‹ Les Aristoloches: Étude de Matière MédicaleChapitre 29 sur 33 · CITE · texte numérisé non relu

CITE

A. recurvilabra Hance, Pharm. Journ., 15 mars 1873, p. 725 ; Journ. of Botany, 1873, p. 72.

Noms vulgaires : Tu-ching-muh-hsiang (Hance). — Tsinmou-hiang.— Ch'ing-mu-hsing.— Cin-mu-sian (Tatarinow). — Tsing-muh-heane (F.P. Smith)!.

Cette plante intéressante, objet d’un assez grand commerce en Chine et confondue dans le Pen-Tsao avec l'A. Kaempferi, a été décrite par Hance. Avant lui, Tatarinow semble être le premier qui aitrapporté à une Aristoloche le produit nommé Putchuck vert. Plus tard, Porter Smith en remarqua le puissant pouvoir purgatif anthelminthique et émétique, et dans ses Contributions à la matière médicale chinoise, rapporta à tort la plante à l'A. contorta Bunge. Bowra, dans le Trade Report for Ning-Po de 1868, montra que dans les environs de ce port, d'où la drogue est fort exportée, la plante qui la prodüit est rampante et commune. Il en adressa quelques pieds vivants à Hance qui put en faire fleurir et fructifier un. Hance reconnut alors l'espèce comme nouvelle et lui donna le nom d'A. recurvilabra. Il la rapprocha des espèces méditerranécnnes (altissima, Pistolochia et surtout Bætica et parvifolia). En Asie, on ne peut la comparer qu'aux A. debilis Sieb. et Zucc., et Sinarum Lindi.

Le drogue que fournit cette plante est connue sous le nom de Putschuck vert, nom qui vient de sa ressemblance avec le rhizome de l'Aucklandia Costus ou Putschuck.Cette drogue se présente en fragments de rhizomes fragile, du diamètre du pouce à celui d’une plume de corbeau, gris cendré en dehors, blanc en dedans. Fraîche, elle a une odeur camphrée et poivrée et une saveur fortement camphrée et amère. Le rhizome sec perd presque entièrement son odeur, mais conserve en grande partie son bon goût.

1 Ex J.-L. Soubeiran, Mat, médic. Chin., p. 159.

rPi8

Les racines sont jaunes, minces, odorantes.

Les tiges, feuilles et fruits, ressemblent à ceux du Ma-taoling (A. Kaempferi). Les fleurs sont tubuleuses, puis élargies ét recourbées en corne‘.

La plante croît dans la province de Mu-Peh.

Les racines sont employées pour guérir les brûlures et les indigestions. Les rhizomes sont purgatifs, hématiques et anthelmintiques. On les estime beaucoup dans le rhumatisme. On les donne même contre Ja rage. C’est un remède fort usité, car on en exporte tous les ans de Ning-Po pour plus de 650,000 francs.

A. Maurorum Linné, Spec. pl., éd. II, t. 2, p. 1363 ; — Willd., Spec., t. IV, pars I, p. 161; — Duch., Prodr., XV, p. 492; — Boiss., Flor., orient. IV, p. 1080.

A Maurorum C. Bauhin, Pinax, p. 307.

A. Rhazut et Rumigi Rauwolff, Eigentl. Beschreib. d. Reis., p. 121, tab. 23, n° 121 cum icone (ex Duch.) ; — Jean Bauhin, Has ertometEE0#5 08;

A. peregrina Rauwolfii Clusius, Hist., p. 72.

A. peregrina foliis auriculatis Morison, Hist., tab. 17, figure 11

A. longa foliis augustis acuminratis Morison, Hist., 3, page 510.

A. orientalis foliis lanceolatis Tournefort, Instit., p. 162.

A. Aucheri Jaub. et Sp., IÙ., I, t. 99 (ex Boissier), etc.

C’est une plante légèrement pubescente, à tiges menues, peu rameuses, sillonnées, feuillées vers le haut, dénudées en bas. Les feuilles, de longueur variée, sont surtout très curieuses, distiques, allongées, longuement hastées elles por-

.tent à la base deux auricules divergentes, arrondies, subspa-

! Les détails ci-dessus sont à peu près tous empruntés à Hance (oc. cit )

tulées, séparées par un large sinus. La base se prolonge en coin sur le pétiole : le sommet est plus ou moins aigu, Les fleurs naissent des dernières squames ou des premières feuilles. Elles sont fauves, tachées de jaune. Duchartre en distingue une variété B. Aucnert, et Boissier une variété B. LATIFOLIA qui est l'A. Bottæ de Jaubert et Spach.

Orient, surtout Alep et Mossoul ; Perse, Assyrie, etc.

