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flammatoires malignes, les refroidissements, les douleurs rhumatismales, ou goutteuses, les maladies provenantde fatigue. Les morsures des serpents des scorpions et de tous les animaux venimeux sont traitées par la Liane de l'étoile, dont l'écorce fraiche est appliquée topiquement sur la blessure. On s'en est aussi servi pour déguiser les mauvaises odeurs, et dans les odontalgies.
On peut employer la plante : en poudre, en infusion, décoction, eau distillée, extrait aqueux, teinture, vinaigre, etc., etc.
Pour chaque dose, toujours d’après Ruiz, on prend une poignée de racines ou de tiges fraîches, on les fait bouillir dans l’eau, en couvrant le vase, pendant quatre à six heures et on prend la décoction chaude. Une transpiration abondante fait rapidement cesser les douleurs. En cas d’insuccès, on peut recommencer deux ou trois fois sans inconvénient.
Les analyses qu’on a faites de cette drogue y ont montré la présence d’une résine qui semble être la partie active: Albert donne : principe résineux, camphré, huile, acide pyroligneux, traces d'acide gallique, matière colorante jaune, extractif. D’autres y indiquent; huile essentielle, tannin, principe amer, gomme, amidon, sels ‘. Ces analyses auraient besoin d’être reprises.
En somme, c’est un stimulant actif, un sudorifique probablement puissant, Ilfaut évidemment beaucoup rabatire des propriétés qu'on lui attribue, mais c’est une des Aristoloches dont les vertus stimulantes semblent le mieux établies, un Guaco du groupe des Mil-homens, bien qu’elle ne porte pas ce dernier nom. Aucune expérience scientifique sérieusen’ayant
epuis Ruiz été faite sur elle, il faut la signaler à l’aitention des chimistes et des médecins.
! Nueva farmacopea mexicana, p.67.
À. punctata Lamk., Encycl., I, p. 253; — Descourtülz, Etirmeddes Ant 3Ppiu9335;,utab: 1295; —"DuchWProdr., XV, p. 463
A. folio cordiformi flore longissimo atropurpureo radice repente Plumier, Catal., p. 5(ex Duch.); Plant. améric., éd. Burmann, p. 24, t. 34, — Tournefort, Institut. p., 163.
Howardia punctata Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 622.
Saint-Domingue.
Longue de 2 pieds, épaisse de 1 pouce 1/2, rameuse, noirâtre et ridée en dehors, jaunâtre en dedans, pivotante ; tige de la grosseur d’une plume d’oie, et divisée en rameaux nombreux, longs et menus, qui s’entortillent autour des arbres voisins (Descourtilz). La fleur, d’après la figure de Descourtilz, est tubuleuse et terminée par une longue languette.
La plante jouit d'une grande réputation aux Antilles, comme alexitère. Descourtilz dit qu’on la met sans cesse à l'épreuve. Elle est excitante, emménagogue, fébrifuge ‘. Les nègres s’en servent pour déterger les vieux ulcères. On l’emploie en décoction et topiquement.
A.anguicida L. Spec., éd. II,tom ?, p. 1362 ; — Jacq. Amér, p. 232, t. 144; —Willd., Spec., IV, pars I, p. 156. — H. B.K., Nov. gen., p. 116 ; —Descourtilz, Fl. méd. Ant, III, . p. 235 ; tab. 202 ; — Lamk., Encycl., I, p. 253.
A. mexicana, folio acutiore Moris. Hist. plant., p. 509, n-tab: 17, n°17.
Howardia anguicida Klotzsch, Monatsb., p. 611.
Noms vulgaires: Guaco. — Herbe aux serpents. — Mort aux serpents. — Manarou. — Liane à corbillon. — Apinel?. — Yabacani. — Contra capitan. — Snake poison.
1 Mérat et de Lens, Diction.
2 Le nom d’Apinel, que Lamarck attribue à cette plante, est celui d'un
Habitat: on la trouve aux Antilles et sur la côte américaine voisine, depuis le Mexique jusqu’au Brésil, mais signa. lée surtout dans la Nouvelle-Grenade et dans les bois, autour du port de Carthagène.
Liane grimpante de 10 à 12 pieds, à racines cylindriques et rameuses, recouvertes d'une écorce subéreuse foncée, et contenant une pulpe d’odeur fétide et de couleur rougeûtre, imprégnée d’un liquide coloré, amer. La tige jeune est verte, striée. Plus tard, elle possède une écorce subéreuse assez épaisse. Elle est volubile et grêle. La figure de Jacquin montre une souche d’où partent des branches subéreuses. La figure de Plenck (t. 652) ressemble à celle de Jacquin. Celle de Descourtilz est fort médiocre. Celle dela Flore des serres, (IV, 344) est bonne et montre bien la fleur solitaire, longuement pédonculée, jaune à stries rouge brun, longue de 3-5 cent., à utricule globuleux, à languette atténuée depuis la base, et un peu plus longue que le tube lui-même. La forme générale rappelle assez la fleur de notre A. Clematilis.
L'A.anguicida est une des espèces dont on a le plus haut chanté les louanges. Jacquin et bien d’autres après lui en ont fait un incomparable antidote de la morsure des serpents. Les jongleurs, d’après lui, stupéfient les serpents en leur mettant quelques gouttes du suc dans la bouche et peuvent ensuite les manier impunément. Il suffirait de se frotter les pieds et les mains avec la plante pour pouvoir saisir le serpent sans danger, et, si celui-ci vient à mordre la racine qu'on lui présente au bout d’un bâton, il ne tarde pas à mourir. Est-on piqué par un serpent venimeux, on emploie le remède intus et extra, en topique sur la blessure, en décoction à l’intérieur. Ici les formules varient un peu, mais géné-
capitaine de cavalerie qui en rapporta la première racine en Europe (Lamk., Encycl., p. 210).
ralement, ainsi que le fait fort justement remarquer Rufz', le suc de la racine est accompagné de force tafia, ou de rhum. |
Descourtilz confirme les dires de Jacquin et dit avoir neutralisé en peu d’instants « le virus venimeux introduit par la piqûre dangereuse des araignées-crabes, des scorpions, des scolopendres et de l’araignée à cul rouge, espèce de tarentule qui avait excité de vives douleurs et plusieurs accidents propres aux substances vénéneuses. » Tout cela n’équivaut pas à une morsure de Crotale ou de Fer-de-lance! Ces récits exi-
geraient une étude scientifique qui fit la part du vrai et du faux”.
Rufz dit d’ailleurs que la Liane à serpent a bien perdu aujourd’hui de sa réputation. Elle est surtout employée comme adjuvant dans certains antidotes, mais elle n’en constitue plus l'élément principal. Tout en rendant justice à la bonne foi des auteurs qui ont exalté l'A. anguicida, comme le P. Labat ou le P. Dutertre, etc. il pense qu’ils se sont parfois montrés trop crédules, et cite maints exemples de fourberie flagrante des charmeurs de serpents.
La décoction des diverses parties serait un antisyphilitique et un emménagogue puissant (Duchartre). Les racines en particulier seraient employées dans les céphalées rebelles et les tumeurs vénériennes (Descourtilz). On l’a même dite
aphrodisiaque.
Dose : 1 ou 2 poignées de feuilles ou tiges en infusion, — ou bien 25 à 40 gouttes de teinture alcoolique, — ou encore
3 à 4 grammes d'extrait.
1 Rufz, Enquête sur les serpents de la Martinique, p. 126-129, etc.
2 Il se peut fort bien que les serpents soient très désagréablement impressionnés par l'odeur de la plante fraîche, odeur qui, paraît-il, est fort repoussante. « Odor totius plantæ nauseosus est ac ingratus », dit Jacquin (loc. cit.) « Radices..... ..medullam habent albicantem, plenam succo aurantio, amaro, nauseoso et fœtido... »
On croit, dit M. Naudint, que cette espèce est le Guaco des habitants de la Colombie. Le nom de Guaco s’applique, on le sait, à bien des plantes. Celle-ci en est peut-être une. En tout cas, elle a les propriétés des Guacos. Mais je ne lai vue nulle part indiquée sous ce nom et n’en ai trouvé d’échantillon dans aucun droguier.
La plante a été introduite en Europe à Kew, par Purdie, vers 1845. On la cultive dans les serres comme les Passi-
flores.
A. Claussenii Duch., Tentam., Ann. sc. nat.,sér. 4, t.2, p- 57; Prodr... XV, p.466:
Claussen l’a récoltée au Brésil, dans la province des Mines, où on la nomme Jarrinha do Campo.
Rien de particulier à en dire. Aucune propriété spéciale. Je ne la cite que pour son nom vulgaire de Jarrinha, qui s’applique à divers Guacos,
A. tenera Pohl, Msc. in herb. Vindob. (ex Duch) ;, — Duch., Prodr., XV, p. 466.
Vulgairement nommée Matos par les Néo-Granadins, cette plante est, je crois, celle dont Gaillard a rapporté les racines de la région du Haut Orénoque.Ces racines filipenduliformes ont été décrites page, 136.
Les tiges sont faibles, ligneuses en bas, à rameaux grêles. longs, diffus.
Elle habite la province de Bogota, où Triana l'indique à 300 mètres d'altitude, dans les Llanos de San-Martin. Pohl désigne Buccaira et l'étiquette de Gaillard porte Puerto Zamuro.
La plante est intéressante, car elle est employée, dit-on,
(*) Naudin et von Mueller, Manuel de l'acclimateur, p. 143.
journellement par les indigènes contre la morsure des serpents et aussi comme stomachique.
La légende veut qu'un petit mammifère nommé Matos se
guérisse des morsures des serpents en mangeant ces tubercules *.
À. filipendulina Duch., Tentam., p. 70 ; — Prodr.XV, p. 466.
La plante est grêle et volubile : elle est remarquable surtout par les renflements tuberculeux de ses racines qui lui ont valu son. nom significatif. Ces renflements sont ovoides, ou plus souent turbinés, aplatis à la partie supérieure, effilés en bas de 1 à 3 cent. de longueur sur 8 à 15 mm. de diamètre, de couleur noirâtre.
Elle habite le Brésil central, où les indigènes la nomment Batatinha ou Jarrinha et l’emploient souvent comme purgatif (Duch.).
A. cymbifera Mart. et Zucc., Nov. Gen. et Spec., I, p. 75, t. 49; — Duch., Prodr., XV, p. 469.
Howardia Brasiliensis Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 608 (nec Mart. et Zucc.).
Duchartre en admet trois variétés :
æ. LABIOSA.
A. labiosa Ker, Bot. Reg., 1828, t. 689; — Sertum botanicum de van Geel, classe XX.
B. GENUINA:
A. grandiflora Gomez, Obst. bot, med.(1803) pars IT, p. 14, t. 3 (ex Duch.).
À. cymbifera Mart. et Zucc., loc. cit.
A. labiosa Sims, Bot. Magaz.,t. 2545 (ex Duch.) (nec Ker).
1 Voy. Bocquillon-Limousin, Les plantes alexitères d'Amérique, p. 1—1891.
A.orbiculata Vell., F1. flumin., 9, t. 96(ex Duch.). A. galeatea Moritzi, Syst. Verzeich., p. 70 (ex Duch.) (nec
Mart. et Zucc.).
A. hyperborea Paxt., Mag. of Bot., 6, p. 53 (ex Duch.).
y. ABBREVIATA.
A. abbreviata Mart., Msc., in Herb. (ex Duch.).
Pour cette espèce et pour les trois suivantes, Duchartre montre que Klotzch a fait un imbroglio de synonymie.
Noms vulgaires. Le type se nomme Jarra, Papo de Perü, etc. Toutes les variétés sont des Mil-homens.
La var. « labiosa, dont beaucoup d’auteurs font une espèce, est une plante dont le Sertum botanicum, publié par van Geel, donne une belle figure. La fleur, de forme étrange, est très grande, avec un énorme labelle moucheté de noir et de marron sur fond jaune clair.
