‹ Les aristolochesChapitre 6 sur 36 · DURE — ME · texte numérisé non relu

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etc.,etc., sont du Brésil; les cordiflora, ringens, Goudotü, de la Colombie ; les fragrantissima du Pérou surtout; le Chiquitensis de Bolivie; le Chilensis du Chili; les Surinamensis, macrophylla des Guyanes,; les pandurata, barbata, du Vénézuéla etc. D’autres s'étendent sur plusieurs pays, comme le grandiflora qu’on trouve au Brésil, aux Antilles, en Colombie, au Guatemala, etc., le maxima de toute l'Amérique centrale, le frilobata du Brésil et des Antilles. Le Mexique est aussi riche en espèces, entre autres l'odoratissima qui descend aussi dans l'Amérique centrale, les tricaudata, Turbacensis, ovalifolia, fœtida, etc., etc. Les Antilles en possèdent beaucoup également, tantôt communes avec les régions voisines de l'Amérique centrale où méridionale (anguicida grandiflora, odoratissima, trilobata, etc.), tantôt plus spéciales (bilobata, etc.), ou même appartenant à une seule ile, comme les À. peltata, punctata ou caudata de Saint-Dominique, les glandulosa, pentandra de Cuba, etc.

Sans quitter le Nouveau Monde, signalons dans l'AMERI- QUE Du Norp quelques espèces importantes: les A. Serpentaria, reticulata, Sipho, tomentosa, etc., ctc., toutes des États-Unis.

La REGION MÉDITERRANÉENNE, bien qu’elle n'offre qu'un nombre relativement restreint d'espèces, est fort intéressante pour nous, car à ces espèces dès longtemps connues ont été attribuées bien des vertus réelles ou imaginaires. Les A.longa rotunda, pallida, Clematitis, Pistolochia ont encore leurs usages locaux. Les unes (roltunda, etc.) sont largement répandues dans l’Europe méridionale et l'Afrique du Nord, d’autres s'étendent seulement dans la région orientale de la Méditerranée: ainsi les A. altissima, hirta de l'Algérie à la Syrie, pallida depuis Nice jusqu’en Asie Mineure ! ; d'autres

f On peut comprendre encore dans cette région l'A. Mawrorum, qu'on

rencontre en Orient, à Alep, etc., et l'A. Pontica des bords de la mer Noire et de la Caspienne.

2f- ue occupent, au contraire, plutôt la résion occidentale, comme le longa qui va jusqu à Madère, et le Pis{olochia qui s'étend de l'Italie au Portugal; d'autres enfin, plus localisées, habitent une région spéciale, comme le Fontanesii d'Alsérie et les semperoirens et Cretica de Crète. Presque toutes ces espèces occupent une zone assez restreinte au bord de la mer ct ne pénètrent œuère dans le continent. Le Clemalitis est, au contraire, dispersé dans toute la France et dans l'Europe moyenne.

L'ASIE, bien moins riche en espèces que l'Amérique, en offre surtout moins d'intéressantes pour la matière médicale. L’A. bracteata, dont les usages sont fort nombreux, a une aire très étendue, car on la retrouve depuis l'Inde jusque dans l'Afrique centrale. L’Indica n'est pas non plus spéciale à l'Inde et s'étend jusqu'en Australie. Ce sont là les deux espèces les plus importantes. Le contorta du nord de la Chine, le Kaempferi du Japon n’ont qu'un intérêt secondaire et l’étude des autres est du ressort de la botanique pure.

Le CONTINENT AFRICAIN, plus pauvre encore, n'offre aucune .

espèce intéressante, et c’est à peine si nous nommerons en passant l'A. macrocarpa du Gabon, et l'A. Goldieana du Calabar et de Sierra Leone, l’A. acuminata des Mascareignes et de Madagascar. Enfin les quelques espèces d'Australie ou de la Malaisie n’ont aucun intérêt : il n’en sera pas parlé.

En somme, toutes les espèces importantes étudiées ici proviennent : 1° de l'Amérique tropicale ; 2 des États-Unis ; 3° de la région méditerranéenne ; 4 de l'Inde.

STATIONS. — Les Aristoloches sont ordinairement grimpantes, sarmenteuses ou volubiles. Aussi cherchera-t-on la plupart des espèces dans les haies, dans les taillis, ou même sur les arbres dont les branches leur servent de support et d’où elles retombent souvent en guirlandes gracieuses. Pour-

+ seul

ob 2 tant l'habitat est quelquefois différent : ainsi en Algérie on trouve l'A. alhissima dans les haies, le longa dans les prairies, le glauca sur les rochers. Dans notre pays, l'A. Clematitis est une plante des vignes ou des champs cultivés, tandis que le rotunda se montre assez indifférent au milieu, que le longa se cache dans les talus herbeux des bords des champs, etque le Pistolochia se plaît au contraire souventdans leslieux stériles. entre les rochers de nos garrigues. La même diversité se rencontre, semble:t il, pour les espèces exotiques : ainsi l'A. caudata est indiqué à St-Domingue dans les lieux arides, le cymbifera dans les haies ombragées du Brésil. La plupart des espèces semblent demander pourtant à la fois la chaleur et Phumidité.

Quelques espèces s'élèvent un peu en altitude : le saccata du Bengale orientale et du Népaul croît entre 650 et 1,000 mètres, le platanifolia de l'Inde atteint de 1,000 à 1,250 mètres ; le /ætida du Mexique se rencontre à 1,950 mètres, etc.

La plupart ne sont pas spéciales à tel ou tel terrain. Cependant quelques-unes recherchent les sols calcaires, comme notre rotunda, le bilabiata de St-Domingue, etc.

Quelques Aristoloches sont fréquemment cultivées dans les serres chaudes ou tempérées des jardins botaniques, où elles réussissent d'ordinaire assez bien, et fleurisent même sans exiger des soins spéciaux. Parmi les plus brillantes, on peut citer les saccata, grandiflora, labiosa, cymbifera, ornithocephala, gigantea, trilobala, elegans, etc., etc. On leur donne en général un sol assez riche en humus et frais, pendant la végétation. La multiplication se fait par boutures ou marcottes, suivant les espèces.

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