‹ Les Aristoloches: Étude de Matière MédicaleChapitre 28 sur 33 · AR · texte numérisé non relu

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Les recommandations pour le choix et la récolte de l'Aristoloche ronde, sont les mêmes que pour l’espèce précédente. On se sert aussi des mêmes formes pharmacèutiques. Mais, de plus, l'Aristoloche ronde faisait partie intégrante de nombreux médicaments oubliés aujourd’hui, l'Orviétan, la Thériaque céleste, l'Eau générale, la poudre Diaprassii de Nicolas Alexandrin, le Dialacca magna de Mesué, les Trochisques de Câpres, l’'Huile de scorpions composée de Mesué, et celle de Matthiole, lOnguent de Nicotiane de Joubert, l’Onguent des apôtres d’Avicenne, l’Emplâtre vulnéraire de Paracelse, etc., etc. ”.

On a parfois substitué à l'Aristoloche ronde les tubercules de Corydalis qui sont durs, bruns en dehors, jaunes verdätre en dedans, d’une odeur fade et nauséeuse, d’une saveur âcre et amère. À Bombay, où la drogue est rare, la plupartdes marchands lui substituent le bulbe d’un Arum amylacé et

inerte *.

A. contorta Bunge Enumerat. plantar. Chinæ. bor., in act. Acad. sc. petrop., 1831, p. 58 (ex Duch.); — Maximovicz, Prim. Fl. amur.(ex Duch.);— Duch. Prodr.t. XV, p. 488,

C'est une des espèces qui remontent haut vers le Nord, puisqu'elle est indigène du nord de la Chine et du sud du fleuve Amour. Elle y habite les lieux montueux. L'abbé Armand David l’a recueillie aux environs de Pékin.

C’est une espèce volubile, à tubercule renflé, allongé, d’aspect spécial; les tiges sont rameuses, anguleuses, et les feuilles deltoïides cordées ; fleurs petites, jaunes.

On en emploie le tubercule et les fruits, et ces médicaments doivent même jouir, en Chine, d’une certaine réputation, car

{ Chomel, Loc. cit., p. 232.

? Dymock, Lon&. Pharm. jour., 1879.

on les rencontre dans presque tous les catalogues de douanes chinoises.

Je n'ai vu nulle part le fruit qu'on dit être employé contre les affections pulmonaires, ainsi que celui de l'A. Kaempferi.

Le tubercule, évidemment bien plus usité, serait purgaüf, hématique, anthelminthique ‘. On le donne aussi contre la rage. On l’exporte de Chefoo et de Hankow. Il est remarquable par la disposition des faisceaux ligneux sur la section transversale ; il a déjà été décrit. (Voy. p. 129.)

A. Clematitis L. Spec. pl., éd. I, t. 2 p. 962; éd. II, t. 2, p. 136%; Mater. medica, 415 ; — Blackw. Herb., III, tab. 255 ; — Miller Fig., t. 51, fig. 1; — Bull. Herb. de la Fr ,1,t. 39; — Reichenb., Icon. fl. germ., t. 669, fig. 1340 (médioc.) ; — — Nees d'Es. tab. 147; — Plenck, tab. 650 ; — Lamk., En- CU DS DAC ÆEtotefr., ILI;p. 349 {ex Duch.):

— Gren. et Godr. F1. de Fr., III, p. 72; — Duch. Prodr., DV, p.489:

A. Clematitis recta, C. Bauh., Pinax, p. 307; —Tournef., Instit., I, p. 162; — Morison, p. 509, tab. 17, fig. 5.

A. Clematitis vulgaris Clus. Hisp., p. 321-322 (ex Duch.); — Lobel Icon., p. 607, fig. ? (ex. Duch.),— J. Bauh., Hist. Plant., IT, p. 560.

A. Sarracenica Dod., stirp, hist. Pempt., p. 323.

A. Clematitis altera radice tenui Caes. (ex J. Bauhin), etc., etc. : |

L'A. tenuis des anciennes officines semble avoir été, tantôt le Pistolochia, tantôt le Clematitis.

Noms vulgaires : ils abondent : Aristoloche des vignes.— Brighog.— Pomerasse.— Poison de terre. — Guillebaude ?.—

1 Voy. Catal. des Douanes chinoises, Exposit. de Paris, 1878, pp. 56, 66, 73, 86.

. ? Duchesne. Répert. des pl. util. et vénén.

