‹ Les aristolochesChapitre 31 sur 36 · RE · texte numérisé non relu

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Une ressemblance de noms vulgaires a amené une confusion entre l'Yerba del Indio et le Raiz del Indio. Mais l'A. fœtida n’a aucun rapport avec cette dernière racine qui serait celle d’une Polygonée, le Rumex hymenosepalum ; le Raiz del Indio consiste en morceaux plus ou moins globuleux, brun rougeàtre, un peu violacés, rougeâtres aussi en dedans, tuberculeux, astringents.

Voici un résumé de cette question:

W@ælker ‘, étudiant le Raiz del Indio du Rio-Grande,'et en ayant planté des rhizomes frais, obtint une plante qui se rapportait aux Polygonées.

Plus tard, Trimble et Jones* analysent lYerba del Indio qu'ils attribuent à A. fœtida.

Enfin Maisch* montre que l’Yerba del Indio de la pharmacopée mexicaine ne peut être la plante de Wéœælker, et pense que celle-ci doit être le Rumex hymenosepalum Torr. connu sous le nom de Cañaigre du Rio-Grande et du Texas occidental. Il montre également que l’Yerbo del Indio de Trimhle et Jones est probablement aussi le Cañaigre; il n’est pas étonnant que dans quelques localités du Texas le peuple appelle Raiz del Indio la racine, et Yerba del Indio la tige herbacée de la même plante. Ce dernier nom est appliqué dans l’intérieur du Mexique à une liane tout à fait différente qui pousse dans l’Ario et autres districts chauds : c’est JA. fœtida de la pharmacopée mexicaine.

Cette confusion se retrouve encore dans de très récentes publications *.

1 Wéœlker, Amer. Journ. of Ph., 1876, p. 49.

2 Trimble et Jones, Amer, Journ. Pharm., mars 1886, p. 113.

3 Amer. Journ. Pharm., 1886, p. 115.

‘ Bocquillon-Limousin, Les plantes aleæilères d'Amérique, 1891, p. 28.

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+} et. :

A. longiflora Engelm. et A. Gray, Pl. Lindheim., in Boston Journ., 5, p. 259, p. 298 (ex Duch.);, — Walpers, Ann., 3, p. 335, — Duch., Prodr., XV, p. 441.

Très petite plante de 10-15 cent., remarquable par ses feuilles allongées, linéaires, aiguës aux deux extrémités, pubescentes en dessus, glabres en dessous, et par ses fleurs très longues, courtement pédonculées dont le limbe surtout est très allongé (d’après Duchartre).

Je ne cite cette espèce peu importante que parce qu'elle est donnée comme aromatiqué par sa racine grêle et longue.

Elle habite le Texas et recherche les lieux ombragés.

A. macroura Gomez, in Act. Olyss., 1812, p. 77 (cum icon.)— Obs. botanico medicæ, pars IT, p. 27, t. 4 (ex Duch.); — Martius, Nov. gen., I, p. 79.

A. trilobata Lindl., Bot. reg., t. 1339, nec Linné (ex Duch.).

A. caudata Booth., Bot. reg., t. 1453, nec Linné (ex Duch.).

A.appendiculata Vell., F1. flum., 9, t. 98.

A. tapetotricha Ch. Lemaire, Ill. hortic., 3 misc., p. 22 (ex Duch.).

Howardia macroura Klotzsch, Monatsb., p. 617.

Les Brésiliens la nomment Jarrinha. :

Aristoloche grimpante et rameuse: c’est une des espèces dont les propriétés sont utilisées au Brésil. Racine rampante, épaisse, çà et là marquée de nœuds irréguliers, à bois flexible de couleur jaune safran, à odeur de rue et à saveur amère, d’après Gomez. La tige recouverte d’un étui subéreux ne le cède en rien à la racine pour l’odeur et la saveur. Feuilles tripartites, à base cordée, glabres en dessus, couvertes en dessous de poils denses et courts. Pétioles longs et tordus. Fausses stipules arrondies, réniformes. Fleur pâle et

veinée en dehors, brune, pourprée et poilue en dedans, avec un utricule ovoïde, un tube évasé et une lèvre large et cordiforme, terminée par un appendice beaucoup plus long que le reste de la fleur et pendant. Le fruit s'ouvre de bas en haut.

L’A. macroura habite le Brésil, Rio de Janeiro, Corrientes, Saint-Sébastien. Elle pousse dans les haies et les forêts.

On emploie la racine et la tige dont l'odeur et les propriétés sont les mêmes. Ce sont d’ailleurs celles des Mil-homens et des Guacos en général, plus forte même, dit-on‘; c’est dire qu'on s’en sert comme tonique, stimulant, emménagogue, alexipharmaque, fébrifuge, etc. L’écorce, partie toujours active, est épaisse, spongieuse, plus épaisse que le bois ?, ce qui, joint à la forte odeur de toute la drogue, indique une grande activité.

Cette espèce a fourni probablement quelques-uns des échantillons décrits dans la deuxième partie (Mil-homens et groupes

voisins).

A. trilobata L., Spec. pl., éd. [, 2, p. 96050 p. 1361 (nec Jacq.)*; — Willd., Spec. plant., IV, pars &, p. 151; — Mart., Nov. gen. et spec. I, p. 79; — Duch,, Prodrom., XV, p. 444.

A. folio hederaceo, trifido, maximo flore, radice repente Plumier, Catal., p. 5 (ex Duch.).

A. trifida Lamk., Encycl. I, p. 251, — H. B. K. Nov. gen. IN PRSE ERÉ

A. Caracasana Sprengel, Syst. III, p. 753, n° 34/(ex Duch.).

1 Buchner's Repert., 17, p. 171.— Brandes, Arch. de pharm., XIII, 263.

2? Berg (0.), Anatom. AU. sur pharmac. Waarenk., p. 30. 3 L'A. trilobata de Jacquin est l'A. Surinamensis. .

Howardia trilobata Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 617. Howardia trifida, id., ibid.

Noms vulgaires: Liane à serpents. — Aristoloche trèfle. — Contrayerva bâtard. — Raiz de Mil-homens. — Urubu-ca.