Les feuilles arrondies, cordées, ont une nervation particulière que l'on retrouve d’ailleurs dans plusieurs espèces voisines: deux nervures saillantes se détachent de la base et accompagnent presque parallèlement la nervure médiane, tandis que les autres nervures divergent. Decaisne a étudié cette espèce au point de vue anatomique, dans son mémoire sur les LARDIZABALÉES ‘ ; elle a la structure ordinaire des Aristoloches. Le suc frais de l’écorce a, dit-on, l'odeur très forte du lierre terrestre.
Quand à la var. 8 genuina, elle a été souvent décrite, car c'est une forme importante, type de l'espèce ettype des plantes qui fournissent à la matière médicale le produit très connu sous le nom de Mil-homens.
Plante glabre, sarmenteuse, très grande. Tige volubile,
1 Archives du Muséum, 1839, p. 152 et suiv.
dépassant, dit-on, les arbres les plus élevés. A l’étai jeune, cette tige est lisse et striée, plus tard elle se recouvre d'un suber épais et crevassé ; cette tige, cylindrique ou aplatie, atteignant 3 cent. de diamètre, a été décrite, page 72, ainsi que les racines : structure typique des Aristoloches ; le bois en particulier est tout à fait caractérisé. Les pores en sont larges et permettent d'aspirer de l’eau. Feuilles grandes, arrondies, réniformes, cordées, obtuses, avec un sinus profond, séparant deux grandes auricules. À la base, pseudo-stipules axillaires, subscarieuses, réniformes, solitaires où géminées.
Fleurs très grandes (22 cent.), bien représentées dans la belle figure de Martius, reproduite (à l'envers) dans le Sertum botanicum de Van Geel; long pédoncule vert; utricule très gros renflé, inéquilatéral ; puis vient un tube réfracté, et le limbe bilabié, à lèvre supérieure relativement petite et étroite, à lèvre inférieure longue et large, d'abord concave, puis un peu rétrécie, puis enfin largement étalée el cordée à lextrémité. Extérieurement, couleur brune avec des nervures foncées ; intérieurement, plus jaune, avec des nervures et des mouchetures très nettes. La forme de cette fleur explique jusqu’à un certain point le nom vulgaire de Papo de peru (jabot de dindon) donné à la plante dans le pays, à Alagoa, Pernambouc, etc. Capsule anguleuse ; odeur de la fleur toujours détestable; comparable pour les uns à la vulvaire, pour les autres à la viande et au poisson corrompu, aussi attire-t-elle beaucoup les mouches de la viande : c’est essentiellement une Sapromiophile. L'odeur des autres parties est rutacée et se conserve longtemps, même sur les vieux échantillons ; on la retrouve à la coupe et au grattage, mais moins mauvaises que les auteurs ne l'indiquent pour le frais, non nauséeuse, plutôt aromatique, mais franchement aristolochique. La saveur est âcre, amère, aromatique, un peu camphrée, fort désagréable.
L'espèce est brésilienne, et habite surtout la province de | 25
Saint-Paul et les environs de Rio. Elle pousse dans les haies ombragées.
Cette drogue, fort employée au siècle dernier avait, paraitil, disparu des marchés européens ; sa réapparition a été signalée récemment en Allemagne ".
Les usages sont ceux des Guacos en général: la plante est, en effet, emménagogue, antiseptique, diaphorétique, excitante, tonique et détersive, souvent employée dans le pays contre les morsures des serpents, les fièvres nerveuses et intermit-" tentes, les hydropisies, l'impuissance, les ulcères malins, les maladies utérines, les paralysies, les dyspepsies, etc., etc. La racine fraîche est, dit-on, toxique. D’après d’Almeida, la fleur a des propriétés abstersives. Il assure que les fumigations de la plante ont une action sur les hernies scrotales qu’elles font diminuer (?). D’après Butte, on obtiendrait de très bons effets des lotions sur les eczémas presque secs, avec prurit.
On emploie la poudre, la décoction, l’infusion et aussi le suc des feuilles..
M. Butte? a fait sur cette plante quelques expériences, dont voici les résultats:
L’intoxication a, chez les animaux, deux périodes :
1° Agitation, vomissements et diarrhée;
2° Somnolence, affaiblissement, paralysie motrice absolue, arrêt de la respiration avant l’arrêt du cœur.
Dans labolition du pouvoir sensitif et moteur, l’action est centrale et non spéciale sur le nerf.
‘Jahresberichl der Pharmacognosie, 1887, p.44, — Chemiker Zeitung, l8874 p.319:
? Recherches expérimentales sur l'action physiologique et thérapeutique de * l'extrailaqueux du Guaco, (A. cymbifera),(Journal des nouveaux remèdes, 1889) p. 460,
La contractilité musculaire diminue de force, mais se maintient longtemps après la mort.
La respiration est excitée, puis ralentie. À dose massive, elle s'arrête rapidement.
Le nombre des battements du cœur diminue chez les batraciens ; chez les mammifères, il augmente, l'amplitude diminue, la pression intra-veineuse baisse peu à peu. Nausées, vomissements, diarrhée, qui, si la dose est forte, devientsanguinolente, mort avec lésions intestinales, surtout sur l'intestin grêle.
Reins congestionnés ; l'urine contient de l’albumine et quelquefois des hématies. |
La nutrition subit un ralentissement général, mais l’action en définitive a lieu surtout sur le tube digestif et le système nerveux.
M. Butte n’a pu isoler ni alcaloïde ni glucosine, mais seulement (1888) une substance résineuse dont les propriétés sont analogues à celle de l’extrait aqueux et qui constitue probablement la partie active. C’est l'analyse la plus récente.
A. galeata ‘ Mart. et Zucc., Nov. gen et spec., p. 76, tab. 50.;— Duch., Prodr., XV, p. 470.
Howardia cymbifera Klotzsch, Monatsb. p. 609.
Cette belle espèce, dont Martius donne une très remarquable figure, habite au Brésil la province de Miñas Geraès, dans
4 C’est à cette espèce qu'il faut rapporter très probablement la plante dont M. Ant. Gomez d'Azevedo Sampaio de Saint-Paul (Brésil) a envoyé des échantillons à l'Ecole de pharmacie de Paris; dans la lettre qui accompagne l'envoi, on lit : « Mil-homens, Aristolochiacées ; liane intéressante qu'on utilise comme tonique et antispasmodique en la dénommant, les uns Abutua fedorenta (puante), d’autres Milhomens ». Cet envoi contenait, outre des feuilles et une fleur que j'ai pu voir, des fruits et des tiges minces ‘que je n’ai pu à mon grand regret retrouver, pour les comparer au Mil-homens du cymbifera.
Le nom d'Abutua fait confusion avec certaines Ménispermées.
les parties chaudes. Elle a une fleur de forme originale, et est en somme très voisine du cymbifera dont la rapprochent en particulier les organes végétatifs. Les tiges étant pareilles à celles du cymbifera, il est probable qu’elle constitue aussi un Mil-homens bien que la chose ne soit pas indiquée; le hois du galeata à la structure typique décrite p. 16.
Les feuilles sont cordées, et en général très arrondies, mais on en trouve de forme différente. (Herb. Mus., etc).
A. Brasiliensis Mart. et Zucc., Nov. gen et spec. I, 77; — Duch., Prodr., XV, p. 471.
A. ringens Link et Otto, Ic. plant. select., 1, p. 33, t. 13 (ex Duch).
Howardia galeata Klotzsch, Monatsb.,p. 608.
Vejugo, Mil-homens.
L'espèce est fort voisine des A. cymbifera et galeata. Il est donc probable que certains échantillons de Mil-homens doivent lui être rapportés, mais la chose est impossible à affirmer tant que les échantillons botaniques n’accompagneront pas la drogue.
La plante habite le Brésil, dans la province des Mines, près de Saint-Sébastien, à Bahia, etc. C’est l'Ambuiaembo de Marcgraff ‘. Weddel, qui cite Duchartre, dit que les Brésiliens appellent cette plante Vejugo (ce nom signifie simplement Liane), el s’en servent comme d’un remède certain contre la morsure des serpents.
C’est là certainement un Mil-homens.
À. ringens Vahl, Symbol. bot., 3 p. 99; — Jacq., Coll.,5, tab.4 fig. ? (ex Duch.), — Willd, Spec., t. IV, pars I, p. 155
! ist, des pl p.15, chirx.
(excl.syn. Pison) ; — Mart., Nov. gen. et spec., I, p. 71; —H.
B: K. Nov. gen. el spec., p. 117%; — Duch., Prodr., XV, p. 471.
A. grandiflora Vahl, Symbol. bot., 2, p. 94, f. 47.
Howardia ringens Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 607.
Noms vulgaires : Racine du soleil. — Vejugo carare (Colombie). — Mil-homens (Portugais).
Cette espèce est très voisine des A. cymbifera, galeata et Brasiliensis. Elle leurressembleen particulier beaucoup parles caractères végétatifs, en sorte que l’origine des drogues du groupe cymbifera est difficile à préciser. Fleur à très long pédoncule ; utricule ovoïde ; tube réfracté ; deux lèvres dont la supérieure lancéolée et l’inférieure spatulée, étroite en bas et dilatée en une petite lame ovale obtuse. Cette fleur est veinée
de pourpre, pâle sur l’utricule et le tube, pourpre sale sur le limbe surtout sur la lèvre inférieure.
Elle habite les Antilles, et les parties voisines du continent, la Colombie (Triana), le Vénézuéla (Linden). Humboldt et Bon: pland lindiquent dans la Province de Caracas, près de Buenavistaet de Los Teques, à 840 mètres d'altitude, dans la région tempérée. Ils la font fleurir en février, tandis que Duchartre indique juillet.
C’est un des Mil-homens. Ses propriétés médicales sont donc celles de ce groupe de médicaments. Les racines et tiges sont employées contre les morsures de serpents, comme emménagogue, comme antiseptique dans la gangrène et les fièvres graves, comme détersif dans les ulcères atoniques, comme vulnéraire et aussi dans les dyspepsies, paralysies, l’hydropisie, l'impuissance, les fièvres ‘. L’odeur forte et pénétrante, rutacée, désagréable ; le goût amer, camphré, aromatique, en indiquent les vertus stimulantes et toniques. Elle a, en somme, les effets de la Serpentaire et des Guacos.
1 Voy. Buchner's Repertor., 17 (1824), p. 170.
On emploie la poudre de racine, la décoction, et aussi le jus frais. Celui-ci passe pour vénéneux ‘.
A. ornithocephala Hook., Bot. magaz., 4120 (ex. FL. des serres) ; Flore des serres, t. XVII, p. 145.
Belle espèce brésilienne à feuilles larges de 22 cent. en tous sens, d’un beau vert, lécèrement échancrées au sommet, cor. dées à la base, à sinus très larges. Fausses stipules cordées, fleurs solitaires et très grandes, à utricule renflé inégalement. à tube court et à deux lèvres : la supérieure lancéolée, velue en dedans, l’inférieure, d’abord linéaire et canaliculée, s’étale ensuite brusquement en un large limbe réniforme. Utricule et lèvre supérieure verdâtres, veinés de rouge foncé, surtout suivant la longueur; lèvreinférieure fauve, réticulée fortement en tous sens de raies d’un brun rougeâtre foncé, presque noir.
Cette plante rentre évidemment dans les bilabiatæ grandifloræ de Duchartre, à côté des A. cymbifera, galeata, Brasiliensis, etc. Je ne lui connais aucun usage, mais il est bien possible qu’elle constitue l’un des Mil-homens du Brésil, car elle est fort voisine, par sa végétation et même par ses fleurs, des plantes qui en fournissent certainement. Il est donc utile de la connaître.
