‹ Les aristolochesChapitre 13 sur 36 · CLOUS · texte numérisé non relu

CLOUS

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forte, sui generis, avec quelques variations suivant l'espèce. Le goût, lui aussi, varie un peu; un goût piquant et aromatique précède souvent la sensation d’âcreté et d’amertume, quine se développe qu'un peu plus tard à l’arrière-bouche. L'odeur et la saveur sont toujours naturellement plus accentuées dans l’écorce que partout ailleurs.

Ce sont là les caractères principaux qui permettent de réunir les divers échantillons de Guacos. Ceux-ci comprennent, en réalité, la plupart des espèces médicinales lizneuses. Mais si ce groupe est assez caractérisé dans son ensemble, les difficultés commencent lorsqu'on veut chercher à distinguer les espèces d'après les seules drogues, et, il faut bien l'avouer, cette distinction est souvent tout à fait impossible, parce que les caractères extérieurs et la structure anatomique offrent, entre ces fragments, tous les passages.

Dans la description qui va suivre, je parlerai d'abord du Groupe de l'A. cymbifera, entendant par là que les drogues décrites sous ce nom peuvent être fournies soit par l'espèce elle-même, soit par des espèces très voisines, que les organes reproducteurs séparent seuls. Sous le titre: Groupes voisins des Mil-homens, À, B, C, etc., etc., je décrirai successivement tous les échantillons qui diffèrent peu des précédents, mais ne semblent pas identiques. Quelques-uns sont accompagnés d’un nom d'espèce très souvent discutable, et des noms vulgaires. Le Groupe du maxima comprendra des échantillons- bien caractérisés, mais dont l'attribution au maxima faite par Guibourt n’est que probable. Les Groupes voisins du maxima viendront ensuite: et deux ou trois spécimens dis: tincts des précédents termineront cette section, la plus vaste

assurément, comme aussi la plus obscure de toutes celles des

Aristoloches.Cemodede groupement ne préjugerienetal'avan-

tage de laisser la porte ouverte aux recherches ultérieures.

Vouloir, comme on l’a fait trop souvent, donner des noms d'espèces à des fragments si semblables, d'origine souvent si incertaine, et sur lesquels on a si peu de renseignements, serait non seulement téméraire mais nuisible, on augmente rait encore à plaisir les difficultés et l'obscurité de la question.

Les propriétés des Guacos sont très semblables : il est même rare de trouver dans un genre une aussi grande homogénéité d'action. Les traits généraux en ont été tracés dans la première partie de ce travail, et l’on se reportera, pour les faits spéciaux, à l'étude des espèces.

Mais la plus connue de toutes ces propriétés, celle qui a valu aux Guacos leur réputation si souvent exagérée, est leur action alexitère. J'ai déjà parlé de cette croyance si générale qui attribue cette action à toutes les Aristoloches. Plus que toutes les autres, avec les Serpentaires, les Guacos jouissent de cette réputation. Mutis,d’abord,et après lui bien d’autres voyageurs, ont chanté les louanges de ce remède avec une si évidente exagération que, par une réaction très naturelle, on a plus tard refusé toute action au Guaco. Comme ce sont des lianes fort longues et très souvent volubiles, Decaisne pense que les populations primitives les avaient comparées à des serpents et avaient conclu par analogie, de leur forme à leurs propriétés. Il est bien possible que la croyance aux signatures soit pour quelque chose dans la réputation de ces plantes, mais d’abord le raisonnement ne s'applique pas aux autres espèces d'Aristoloches dont la renommée est analogue; de plus, il y a quelque chose de vrai dans l’action de ces plantes, et l’exavération repose, comme on l'a vu, sur un fond de vérité. Les Guacos ne guérissent pas à eux seuls de la morsure des serpents, mais ce sont d'excellents diaphorétiques, des toniques et des stimulants utiles dont l’usage est très rationnel.

Voici les types de Guacos que j'ai eu l’occasion d'étudier :

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