Une des espèces les plus employées autrefois, très estimée encore aujourd'hui; elle mérite donc d'arrêter un instant l'attention. Liane frutescente, ligneuse, grimpante, ramifiée, dont la racine, de la grosseur du pouce, se subdivise en trois ou quatre branches contournés, de couleur foncée. Tiges anguleuses, striées, fragiles, de couleur sombre; répandant une odeur très forte qu’elles conservent longtemps. Rien n’est changeant comme la forme des feuilles. Elle est dans la règle trilobée, comme l'indique le nom spécifique; mais le lobe médian, ordinairement très grand, peut être fort réduit. D’autres fois, il est seul marqué, et forme une saillie sur le bord arrondi de la feuille qui devient acuminée ; ou bien, de chaque côté, se creuse un sinus qui dessine nettement les trois lobes; ces sinus peuvent atteindre presque le pétiole et la feuille devient trifide. Le lobe médian, ordinairement assez aigu, peut aussi s’arrondir complètement. Souvent enfin le développement est irrégulier et inégal, un seul des lobes latéraux se développant. La base est presque toujours très légèrement cordée. Entre les extrêmes, on rencontre dans le même herbier (Fac. de méd. de Montpellier, par ex.) tous les intermédiaires possibles. Les feuilles assez longuement pétiolées sont glabres en dessus, tomenteuses en dessous. Les fausses Stipules sont suborbiculaires, réniformes.

Les fleurs sont solitaires, non pas très grandes, comme on les a décrites etcomme les dit Plumier, maïs assez grandes, extérieurement jaunâtres ou verdâtres, marquées de veines rougeâtres, l’intérieur du tube blanchâtre avec des poils rouges nombreux, courts, recourhbés. Limbe et gorge de cou-

leur de sang en dedans. Ce limbe est cordiforme unilabié. Il se termine par une longue queue caractéristique, mince et flexible, longue comme 3 ou 4 fois le périanthe entier, et se développant assez tard et peu à peu. L'utricule est volumineux, ovoide, le tube large et assez court.

Dans les herbiers la couleur de la fleur est assez uniformément rougeâtre.

L’aire d’extension de lespèce est vaste. L’A. trilobata existe d’abord aux Antilles: la Jamaïque, la Martinique, la Guadeloupe, St-Dominique. A la Jamaïque, elle est abondante dans le Sud, autant que l’odoratissima dans le Nord. On la trouve aussi sur le continent de l'Amérique du Sud, aux Guyanes (Surinam) et au Brésil jusqu’à Pernambouc, Alagoas, Bahia et même plus au Sud.

La réputation de l’A. trilobata contre la morsure des serpents venimeux existe partout où pousse la plante, mais tout spécialement aux Antilles, où on la considère encore comme un des bons alexitères. Cependant Rufz constate qu'on l’emploie rarement seule, et que la Maniguette a depuis quelque tempsune plus grande renommée que les Aristoloches. A Ia Martinique, d’après Bajon, cette espèce est un des trois meilleurs alexipharmaques. Elle fait partie des simples, avec l’Amomum Grana-paradisi, le Maranta arundinacea et l'Erythrina Corallodendron ‘. Je ne puis reproduire ici tous les témoignages des auteurs qui apprécient cette espèce comme alexitère, mais il ressort de leurs observations que PA. trilobata est avant tout un excellent sudorifique, dont les propriétés stimulantes ne doivent pas être négligées, et qu’elle peut rendre des services, comme (d’ailleurs -la Serpentaire et beaucoup de Guacos. C’est une des espèce sur lesquelles pourraient porter des expériences nouvelles et vraiment scientifi-

1 Rufz, Enquête sur le serpent de la Martinique, p. 119.

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ques ; Bergius ‘ a déjà démontré l’action sudorifique rapide de cette plante dont les propriétés amères et diaphorétiques ont été utilisées dans diverses maladies *. Peckolt * dit que, de toutes les Aristoloches, c’est peut-être la plus employée et la plus efficace ; il ajoute que, d’après beaucoup d’observateurs, elle est comme antiseptique égale au quinquina et même préférée par de bons médecins. Dans un cas de blessure gangréneuse (chose fréquente dans le pays), il a vu les moyens employés par les médecins (opium,quina, antiseptiques divers) rester sans effet, et la plante en question produire un résultat remarquable et amener en peu de temps la guérison. On la donnait intérieurement en décoction et on l'appliquait au dehors, en poudre fine.

Quand les sudorifiques et les excitants sont indiqués dans les fièvres, on trouverait difficilement, d’après Murray, un meilleur médicament comme fébrifuge ; on l’associe à Surinam à une autre plante dite: amara.

L'infusion des racines est stomachique.

Enfin on l’a recommandée contre une foule de maladies, car c’est une plante d'usage familier chez les Indiens qui lui attribuent les propriétés les plus diverses: elle préserverait des maladies contagieuses, combattrait l’action des flèches empoisonnées, etc., etc.

Ce serait une plante à étudier au point de vue chimique et thérapeutique. Elle est tout à fait inusitée et inconnue en Europe.

En Amérique, on l’emploie sous des formes très variées.

! Bergius, Matièr. medic.

2 Voy. aussi Barrère, Hist. nat. de le Fr. équinoxiale. — Murray, A pparat. Medicam. — Bajon, Mém. pour servir à l'hist. de Cayenne.— Linné, Mat. medic., etc., etc.

3 Theod. Peckolt, Ueber brasilianische Volksheilmiltel, in Arch. der Pharm., LXXXII, 93.

En poudre, en infusion, en décoction, etc., etc. En général, on l’associe au tafia ou à d’autres substances. Elle entre dans presque tous les remèdes composés contre les morsures des serpents. L’infusion d’une poignée de racines dans une bouteille de tafia est une préparation très usitée: on y ajoute parfois des cendres de pipe’, eton en donne un, rarement deux petits verres, à la personne mordue, en même temps qu'on applique sur la blessure un cataplasme fait avec d’autres plantes. Cependant Murray dit que lexpérience a démontré que l’infusion aqueuse et la poudre sont les meilleurs modes de préparation pour l'usage interne, car l'esprit de vin, la coction et la distillation diminuent beaucoup l'odeur et la saveur.

On cultive souvent cette espèce dans les serres chaudes ou tempérées, car les fleurs en sont curieuses et la multiplication par boutures assez facile. Les fleurs viennent se montrer en dehors du feuillage.