Elle à aussi un intérêt horticole. Facilement multipliée de bouture, elle remplit parfois les serres au point qu'il faut en élaguer les pousses chaque année. Quand les fleurs sont épanouies, l'odeur nauséeuse qu’elles répandent oblige à les couper, mais les boutons sont déjà et longtemps ornementaux?.
A. grandiflora Swartz, Fl. Ind. occid., 3, p. 1566 (ex
Dach.). (non Vahl);— Tussac, Flore des Antilles, t. I, p. 189.
3 D'Almeida, Dict., art. MIL-HOMENS, p. 380.
2 Flore des serres, t. XVII, p. 145.
pl. 27; Flore des serres, 1848, pl? 351-359, et 354-355 : — Duchartre, Prodrom., XV, p. 472.
A. 2 scandens P. Browne, Hist. of Jamaic. plant., p. 329.
A. Gigas Lindley, Botan. Reg., 1849, t. 60.
Howardia grandiflora Klotzsch, Monatsb., p. 610.
Duchartre admet comme simple variété sous le nom de 8, HookEri, une forme glabre qui est l'A gigantea Hooker, Bot. magaz., t. 4221 (non Mart. et Zucc.), et l'Howardia gigantea de Klotzsch, Monatsb.,-p. 610.
Noms vulgaires : Tue-cochon. — Poison de porc. — Fleur de Pélican (à cause de la forme des boutons). — Poisoned Hogmeat. — Cunt-Flower.
L’A. grandiflora est fort répandue dans les Antilles, où Patrick Browne la découvrit à la Jamaïque au siècle dérnier, et d’où elle a été souvent introduite en Europe par les voyageurs, notamment par Purdie. Mais onla trouve aussi à Porto- Rico, au Guatemala, dans la Colombie et au Brésil.
T'ussac en donne une belle figure : celle de Descourtilz est petite et médiocre.
Tige simple, ligneuse et subéreuse sur une longueur de quelques pieds, puis divisée en un grand nombre de rameaux fins, herbacés, striés, volubiles et couverts de poils ainsi que les pétioles (sauf les variétés Hookeri).
Feuilles cordées aiguës, largement échancrées à la base, longuement pétiolées, et munies de deux grandes auricules arrondies sur les deux faces. Fleurs énormes, comparables à celles des Rafflesia. Celle que représente la Flore des serres mesure environ 30 cent. de la base du tube à l'ouverture, et 28 cent. de diamètre sans y comprendre l’appendice. Elles sont axillaires, solitaires. Ovaire, allongé, mince, tordu sur lui-même, vert, à côtes longitudinales brunes, muni d’une
bractée verte à sa base, on le prendrait pour le pédoncule.
Le tube du périanthe, coudé en U au milieu et rétréci au coude, est jaune, marqué de côtes parallèles, violacées, très saillantes, avec un réticulum de nervures secondaires. Ces côtes, d'abord au nombre de 6, se bifurquent ensuite. Le tube se rétrécit immédiatement avant de se dilater en limbe. Celui-ci est cordiforme. Vu de face, il est blanc, un peu jaunâtre, tout marbré d’un réseau brunâtre irrégulier et de nervures blanchâtres : au centre est l’orifice vaguement triangulaire, entouré d'une zone brun violacé. Ce limbe est cordiforme, échancré lun côté, et terminé de l’autre par un appendice flagelliforme extrêmement long. Dans l'intérieur, est un court gynandrophore avec 6 anthères sessiles allongées et 6 stigmates séparés en haut et dentiformes. Tout l'extérieur de la fleur porte des poils raides.
Ces fleurs sont très remarquables : on peut les prendre comme type des Aristoloches à grandes fleurs, et c’est pourquoi j'en ai donné la description. On les a souvent comparées à des mouchoirs de couleur séchant sur les haies. Elles répandent une épouvantable odeur, que les voyageurs ont diversement qualifiée, mais qu'ils s'accordent à trouver affreuse. C'est, paraît-il, une odeur tenace, cadavéreuse et putride, comparable surtout à celle de notre Chenopodium Vulvaria. Aucun animal ne touche à cette plante, d'après Browne, si ce n’est le porc qui périt après lavoir mangée, d'où le nom de Poison de Porc que l'espèce a reçu des indigènes. Dans les serres cette odeur serait bien atténuée ‘ (Loc. cit.).
L’A. grandiflora est non seulement active, mais fortement toxique, comme le montrent les faits précédents : aussi l'emploie-t-on assez peu, bien qu’elle soit excitante et emménagogue. La poudre des tiges et des feuilles est cependant prescrite aux Antilles, dans les dyspepsies et paralysies?. La
1 Flore des serres, loc. cit.
? Baiïllon, Révis. des Arist. médic., p. 60.
pharmacopéemexicaine la donne comme pouvant être substituce au Guaco.
Une analyse de la racine à été faite par Brandes !, qui y a trouvé plusieurs résines, un extrait amer odorant, etc., etc.
A. fœtens Lindl., Bot. reg., t.1824;—Duch., Prodr., XV, p. 473.
On donne cenom caractéristique à une espèce voisine de VA. grandiflora Swartz: celle-ci n’en diffère que par quelques caractères, entre autres celui d’être très velue, tandis que le fœtens est glabre. L’A. fœtens est donné comme une plante nauséeuse, fétide, enfin semi-putride (Lindley).
Ses propriétés sont probablement les mêmes que celles du grandiflora.
L'appareil floral, bien que plus petit, permet l’entrée aux mouches de toute dimension (Delpino).
Indes occidentales.
A. gigantea Mart. et Zucc., Nov. gen., I, p. 77,tab 48. — Duch:, Prod; XV, p. 474.
Martius en donne une très belle figure; la fleur a au moins 25 cent. de diam., et est de couleur brun chocolat.
La plante habite les haies de la province de Bahia. Martius la dit herbacée, mais Duchartre en a vu un exemplaire certainement ligneux. Le nom de gigantea n’est applicable qu’à la fleur.
Je ne crois pas que la plante soit très employée, car on parle peu de ses propriétés, qui doivent d’ailleurs être celles des autres Aristoloches.
A. cordiflora Mutis., Msc. ex 11. B. K., Nov. gener., 2, p. 118); —Duch., Prodrom., XV, p. 474 (description d’après Kerner, Hort. semper., II, p. 481).
3 Ann. ph., 7, 285, ex Buchner's Repertor., 50, p. 365.
Vulgo: Contracapitana de Monpox. — flor de Alcatras de Monpox.
Cette espèce des plus remarquables habite, comme le nom vulgaire l'indique, dans la Colombie, aux environs de Monpox, sur les bords du Magdalena, où sa racine a, contre la morsure des serpents, une grande réputation.
C'est cette liane dont les fleurs gigantesques servent de coiffure aux enfants. La figure de Kerner, que l'absence d'ovaire et la forme anormale du tube rendent un peu suspecte à Duchartre, lui attribue une belle couleur pourprée, un diamètre considérable et une forme en entonnoir; le limbe est cordiforme.
La tige est volubile, ligneuse et subéreuse en dehors, rameuse, striée, anguleuse, d'un peu plus de ? cent. de diam. (toujours d’après la ficure de Kerner).
La plante a, d’après ces dernières lignes, les caractères extérieurs d’un Mil-homens, et on l’a quelquefois citée parmi les espèces connues sous le nom général de Guacos.
A. odoratissima L., Spec. pl., éd. II, t. 2, p. 1362; — Willd., Spec. pl., IV, pars I, p. 156; — Lamk., Dict., 14, p. 253; — Descourtilz. FL. Antill., 5, p. 196, tab. 356; — Duch., PrROARSD AT S:
A. scandens odoralissima, floris labello purpureo, semine cordato Sloane, Catal. pl. Ins. Jam., p. 60; — Ray, Hist. plant, EL EpS0x
A. 1 scandens foliis cordatis, acuminatis, florum labelhis amplis purpureis Patr. Browne, Jam., p. 329.
A. moschata Wedd., msc. Herb. Mus. par.
A Mexicana | Hernandez, Rer. med. nov. Hisp. thes. p. 42.
Tomahuactlacopatli Hernandez, Rer. med. nov. Hisp. th., p. 42.
Noms vulgaires : Tacopatle, — Tacopaste, — Tlacopatli, —
ee Raiïz para el flato (Mexique). — Contrayerva !, — Birthwort (Jamaïque).
C’est une des Aristoloches américaines les plus estimées. La plante est grimpante, volubile, à tige anguleuse, portant de nombreux rameaux qui s'élèvent à 8-10 pieds de haut. La racine est dite par Lamarck de la grosseur du doigt. La pharmacopée mexicaine les compare à une plume d’oie, ce qui est plus juste, si j'en juge par les deux échantillons qui ont été décrits, page 110.
Cette racine est grisâtre, striée. La saveur en est âcre et amère. Hernandez la dit amère, astringente et résineuse. Elle est aussi odorante comme tout le reste de la plante, et l'odeur, par une exception rare dans tout le groupe, est agréable quoique forte, suave même, d’après quelques-uns.
Feuilles cordées, plus ou moins acuminées, à sinus largement ouvert avec ? auricules obtuses. La figure de Descourtilz représente un fragment de liane à feuilles cordées, avec une fleur à utricule volumineux, sphérique, à côtes, vert jaunâtre, etàlimbe violet pourpre, veiné. Les fleurs sont solitaires axillaires. Fausses stipules orbiculaires réniformes. Duchartre en admet une variété B GRANDIFLORA, mexicaine. L’aire de dispersion de cette plante est assez considérable. Non seulement elle existe aux Antilles et au Mexique, mais encore on la retrouve dans toute l'Amérique centrale, dans le Brésil et jusque dans le Paraguay, où Weddell l’a signalée le long du fleuve Cuyaba. À la Jamaïque, l’espèce est si abondante qu’on en pourrait livrer au commerce une quantité illimitée. (Hamilton). |
Elle pousse dans les bois.
Les usages de l’A. odoratissima sont nombreux dans les pays où elle est indiquée. Barham et Browne s’en servaient
4 Hamilton, Amer. Journ, phar., t. XVIII, p. 45.
pour divers usages ct la donnaient plus spécialement comme alexitère et stomachique et aussi topiquement comme vulnéraire. Contre la morsure des serpents et des animaux venimeux, elle est considérée comme un puissant antidote par ses racines et aussi, paraît-il, par ses graines amères et aroma- {iques. Barham la donne comme un alexipharmaque supérieur au Dorstenia Contrayerva ‘.
Comme tonique et stomachique, on en fait fréquemment usage. Hamilton * dit que la décoction de racines est une bonne préparation, mais est loin de valoir la teinture. Celle-ci combinée au fer ramène les menstrues supprimées ou interrompues. Liman * lui accorde une grande valeur. Les racines et les graines donnent d'après lui le meilleur vin amer du monde. C’est un bon diaphorétique et un stimulant, ce qui “explique plusieurs de ses propriétés ; c’est en même temps un fébrifuge estimé et aussi, dit-on, un antispasmodique et aniihystérique. Les feuilles aussi ont été employées en cataplasmes résolutifs sur les tumeurs *, et contreles douleurs.
On voit en somme encore une fois combien, malgré leur multiplicité, les actions des Aristoloches se ressemblent.
A. pandurataJacq., Hort. Schœnb., 4, p. 49, t. 497; — Ducbe Prod RNA
A panduriformis Willd., Spec. pl., IV, pars I, p. 152.
A. picta Karsten, Auswahl. neu. Gew. Venezuela, 24,t. 8 (ex F1. des Serres); Flore des serres, t. 5, p. 591.
! Aïnslie, Mat. Ind. L
? Amer. Journ. pharm., t. XVII, p. 45.
* Hort. Jamaic., vol. I, p. 232 (ex Ainslie).