PNAOGLES

Ratelaire. — Rateline. — Ratalie. — Sarrazine, etc., ete., et dans nos divers dialectes patois : Faouterna. — Faouterio.— Fouterlo. — Congourelo. — Couscasso. — Cujanelo. — Erbo de la godo ‘, etc., etc. — Osterluzeikraut. — Hinschkraut.

Le nom de Clematitis lui vient de son aspect sarmenteux.

L'A. Clematitis Serpens de C. Bauhin, Tournelort, etc., n’est autre que l'A. Bætica (voy. cette espèce).

C'est Dioscoride qui l’a le premier distinguée des autres.

L'A.Clematitis est une plante vulgaire dont les üges aériennes hautes de 30 à 50 cent. dressées, anguleuses, striées, renfiées aux nœuds, sont annuelles et naissent sur des rhizomes vivaces, de la grosseur d’une plume à écrire, couleur jaunâtre ou brunâtre, avec des radicules assez nombreuses, jaunâtres, déliées. Les feuilles sont cordées, de forme triangulaire, quelquefois arrondies en avant, mais rarement, très largement cordées à la base, ordinairement obtuses au sommet. Face supérieure, verte; face inférieure glauque, avec des nervures saillantes, rameuses, nettement réticulées. Pétiole assez long.

Les fleurs disposées en faisceaux axillaires formant une cyme contractée, sont très zygomorphes, assez, petites, de couleur jaune, un peu verdâtre, surtout en bas. La plante est connue de tous, et la description des organes végétatifs suffira. L’A. Clematitis a une odeur forte et extrêmement désagréable et un goût âcre et amer, tout à fait insupportable.

La fécondation présente des phénomènes curieux, dont il a été question à la page 26.

L’A. Clematilis est très largement répandue en Europe, où elle s’est peut être diffusée peu à peu, en partant de l'Orient. Eu tout cas elle semble tout à fait aborigène dans la Rus-

4 Ayais Catal. bol.

ny sie et le Caucase *. Elle remonte haut vers le Nord, jusqu'en Angleterre *, voire même au sud de la Norwège ?, et s'étend dans toute l’Europe moyenne et méridionale. En France, on peut la trouver partout, mais elle est particulièrement abondante dansle Midi où, sur certains points elle pullule, et devient une des plus mauvaises herbes des cultures‘. Orient, Italie, Espagne, etc. Le Muséum en possède un exemplaire venant de Ténérifte.

La plante vient un peu dans tous les terrains ; elle passe pour aimer les terres fortes, humides, mais dans nos pays elle ne pousse que trop abondamment dans des terrains sablonpeux et arides. Elle vient particulièrement dans les vignes cultivées avec soin. On la trouve aussi dans bien des lieux incultes et pierreux, dans les haies, etc.

D’après Plée, les cultivateurs prétendent, à tort ou à raison, qu’elle gâte les vins lorsqu'elle abonde dans les vignes. C’est d’ailleurs ce que dit aussi Magnol. L'opinion inverse, probablement aussi peu fondée que la première, existe actuellement chez beaucoup de nos vignerons.

Aujourd'hui, on ne trouve guère les rhizomes de lAristoloche Clématite dans les pharmacies qu’à titre de curiosité. D'ordinaire même on n'en trouve pas du tout. La drogue est

4 Voy. D C. Géogr. bot.,p. 684.

2 Où elle aurait peut-être été introduite à la suite des Croisades : au moins le nom de Saracen's Birthwort le fait soupconner à Bromfeld. Mais Ray et Dillenius ne l’ont pas dans leur Synopsis. (D. C. ibid.)

3 On l’atrouvée à Laurwig par 5993’; Schubeler : die Pflanyenwelt Norwegens, p. 239.

+ Matthiole (Commentaires sur Dioscoride, trad. du Pinet, 1601, p.250), dit pourtant : «il y a 3 espèces d’Aristolochie : c’est assavoir la ronde, la longue et la Clématite, Quand à la dernière, elle est fort rare et peu de gens la cognoissent».