La plante ne s'élève pas très haut.

A. caudata L., Spec. pl., éd. IT, vol. 2, p. 1362 ; — Jacq., Amér., p. 253, tab. 145 ; — Lamk., Encycl., I, p. 253 ; — Willd.,Spec.,IV, pars I, p.154; — Duch., Prodr.,t. XV, p.445.

Howardia caudata Klotzsch, Monatsb., p. 622.

Habite les collines et lieux arides de Saint-Domingue. L'espèce semble bien nettement caractérisée par ses feuilles obtuses et même ordinairement échancrées au sommet avec deux lobes basilaires très développés qui viennent se recouvrir l’un l’autre, et par ses fleurs à limbe étalé, terminées par une longue pointe. C’est là du moins ce que montre la figure de Jacquin. Quelques auteurs considèrent cette espèce comme

1 Rufz, loc. cit., p. 142

à ver TT

; — 173 — synonyme de l'A. bilobata'. Mais ces deux espèces n'ont évidemment aucun rapport.

A. barbata Jacq., Icon. plant. rar., III, p. 17, n° 608; — Duch., Prodr., XV, p. 446.

Howardia barbata Klotzsch, Monatsb., p. 615.

Plante de six pieds de haut ; plusieurs tiges volubiles partent de la même souche: elles sont de la grosseur du doigt, ligneuses et subéreuses à la base. Feuilles cordées, à sinus profond (Jacquin).

La figure de Jacquin représente une extrémité de plante herbacée, avec des feuilles cordées réticulées, pâles en dessous, et des fleurs singulières, à labelle muni de longs poils. On n'y voit ni fruit ni racines.

Peu d'intérêt pour la matière médicale. Cependant Jackson la cite parmi les plantes médicinales du Vénézuela et du Mexique, comme aromatique et antispasmodique, avec l'A. maxima.

A. dictyantha Duch., Tentamen,in Ann. sc. nat., sér. IV, PU Ge. 1:22: Prodr., XV, pars 1, p. 446.

Duchartre l'indique à Caracas sous le nom vulgaire de Raiz de Mata, et la donne comme fort voisine du barbata. Je n'ai trouvé nulle part les propriétés de cette plante.

A. Chiquitensis Duch., Tentamen, in Ann. sc. nat., série D 2,p49; Prodr., XV, p. 452.

Nom vulgaire : Buco-buco (Weddell).

Espèce tubéreuse dont le nom vient de la province de Chi-

quito, en Bolivie. Elle possède, d’après Duchartre, un rhi-

zome de la taille d’une plume d'oie environ, s’enfonçant ver-

1 D'après Baillon, Révis. des Arist., médicin., p. 5.

— 174 — ; ticalement dans le sol à 15 cent. à peu près et se renflant en un bulbe solide, ovoïde : c’est ce tubercule que les indigènes emploient en médecine.

Le rhizome de l'échantillon de l'herbier du Muséum est long, tortueux, noirâtre, avec quelques fissures transversales, d’un diamètre de 6-7 mm. environ.

A. glandulosa Kickx, Bull. Acad. roy. des sc. et Lelleslelt. de Brux., 1839, % partie, p. 450; — Duch., Prodr., XV, p. 492.

Cette plante, voisine, dit-on, de l'A.pentandra Jacq., a une {ice volubile et subéreuse en bas, et une fleur munie de gros poils glanduleux dressés sur le limbe. Elle a été introduite de Cuba à Gand en 1838.

Cette espèce n’a probablement pas d'usage médical, mais sous le nom d’A. glandulosa, d'Almeida parle d’une plante nommée à Pernambouc Angelico, et dont la racine tubéreuse, sombre, rugueuse et d’odeur forte, est un puissant antidote contre la morsure des serpents et est aussi fort usitée contre les fièvres intermittentes et pernicieuses. Cette plante, à laquelle il attribue des feuilles trilobées et une fleur en forme de petit vase (Jarrinho), ne répond pas tout à fait à la description du glandulosa.

J'ai eu entre les mains un échantillon provenant de l'École de pharmacie de Paris et étiqueté : Brésil, Angelico, À. glandulosa. Cet échantillon est, d'ailleurs, en assez mauvais état. On y voit quelques tiges extrêmement ténues, partant d’une toute petite souche jaunâtre et portant des fragments de feuilles vert grisâtre qui semblent cordiformes, à sinus ouvert largement. Ces feuilles ont de 1 à 5 cent. dans les deux sens.

Sur la tranche, la loupe permet de voir sur les points favorables ? ou 3 faisceaux grisätres, entourés d’une écorce peu adhérente.

L’odeur est nulle, le goût simplement herbacé.

STRUCTURE. — Elle apprend peu de chose ; la tige, très jeune, est entourée, sous le parenchyme cortical, par une zone continue de fibres péricycliques dont les plus épaissies sont en dehors (voyez A. Sipho). Le bois est formé de quelques petits faisceaux.

Il est possible que ce soit réellement l'A. glandulosa, et, dans ce cas, la plante serait à rapprocher de celle dont parle d’'Almeida, qui habite également le Brésil et porte aussi le nom d’Angelico. Mais celle-ci est donnée comme ayant des feuilles trilobées, ce qui n’est pas une raison absolue de distinction spécifique, étant donné la variété infinie des formes foliaires dans quelques espèces.

Duchartre admet une variété, 8. GLABRA, qui est l'A. macradenia de Hooker (Howardia macradenia Klotzsch), et qui habite le Mexique.

A. ovalifolia Duch., Tentamen,in Ann. sc. nat., sér. 4, 2 p. 50; Prodr., XV, p. 453.

Tige ligneuse, renflée aux nœuds, arrondie, striée, rude, Feuilles amples, ovales, subacuminées, subcordées, légèrement pubescentes au-dessous.

Cette plante dont on trouvera la description plus complète dans Duchartre, habite la province d'Oaxaca, au Mexique. Je n'en aurais pas parlé si le nom de Flor de Guaco attribué, d'après Duchartre, à cette espèce par les habitants du pays, n'en indiquait les propriétés. Je n’ai sur elle aucun détail.