* Mederi dicitur tumoribus præter naturam imposita, dolores lenire, et frigora febrium pellere: cor stomachum ac cerebrum roborare ; emundare pectus
ac ventriculum et fluxum alvi cohibere. (Hernandez, Rer. medicar. nov. Hisp. thes., p. 42.)
Howardia pandurata Klotzsch., Monatsb., 1859, p. 619.
On en trouve aussi une figure dans Dujardin-Beaumetz et Egasse, Les pl. médic. indig. et exot., p. 64, t. 5.
Tige grimpante, volubile, glabre: feuilles ordinairement sans stipules, assez variées de forme, la plupart hastées, à base cordée, les inférieures en forme de luth, les supérieures simplement cordées, toutes à base creusée d’un sinus obtus entre deux auricules oblongues ou spatulées ; long pétiole. Les pseudo-stipules manquent souvent. Fleurs fort belles, quoique de taille relativement assez petite ; au-dessus de l’utricule renflé surtout d’un côté, et d’un tube assez court et étroit, s'étale le limbe violacé en dehors, d'un beau bleu violet foncé en dedans, marqué d’une large macule jaune d’or au centre et d’un réticulum jaune des plus élégants. La forme en est ovale-cordée, à ? lobes arrondis rapprochés. L’extrémité opposée arrondie, mais mucronée par un appendice sétacé assez court, aigu. La richesse du coloris est une exception parmi les Aristoloches.
L’A. Ottonis de Klotzsch (Herb. Berlin) est très voisin. Duchartre les réunit même complètement. Il a de fausses stipules. Karsten a trouvé cette belle plante an Vénézuela, dans la province de Caracas. Toujours dans la plaine et dans des lieux presque submergés pendant la saison pluvieuse, et brûlés pendant la saison sèche. Elle estexposée aux variations extrêmes de température et passe de + 60° pendant le jour à + 12 pendant la nuit. Ilest vrai que, dans le sol couvert de broussailles, les racines reçoivent une chaleur plus uniforme.
A. Goudotii Duch., Tentam. Ann. sc. nat., sér. A9 Dr 00 Prodr., XV, p. 476.
C’est une espèce tuberculeuse à souche allongée, subéreuse,
1 Flore des serres, t. V, p. 521, d’après Karsten.
fauve, ridée en long, avec une écorce épaisse; grosse comme le doigt, et parfois légèrement courbe. La tige est herbacée, flexueuse, les feuilles cordées, acuminés, grandes.
La plante habite la Colombie, dans la localité nommée Llanos de San-Martin.
On lui donne le nom vulgaire de Guaco. Il est probable, par conséquent, qu'on en fait usage dans le cas où les Guacos sont usités, mais je n’en trouve mention nulle part.
A. antihysterica Martius, Msc. in herb. (ex Duch.);, — Duchartre, Prodr., XV, p. 477.
Cette espèce donne des produits à la matière médicale et entre dans les Guacos. Duchartre l’a décrite sur l'échantillon même de Martius. C’est, d’après lui, une plante glabre, à tige débile et très grêle, décombante, striée, anguleuse. Cette tige en bas est subéreuse et gris brunâtre, en haut elle est fort ramifiée et lisse, mince‘. Les racines, dont il n’est pas question dans Duchartre, sont décrites avec soin par Wittstein. Elles se présentent d’après lui en morceaux ramifiés arrondis avec des fentes transversales atteignant jusqu’au bois : elles ont 1 pouce de diam. et 1/2 pied à 1 pied de long. La couleur est brun foncé, l'odeur est faible, se développant par le grattage ou la section. Wittstein la compare à celle de Galbanum ou de la Phellandrie.
La saveur est forte et brûlante.
La drogue que Guibourt a reçu de Th. Martius semble bien être celle que décrit Wittstein (voir p. 86). Les feuilles sont pétiolées à pétioles cylindriques, à sillon supérieur. Elles sont deltoides obtuses, ou souvent cordées à la base, lobées avec un sinus peu profond, à lobes souvent inégaux ? ; membra-
4 Wittstein, Beschr. Arist. antihyster., in Buchner's Repertor. für Pharm., 1836, p. 145 à 166.
? Wittstein, Loc. cit. Malgré quelques petites différences, la plante décrite par lui est bien celle de Duchartre,
—, 207 — | neuses, d'un vert gai, plus pâles en dessous, trinerves, à nervures en réseau. La taille et la consistance varient avec l’âge, depuis 4 cent. de long sur 3 1/2 de large, jusqu’à 12 c. de long sur 6 1/2 de largeur. Les pseudostipules manquent souvent, d’après Duchartre.
Cette plante habite tout à fait le Sud du Brésil, dans la province de Rio Grande do Sul.
L'analyse- chimique détaillée de la racine a été faite par Wittstein.
Le nom donné par Martius à cette espèce indique déjà certaines de ses propriétés. Guibourt croit l'avoir trouvée dans le Guaco commercial, mais en tout cas c’est un Guaco et la plante partage les propriétés du groupe, auxquelles on se reportera.
J'ai vu moi-même sous ce nom des échantillons différents dont la description a été faite dans la 2 partie.
A. bracteata Retz, Obs. bot., fasc. 5, p. 29, n° 80 (ex Duch.);, —Willd., Spec., IV, pars I, p. 160; — Roxb., FL. indica, p. 622, — Klotzsch, Monatsb., p. 598; —Duch., Prodr., XV, pars I, p. 478.
A. bracteolata PamkabncucE, LD: nn n°27; — Willd., Spec., IV, pars I, p. 161; — Klotzsch., in Monatsb., p. 598.
A. mauritiana Pers., Enchirid., p. 257 (ex Duch.).
A. abyssinica Klotzsch, Monatsb., p. 598.
A. Kotschyi Hochst., exsicc. (ex Duch.).
A. Maurorum Klotzsch, Monatsb, p. 598.
A. crenata Ehrenb. msc. in herb. Berlin (ex Duch.).
Noms vulgaires : Kiramar, — Keramar, — Kidamara, — Gandatée (Hindou). — Addutanapalay, — Addatinapalay, — Adatinapalé (Tamoul). — Gadide-goudda-pourra, — Gadide
gada-para-aku, — Cadapara, — Gardi, — Garapa (Telling.). — Katrabungha (sanserit) *.
Cette espèce intéressante est fort répandue d’abord dans l'Inde, où elle est vendue souvent dans les bazars, et aussi vers l’ouest, en Perse, en Arabie, en Afrique orientale et centrale, aux Mascareignes. On l’a trouvée aussi aux Sandwich. Elle vient tout particulièrement bien dans le sol noir des Indes, sur la côte de Coromandel, où elle est commune dans les terrains cultivés, et où Kôünig l'aurait indiquée pour la première lois dans les environs de Madras.
La plante est ligneuse à la base, herbacée vers le haut. La racine, qui est assez longue et verticale, n’est pas employée isolément. C’est la plante entière, ou la tige feuillée portant ses fruits, qui constitue la drogue décrite à la p. 120.
On vend cette drogue comme l'A. Indica dans les bazars de l'Inde. L’approvisionnement se fait par des bateaux côtiers qui, après la saison des pluies, viennent de Guzerate et de Kattyavar (Dymock).
Les usages médicaux auxquels on emploie la plante sont variés. Aux propriétés emménagogues si générales chez les Aristoloches, l'A. bracteata en joint, parait-il, quelques autres plus importantes.
1° Purgatives. — Les feuilles fraiches sont surtout employées. L'action purgative serait assez forte, puisque deux ou trois feuilles suffiraient à purger un adulte. Plusieurs auteurs rapportent même sérieusernent que, pour purger les enfants, il suffit de leur appliquer la feuille contusée fraiche sur l’ombilic !! — Sans ajouter à ces dires plus de foi qu'il ne convient, on notera ces propriétés purgatives qui ne sont point communes dans le groupe des Aristoloches.
! Aïnslie, Mat, indica.— Dymock, Mat. med. ind. — Khory, Bombay mat. med., etc.
—FODO EE
2° Anthelminthiques.— On donne la plante contre les vers sous forme d’infusion de feuilles sèches. Les feuilles fraîches, broyées et mêlées à de l’huile de ricin, guérissent la gale, si l'on en croit tous les auteurs. Je suppose que c’est en applications externes que le médicament est employé. En tout cas, l'A. bracteata semble être un bon parasiticide, car les naturels emploient pour détruire la vermine, soit le suc de la plante, soit la poudre.
3° Alexitères. — Réputation très générale dans tous les pays où vient la plante.
4° Antipériodiques.— Cette dernière propriété est au moins douteuse. Dymock rapporte, d’après Dalzell et Gibson, que les docteurs indigènes de Bombay font une pâte avec le suc de cette plante et les graines de Barringtonia acutangula, de Celastrus paniculatus et de poivre noir, et frottent le corps des malades avec cette pâte pour les guérir des fièvres intermittentes.
En somme, c'est un emménagogue et un purgatif.
A. Indica L.,Sp. plant., éd. I, p. 360 (absque syn. var.f) (ex Duch.) et éd. II, 2, p. 1362; — Willd., Spec. pl., IV; pars I,p. 157; — Roxb., FL. ind., p.622; — Klotzsch, Monatsb. p. 595; — Duch., Prodr., XV, p. 479.
A. Clematitis indica flore albicante, fructu majore. — Careloe vegon Rheede, Hort. Malab., VIII, p. 49. — Careluvagon, id., ibid., tab. 25.
Radix puloronica ? Rumphius, Herb.amboin ,t.V, pars. 1, p. 476, tab. 177.
Duchartre en admet deux variétés :
B OXYPHYLLA. — C'est l'A. pandurata Wallich, msc. in
Herb. soc. Ind. or, (ex Duch.), nec Jacq.
= hhI0 EE
y. LANCKOLATA, qui est PA. lanceolata Wight, Icon. plant. Indiæ orient., vol. V,p. 17, tab. 1858; — Klotzsch, Monatsb., Dao0 ie
A. Maysorensis Fisch, Msc. in Herb. de St-Petersb. (ex Duch.)
Noms vulgaires : [ls abondent comme les dialectes des pays où la plante estusitée. — Isharmul', —Isarmel, — Isharamoula, — Isarmul-jorabel (Hind. et Beng.). — Is-churamuli.— [chura-muliver, — Perumarundoo,— Peroum-Aroundou, etc. (Tamoul) — fIshvara-vern, — Doolagovila, etc. (Tel.). — Sacasander, — Satsonda (Cing). — Sapsan, — Sapsun, — Supasona, — Sapasana (Bombay). — Accar-puloron (d'après Rumphius), — Akarmulia, — Ishwari, — Sunanda (Sanscr.). — Wallas (Jav.). — Cay-Khoai-ca (Coch., Chin.) — Akar-poe-loeron (Malais).— Zarawand-i-Hindi (Musulmans).
Les docteurs tamouls l’appellent parfois Talashroolivayr. Je l'ai trouvée étiquetée Saakanda-mul Perum Kighangu et Kijangu.
Les Portugais établis dans l'Inde l’appelèrent, à cause de sa réputation contre les morsures des serpents : Raïiz de Cobra.— Timbangan aux Philippines.
L'espèce, dont plusieurs caractères sont variables, doit être largement comprise, comme le fait d’ailleurs Duchartre. Du reste, Wight, tout en disant que son lanceolata est une espèce distincte, reconnait qu’elle est fort voisine de l’Indica. Lamark pense que l’Indica de Linné pourrait bien être une autre plante, mais la forme des feuilles sur laquelle il se base n'est pas un caractère suffisant, car il est ici trop variable.