1 Vineis nostris maxime infensa est propter tetrum odorem quem vino communicat. (Magnol, Bot. monsp., p. 28).

étiquetée : Rhizoma Aristolochiæ tenuis, ou Radix Aristolochiæ Clematitis. Ce n’est d'ailleurs pas d'aujourd'hui qu’elle est peu employée, car déjà l’on peut lire dans Pomet: « Nous vendons ordinairement de trois sortes d’Aristoloche, sçavoir la longue, la ronde et la légère. Il y en a une quatrième, qui est la Clématite, mais nous n’en faisons aucun négoce, c’est pour ce sujet que je n’en parlerai point » ‘. Quant au fruit que quelques anciens ont parfois employé, il est complètement oublié aujourd’hui. Quoiqu’en dise Pomet pourtant, l’Aristoloche Clématite a eu longtemps une réputation qui, pour avoir peut-être été moindre que celle des autres espèces, vaut cependant qu’on la mentionne.

En Angleterre, les moines et les empiriques la cultivaient beaucoup * pour lusage médical. Dans bien des villes on Pimportait de Montpellier, où on la récoltait par le simple arrachage et d’où on l’expédiait après dessiccation.

La drogue se présente sous forme de fragments de rhizomes secs, très durs, très cassants, tortueux, de 1/2cent. de diamètre au plus, ordinairement 2-4 mm., sur une longueur très variée. Ils sont noueux et portent de fines radicelles aux nœuds ; des sillons longitudinaux fins marquent la surface des entre-nœuds. La couleur extérieure est brun chocolat très uniforme. La surface de section a une couleur un peu variée du jaunâtre au rougeûtre ; la zone corticale extérieure est mince, brune; au-dessous, même à l'œil nu, on voit d’ordinaire une zone de faisceaux ligneux séparés par des rayons médullaires. Il existe une moelle centrale. Les pores du bois ne sont pas visibles. La description de la drogue fraîche a été faite, p.58.

! Bulliard, à son tour. dit qu’ «elle est tombée dans un tel discrédit qu'on n ose plus maintenant l'employer à l'usage interne, et qu'on l'empluie même rarement à l'extérieur. ........ il y en a qui pensent que jusqu'à l'odeur qui s’en exhale est pernicieuse. (Hist. des pl. vén.)

2 D,C. Géogr. bot., p. 685.

RTE

L’odeur, dit Geiger, persiste après dessiccation. Généralement la section ou le grattage sont nécessaires pour la développer. Le goût est très âpre, non nauséeux, pas du tout aromatique.

Les opinions sur l’activité de cette espèce ont beaucoup varié, et ces divergences tiennent peut-être à des différences dans le lieu ou l’époque de la récolte, ou dans l’anciénneté de la drogue. Il semble bien pourtant, lorsqu'on froisse cette plante fraîche et qu’on en respire l’odeur, qu'elle doive être au moins aussi active que les autres, car l’oléo-résine n’y manque point.

Lobel ’ dit que ses propriétés sont bien inférieures à celles des autres, et gourmande d'importance les ignorants qui s’en servent etles confondentavecla longue. Pendant le moyen âge, on la considère comme moins active que les autres. Par contre, Fuchs et Dodoens pensent qu'on peut s’en servir à la place des autres, et Jean Bauhin croit que c’est elle qu'Andromachus et Galien employaient pour la thériaque sous le nom d'A. tenuis*; Nicolas Grimm l'estime beaucoup * ; Gilibert *, l’a trouvée aussi active que les exotiques, et Bodard, l'ayant expérimentée plusieurs années en Toscane, lui a trouvé une grande énergie, surtout pour ranimer les fonctions utérines.

Quant aux maladies pour lesquelles on l’a employée, elles sont très diverses et je n’en ferai pas l’énumération complète. Voici seulement les principales :

MALADIES UTÉRINES. — Elle est emménagogue comme les autres ; cette propriété a été constatée par bien des auteurs,

1 Adversaria, 265.

2 Tournefort, Hist. pl. Par. 176.

3 A, Clematitis vera est et legitima, prœstantissimi in variis morbis usus, (Grimm, d'après Reuss. Repert.comental.)

4 Démonstr. de bot. I, p.477.

5 D’après Cazin, Tr. prat, des pl. méd.

Gilibert entre autres, et plus récemment Vincenzo Colapietro en 1834 ‘. Ce n’est point là du reste l’usage principal dela plante. On emploie dans ce cas, soit la poudre dans du vin, soit l’infusion de racines édulcorée avec du miel. Très usité dans la petite Russie.