A. Theriaca Martius, Mat. méd. Br., p.107 ;— Duchartre, Prodr.; XV, p. 455 (?).

A. odoratissima Velloso, FI. flum., 9, t. 97, nec Linné.

A. odora Steudel, Nom. bot., éd. 2; — Duchartre, Prodr., XV, p. 451.

10e Duchartre décrit (Prodr. p.455) sous le nom de A4. Theriaca Martius, (msce. in herb.), une plante brésilienne de l’herbier de Martüus. Or, Martius, dans sa Matière médicale brésilienne, p. 107, donne cette espèce comme synonyme de l’A.odoratissima de Velloso, que Duchartre (p. 451), range dans lPA. odora de Steudel. I[lest probable qu’il s’agit de la même plante dans l’herbier et dans l'ouvrage de Martius. Dans ce cas les deux espèces, odora Steudel et Theriaca Martius, séparées par Duchartre, doivent être confondues. Mais les deux descriptions ne concordent guère. Je n’ai vu aucun spécimen permet: tant de décider.

Martius n’en indique pas l'usage. La plante doit être active puisqu'il la cite dans sa Matière médicale, et qu'il lui donne le nom de Theriaca.

A. Surinamensis Willd ,Spec. pl., IV, pars I, p. 151 (nec Miquel), exel. syn. Plum.; — Duch., Prodrom., XV, p. 455.

A. trilobata Jacq., Obs., I, p.8,f. 3, nec L. (Figure reprise par Plenck., Ic. pl. med.tab.651.)— Lamk., Encycl., I, p.251.

Duchartre croit devoir rapporter à cette espèce l'A. trilobata de Jacquin, que celui-ci n’a vue que sèche, venant de Surinam et sur laquelle il donne des renseignements d'après d’autres personnes.

La plante est usitée par les nègres et les blancs comme amer ; elle est excellente contre la fièvre .

«{ Adscribet ille qui misit esse plantam sarmentosam, . .internexam. Æthiopibus servis eodem modo hanc plantam in usum vocari, quo barbaris americanis est stirps quœdam amara dicta : eosque qui inter illos periti medici fama fruuntur, caro hanc pretio ægris suis vendere. Ipsos etiam Europæo sanguine ortus febrifugam credere, atque hanc et memoratam Indorum amaram una infusas bibere, quocunque demum morbo efficiantur. Hactenus ille planta porro sicca inter digitos tritaodorem fortem congeneribus americanis congruum spirat. Radix lignosa et suberosa perennat. Caules sunt teretes, striati, glabri, infimi lignosi...., Flos maximus... » (Jacquin, Loc. cit.)

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A. cordigera Willd., Msc. in herb., n° 17,066 (ex Duch.); — Duch., Prodr., XV, p. 455.

Howardia cordigera Klotzsch, Monatsb., p. 621. Duchartre l'indique sous le nom vulgaire de Cepo de Coraçao. Je n’en connais pas les usages. Elle habite le Para.

A. bilobata L. Spec. pl., éd. I, vol. 1, p. 960; éd. IT, vol. 2, p. 1361; — Jacq., Miscell., 2, p. 346; Icon. plant. ar., I, p. 18, pl., 188. — Willd., Spec. pl., IV, pars 1, p.151; — Lamk., Encycl., I, p. 251; — Desc., FI. méd. des Antilles, IV, p. 44 et VIII, p. 279 ; — Duch., Prodr., XV, p. 456. A. longa, scandens, foliis ferri equini effigie Plumier, Descr. PL. amer., p. 91, pl. 106; — Ray, Suppl. III, p. 395. Howardia bilobata Klotzsch, Monatsb., p. 619.

Noms vulgaires: Liane à caleçon. — Fer à cavale. — Liane, fer à cheval. — Liane à encensoir (à cause de la forme du fruit), etc.

La plante habite les Antilles. Plumier la signale à St-Domingue, surtout au Port-de-Paix, où il l'a vue en fleur en novembre-décembre, et en fruit en février-mars.

Racine tuberculeuse allongée, analogue à celle de l’A. longa, atteisnant 30 cent. de longueur, sur près de ? 1/2? cent. d'épaisseur, pivotante, plus ou moins subdivisée à l'extrémité. Son écorce, dit Plumier, est noire en dehors et toute découpée en long par de longues fentes ; le dedans est jaunâtre et d’un goût fort amer. Les tiges, au contraire, sont très menues, presque filformes , rampantes ou grimpantes sur les haies, glabres, très rameuses.

Les feuilles sont très caractéristiques par leur forme spé-

ciale. Elles sont quelquefois petites, quelquefois minimes,

bilobées, avec parfois un 3 lobe médian tout petit, et comme avorté, qui manque dans les deux figures médiocres données

par Descourtilz : dans les échantillons d’herbier, certaines tiges ont des feuilles à lobes peu écartés, assez larges et courts, d’autres ont des feuilles à lobes très divergents, étroits et assez longs‘. La forme des fleurs est aussi la même, lutricule seulement un peu plus gros dans l’une. La couleur est verte dans une des figures, et jaune dans l’autre. La forme du fruit est aussi un peu diflérente, légèrement déprimée au sommet dans la figure 244, acuminée au contraire dans la figure 577. La figure de Plumier représente le fruit plutôt acuminé. Celle de Jacquin montre la nervation spéciale de cette feuille.

J'ai reçu de jeunes tiges de la plante du Jardin botanique de Lyon, mais je n’ai pu en examiner lastructure, qui, d'après Duchartre, est à près celle du cymbifera *.

1” A. bilobata est emménagogue comme la plupart des Aristoloches. Les matrones des colonies croient même, dit-on, obtenir l'expulsion du fœtus mort par l'introduction d’une racine de cette plante dans le vagin. Mais, en outre, d'après Poupée-Desportes *, on s’en sert comme apéritif, incisif, béchique, et pour déterger les ulcères, traiter les hémorrhoïdes suppurantes, voire même guérir la gale. On se sert pour cela de la décoction que l’on applique topiquement.

Dose : 2 gr. de poudre. En infusion jusqu'à 30-55 gr.

L'A. caudata Jacq. a été souvent considérée à tort comme un synonyme. (Voir cette espèce.)

A. maxima L., Spec. plant., éd. II, vol. 2, p. 1304, Jacq., Amer., p. 233, fig. 146; — Willd., Spec., t. IV, pars I, p. 153 ; — Lamk., Encycl., I, p.252; — Duchartre, Prodr., XV, p. 456.

