd jàra pluriès eis pepercerat et quôd nimis mollitèr ergà eas egerat et proptereà conterapnentes sua precepta et rnonita, ad mulla illicita facte fuerant procliviores ; addens quôd illud quod ipse in hâc materiâ faciebal, fueral inter plures notabiles viros Iractatum, digestum et conclusum, tanquàm earumdem monialium animabus saluberrimum et eidem monasterio honestissimum. Sed nichilominùs cùm supradicli àsuissupplicalionibus minime désistèrent, tandem prefalus révérend, non tamen revocando sed solùm restringendo sua predicta appunctuamenta, acquievil prediclorum dominorum abbatis et archidiaconi supplicationi, désistons pro tune à dicta clausura, tali tamen adhibito moderamine, quôd ipse darel in scriptis aliquas ordinaliones admagis restringendumet regulandum dictas moniales, quas si non servarenf, asserebal se processurum ad executionem dicte clausure el insuper translationem factara de diclA sorore KalherniA de Cour.san ad monasterium de Paraclito, ipse pro presenti suspendit donec videat quomodo et quàm religiosè ac lioneslè se à modo gubernabit dicta soror; el nichilominùs pro suis culpis injunxit ei sicut et quibusdam aliis, jejunareunam diem veneris el dicerc unum psalterium de beatâ MariA. Insuper profatus reverendus ordinavil quôd à modo supradiclc moniales non itû scpô veneant ad proccssiones générales, sicut vcnire consuevorani, cùm niagis voniant ad pompam cl suî ostentalionem quàm
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ad devolioncm.Seddixitquôdaliquantlô easmandabit voniro et quandoquù cas pietorinitet. Quiet poslremô injunxiteis qualinùscircà oriialum suorumcapituni non sicintenderent, sicutpriùsfatiebant, sodquôd porlarcnthabitiim humilemet talein qualem tune habebanl in suâ prescncià. Quod etfacere promiserunt. Et addidit idem reverendus qiiôd si perciperet vel audiret, quôd ille priorcm suorum capittim ornatuni, qui nimiselalus erat, résumèrent, ipse ampliùs eas non vocatet ad générales processioues. Dicens insuper quôd nisi meliùs solito facerent divinum servicium, ipse, in tante negligencie et contemptùs penam, faceret arestare illam pensionem quam accipiunt in eccIesiA sancli Johannis-inforo. Quibus omnibus peractisdominus recessit, veniens cum suis genlibusindorauni suam. — Ainsi signé'G. Viczville. » Lequel article ou registre dicelle Visitation dessus Iranscripte eu présence desdits notaires et à requesledicelui monseigneur l'évesque, rév. p. en Dieu M* Jeban Rolin, abbé do l'éjzlise et monastère de Monstier-la-Celle-lez-Troyes, M* Estienne Colin, licencié en décrel, chanoine et officiai dudit Troyes et Maislre Estienne Grappin aussi licencié en décret et chanoine dudit Troyes, virent, tinrent et visitèrent et après certiffièrent et affirmèrent, c'est assavoir ledit abbé par le vœu do sa religion et lesdicts officiai et Grappin en parole de presbstre, la main mise au pied, qu'ils avoient et ont esté présents ou chappitre dudit monastère, avec ledict révérend à faire et exercer ladicle Visitation et réformation, etc., etc. (a).
Texte 1».
1448. Information sur le cas de Marguerite de Grevan, religieuse de N.-D.-aux-Nonnains.
Sachent tous que jeFrancoys Lepeuvrier, prebstre, bache- 1er en décret et chanoine de Troyes, certiffie à tous que par le commandement et ordonnance du révérend père en Dieu Mgr levesque de Troyes, ou moys doctobre darrain (dernier) passé, je me transportay en la ville d'Arnel-le-Duc, ou diocèse d'Ostun, pour illec savoir et enquérir la vérité sur ce que on disoit que seur Huguettc de Baissey, trésourière, et seur Margueritte de Grevant, religieuse du monastère de Nostre-Dame-aux-Nonnains dud. Troyes, sestoient fait mener et avoyent esté navoit guères en lad. ville d'Arnel-le- Duc, et illec lad. seur Margueritte, qui estoit grosse denfant, avoit laissé son habit de religion, et par le conseil et advis de lad. trésourière sa tante, avoit prins habit de femme séculière, et depuis avoit géu et acouché d'enfant aud. Arnel, dont il estoit grant rumeur aud. Troyes; et oud. moys doctobre, la veille de la fesle de Saint-Luc, esvangeliste, je arrivay aud. Arnel et fuz loge/. A l'enseigne de la Cotironne, et le soir
(a) Liasse 385.