GOUTTE ET RHUMATISME. — Elle entrait peut-être dans la poudre du duc de Portland (voy. A. Pistolochia). C’est surtouten Angleterre eten Écosse qu’on en fait usage. Alston dit quon la préfère aux autres, et Helde recommande la poudre, l'extrait et lateinture pour prévenir les accès de goutte et calmer le spasme que les goutteux éprouvent souvent dans les jambes avant le paroxysme ?. En Russie, Pallas * indique que l’on emploie la décoction de la plante en cataplasmes sur les parties douloureuses.

FIÈVRES INTERMITTENTES.— Les paysans russes, toujours d’après Pallas, considèrent le fruit vert qu'ils appelent Pchinovnik comme un spécifique contre les fièvres, et le mangent cru (ce qui doit nécessiter une grande confiance dans le remède!l". La chose est d’ailleurs confirmée par d'autres. Sljanin * dit que les Tartares se servent de la décoction. Du reste T'ournefort donne la plante comme excellente contre les fièvres ; à Montpellier même on a employé le suc comme antipériodique, et Magnol ® condamne cet emploi.

Outre ces usages principaux, la plante était encore usitée comme :

Purgative. Elle est même éméto-cathartique. Paul d’Ægine l'employait déjà à la dose d’un gros (4 gr.) dans du vin doux.

1 Osserv. méd. di Napoli, 1834 (d’après Demitsch).

2 D’après Cazin, loc. cit.

3 Voyages, p. 54.

* D’après Demitsch,

* Incanse sumunt aliqui seminis 3 j eum juseulo ad febres intermittentes curandas quod nimias vomitiones excitat, (Bot. Monspel., p. 28.)

— 241 — à /Etius donnait ? gros du fruit dans les affections bilieuses surtout’.

Vulnéraire. « Tout le monde sait », dit Tournefort?, « que Jon se sert de la racine de cette plante dans les teintures vulnéraires » ; cet usage existe encore dans bien des pays ?.

Détersive. Elle détergerait les ulcères de mauvaise nature ; on place les feuilles fraiches sur les furoncules et les plaies, et les Kalmoucks emploient un extrait de la plante en usage externe contre les maladies de la peau.

Enfin, si l’on ajoute encore que cette plante a été souvent préconisée dans la consomption, les hémopiysies, les paralysies, l’anorexie par atonie*, les pâles couleurs, l’asthme, l’'hystérie*; qu’elle à passé pour guérir les caries et nécroses *, et les hémorrhoïdes non fluentes ? et qu’enfin on l’a recommandée pour nettoyer les dents etles gencives et même (je ne sais par quelle aberration sensorielle!) comme parfum®, on se rendra compte que, si la plante est presque sans usage aujourd’hui, elle en avait du moins autrefois sa large part !

Elle est parfois usitée aujourd’hui en médecine vétérinaire.

Sans vouloir ajouter trop d'importance à des actions plus ou moins chimériques sur telle ou telle maladie, il n’en est pas moins vrai que c’est là une plante fort active et dont, par

1 Cazin, Loc. cit.

2 Hist. plant. Paris.

3 Toutes les blessures provenant d'instruments incisifs sont traités par l’application d'uue feuille d’Aristoloche sur la plaie. Grande réputation (Kirschleger, Flor. d'Alsac., I1,p. 40).

* Gilibert.

5 Tournefort, loc. cit.

6 Baillon, Rev. des Arist. médic.

7 Augustinowitsch, d’après Demitsch, loc. cit.

8 « Quant aux deux autres, celle qui est appelée Clematitis est la plus odoriférante. Et pour ce, ceux qui font les onguents et senteurs en usent parfois. Mais elle est trop débile pour remèdes de maladies. » (Fuchs, Hise. plant. Aristoloches ; propriétés suivant Galien.)

Pre conséquent, il serait possible de tirer parti. Elle mérite, en tout cas, qu’on en étudie les effets, car si elle n’est pas utile elle peut du moins être très nuisible ; à haute dose elle est certainement toxique. Contusée dans l’eau, la racine empoisonne le poisson. Il résulte des expériences d’Orfila : 1° que la substance active est absorbée et produit une action stupéfiante sur le système nerveux; 2° que la Clématite produit une légère inflammation des tissus sur lesquels on l’applique. Comme les autres Aristoloches elle cause, à dose trop forte, des superpurgations avec douleurs d’entrailles très vives, des vomissements et même des pertes et des avortements (Bulliard).