1 Voy. Herb. de la Fac. de méd., de la Fac. sc., Instit. bot. de Montpellier. 2 Duchartre, C. R. Acad. sc., 1854, p. 1144.

# Descourtilz, loc. cil.

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Howardia maxima Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 615. — Deux variétés sont admises par Duchartre :

— B. GEMINIFLORA.

Monemainifiora H.B. K., Nov. gen., I, p. 118-117: A. biflora Willd., Msce. in Herb., n° 17044 (ex Duch.). Howardia geminiflora Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 619. Howardia Gollmeri Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 621.

— y. ANGUSTIFOLIA.

Howardia Hoffmanni Klotzsch, Monatsb., p. 621.

Noms vulgaires : Guaco.— Vejuco-Carare. — Capitan, etc.

Cette espèce est importante, car c’est à elle que Guibourt attribuait la plus grande partie du Guaco commercial, après VA. cymbifera. C’est probablement elle, en effet, que, sous une forme ou sous une autre, on trouve le plus souvent dans les droguiers. Les tiges, les racines et les feuilles sèches ont été décrites, les tiges paraissent n’être pas volubiles bien que Duchartre les décrive comme telles. Lamarck les dit simplement sarmenteuses, grimpant sur les arbres à 30 pieds de hauteur, puis souvent retombantes. Cette tige est ligneuse et subéreuse en bas; la racine est aussi volumineuse et subéreuse, épaisse à la partie supérieure, remplie, dit-on, à l’état frais, d’un suc orangé *.

Les feuilles sont ici d’un grand intérêt, car elles permettront de déterminer à peu près l'espèce. Celles que portaient nos échantillons ressemblaient bien en effet, comme on l’a vu, à la figure de Jacquin; cette même figure représente d'assez grandes fleurs en forme de trompettes à ouvertureoblique, et un fruit déhiscent très grand, ovoïde, dont les valves se séparent incomplètement sur toute la hauteur, les placentas restant unis

1 « Tota planta leviter est odorata. Radix teres, ramosa diametro sesquipollicari vertitur cortice fusco rimosoque, succo autem scatet aurantio. » (Jacq., Amer. stirp. Hist., p. 233.)

au bord de la région dorsale des carpelles par des faisceaux arqués parallèles. Le Museum d'histoire naturelle possède un fruit, qui répond tout à fait à cette figure. Ces capsules sont très grandes. Lorsque la déhiscence est faite complètement, les carpelles restent unis par le sommet, tandis que les bases s'écartent en fendant en six le pédoncule. Les fruits ainsi soutenus en l'air et pendants ont été comparés à des corbeilles ou à des encensoirs.

La variété geminiflora à, d'après la figure de Humboldt,

Bonpland et Kunth, des fleurs disposées par paires sur un

pédoncule axillaire bifurqué'. L’utricule est gros, ovoïde, un peu courbé. Puis, le tube se recourbe et s’évase largement. La couleur en est violette. Les feuilles, peu ou pas cordées, s’élargissent jusque près du sommet. Elles sont légèrement acuminées. Les nervures ne sont pas réticulées.

L’'A. maxima et ses variétés ont une aire d'extension considérable en Amérique centrale et en Colombie : le type se trouve au Guatemala, à Caracas, à Sainte-Marthe, à Carthagène, etc. *.

La variété geminiflora habite Caracas, Bogota, où elle s'élève de 500 à 1,200 mètres, etc. C’est à elle, d’après Triana, que sont donnés les noms de Bejuco carare et de Guaco;

mais ces noms, surtout le second, sont certainement appli:

cables aussi à bien d’autres plantes. Enfin la variété angustifolia est indiquée par Hoffmann au Rio-Virillo, dans le Costa-Rica (Duchartre).

On a pu voir que les échantillons rapportés à cette espèce provenaient de points assez variés.

Guibourt attribue à cette espèce une grande part du Guaco commercial. Je l'ai trouvé très répandue relativement dans

1 L'espèce type a 1-2-3-4 fleurs sur le pédoncule axillaire (Jacquin). 2 « Habitat in sylvis Carthagenensibus in cacumine mortis de la Popa, in insula Tierra-bomba.» (Jacq., loc. cit.)

en

les droguiers et faisant partie des expositions de matière médicale des divers pays, surtout du Salvador. Elle compte donc parmi les plus employées. Quant à ses usages, ce sont ceux des Aristoloches en général, et mieux vaut renvoyer à cet article (voyez p. 33) que de faire une répétition inutile. Elle est donc surtout excitante et tonique, diaphorétique, alexitère. Jackson ‘, énumérant les plantes médicinales du Vénézuéla et du Mexique, l'indique comme aromatique et antispasmodique, en même temps que l'A. barbata.

A. rumicifolia Mart. et Zucc., Nov. gen. et spec., I, p. 79, Î. 54, Tentam. mat. med. brasil., p. 107; — Duch., Prodr., XV, p. 459.

A. oblonga Vell., FI. flumin., IX, f. 99 (ex Martius).

Howardia rumicifolia Klotzsch, Monatsb., 1859, p.612.

Martius la cite parmi les plantes usitées en médecine au Brésil, mais il n’en indique pas les usages. Il est probable que ce sont ceux des Aristoloches brésiliennes en général. La belle figure du Nova genera montre des feuilles cordées longues, hastées, et des fleurs de grandeur médiocre, brunes, à utricule régulièrement renflé ; à limbe ouvert, moucheté à l'extrémité.

Cette espèce n’est citée ici que pour la mention qu’en fait Martius. Je n'ai sur elle aucune autre indication.

A. Chilensis Miers, Travels in Chile, ?, p. 531; — Duch., Prod., XV, p. 461.

Howardia setigera Klotzsch, Monatsb., p. 617.

A. setigera Pôüppig, Syn. pl. Am. austr. (ex Klotzsch).

1 Pharmac. Journ., 3° sér., vol. VII, n° 363, p. 997, et n° 365, p. 1037. Jahresbericht der Pharmacognosie de Dragendorff, 1877, p. 33.

Noms vulgaires : Oreille de Renard (Oreja de Zorro). — Yerba de la virgen Maria.