Rumphius pense que le Carelù-vagon de van Rheede est intermédiaire entre son propre Radix puloronica et son Pe-
Voyez pour ces noms Ainslie, Dymock, Khory, ete. loc. cit.
ponasler, dont il se rapprocherait même davantage par les fruits et les feuilles. La figure de van Rheede représente des fruits et des fleurs dont la forme et la grosseur rappellent beaucoup VA. Clematitis de nos pays. Quant au Radix puloronica représenté par Rumphius, il est probable, mais non certain qu'elle se rapporte à l'Indica. Les tiges y sont extrèmement volubiles. Les fruits etles feuilles sont très petits, etc.
DESCRIPTION. — Plante grimpante ou rampante. Racines ligneuses, grosses comme le doigt et longues de plusieurs pieds, contenant beaucoup d'amidon. Écorce jaune grisâtre. Goût très amer, nauséeux. Tige longue, ligneuse en bas, rameuse, sillonnée, assez mince d'ordinaire, glabre. Rien n’est variable comme la forme des feuilles, et l'on ne saurait trop insister sur ce point déjà développé, page 118. Tous les passages entre les extrêmes.
Les fleurs axillaires, en groupes de ? ou 3, ont la forme de celles de nos Aristoloches françaises. Elles se terminent par une languette violet rouge, pourprée. Le tube est étroit, le limbe ligulé entier. Ces fleurs sont petites.
Les étamines et le gynécée n’ont rien de spécial.
Le fruit est une capsule septicide s’ouvrant de bas en haut, vaguement hexagonale, avec un grand nombre de graines aplaties, ailées. Long pédoncule.
L'Indica semble être très répandue dans la région asiatique chaude, dans l’Inde surtout. On la dit très abondante sur quelques points humides, plus rare sur d’autres. Elle abonde à Goa, à Ceylan, etc. Le Muséum en possède des échantillons venant d'Arabie, de Timor, etc. L'espèce est indiquée par M. le baron F. von Mueller‘ en Australie. Blanco? la signale aux Philippines, etc., etc.
1F, von Mueller, Second systemat. census of Australian plants, p.83. 2 Blanco, Flora de Filippinas, p. 282.
Elle grimpe et s’enroule dans les haies, les buissons et sur tout ce qu’elle rencontre. Elle aime les endroits chauds et fleurit dans la saison des pluies.
Dans l'Inde, où la plante est fort usitée, on la vend dans les bazars et boutiques d’herboristes, tantôt sous forme de fragments séparés, tantôt en petits paquets réguliers, contenant des tiges et des racines, les premières, d’après Dymock, en proportion plus forte. Souvent aussi c'est toute la plante, tige et racine, qui est vendue non fragmentée.
Rumphius raconte que les habitants de Banda avaient coutume d'en recueillir à Pulorona (radix puloronica) et d'en faire des couronnes qu'ils faisaient sécher chez eux et dont ils se servaient plus tard. Il ajoute que les racines sont toujours plus actives, et que les couronnes gardées en lieu clos conservaient leurs propriétés plusieurs années.
Je ne reviens pas sur la description de la drogue déjà faite dans la deuxième partie de ce travail (voy. p. 117).
PROPRIÉTÉS. — C'est une des espèces importantes à connaître, car elle est, dit-on, d’un emploi courant dans l'Inde. C’est, avec l’A. bracteata, la seule intéressante de cette révion, à notre point de vue spécial bien entendu. Elle se trouve, d'après Dymock, dans la liste secondaire de la pharmacopée de l'Inde. Voici quelles en sont les principales applications :
On lemploie d'abord contre les morsures de serpents.
Il est remarquable (et bien que la chose ait déjà été notée plus haut, on me permeltra d'y insister), que dans les pays les plus éloignés et les plus différents de population et de langue, la même réputation d’alexitère soit faite par les indigènes aux plantes d'un même groupe. L’Indica, presque aux antipodes de l'A. Serpentaria, est administrée comme elle dans les cas de morsures venimeuses. Le nom même de la plante dans certains dialectes indique la confiance que l'on a dans ses
vertus. Sapasana par exemple vient‘ de Sapa, serpent, et Sana ou Suna, insensible.
Dans un article qui date d’une dizaine d'années, M. Modlen * dit avoir reçu de M. J. Lowther, d'Allahabad, des renseignements très intéressants sur l'action de cette plante. D’après lui, le malade peut revenir de fort loin, sans qu'il lui reste trace de son accident.
C'est aussi ce que dit l’auteur d’un autre article plus ancien *, qui cite des cas de guérison après que le malade semblait presque mort : cet auteur parle de 30 guérisons et dit que les Indiens se servent de la racine séchée. Rheede conseille la décoction de la plante entière ou bien la racine contusée dans l’eau. M. Lowther employait sur la blessure des feuilles réduites en pulpe et portait toujours avec lui pilon et mortier pour ne pas perdre de temps. A l'intérieur, il donnait trois feuilles moyennes broyées dans une once d’eau. L'eau est nécessaire comme véhicule, car les malades ont les mâchoires serrées et sont tout à fait insensibles. Il paraît aussi que ces feuilles aromatiques, piquantes et amères, semblent douces au patient (?) Les expériences faites sur le chien par la même observateur ont donné des résultats tout différents.
Il faut ici encore se garder de toute exagération et réduire fortement l'enthousiasme de bien des observateurs. Il est cerain que le nombre annuel des victimes du terrible Cobra montre trop éloquemment que ce remède, employé dans toute l'Inde, n’est pas comme on l’a dit infaillible. Mais c’est un tonique-stimulant, actif, bon adjuvant des caustiques et pouvant même seul avoir d'excellents effets en permettant à l'organisme de mieux résister au poison.
La plante entière est amère : on la donne souvent dans les
é Khory, loc. cit.
2 Pharmaceutical Journal, 9 novembre 1880, p. 411. 2 Australasian, 4 juillet 1868.
fièvres intermittentes, et dans les troubles digestifs, l’inappétence, les dyspepsies, les coliques, les indigestions, et tout spécialement dans les accidents intestinaux des enfants (indigestions ou phénomènes de dentition) en cataplasme sur l’abdomen (Dymock). La dose est d'ordinaire une once ou une once et demie. Rumphius indique de prendre en décoction un morceau de la longueur du doigt.
Elle est aussi nauséeuse et vomitive et usitée comme telle dans les cas de croup. On donne le suc des feuilles fraîches.
Elle est, dit-on, emménagogue comme les autres Aristoloches. Comme beaucoup d’autres aussi, elle est fort employée comme antiarthritique et antigoutteuse (lotions, etc.).
Ses propriétés toniques et stimulantes sont utilisées fréquemment. À Ceylan, on fait une infusion de la plante dans l’eau-de-vie et on l’ordonne comme carminative et siomachique *
On l’emploie encore, d’après divers auteurs, dans l’hydropisie, les douleurs de tête, la dysurie. Rheede dit que la poudre associée au poivre et à l’eau chaude, arrête les hémorrhagies.
Enfin Rumphius *, en parlant de son Peponaster (qui est une Aristoloche non déterminée, mais voisine de l’Indica), dit que les indigènes l’emploient contre la formication, prurit général sur tout le corps qu'ils attribuent à des sortilèces. Ils emploient les feuilles broyées dont ils se frottent le corps et ingèrent aussi un peu de suc.
En somme, l’ A. Indica ne diffère pas Reste des autres espèces par les propriétés qui lui sont attribuées.
Les musulmans en font un succédané de l'A. longa.
‘ Thunberg, Voy., IV, 312 (ex Merat et de Lens), 3 Rumphius, Herbar. amboin, p. 475.
À. acuminata Lamk., Encycl.'T p. 254; — Willd., Spec. IV, pars I, p. 157;—Duch., Prodr., XV, {re partie, p. 479.
À. anguicida Sieber (non Linné) (ex Duch).
Aroij-bapa-Keboh‘ , Java. |
Habite aussi les Mascareignes et Madagascar.
Peu d'importance. Le nom d'Anguicida, qui lui à été donné à tort, indique qu’on a dù l'employer comme antidote, mais je n'ai sur elle aucun renseignement.
A. Tagala Cham., in Linnæa, 1832, p. 207, t. 5, f. 3 (ex Duch.); — Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 597; — Duchartre, FROUT MED. Mal.
A. Eschscholtzii Ledeb. Msc. (ex Duch.).
A. subsagiltata Blanco, F1. de Filipp., p. 283?
C’est à cause de l'assimilation que Duchartre en fait (avec doute) avec la plante de Blanco que je cite cette espèce. Blanco, en effet, donne son À. subsagittata comme médicinal aux Philippines. Il y est connu sous les noms de Malaubi, Timbangan, Taointaoin.
Les Indiens apprécient beaucoup sa racine qui se vend contre les indispositions de l'estomac, les coliques venteuses et les indigestions.
D’après le P. Clain, elle serait vomitive.
Elle a une tige volubile, striée,des feuilles cordées, acuminées, subsagittées. — Luçon.
A. Pistolochia L., Spec. pl., éd. I, 2, p. 962; éd. Il, ?, p. 1364; — Willd., Spec., IV, pars I, p. 161; — Lamk., Baeuch, L'p 2515 Gren.Godr, Æl:fr..3;p.72; — Reichenb., Ic. flor. Germ., tab. 670, fig. 1341 (assez méd.), — Duch., Prodr., XV, p. 485.
1 Filet, Plantk. Nederl. Ind., p. 22.
Pistolochia Dodoens, Pempt., p. 323 ; — Clusius, Hisp., lib. II, 325, cum icone, p. 326.
A. polyrhizon sive Pistolochia Plinii Lobel, Advers., p.
A. Pistolochia dicta C. Bauhin, Pinax, p. 307; — Tourne- OLt, ANSULLES p.162, à
A. polyrhizos Jean Bauhin, Hist. plant., III, p. 561; — Morison, PLOiSt.. univers., p. 510, ab He?
À. fasciculata Lamarck, F1. fr., III, p. 387.
A. tenuis des anciennes officines.
Noms vulgaires : Petite Aristoloche. — Pistoloche crénelée. — À. menue. — A. fibreuse. — Faouterna. — Panterna.
C’est la plus petite des espèces françaises. Elle naît d’un petit rhizome, court, gros comme une plume, qui porte un assez grand nombre de radicelles longues, assez épaisses, cylindriques, jaunâtres, en toufte.
Elle diffère donc déjà par là de nos trois autres espèces.
La tige est rameuse, atteignant 30 cent., grêle ; la base dépourvue de feuilles; les rameaux striés, anguleux, souvent géniculés, étalés, dressés, portant des feuilles petites, courtement pétiolées, ovales-triangulaires, cordées à la base avec un sinus très largement ouvert, presque carré, et des lobes très écartés ; aiguës, obtuses ou échancrées au sommet, crénelées et crispées sur les bords, rendues rudes par des poils courts et raides, qui sont aussi sur les pétioles et les tiges. La face inférieure plus pâle porte des nervures proéminentes. Les fleurs sont axillaires, solitaires, dépassant les feuilles, droites, à tube pâle, à limbe lancéolé brun foncé. Le fruit est petit, arrondi, pendant, s’ouvrant par la base.
Les anciens auteurs distinguent deux Pistolochia, la première est celle dont il est ici question, la deuxième (Pistolochia allera, cretica, etc.), est l'A. sempervirens (voy. cette espèce).
L’A Pistolochia habite la région littorale du nord de la Méditerranée, l'Italie, le sud de la France, l'Espagne, le Portuval, à peu près la région des oliviers. Elle remonte les vallées des Alpes et des Pyrénées !.
Elle aime les endroits pierreux, les garigues et les champs d’oliviers, où elle a, depuis longtemps, été indiquée ?. On la trouve aussi dans les vignes.
On à vu que Pline avait, le premier, distingué cette espèce, tandis que la longue, la ronde et la Clématite, étaient déjà depuis longtemps connues et employées. Les usages de l'A. Pistolochia ont été fort nombreux dans l’ancienne médecine, qui en employait les racines sous les noms de: Radix Polyrhizæ seu Pistolochiæ et de Radix Aristolochiæ tenuis *, et lui attribuaient de merveilleuses vertus. Aujourd’hui, c’est cette espèce que l’on rencontre le moins dans les pharmacies et drogueries. Beaucoup d’officines sont encore munies des trois autres, bien qu’il s'en vende fort peu, mais le Pistolochia a disparu à peu près de partout.