Il est certain que l’homme ne s’intoxiquera guère par ce moyen, sauf le cas, bien rare, de médication à dose exagérée. Mais les animaux peuvent en souffrir. Ils n’y touchent guère au pâturage, mais à l'étable, mêlée au foin, ils en mangent et peuvent s'empoisonner. Il y a dans ce cas stupeur et ébriété, somnolence comateuse avec soubresauts; constipation, polyurie, et spasme génital. Convalescence longue (Jeannin)‘.

On ne peut guère confondre la drogue avec d’autres, car le Rhizome est bien différent du faisceau de racines du Pistolochia et des tubercules de nos deux autres Aristoloches. Dans les pays où pousse en même temps l'A. Bætica, la distinction des rhizomes isolés sera plus difficile. Mais cette distinction a si peu d'importance !

- Je ne crois pas qu’on puisse facilement substituer un autre rhizome à celui de l’Aristoloche Clématite, dont l'odeur est sicaractéristique dès l’abord, et qui d’ailleurs est si abondante et si facile à recueillir sur certains points, qu'on n'aurait vraiment aucun intérêt à cette substitution. Cependant Tournefort dit que la racine des Melittis Melissophyllum, la

1 Cornevin, Les Plantes vénéneuses, p. 158.

ee Mélisse des bois, ressemble à celle d'Aristoloche et que les droguistes du temps la vendaient parfois pour elle.

Pas plus pour l'A. Clématite, je ne traiterai ici le côté chi: mique de la question. Il me suffira de dire que l'analyse a montré dans cette plante une essence que lon obtient par distillation avec l’eau, et un acide aristolochique que l'on reüre aussi par distillation de la racine et qui forme un sel de baryum cristallisable ‘.

Les formes sous lesquelles l'A. Clematitis a pu être administrée sont assez variées.

Poudre.— A la dose de 4 gr. mélangé avec du miel, du vin, ou sous forme de pilules.

Décoction ou infusion. — 12-15 gr. par litre: Tournefort? dit que sa grande amertume empêche de l’employer sous cette forme et qu’il vaut mieux employer la poudre.

Extrait alcoolique, — 1 gr. de racine pour 6 d’alcool ; on en donne 2-4 or.

Teinture alcoolique. — 1 gr. de racine pour 5 d’alcool. Dose en donne 1-2 gr.*.

On à vu plus haut que les feuilles pouvaient être employées topiquement, que les fruits étaient parfois consommés directement, etc.., etc. j Ê

Enfin cette plante entrait autrefois dans un certain nombre de médicaments complexes, ainsi dans l'Emplâtre Diabotanum de Blondel, avec la longue et la ronde; les feuilles étaient un des éléments de l’eau vulnéraire appelée Eau d'arquebusade .

1 Walz, Jahrb. für Pharm., XXIV,p. 65, et XXVI, p.651 (d’après une note de M. Soubeiran).

2 Hist. plant., Paris.

8 Ces doses sont données d’après Cazin.

# Chomel, Hist. abr. des pl. usuelles, 230 à 232,

À. altissima Desfontaines, Flor. atlantica, II, p. 32%, tab. 949 : — Willd., Spec. plant., IV, pars I, p. 158; — Duch, Prodr., XV, p. 489; — Boiss., Flor. orient., IV, p. 10%5.

Habite l'Algérie, la Sicile, la Grèce, Chypre, la Syrie, le Liban,etc. Les échantillons de l’herbier de l’Institut de botanique de Montpellier viennent d'Algérie (Durando) et de Sicile (Todaro;. — Elle est abondante aux environs d'Alger, où on la fait pousser sur des tonnelles pour donner de l'ombre, en même temps que les Boussingaultia, Passiflores, etc. Les feuilles en sont cordées à la base, plus ou moins aiguës an sommet. — Elle grimpe ordinairement dans les haies et buissons.

Je ne cite celte espèce que pour son abondance dans Îa région méditerranéenne. Je ne pense pas qu’elle ait un usage médical quelconque.

A. sempervirens Linné, Spec. pl., éd. I, 2, p. 961 ; éd, II, 2? p. 1363 ; — Willdenow, Spec., IV, pars I, p. 158; — Lamarck, Encycl., I, p. 257; — Duchartre, Prodr., XV, p. 489 ; — Boissier, Flor. orient., IV, p. 1075.

Pistolochia altera sempervirens Clusius, Rar. plant. Hist , CCLIX, cum icone.