La plante est herbacée; elle habite les endroits ensoleillés, sablonneux, pierreux et maritimes des provinces centrales du Chili, et aussi vers le nord, à San Antonio, Valparaiso, Coquimbo, etc.

La racine de cette plante rappelle celle de l'A. longa. Elle est fusiforme, allongée, odorante, d'une odeur spéciale que Schroff' compare à celle de l’opium. Ce tubercule est vivace: sur la cassure, il aune couleur jaune safran. Plusieurs tiges striées, grêles, rampantes, dit-on, portent des feuilles veinées, de taille variée, plus larges que longues, réniformes, obtuses, à sinus très large, avec quelques poils raides. La racine est la partie employée. On en fait une infusion emménagogue que l'on donne dans l’aménorrhée, etc. Les femmes du peuple en prennent au moment de l’accouchement*.

Je n’en ai pas eu d’échantillon. Vu seulement celui du Muséum.

A. Duchartræi Ed. André, Mouvement horticole de 1867, p.61; — Duch., Ann. soc. Paris, 1868, p.297 (ex Flore des serres).

Arbuste grimpant, à bois recouvert d’un suber épais crevassé. C’est une très belle plante décrite par Ed. André, et presque en même temps par Masters, et trouvée dans les forêts du haut Brésil. La fleur n’en est pas très grande, mais fort remarquable par ses macules brunes sur le fond blanchâtre de l’intérieur du périanthe. Une bonne figure en est donnée dans la Flore des serres, t. XVIII, p. 35. Je ne lui connais aucun usage, mais la description des tiges âgées la

1 N. répert. ph., 1869, XVI, p. 715.

2 Voy. Gay, Flor, chir.,p. 328-330, et Murillo, PI. med. chil., p. 179.

rapproche des cymbifera, et elle pourrait bien faire partie de certains Mil-homens.

Elle appartient à la section Gymnolobus de Duchartre, et doit se ranger dans les unilabiatæ probablement assez près du Chilensis et des espèces de ce groupe.

A. fragrantissima Ruiz, Memoria sobre las virtudes de Bejuco de la Estrella, 1805; — Lambert, Descript. of the Genus Cinchona, 1797 (cum icone); — Duch., Prodr., XV, p. 463.

Howardia fragrantissima Klotzsch, Monatsb., p. 615.

Noms vulgaires: Liane de l’Étoile.— Bejugo de la Estrella. —Contrayerba de Bejugo (Pérou). — Pehuamo. — Guaco. — Guaco de terra caliente (Mexique).

Aristoloche de grande taille, grimpante, habitant les Andes du Pérou, où elle est, dit-on, commune, dans les environs de Huanuco, Pozugo, Cuchero. On dit qu'elle grimpe très souvent sur le Cinchona succirubra du Chimborazo. Elle appartient par conséquent à l’Équateur. La Nueva famacopea mexicana, et divers articles en parlent comme habitantle Mexique, où elle porte plusieurs noms vulgaires. Elle est indiquée aussi dans l'Amérique centrale : au Pérou, elle fleurit en janvierfévrier.

Le nom de Bejugo de la Estrella lui vient de la disposition plus ou moins étoilée du bois sur la section transversale. Celui de Contrayerva de Bejugo lui a été donné, soit à cause des propriétés alexitères, soit à cause de l’odeur analogue à celle du Contrayerva.

Racine très épaisse, très longue, verticale, rameuse en bas, fauve cendré. Les faisceaux sur la coupe sont arrangés plus ou moins en étoile à l'intérieur d’une écorce épaisse et blanchâtre. Après la dessiccation, ils se séparent les uns des autres.

Tiges arrondies, flexueuses, épaisses de trois à huit pouces, plus ou moins ramifiées, jaunes de rouille; sur la coupe, elles ont même aspect que la racine. Les rameaux jeunes sont arrondis, striés, pubescents. L’écorce une fois enlevée, les tiges servent de corde pour attacher les pieux et poutres des maisons d'Indiens, pour lier et consolider les ponts, etc.

Les feuilles sont larges, ovales, cordées.

Les parties employées sont, d'après les uns, uniquement l'écorce (Alibert), d'après d'autres, la racine. D’après Ruiz, c'est la tige et la racine fraiches.

J'ai eu, sous les noms de Racine de l'Étoile et de À. fragrantissima, des échantillons assez différents dont la deseription a été faite, p. 87. L'absence de tout organe autre que des fragments de tiges ou de racines n’a pas-permis de détermi-: ner absolument ces fragments. La description résumée qui va suivre est empruntée au mémoire de Ruiz’.

La longueur des fragments coupés est de 9 à 18 pouces,

l'épaisseur est de 1 à 8 pouces. Ils sont droits ou au contraire courbes, et la surface est tantôt lisse, si la plante était bien nourrie, tantôt marquée de sillons par la dessiccation, si elle a été coupée avant l’époque voulue. Intérieurement, écorce est

cris rougeâtre marquée de sillons produits par l'impression

du bois. Les tiges vieilles sont recouvertes de suber.

Couleur extérieure gris cendré uniforme.

Sur la section, l'écorce est blanchâtre, cendrée et le centre jaune pâle. Ÿ

Cette écorce compacte et solide se sépare aisément du bois poreux qui forme une sorte de corde constituée par des secteurs longitudinaux, d’où l'aspect d'étoile ou de roue sur la section.

Recueillis au bon moment, les fragments sont relativement

1 Voy. Lambert, loc. cit,

né: + AC.

lourds, à écorce épaisse de 1 à 4 lignes, lisse extérieurement, compacte, non adhérente au bois. Les caractères inverses sont ceux des tiges coupées hors saison, qui sont alors moins odorantes, moins amères, moins efficaces. Entre lesrayonsligneux sont les rayons médullaires, ressemblant à l’écorce et faciles à pulvériser.

Suc résineux concret et abondant.

L’odeur est très fragrante, agréable, camphrée, balsamique. On l’a comparée à celle du Tagetes (?).

Saveur douceâtre puis très amère, aromatiqueet balsamique évalement.