Ses propriétés emménagogues doivent être mises ici en première ligne, si l’on en croit les anciens, et le nom même, qui vient de motos et Joyux, indique la confiance qu’'inspirait ce médicament pour ramener le‘flux menstruel.
Lobel ‘ raconte qu'elle est en grand usage à Montpellier, car, associée avec la longue et employée en partie à l’intérieur
\ Gren. Godr., Flore fr., I, p. 73.
2 Lobel (Advers., 265) dit qu'on la trouve souvent dans les olivètes et les moissons sèches, vers Boutonnet et Castelnau (près de Montpellier), et aussi dans les prés humides où elle devient très belle.
3 L’Aristoloche que Jean Bouhin nomma Aristolochia Polyrhisos, et Charles Bouhin Aristolochia Pistolochia dicta, est la plus petite..... Et c'est cette Aristoloche que nous vendons sous le nom d’Aristoloche lenuïs, ou sous celui d'Aristoloche léger quoique mal à propos, puisque le mot latin tenus ne signifie pas léger, mais menu ou délié. (Pomet, Hist. gén. des dr., p. 81.)
A dversaria, 265.
et en partie en pessaire, elle firent merveille pour expulser le fœtus dans des cas désespérés.
Il ajoute que Rondelet avait remis en usage la racine de Pistolochia que Dioscoride avait omise et que « le commentateur »‘ ne connaissait point. Et cependant cette plante est, dit-il, préférable aux deux autres par son arome et son efficacité. On voit d’après cela que cette espèce avait été un peu oubliée jusqu’à cette époque.
Les propriétés toniques, excitantes, détersives, n'ont pas élé moins vantées ?.
Elle participe en somme des propriétés des autres espèces françaises que l’on trouvera énumérées à propos des A, Clematitis, longa et rotunda. Spielmann la range sur la même ligne que la Clematitis.
On recommandait de choisir la plante bien nourrie, touffue, récemment séchée, de couleur jaunâtre, d’odeur aromatique et de goût amer.
L’A. Pistolochia entrait dans quelques préparations complexes (Eau générale, Orviétan, Baume Opodeldoch, etc.), mais c’est surtout pour la Thériaque céleste qu’elle avait grande réputation. Charas dit que l'on n’est point d'accord sur la meilleure Aristoloche à employer, mais qu’on fera bien
! Matthiole évidemment, que Lobel ne néglige aucune occasion de prendre en faute. Jean Bauhin, lui aussi, relève vertement les confusions de Matthiole : « Matthioli argumenta quædam sunt valde imbecillia », dit-il (III, p. 558) entre autres aménités.
2 Laracine de Pistolochia, bue avec de l’eau, est estimée très utile aux convulsions, contusions et chutes de haut en bas. Elle aide pareillement par sa semence aux pleurétiques et échauffe les nerfs appliquée avec résine. Elle ronge et consume les ulcères pourris : elle nettoie ceux qui jettent ordure et en tire les vers s'il y en a. Elle dégate les clous et duretés des ulcères. Bref, elle tire toutes choses fichées au corps et nommément les traits ou flèches et esquilles d'os rompus. Elle remplit les creux et concavités des ulcères, seule avec poudre de flambe appliquée. Elle referme les plaies nouvelles, préparée et appliquée avec vinaigre. (L. Fuchs, Hist. pl., p. 68-70.)
—1 219 — de se servir de la petite, où ténue, puisque c'est celle qu'indique Andromachus ‘, Mais Ja dose qui entre dans la Thériaque
est trop faible pour que la substitution d'une espèce à l’autre ait grande importance ?.
A. longa L., Spec. pl., éd. I, vol. 2, p. 961 ; éd. II, vol. 2, p. 1364; — Willd., Spec., IV, pars 1, p. 159 ; — Clus., Hisp., 319 et 320; — Lob., Adversar., p. 264; — J. Bauhin, Hist. plant., t. IT, p. 560, — Lamk., Encycl., I, p. 258; — Nees dEs., Gen., F1. Germ., tab. 146 ; — Plenck, Icon. plant. med., tab. 649 (icon. med.) ; — Reichenb., Icon. Flor. Germ., tab. 672, fig. 1344; — Duch., Prodr., XV, p. 486. ; — Boiss., Flor. or., IV, p. 1078.
A. longa vera C. Bauhin, Pinax, p. 307, — Moris., PL. his- LorAp 009, DE 85 Tournef.. Jnstit:, I, p.162.
A. longa altera Clus., Hisp., p. 321 ; — J. Bauhin, Hist. PSI p.560:
A. longa hispanica C. Bauhin, Pinax, p. 307.
Ces deux derniers noms correspondent à la variété B ABBRE- VIATA admise par Duchartre.
Noms vulgaires: Aristoloche mâle des anciens. — Aristolo-
4 C’est aussi l'opinion de Pomet: « Toutes les espèces se trouvent dans les prés et les vignes de Provence et du Languedoc, excepté l'Aristoloche lenuis qui aime les bois, les olivètes, et les colines sèches et pierreuses des mêmes païs, aussi est-elle plus aromatique et plus forte. Messieurs Rondelet et Charas ont raison de préférer l’Aristoloche tenuis à la Clématite pour la Thériaque. » (Pomet, Hist. gén. des dr.)
2 Les auteurs en marquent deux espèces, le Clématite ou Sarracénique et une autre qu'on appelle Pistolochià, « ayant plusieurs racines déliées jointes «ensemble en forme d’une barbe. Cette Clématite est assez contestée, et bien qu’elle puisse passer pour ténue étant comparée à la longue et à la ronde, ül est néanmoins fort aisé de recueillir des auteurs qu’elle est bien plus propre pour les onguents que pour les compositions destinées pour la bouche. (Charas, Thériaque d'Androm., p. 224.)
che longue.— Sarrasine longue. — Ratelou. — Faouterna. — Toujours beaucoup plus rare que le Clematitis, elle est moins connue des paysans et n’a pas reçu une aussi longue liste de noms vulgaires. —Aristoloquia larga (esp.) —Long Birthwort (angl.). — Lange Osterluzei (allem.). — Zarawand-i-tawil, — Zerawende Thewile, — Zeraouand-et-Thouïl, (Pers.). — Les noms arabes sont nombreux : [bu-el-Beïthar et Abd-er-Rezzag en donnent toute une série: Bou-rouchtoum. — Masenqoura. —Quittsa’l-haiya (concombre de serpent) etc., etc. — D'après Aïnslie, on le nomme au Japon, Koma-no-susu.
L'A. longa est une des espèces dont on a fait autrefois le plus d'usage. Aussi la voyons-nous mentionnée dès l’antiquité, et distinguée par Dioscoride en même temps que la ronde et la Clématite. La question de savoir si nos espèces sont bien celles des anciens auteurs a été le sujet de controverses et de discussions. Fuchs, en particulier, disserte longuement sur ce point. Il conclut que l’Aristoloche longue présente avec celle de Dioscoride bien des différences, mais qu'elles peuvent être dûes aux conditions de culture et de milieu. Quant à lAristoloche d'Hippocrate, il est difficile de savoir quelle espèce c'était. Sprengel, ainsi qu'on l'a vu, pense que c'était l’A. Cretica.
Les tiges de l’A.longa partent d'un tubercule allongé dont la description à été faite et sur lequel je n'ai pas à reveuir ici (voy. p. 125). Ce tubercule est la partie la plus importante de la plante, celle dont on à fait et dont on fait encore usage dans quelques pays. [! donne naissance à sa partie supérieure à des tiges dressées, mais wrèles et flexueuses, ramifiées anguleuses, pubescentes. Elles atteignent 40 à 50 centim.
Feuilles alternes, cordiformes, à sommet obtus ou même échancré, à sinus obtus, Elles ont un pétiole, caractère distincüf, important, le rofunda ayant les feuilles presque sessiles.
raie
Fleurs axillaires, solitaires, à tube verdâtre, à limbe brun pourpre, assez court, aigu. La base est renflée en utricule. Elles sont relativement grandes.
Le fruit est une capsule qui s'ouvre par le sommet, fait exceptionnel chez les Aristoloches, mais de peu d'importance, puisque PA. rotunda, dont l’affinité étroite avec le longa ne peut être discutée, a une capsule dont la déhiscence se fait comme d'ordinaire de bas en haut.
L’odeur de la plante froissée est désagréable et caractéristique.
L’A. longa est une espèce dont la délimitation n’est pas très nette. Bien des botanistes considèrent, comme de simples variétés, quelques plantes dont d’autres font de bonnes espèces (A. Fontanesii, ete.). Mais même dans le longa isolé on à essayé de faire des divisions : déjà Maranta avait distingué deux sortes de longue, ce qui s'explique, dit J. Bauhin, par la nature du terrain. Lémery, qui distingue aussi deux A. longa, ajoute qu'elles diffèrent peu. Duchartre fait une variété basée surtout sur la longueur du tubercule, et qui répond à la division de Clusius, J. Bauhin, etc. Cette variété ne parait pas différer sensiblement du type, comme le dit d'ailleurs Duchartre lui-même.
Cette espèce est essentieilement méditerranéenne. Elle n'est pas en général très commune, mais est dispersée sur une aire considérable, au nord et au sud de la Méditerranée. Elle existe en Corse, en Italie, en Espagne, en Portugal, en Algérie, aux Baléares, à Madrid, aux Canaries, etc. On la trouve aussi dans l’Asie occidentale, que l’on doit d’ailleurs considérer comme une région méditerranéenne. Dans le midi
de la France, on la rencontre surtout en Languedoc et en Provence. Elle remonte jusque dans les Deux-Sèvres’. Elle
1 Grenier et Godron, Flore de France, ll, Fo:
L SÉDSDNES n'est pas citée dans la flore du Gard de Pouzolz, chose assez étonnante, car ce département en fournit abondamment les drogueries'. Dans l'Hérault, elle est assez répandue sans être commune nulle part (Saint-Martin-de-Londres, Villeneuve’, Saint Aunès, elc., etc.) Bien que dans nos environs immédiats ce soit l'espèce la moins commune, c’est pourtant de Montpellier qu'on la faisait venir autrefois *.
Elle habite tes vignes, les haies, les prés, etc.
PROPRIÉTES. — Bien qu'on lui ait souvent préféré la ronde, l'Aristoloche longue a eu grande réputation pendant des siècles, bien plus que les A. Clematitis et Pistolochia.
C’est un stimulant, comme les Aristoloches en général. Ceux-là même qui lui refusent toute autre vertu lui accordent celle-là #. On ne l’emploie guère plus pour la pratique médicale ordinaire, dans nos pays. Mais on s’en sert encore en Orient, et même, bien que rarement, dans des régions fort éloignées où nous expédions la drogue. Comme tonique et stimulant, on le donne en infusion de 25 à 40 gr. par litre, en
poudre à la dose de 8 gr.
Les propriétés emménagogues admises depuis Dioscoride
2 On la récolte beaucoup aux environs de Meynes et de Lussan: c’est de Nimes qu'on envoie ensuite à Paris les gros échantillons décrits dans la seconde partie.
8 Lobel (Advers., p. 265) la signale déjà en abondance près des ruines de l'Ermitage (probablement Saint-Bauzille, sur la Gardiole), sur la route qui conduit à Frontignan, et près de Villeneuve où elle est mêlée à la ronde.
Clasius rappelle qu'elle vient dans l’île placée au milieu des étangs où est Maguelone, et autour de Villeneuve (Jean Bauhin).