Pistolochia Cretica C. Bauhin, Pin., p. 307; —Morison, PI. hist. univers, t. Ip. 510;

Pistolochia Cretica sempervirens Parkinson, Théatr. 292.

À. Pistolochia altera J. Bauhin, Hist. pl., p. 563; —Tournefort, Inst., p. 162.

À. Cretica seu Virginiana, Gerardi historiæ emaculator (Johnson), (ex. Plukenet).

A. undata Mœnch (ex Steudel, Nomenclat.).

A. Pistolochia dicta Cretica, Smilacis folio sempervirens Hort. Leyd. p. 59, (ex. Plukenet).

C’estune espèce méditerranéenne, surtoutde Crète etd'Arabie. Elle est grimpante, à tiges plus grèles, plus faibles que l'altissima, rameuses, glabres, flexibles, cannelées, portant des feuilles persistantes assez petites, cordées, aiguës ordinairement (il en est d'obtuses et même d'échancrées), auriculées, d'un vert intense et luisant, ressemblant, sauf les aiguillons, à des feuilles de Smilax. Les racines forment un faisceau de fibres déliées, chevelues, odorantes. La fleur, arquéee comme celle du Bætica; est solitaire, axillaire, brun jaunâtre à stries foncées, à long pédicule.

Elle a été envoyée à Clusius par J. Plateau. en 1600,

L’A. sempervirens jouit en Arabie d’une grande réputation comme alexitère. Les jongleurs égyptiens s’en servent dit-on. Niebuhr, Forskahl ont rapporté de leurs voyages des faits merveilleux de guérison par cette plante appliquée intus et extra, en décoction de racines et en cataplasmes de feuilles mâchées. La décoction, prise régulièrement pendant quarante jours met, dit Forskahl ’, à l'abri des accidents mortels que peuvent causer les serpents venimeux.

Il faut faire ici une large part à l'imagination et à l’exagération ; la plante est assez odorante à l’état frais, quand on la froisse, fort peu àcre, bien moins désagréable que d'autres espèces. Eile doit pourtant posséder aussi les propriétés excitantes et diaphorétiques qui ont fait estimer les autres Aristoloches.

Les plaies sont aussi, dit-on, heureusement modifiées par l'application des feuilles broyées.

A. Bætica L., Spec. pl., éd. I, 2, p. 961 ; éd. II, 2, 1363 ;— Duchartre, Prodr., XV, p. 490.

1 Forskahl (Pierre), Flora œægyptiaco-arabica,p. 156.— Duchesne, Repert. de pl. util. ebven. p. 49-50.— Ainslie. — Wood et Bache, U.-S. Dispensatory, p. 1302.

A. Clematitis Serpens C. Bauhin, Pin., p. 307; — Tournefort, Instit., p. 162; — Morison, Hist. pl., TIT, 509

A. Clematitis non vulgaris J. Bauhin, Hist. plant., t. III, p. 61.

A. Clematitis altera Clusius, Hispan., p. 323, cum icone.

A. glauca Desf., Flor. atlant., IT, p. 324, tab. 250.

À. subglauca Lamk., Dict., p.257.

A. longa Woodwille, Medic. bot., II, t. 107 (nec L.).

Plante méditerranéenne, de l'Algérie, du Portugal, du sud de l'Espagne, Malaga, Grenade, etc.

Dans les haies, les buissons, les champs d’oliviers.

Elle est volubile, sarmenteuse. La racine est longue, menue, plus ou moins enfoncée. Les feuilles que Lamarck compare à celles du Cynanchum Monspeliense sont de forme et de taille variée, depuis 1 1/2 jusqu'à 7 centim. de long, ordinairement arrondies au sommet, rarement un peu aiguës et très cordées à la base ; glauques. Les fleurs de couleur pourpre foncé sont arquées, avec un large orifice infundibuliforme coupé obliquement. La courbure en U est moins marquée dans le jeune âge.

J'en ai reçu d'Oran un échantillon frais que je dois à l’obligeance de M. Doumergue. On y voyait des tiges souterraines dressées, tantôt ramifiées au niveau du sol, tantôt en continuité avec les parties aériennes. Ces tiges sonterraines avaient 2-4 mm.de diamètre. Elles étaient cylindriques, parfois sillonnées, brunes, avec des nœuds assez rapprochés, portant des racines adventives.

Les propriétés sont celles des autres Aristoloches de nos pays. J'ignore si cette espèce est employée par la médecine populaire dans les pays où elle est spontanée.

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