On attribue à la plante de lamertume et une odeur d'excréments. Inconnue jusqu'à Rauwolff, je ne crois pas qu’elle ait Jamais eu grand usage, bien que J. Bauhin la dise « sèche et chaude. »

A. Pontica Lamarck Dictionn., I, p. 255; — Duch,, Prod SNS D 08.

À. orientalis humilis amplissimo folio Tournef., Coroll., Da:

A. rotunda flore maximo Buxb. Cent. I, p. 28 tabl. 45, (ex Duch.).

C’est une espèce à tubercule arrondi, noueux, garni de quelques fibres menues, et à tige simple, dressée, herbacée, hirsute, petite par rapport aux feuilles qu’elle porte et qui sont simples, cordées, arrondies. La fleur est assez grande.

La plante habite en Asie, la région de la Caspienne et de la Mer Noire.

Les tubercules doivent avoir une action analogue à celle du longa et du rotunda. Peut-être est-ce d'elle que parle Jean Bauhin' quand, en traitant des Aristoloches, il dit que la Pontique a grande réputation, et, que d'après Sylvius, la Pontique et la Crétique sont les meilleures.

3 7. Bauhin ll, p. 557 et 562

A .Cretica Lamarck, Dict., I, p. 255; — Duch., Prodr. XV, p.493, — Boiss., Flor. orient IV, p. 1081. A. Cretica flore maximo fructu angulaloTournef., Coroll., p. 8 (ex Duch.};, — Desfont., Ann. du Mus., X, page 294, tab. #8.

Elle présente un intérêt surtout historique, puisqu'on dit que c’est elle qu'Hippocrate et Théophraste ont employée*.

‘Elle à une racine grosse, comme le pouce, longue d’un demi-pied, rameuse, roussâtre en dehors, jaune en dedans et d’une amertume insupportable ?. Cette racine doit avoir les mêmes propriétés que notre A. longue, mais je ne sais rien de spécial sur elle. ;

Quelques tiges courtes, rameuses, velues, portant des feuilles pétiolées, cordées, vert pàie, blanchâtres en dessous, velues.

La fleur est grande : la figure de Desfontaines la représente rose saumoné en dehors, violette en dedans, avec des poils sur les deux faces. Elle 7 à 8 centimètres de long, sur ? à 4 de large : l'ouverture est large et béante, l’utricule oblong.

A. hirta L., Spec. plant., édit. I, 2? p. 961, (ex Duch.); éd. 11,2, p. 1365, — Willd. Spec., t. IV, pars I, p. 162; — Lamarck, Dict., I, p. 256; — Duch., Prod., XV, p. 494:— Boiss., FI. Orient., IV, p. 1079

À. longa subhirsuta folio oblongo, flore maximo Tournefort. Voy. du Lev.,rE, p. 147.

Cette espèce, qui habite l’Archipel, la Syrie, l'Amnatolie, Smyrne, elc., est une tuberculeuse du groupe du longa. « La racine à 1-2? pieds de long ; épaisse de ? pouces, elle est

! Sprengel, Histor. rei herbar, t. 1, p.47 ? Lamarck, Dict. I, p. 155

ie

ligneuse, jaunâtre, marbrée par rayons de blanc et de roussâtre, couverte d’une écorce charnue légèrement purpurine. Elle est d’une amertume insupportable. » (Lamarck, Dict.). Le tubercule de l’herbier du Muséum est bien moins gros.

Les propriétés doivent être celles du longa. Je ne sais si elle est en usage dans son pays.

A macrophylla Duch., Tentam, in Ann.sc.nat., sér. 4,9, p. 68; —-Prodr., XV, p. 495.

C’est une espèce de la Guyane française, recueillie près de Cayenne en 1839 par Leprieur. Elle a des rameaux allongés, grêles et volubiles, -et de grandes feuilles oblongues lancéolées, longues, cordées à la base, acuminées, à pointe obtuse, vertes et glabres au-dessus, fauve velouté en dessous.

Peu d'importance médicale.

A. macrocarpa Duch., Prodr., XV, p. 497.

Cette espèce est très remarquable. La tige, qui atteint 2 cent. 1/2 de diamètre, est ligneuse, volubile, à écorce subéreuse, d’abord cylindrique, elle est ensuite comprimée et présente deux sillons d’où naissent les feuilles distiques.

Les feuilles sont amples, ovales, oblongues, arrondies à la base, à nervures saillantes en dessous. La capsule est gigan- . tesque et atteint 53 cent. de long sur 3 ou 3 1/2 de diamètre. D'après Aubry-Lecomte, qui a recueilli la plante au Gabon en 1854, cette capsule est parfumée. Le bois, sans zones, a la structure typique des Aristoloches.

Les indigènes du Gabon lui donnent le nom d'Ogadoïka. Je ne sais s'ils en retirent quelque produit ou s'ils en usent comme médicament. Description d'après Duchartre.

Page 1