Gessner raconte que la longue provenait des montagnes de Montpellier et était vendue à Lyon (Jean Bauhin).
# Albert, Thérap. el mat. méd., I, p. 68.
5 Nuova farmacopea mexicana de la Sociedad farmaceutica de Mexico, articles À. larga et À .redonda. — Voyez aussi Dymock, London pharmaceutlical Journal, 1879,
6 Provoque les flueurs des feinmes. Chasse le fruit de l’arrière-faix (bue avec myrrhe et poivre et aussi en pessaire). (Léonart Fuchs, ist, pl, p. 68-70.)
Loose
sont exaltées par les uns et complètement niées par d’autres, et peut-être d'une façon trop absolue. D’autres, enfin, disent qu'elle cause les plus graves accidents, même dans la goutte?, ce qui prouve du moins qu’elle est loin d’être indifférente et qu'on fera bien d'en user prudemment.
Comme alexilère, sa réputation n'est pas moins ancienne. Dioscoride la recommandait déjà contre les serpents et les poisons *.
Dans la goutte, l’'Aristoloche a été fréquemment employée seule ou associée à la ronde, et a pu être assez souvent substituée à celle-ci; mais c’est surtout l'Aristoloche ronde dont la réputation, comme anti-goutieuse, a été longtemps universelle. Galien se servait déjà des Aristoloches dans la goutte ; actuellement l'usage en est complètement abandonné.
Comme détersif l'A. longa a été souvent recommandé, spécialement dans les ulcères sordides. Simon Pauli se servait, pour les ulcères des jambes, de la décoction de poudre faite dans de l’eau de Véronique *.
Masserdjouih usait de l’Aristoloche longue triturée avec du miel et étendue sur les ulcères mous et anciens pour en déterminer la guérison *. Nos paysans s’en servent encore pour cet usage.
Elle est aussi purgative, ainsi que l'avaient déjà remarqué
! « On a cessé aujourd’hui de croire que l’Aristoloche a une action sur le cours des lochies. On à tout dit quand on a énoncé que l’Aristoloche jouit d'une vertu stimulante assez énergique. La réputation de cette plante pour la goutte n’est pas mieux fondée. » (Alibert, loc. cit.)
2? Cadogan, d’après Mérat et de Lens, Dict. — Il s'agit ici des deux espèces également.
3 « Bue en vin le poids d’un drachme et appliquée est bonne contre les serpents et les poisons. » (Fuchs, loc. cit.)
4 Chomel, Hist. abr. des pl. usuelles, p. 231.
8 11 ajoute : « Elle nettoie les dents et les gencives de leur humidité. Pétrie avec du miel et appliquée sur la rate, elle lui est très salutaire. Il en est de même si on l’administre avec de l’oxymel. (D'après Ibn-el-Beïthar, loc. cit.)
les Arabes. Avicenne, entre autres, la donnait à la dose d’un drachme 1/2 (environ 5 gr.). D’autres l’unissaient au vin miellé et comparaient son action à celle de la coloquinte*.
Comme diurétique, Gilibert la vantait encore beaucoup à la fin du siècle dernier.
Je ne puis énumérer ici toutes les maladies où les médecins anciens employaient l’Aristoloche longue : tumeurs hémorrhoïdaires, convulsions (Masserdjouih), vapeurs, obstructions du foie (Badigorius), épilepsie, blessures et contusions, chlorose, fièvres intermittentes, asthme, vers intestinaux, etc.
On recommande de choisir les Aristoloches grosses, bien nourries, pesantes, récemment séchées. On a vu, en effet, que l'aspect extérieur et intérieur pouvaient varier un peu, et que certains tubercules se ridaient en dehors et devenaient jaunes au dedans. Les rèvles sur ce point ont déjà été données par Pomet : « À l'égard du choix des Aristoloches, dit-il, elles doivent être sèches et bien nourries, principalement la longue et la ronde, en ce qu'il s'en trouve qui est aride, ridée et sèche, qu'il n'y a que la peau. Au lieu que la belle Aristoloche doit être pesante, jaune en dedans, grise par-dessus et unie... » Ces différences tiennent au degré de maturité.
Les anciens croyaient fort à l'influence de la lune sur beaucoup de plantes : Sylvius dit que la longue et la ronde doivent être cueillies dans la pleine lune : elles sont plus pleines, moins jaunes en se séchant. Cueillies en un autre moment, elles perdent par l’évaporation et la dessiccation.
Les tubercules les plus sains sont évidemment ceux dont l'extérieur est lisse et l’intérieur blanc farineux.
Actuellement, les Aristoloches ne sont pas aussi abandonnées qu'on le dit souvent : un herboriste bien connu de Nimes m’écrit que les Aristoloches sont en ce moment plus employées
! Jbn.el-Beïthar, loc. cit.
Bar que jamais, surtout pour la médecine vétérinaire ; que l’Aristoioche longue est payée 55 fr. les 100 kilos par le commerce, qui la revend 100 francs; l’Aristoloche ronde, achetée 90 francs, estrevendue de 125 à 150 francs. Sur divers points, d’ailleurs, l’Aristoloche longue est restée dans la médecine populaire. A Andabre, ainsi que nous l’a dit un habitant du pays, les paysans en boivent la décoction pour se guérir du « mal de côté. »
D'autre part, à Saint-Martin-de-Londres, près du Pic Saint- Loup, la plante est abondante, et les habitants ramassent les tubercules pour les vendre. Enfin, j'ai trouvé cette Aristoloche dans à peu près toutes les pharmacies et drogueries où je me suis adressé. Partout, ilest vrai, on m'a dit qu’on en vendait très peu, ou pas du tout, mais la drogue n’a pas disparu encore des officines.
Les formes pharmaceutiques les plus ordinaires sont la poudre, l'infusion, la décoction, l'extrait qui ressemble un peu à l'aloès, la macération dans le vin, etc., etc.
En outre de son usage direct, l’Aristoloche longue entrait dans une foule de médicaments composés plus ou moins complexes : Emplâtre Manus-Dei, Eau générale ', Aurea Alexandrina, Hiera-logodii, Trochisques de lacea de Mesué”, etc., etc. En même temps que la ronde, elle entrait dans la Poudre de l’Électuaire de Justin, l'Emplâtre pour les descentes de Nicolas Præpositus, l'Emplâtre styptique de Crollius, etc., etc. On les réunissait toutes deux avec l'A. Clematitis pour quelques autres médicaments du même ordre, tels que lEmplâtre Diabotanum de Blondel, etc., tout autant de préparations qui n’ont qu'un intérêt historique et dont la complexité de formule nous fait aujourd’hui sourire.
1 Mérat et de Lens, Dict.
2 Chomel, Hist. abr. des plant. usuelles, p. 232.
À. Fontanesii Boiss. et Reut., Pugillus plant. novar., p. 108 ; — Duch., Prodrom., XV, p. 486.
A. longa Desfont., Flor. atlant., 2, p. 325 (nec L.).
A. rotunda Bové, Herb. de Maurit. (ex Duch.).
C’est une plante essentiellement algérienne, habitant les environs mêmes d'Alger (Saint-Eugène, la pointe Pescade), Mostaganem, la petite Kabylie, etc.
L'espèce est évidemment très voisine du longa, et Duchartre ne l’admet qu'avec hésitation et sur la foi de Boissier. La fleur est cependant bien plus grande que celle du longa. Cetle fleur, de couleur jaunâtre, marquée de lignes longitudinales brunes, est droite avec un utricule à la base et une languette au sommet. Les tiges partent plusieurs ensemble d’un tubercule renflé long dont la description aété faite(voy. page 28) ; elles portent des feuilles qui atteignent la taille de celles du Clématitis. Je n'ai pu savoir si la plante était empioyée des Arabes. Mais les propriétés, si l’on en juge par l'odeur et le goût, doivent se rapprocher singulièrement de celles des longa et rotunda et je renvoie à ces espèces.
A. pallida Willd., Spec. plant , 4, pars], p. 162; — Duch. Prodr., XV, p. 487; — Boiss., Flor. or., IV, p..1078.
A. rotunda altera, Clus., Hisp., p. 319.
A. rotunda 8. Linné, Spec. pl., éd. IT, t. 2, p. 1364.
A. rotunda flore ex albo purpurascenteC. Bauhin, Pi- HAN Dra0 1e
A. lutea, Desf., Ann. Mus. 10, p. 295, t. 19.
Pour bien des botanistes encore cette espèce n’est qu'une forme de l'A. rotunda, mais elle semble pourtant bien distincte et, malgré la forme du tubercule, Boissier la considère comme plus voisine du longa que du rotunda. Les tubercules sont petits, arrondis, munis d’un bouquet de racines assez longues.
Les feuilles sont différentes par la forme et la nervation de celles du rotunda. Elles sont en effet nettement pétiolées, largement cordées en bas, à lobes arrondis et écartés, ce qui donne à la feuille une forme plus élargie d'en bas. La base même se prolonge en coin sur le pétiole. Le sommet est un peu échancré. Fleurs longues, à utricule ovoiïde, de couleur claire, plus foncée à l'extrémité du labelle, marquées de stries longitudinales brunes, rappelant en petit celles de l'A. Fontanesti.
La plante habite surtout l'Italie, le Suisse méridionale, la Sardaigne, la Grèce, l'Orient, laDalmatie. En France, on ne la signale qu’à Nice. L'un des exemplaires de l'herbier de l'Institut botanique de Montpellier, vient du Tyrol méridional
Je n'ai rien de spécial à dire sur les propriétés de cette plante qui doivent être celles de l'A. rotunda ; on a dû souvent confondre pour l'usage médical les tubercules des deux espèces, là où elles sont spontanées l’une et l'autre.
Around -Spec -paedeE-?;1p.1962%".éd.-I1, 2, :p. 1364; — Willd. Sp., IV, pars I, p. 162; — Jean Bauhin, Hist. plant.,t. III, p. 559; — Lamk., Dict, t. I, p. 258; — Desfont., Flora. Atl. p., 385 ; —Nees d'Esenb., PL. offic., tab. 145, (le tuberc. yest bien représenté); — Reichenb., Icon. fl. germ., t. 1342, pl. 671 (médiocre, couleurs trop vives); — Plenk Icon. pl. medic. t. 648 (médiocre); — Duchartre, Prodr. XV, pars I, p. 487; — Boiss., Flor. or., IV, p. 1077.
: A. prima Caesalpin (ex. C. Bauhin).
A. rotunda prima Clus., Hisp., p. 317.
À. rotunda, flore ex purpura nigro C. Bauh., Pin., p. 307,
— Tournef., Institut., p. 162; — Moris., PL. hist., p. 509, tab. 18, fig. 1.
Duchartreadmetune variété 6. grandiflora, qui habite PAI-
gérie.
Noms vulgaires : Aristoloche femelle des anciens. — Aristoloche ronde. — Sarrasine ronde. — Ratelou, — Faouterno, — Faouterno sarrasino,— Panterna (languedocien).— Round,
Birthwort (angl.). — Runde Osterluzei (allem.). — Aristoloquia redonda (Esp.). — Zarawand-i-Gird, — (Perse et Bom-
bay); — Nukhud-i-Alvandi (Ispahan). — Mudahraig ‘ etc, etc?.
L'histoire del’Aristoloche ronde ne se sépare guère de celle de la longue. Elles ont été distinguées en même temps (si celle des anciens sont bien les nôtres), malgré des différences d'opinion parlois bien subtiles elles ont la même action réelle; on leur a attribué les mêmes vertus imaginaires ; elles ont été l’objet des mêmes enthousiasmes et des mêmes dédains. Il n’est pointcertain que notre À. rotunda, réponde à l’Aristoloche ronde des anciens ; Fuchs cherche à démontrer que celle de Dioscoride est différente et que la notre n’est point « la vraye et naïsve Aristolochie »; mais Fuchs ne semble pas avoir tranché la question, car sa description n’est point d’une clarté parfaite. C’est ainsi par exemple qu'il attribue à notre espèce une «racine ronde semblable à un navet », etc., etc. Il faut ajouter, que nombre d'auteurs anciens décrivent et figurent le Corydalis cava comme une Aristoloche. Ainsi l’'Aristoloche ronde, dessinée par Fuchs * et vendue de son temps dans les boutiques; l'A. fabacea radix capnos altera, etle Radix cava herbariorum sive Aristolochia flore purpureo de Sweerts * etc., sont des Corydalis.