Ruiz, voyant le nombre des adultérations de la Serpentaire de Virginie, voulut engager les médecins à substituer à cette drogue la Bejugo de la Estrella qu'il avait reconnue être aussi une Aristoloche, et fit faire des expériences à Lima et à Madrid. La plante serait plus active que la Serpentaire; elle provoquerait une extrême salivation quand on la mâche; elle serait enfin désinfectante et préférable à la Serpentaire pour plusieurs raisons :

Elle est moins mélangée d’autres plantes ;

L’écorce, partie active, se sépare facilement du bois ;

On peut la recevoir en Europe en meilleur état que la Serpentaire;

Elle est très abondante dans le pays;

Elle est plus efficace : odeur en est plus fragrante, plus agréable, plus camphrée, plus persistante.

Les Péruviens emploient cette plante un peu comme une panacée, et cela depuis un temps immémorial. Elle est stimulante, emménagocgue, alexitère. Elle passe pour modifier heureusement les ophtalmies purulentes et blennorhagiques, les ulcères chroniques, les vaginites rebelles, etc.

D’après Ruiz, on attribue à cette plante (tiges et ‘racines) des propriétés précieuses contre la dysentérie, les fièvres in-

flammatoires malignes, les refroidissements, les douleurs rhumatismales ou goutteuses, les maladies provenantde fatigue. Les morsures des serpents des scorpions et de tous les animaux venimeux sont traitées par la Liane de l'étoile, dont l'écorce fraîche est appliquée topiquement sur la blessure. On s'en est aussi servi pour déguiser les mauvaises odeurs, et dans les odontalg'ies.

On peut employer la plante : en poudre, en infusion, décoction, eau distillée, extrait aqueux, teinture, vinaigre, etc., etc.

Pour chaque dose, toujours d’après Ruiz, on prend une poignée de racines ou de tiges fraiches, on les fait bouillir dans l’eau, en couvrant le vase, pendant quatre à six heures et on prend la décoction chaude. Une transpiration abondante fait rapidement cesser les douleurs. En cas d’insuccès, on peut recommencer deux ou trois fois sans inconvénient.

Les analyses qu’on à faites de cette drogue y ont montré la présence d’une résine qui semble être la partie active: Alibert donne : principe résineux, camphre, huile, acide pyrolioneux, traces d'acide gallique, matière colorante jaune, extractif. D’autres y indiquent; huile essentielle, tannin, principe amer, gomme, amidon, sels ‘. Ces analyses auraient besoin d’être reprises.

En somme, c'est un stimulant actif, un sudorifique probablement puissant. Il faut évidemment beaucoup rabattre des propriétés qu’on lui attribue, mais c'est une des Aristoloches dont les vertus stimulantes semblent le mieux établies, un Guaco du groupe des Mil-homens, bien qu’elle ne porte pas cederniernom. Aucune expérience scientifique sérieusen’ayant depuis Ruiz été faite sur elle, il faut la signaler à lPattention des chimistes et des médecins.

! Nueva farmacopea mexicana, p.67.

LÉ

Le où a

A. punctata Lamk., Encycl., I, p. 253; — Descourtilz, Fl. méd. des Ant., 3, p. 335, tab. 225; — Duch., Prodr., XV, p. 463.

X. folio cordiformi flore longissimo atropurpureo radice repente Plumier, Catal., p. 5(ex Duch.); Plant. améric., éd. Burmann, p. 24, t. 34; — Tournefort, Institut. p., 163.

Howardia punctata Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 622.

Saint-Domingue.

Longue de ? pieds, épaisse de 1 pouce 1/2, rameuse, noirâtre et ridée en dehors, jaunâtre en dedans, pivotante ; tige de la grosseur d’une plume d’oie, et divisée en rameaux nombreux, longs et menus, qui s'entortillent autour des arbres voisins (Descourtilz). La fleur, d’après la figure de Descourtilz, est tubuleuse et terminée par une longue languette.

La plante jouit d'une grande réputation aux Antilles, comme alexitère. Descourtilz dit qu’on la met sans cesse à l'épreuve. Elle est excitante, emménagocue, fébrifuge ‘. Les nègres s’en servent pour déterger les vieux ulcères. On l’emploie en décoction et topiquement.

A.anguicida L., Spec., éd. IT,tom 2, p. 1362 ; — Jacq., Amér, p. 232, t. 144; — Willd., Spec., IV, pars I, p. 156. — H. B.K., Nov. gen., p. 116 ; —Descourtilz, FL. méd. Ant., TITI, p. 235 ; tab. 202; — Lamk., Encycl., I, p. 253.

A. mexicana, folio acutiore Moris., Hist. plant., p. 509, He tab. 17, n° 7.

Howardia anguicida Klotzsch, Monatsb., p. 611.

Noms vulgaires: Guaco. — Herbe aux serpents. — Mort aux serpents. — Manarou. — Liane à corbillon. — Apinel*?. — Yabacani. — Contra capitan. — Snake poison.

1 Mérat et de Lens, Diction.

2? Le nom d'Apinel, que Lamarck attribue à cette plante, est celui d'un

Habitat: on la trouve aux Antilles et sur la côte américaine voisine, depuis le Mexique jusqu’au Brésil, mais signalée surtout dans la Nouvelle-Grenade et dans les bois, autour du port de Carthagène.

Liane grimpante de 10 à 12 pieds, à racines cylindriques et rameuses, recouvertes d'une écorce subéreuse foncée, et contenant une pulpe d’odeur fétide et de couleur rougetre, imprégnée d’un liquide coloré, amer. La tige jeune est verte, striée. Plus tard, elle possède une écorce subéreuse assez épaisse. Elle est volubile et grêle. La figure de Jacquin montre une souche d’où partent des branches subéreuses. La figure de Plenck (t. 652) ressemble à celle de Jacquin. Celle de Descourtilzest fort médiocre. Celle dela Flore des serres, (LV, 34% est bonne et montre bien la fleur solitaire, longuement pédonculée, jaune à stries rouge brun, longue de 3-5 cent., à utricule globuleux, à languette atténuée depuis la base, et un peu plus longue que le tube lui-même. La forme générale rappelle assez la fleur de notre A. Clematilis.

