‹ Les Aristoloches: Étude de Matière MédicaleChapitre 7 sur 33 · LS ORNE · texte numérisé non relu

LS ORNE

micromiophiles ‘ dont l'ouverture est petite, et l'odeur cadavérique chez les sapromiophiles, visitées par les mouches plus grosses. Quant aux couleurs, elles rappellent aussi les matières décomposées, les chairs putréfiées ; le périgone est, en effet, livide, luride, noir pourpré, noir vineux, rouge de sano, noir bleuâtre, tigré, maculé, strié, etc. Les insectes sont donc attirés à la fois par la vue et par l’odorat.

L'étude anatomique des organes végétatifs employés sera faite avec détails dans la seconde partie. Je n’étudierai d’ailleurs que l'anatomie de drogues et je renvoie pour l'étude histologique des plantes fraiches aux traités spéciaux ou aux divers travaux de Decaisne, Duchartre, Janczewski, Strassburger, Hérail,etc., etc., qui ont surtout pris comme type les À. Clematitis et Sipho.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIOUE

Les Aristoloches sont répandues à la fois dans la zone tropicale et dans les régions tempérées des deux mondes. Mais elles ne remontent jamais bien haut vers le Nord. Notre A. Clematitis que l’on rencontre encore en Angleterre, PA. contorta du nord de la Chine, sont des exceptions à cette règle.

Le pays par excellence des Aristoloches est l'AMÉRIQUE TROPICALE depuis le Mexique jusqu'au sud du Brésil. C’est là que nous rencontrons en particulier la majeure partie des espèces étudiées dans ce travail. Dans cette région, la plupart sont des lianes souvent très longues, et tout le groupe des Guacos et Mil-homens en tire son origine. Les A. Brasiliensis, Claussenii, cymbifera, antihysterica, cordigera, galeala, gigantea, rumicifolia, macroura, filipendulina,

! Dans les micromiophiles j'ai trouvé souvent des pucerons.

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etc., etc., sont du Brésil ; les cordiflora, ringens, Goudotii, de la Colombie; les fragrantissima du Pérou surtout; le Chiquitensis de Bolivie; le Chilensis du Chili; les Surinamensis, macrophylla des Guyanes; les pandurata, barbata, du Vénézuéla etc. D'autres s'étendent sur plusieurs pays, comme le grandiflora qu'on trouve au Brésil, aux Antilles, en Colombie, au Guatemala, etc., le maxima de toute l'Amérique centrale, le trilobata du Brésil et des Antilles. Le Mexique est aussi riche en espèces, entre autres l’odoratissima qui descend aussi dans l’Amérique centrale, les tricaudata, Turbacensis, ovalifolia, fœtlida, etc., etc. Les Antilles en possèdent beaucoup également, tantôt communes avec les régions voisines de l'Amérique centrale ou méridionale (anguicida grandiflora, odoratissima, trilobata, etc.), tantôt plus spéciales (bilobata, etc.), ou même appartenant à une seule ile, comme les A. peltata, punctata ou caudata de Saint-Dominique, les glandulosa, pentandra de Cuba, etc.

Sans quitter le Nouveau Monde, signalons dans l'AMÉRI- QuE pu Norp quelques espèces importantes: les A. Serpentaria, reticulata, Sipho, tomentosa, eic., etc., toutes des États-Unis.

La REGION MÉDITERRANÉENNE, bien qu’elle n'offre qu’un nombre relativement restreint d'espèces, est fort intéressante pour nous, car à ces espèces dès longtemps connues ont été attribuées bien des vertus réelles ou imaginaires. Les A.longa rotunda, pallida, Clematitis, Pistolochia ont encore leurs usages locaux. Les unes (rolunda, etc.) sont largement répandues dans l’Europe méridionale et l'Afrique du Nord, d’autres s'étendent seulement dans la région orientale de la Méditerranée : ainsi les À. altissima, hirta de l'Algérie à la Syrie, pallida depuis Nice jusqu'en Asie Mineure * ; d'autres

{ On peut comprendre encore dans cette région l'A. Maurorum, qu'on

rencontre en Orient, à Alep, etc., et l'A. Ponlica des bords de la mer Noire et de la Caspienne.

occupent, au contraire, plutôt la région occidentale, comme le longa qui va jusqu'à Madère, et le Pistolochia qui s'étend de l'Italie au Portugal; d'autres enfin, plus localisées, habitent une région spéciale, comme le Fontanesii d'Algérie et les sempervirens et Cretica de Crète. Presque toutes ces espèces occupent une zone assez restreinte au bord de la mer et ne pénètrent guère dans le continent. Le Clematitis est, au contraire, dispersé dans toute la France et dans l’Europe moyenne.

L’AstE, bien moins riche en espèces que l'Amérique, en offre surtout moins d’intéressantes pour la matière médicale. L’A. bracteata, dont les usages sont fort nombreux, a une aire très étendue, car on la retrouve depuis l'Inde jusque dans l'Afrique centrale. L’Indica n'est pas non plus spéciale à l'Inde et s'étend jusqu’en Australie. Ce sont là les deux espèces les plus importantes. Le contorta du nord de la Chine, le Kaempferi du Japon n'ont qu'un intérêt secondaire et l'étude des autres est du ressort de la botanique pure.

Le CONTINENT AFRICAIN, plus pauvre encore, n’offre aucune espèce intéressante, et c’est à peine si nous nommerons en passant l’A. macrocarpa du Gabon, et l'A. Goldieana du Calabar et de Sierra Leone, l’A. acuminata des Mascareignes et de Madagascar. Enfin les quelques espèces d'Australie ou de la Malaisie n’ont aucun intérêt : il n’en sera pas parlé.

En somme, toutes les espèces importantes étudiées ici proviennent : 4° de l'Amérique tropicale ; 2 des États-Unis ; 3° de la région méditerranéenne ; 4° de l'Inde.

STATIONS. — Les Aristoloches sont ordinairement grimpantes, sarmenteuses ou volubiles. Aussi cherchera-t-on la plupart des espèces dans les haies, dans les taillis, ou même sur les arbres dont les branches leur servent de support et d'où elles retombent souvent en guirlandes gracieuses. Pour-

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