! D'après Dymock.
? Jean Bauhin, Hist. p. 556, dit que les latins l’appellent aussi: Malum terræ, et que les barbares lui donnent des noms très divers : la plupart de ces noms s'appliquent à plusieurs espèces, et en particulier à la longue : Adrarhisa pour l'épaisseur de la racine; Melocarpon pour les fruits ; Pivionos pour la couleur jaune intérieure ; Zonitis pour la couleur des fleurs, ete, ete,
3 L'histoire des plantes réduile, en très bon ordre, Lyon, 1575, Chap. 31.
+ Florilegium, 1612, 1, tab, 7
—.99p — Il existe d’ailleurs des plantes voisines dont les uns ont fait
de véritables espèces, tandis que d’autres les considéraient comme des variétés: ainsi l'A. pallida Willd. etc.
Notre A. rotunda du Midi de la France est une plante, dont le tubercule souterrain, vivace peut parfois devenir très volumineux. Ce {ubercule à été décrit, page 134. Il est donc inutile d'en reparler ici, sinon pour rappeler que c’est lui qu'on employait pour l'usage médical. Il faut ajouter aussi que sur le frais il porte de petites racines qui manquent dans les échantillons de droguiers.
La couleur intérieure sur le frais est blanc jaunâtre.
Tiges ordinairement faibles, flexueuses, anguleuses, souvent quadrangulaires, hautes d'environ 30 à 50 centimètres. plus ou moins nombreuses sur le tubercule, souvent simples ou peu ramifiées.
Quelques formes sont plus trapueset plus ramassées (Herb. Fac. de méd. de Montpellier).
Les feuilles permettent de distinguer tout de suite cette espèce de la longue. Elles sont en effet presque sessiles, tandis que celles de la longue sont pétiolées. Elles sont ovales-cor-
dées, creusées à la base d’un sinus assez profond et étroit, les auricules rapprochées autour de la tige; le sommet:est arrondi ou très lécèrement échancré. La nervation pédalée et réticulée, la face supérieure d’un beau vert, la face inférieure vert clair; à peu près glabre.
Fleur axillaire, solitaire, à pédoncule court; calice droit, renflé en utricule ovoïde verdâtre, au dessus d’un petit ovaire vert clair. Tube jaune verdâlre, avec des stries longitudinales brunes; limbe allongé, ovale, aussi long que le tube légèrement échancré au sommet, brun sur la face externe, brun vers le bas, vert olive en haut, sur la face interne, replié
d'ordinaire sur l'orifice du tube, avec seulement quelques poils sur le bord.
Dans l'intérieur du tube où les stries brunes sont plus ncettes, on voit des poils blancs dirigés vers le bas, et retenant quelques insectes qui, dans les fleurs que j'ai ouvertes, étaient de petits diptères et surtout des pucerons. — Une fois séchées, ces fleurs deviennent ordinairement très foncées.
Le fruit est globuleux: il s'ouvre de bas en haut comme chez la plupart des Aristoloches.
L'odeur est caractérisée, moins que celle du Clematitis.
Toute la plante est âcre et amère.
Les anciens botanistes distinguaient deux Aristoloches rondes dont Linné à fait deux variétés de son À. rotunda et qui sont aujourd'hui considérées comme deux espèces, |A. rotunda et A. pallida.
L'espèce est méditerranéenne et répandue assez abondamment dans la région littorale de l'Afrique du nord et de l’Europe méridionale. On la trouve aussi dans les Iles de la Méditerranée, en Grèce, en Macédoine ; Boissier l'indique dans les lieux secs et incultes. On la trouve dans les champs, les prairies; souvent indiquée dans les vignes par diverses flores. Dans les environs de Montpellier, elle semble rechercher plutôt les lieux humides et elle abonde surtout dans le sous bois du parc de Lavérune. Mais elle paraît en somme assez indifférente au milieu et au sol.
Près de Villeneuve elle est mêlée à la longue, ainsi que Lobel l'indique déjà. Le Languedoc et la Provence et surtout Nimes sont encore comme autrefois ! les points où se fournissent les drogueries et les herboristeries.
PorbriéTÉs. — L’Aristoloche longue et laronde ont des pro-
‘ Dodoens dit qu'on vendait la ronde à Anvers provenant de l'Italie et de Montpellier. (Jean Bauhin, loc. ci.)
priétés très analogues, comme on le pense, et l’une peut remplacer l’autre très certainement. Mais les anciens qui aimaient fort les distinctions subtiles, ont très diversement apprécié les deux espèces en les comparant l’une à l’autre. Les uns préfèrent la ronde; Hippocrate la mettait déjà au-dessus de la longue; Galien la préférait à toutes les autres espèces ; Massih la déclare plus subtile que la longue; Schrœder, Fernel, Cartheuser, etc., lui donnent aussi la préférence. Plus rares sont les partisans de la longue. Pour les uns, les propriétés sont assez semblables. D'autres indiquent comment on peut remplacer l’une par l’autre dans certaines conditions. D'autres enfin établissent des distinctions suivant les cas”?. Geoffroy”, par exemple, déclare la ronde plus atténuante que la longue du consentement de tout le monde, et au contraire la longue plus détersive que la ronde. Il est inutile de multi-
1 On remplace la longue par trois fois son poids de ronde et moitié de poivre. La ronde se remplace par son poids de longue et trois fois son poids de macis (Abd-er-Rezzag, Révélat. des énigmes, p. 120).
Le livre des Succédanés dit qu’on remplace la ronde par son poids de zérumbet, trois fois moins de macis et moitié &’Aristoloche longue ([bn-el- Beïthar),
? Fuchs, en énumérant les propriétés des Aristoloches suivant Galien, dit : NE ee la ronde est la plus subtile et la plus efficace de toutes..... Bien il est vrai que la longue est subtile et tenule moins que la ronde. Si est ce que pour ce, elle n'est sans efficace : mais a chaude et abstersive vertu, combien qu’elle digère et nettoie moins que la ronde ; elle n'est moins chaude, mais peut-être plus. Parquoi là où un moyen abstersif est requis, la longue sera plus propre, comme es escorcheures ou ulcérations de la chair et fomentations de la matrice: Mais quand il convient plus fort subtiliser les grosses et épaisses humeurs, lors vaut-il mieux user de la ronde. Pour cette cause, la ronde guérit plutot les douleurs engendrées d’obstruction ou ventosité d’humeurs crues: et tire les espines, et guérit les pourritures, et repurge les ulcères puants et qui jettent : elle blanchit les dents et les gencives ; elle aide aux asthmatiques et a ceux qui ont courte haleine et qui continuellement sanglottent, aux épileptiques et podagres bue avec eau froide. Elle est propre aux ruptures et convulsions. » (Léonart Fuchs, Hist, des pl., p. 68-70.)
3 Geoffroy, Mat. médicale, Paris. 1757.
plier les exemples de ces opinions diverses qui n'ont qu'un intérêt historique. Je rappellerai seulement que les anciens médecins considéraient, d'après Pline, la longue comme le mâle et la ronde comme la femelle ‘. Il faut peut-être attribuer à cette croyance, qui se retrouve chez les auteurs persans, l’idée que la longue faisait avoir aux femmes un enfant mâle.
D'une façon générale, elle était donc usitée comme la longue et d'ordinaire préférée. C’est un tonique stimulant, actif; on l'emploie jusqu'au Mexique et jusque dans l’Inde où les médecins mulsumans la disent résolutive, stimulante, pectorale, stomachique, céphalique, et la donnent dans la jaunisse et la goutte”.
Aujourd’hui nos paysans s’en servent parfois contre les coliques.
Comme emménagogue, elle passait pour fort active, et sa forme, qu’on a parfois comparée à l'utérus ou au placenta, pouvait au moyen âge avoir engagé à l’employer dans diverses maladies de la matrice. Guy de la Brosse, en combattant la théorie des signatures, considère l’Aristoloche comme plus nuisible qu’utile*. Elle est surtout comparable à la longue à cet égard.
La principale application de l’Aristoloche ronde était sans contredit Parthritisme et la goutte. Galien, Mesué, Rhazès
1 Il en est un. mâle et c'est l’Aristoloche longue, et une femelle et c’est la ronde (Abd-er-Rezzag, p. 119.)
? Dymock, Lond, Pharm. journ, 1879.
# « Quelle rencontre que les plantes qui ressemblent à l'œil sont remèdes à ses indispositions, comme aussi celles du cœur au cœur, et que celles qui ont rapport à la matrice comme le pain de pourceau ou l’Aristoloche ronde luy nuisent plustost que de luy ayder. » .
4 G. Klaunig.— Arthritidis curatio per Aristolochiam rotundam veram quæ novum est medicamentum antiarthritieum cum addendis Ern, Gott. Sturmii, Ephem. acad, nat, curios., cent. 5,6, 7,8 (Ex Reuss, Repert. comment.).
l'ont trouvée eflicace. Kolreuther dit qu’elle éloigne le paroxysme. Elle était l’élément le plus actif d’un remède ardemment proné et’combattu, la poudre du duc de Portland, contre la goutte. Le nom de cette poudre vient de ce que le duc de Portland qui souffrait d'un arthritisme héréditaire en avait ressenti de très bons effets. Mais cette poudre date de bien plus loin, car les Grecs et les Arabes employaient déjà des formules analogues‘. En France, cette préparation portait le nom de poudre du prince de la Mirandole. Cette poudre produisait parfois, dit-on, de terribles effets, dont Cullen et Cadogan ont tracé le sombre tableau. La réputation immense de cette poudre n’est plus, bien entendu, qu’un souvenir historique”.
Pline donne lPAristoloche ronde comme efficace contre les morsures de serpents. Elle agit donc ici comme les autres espèces, et l’on peut comparer aussi son action détersive, et ses propriétés générales à celles de l’Aristoloche longue *?.
1 Murray, Apparat. medicam :, 1, p. 505.
2 La poudre du prince de la Mirandole contenait : petite centaurée 4 p., racine de gentiane 2, racine d’aristoloche ronde 2, feuille de germandrée 2, feuilles d'ivette 2. — Tournefort, d’après Murray, y ajoutait de la racine de grande centaurée. La dose était : 4 gr. par jour pendant trois mois, 3 gram., par jour pendant trois autres mois, 2 gr. par jour pendant les six mois suivants, enfin 2 gr. tous les deux jours pendant deux ans ! (Cazin, Trailé prat de l'emploi des pl. médic., 1886, p.80. de
3 Voici ce qu'en dit Fuchs (propriétés d’après Dioscoride). « La ronde... bue avec eau froide, allège la courte haleine, hocquets, frissons ou rigueurs, maux de ratelle, spasmes ou convulsions, rompures et douleurs de costez. Elle tire hors les épines, flèches ou ferrements ; elle tire hors les escailles des os appliquées dessus en forme d'emplâtre, Elle scarifie les ulcères pourris, et purge et nettoie les plaies boueuses et pleines d'ordure. Elle remolit les creux et cavités des ulcères avec miel et poudre de flambe. Elle nettoie les gencives et les dents.» (Fuchs, loc. cil.)
La longue et la ronde..... contiennent beaucoup de sel essentiel, d'huile et de phlegme. Elles sont détersives et emménagogues ; elles résistent au venin et à la gangrène. Lémery, Dict, 77.