L'A.anguicida est une des espèces dont on a le plus haut chanté les louanges. Jacquin et bien d’autres après lui en ont fait un incomparable antidote de la morsure des serpents. Les jongleurs, d'après lui, stupéfient les serpents en leur mettant quelques gouttes du suc dans la bouche et peuvent ensuite les manier impunément. Il suffirait de se frotter les pieds et les mains avec la plante pour pouvoir saisir le serpent sans danger, et, si celui-ci vient à mordre la racine qu'on lui présente au bout d’un bâton, il ne tarde pas à mourir. Est-on piqué par un serpent venimeux, on emploie le remède intus et exlra, en topique sur la blessure, en décoction à l’intérieur. Ici les formules varient un peu, mais géné-

capitaine de cavalerie qui en rapporta la première racine en Europe (Lamk., Encycl., p. 210).

ralement, ainsi que le fait fort justement remarquer Rufz", le suc de la racine est accompagné de force tafia, ou de rhum.

Descourtilz confirme les dires de Jacquin et dit avoir neutralisé en peu d’instants « le virus venimeux introduit par la piqûre dangereuse des araignées-crabes, des scorpions, des scolopendres et de l’araignée à cul rouge, espèce de tarentule qui avait excité de vives douleurs et plusieurs accidents propres aux substances vénéneuses. » Tout cela n’équivaut pas à une morsure de Crotale ou de Fer-de-lance! Ces récits exiveraient une étude scientifique qui fit la part du vrai et du faux *.

Rufz dit d’ailleurs que la Liane à serpent a bien perdu aujourd'hui de sa réputation. Elle est surtout employée comme adjuvant dans certains antidotes, mais elle n’en constitue plus l'élément principal. Tout en rendant justice à la bonne foi des auteurs qui ont exalté l'A. anguicida, comme le P. Labat ou le P. Dutertre, etc., il pense qu’ils se sont parfois montrés trop crédules, et cite maints exemples de fourberie flagrante des charmeurs de serpents.

La décoction des diverses parties serait un antisyphilitique et un emménagogue puissant (Duchartre). Les racines en particulier seraient employées dans les céphalées rebelles et les tumeurs vénériennes (Descourtilz). On l’a même dite aphrodisiaque.

Dose : 1 ou ? poignées de feuilles ou tiges en infusion, — ou bien 25 à 40 gouttes de teinture alcoolique, — ou encore 3 à 4 grammes d'extrait.

1 Rufz, Enquête sur les serpents de la Martinique, p. 126-129, etc.

? I se peut fort bien que les serpents soient très désagréablement impressionnés par l'odeur de la plante fraîche, odeur qui, paraît-il, est fort repoussante. « Odor totius plantæ nauseosus est ac ingratus », dit Jacquin (/oc. cit.) coRadices.. ..... medullam habent albicantem, plenam suceo aurantio, amaro, nauseoso et fœtido... »

On croit, dit M. Naudin!, que cette espèce est le Guaco des habitants de la Colombie. Le nom de Guaco s'applique, on le sait, à bien des plantes. Celle-ci en est peut-être une. En tout cas, elle a les propriétés des Guacos. Mais je ne l'ai vue nulle part indiquée sous ce nom et n’en ai trouvé d’échantillon dans aucun droguier.

La plante à été introduite en Europe à Kew, par Purdie, vers 1845. On la cultive dans les serres comme les Passiflores.

A. Claussenii Duch., Tentam., Ann. sc. nat.,sér. 4, t.2, D: bis Prod: sx. pD-400;

Claussen l’a récoltée au Brésil, dans la province des Mines, où on la nomme Jarrinha do Campo.

Rien de particulier à en dire. Aucune propriété spéciale. Je ne la cite que pour son nom vulgaire de Jarrinha, qui s’applique à divers Guacos,

A. tenera Pohl, Msc. in herb. Vindob. (ex Duch.); — Dach};;Prodr., XNSp: 406:

Vulgairement nommée Matos par les Néo-Granadins, cette plante est, je crois, celle dont Gaillard a rapporté les racines de la région du Haut Orénoque.Ces racines filipenduliformes ont été décrites page 136.

Les tiges sont faibles, ligneuses en bas, à rameaux grêles. longs, diffus.

Elle habite la province de Bogota, où Triana l'indique à 300 mètres d'altitude, dans les Llanos de San-Martin. Pohl désigne Buccaiïra et l'étiquette de Gaillard porte Puerto Zamuro.

La plante est intéressante, car elle est employée, dit-on,

‘ Naudin et von Mueller, Manuel de l'acclimateur, p. 143.

journellement par les indigènes contre la morsure des serpents

et aussi comme stomachique.

La légende veut qu'un petit mammifère nommé Matos se

guérisse des morsures des serpents en mangeant ces tuber-

cules ‘.

A. filipendulina Duch., Tentam., p. 10 ; — Prodr. XV, p. 466.

La plante est grèle et volubile : elle est remarquable surtout par les renflements tuberculeux de ses racines qui lui ont valu son nom significatif. Ces renflements sont ovoides, ou plus souvent turbinés, aplatis à la partie supérieure, effilés en bas de 1 à 3 cent. de longueur sur 8 à 15 mm. de diamètre, de couleur noirâtre.

Elle habite le Brésil central, où les indigènes la nomment Batatinha ou Jarrinha et l’emploient souvent comme purgatif (Duch.).

A. cymbifera Mart. et Zucc., Nov. Gen. et Spec., I, p. 7», 0e = Duch., Prodr., XV, p. 469.

Howardia Brasiliensis Klotzsch, Monatsb., 1859, p. 608 (nec Mart. et Zucc.).

Duchartre en admet trois variétés :

&. LABIOSA.

A. labiosa Ker, Bot. Reg., 1828, t. 689; — Sertum botanicum de van Geel, classe XX.

B. GENUINA:

A. grandiflora Gomez, Obst. bot. med. (1803) pars IT, p. 14, t. 3 (ex Ducn.).

A. cymbifera Mart. et Zucc., loc. cit.

A. labiosa Sims, Bot. Magaz., t. 2545 (ex Duch.) (nec Ker).

Voy. Bocquillon-Limousin, Les plantes alexitères d'Amérique, p. 1—1891.

A.orbiculata Vell., FI. flumin., 9, t. 96(ex Duch.). A. galeatea Moritzi, Syst. Verzeich., p. 70 (ex Duch.) (nec Mart. et Zucc.).

A. hyperborea Paxt., Mag. of Bot., 6, p. 53 (ex Duch.).

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