CLASSEMENT ET DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS
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Les échantillons d’Aristoloches que j'ai pu examiner, étudier et décrire, sont nombreux et de provenance diverse ; le plus grand nombre se trouve à l'École supérieure de pharmacie de Paris. En effet, les diverses expositions tenues à Paris, et surtout celle de 1889, ont été pour l'École l’occasion de nombreux dons et achats, et plusieurs collections locales sont venues former un précieux complément à la grande collection générale et à la collection Guibourt. Ces produits de pays fort divers, aujourd'hui à peu près tous classés, offrent, pour les travaux de matière médicale, des éléments rares et importants. J'ai trouvé des Aristoloches dans les produits de l'Amérique du Nord, du Mexique, du Guatemala, du Salvador, de la Nouvelle-Grenade, du Brésil, du Paraguay, de l’Inde, de la Chine, etc., etc.
Le Muséum d'histoire naturelle, dont les richesses en ma- {ière médicale sont en ce moment en voie de classement, m'a offert un assez grand nombre d'objets d'étude. Grâce à lamabilité ordinaire de M. le professeur Bureau, j'ai pu examiner une trentaine d'échantillons d'Aristoloches, dont quelques-uns identiques à ceux de l’École de pharmacie.
M. le professeur Beauvisage a bien voulu me communiquer
> L'ART les exemplaires du droguier de la Faculté de médecine de Lyon. Le reste provient de sources très diverses : droguier de l’École de pharmacie et de la Faculté de médecine de Montpellier; envois de MM. Trelease, de Saint-Louis; Battandier et Hérail, d'Alger ; Doumergue, d'Oran, etc., etc. Enfin, produit des recherches à la pharmacie Centrale, à l'Exposition permanente des colonies, et dans diverses pharmacies et drogueries de Paris et de Montpellier. L'ensemble m’a fourni environ 150 échantillons, dont il est possible de faire quelques groupes généraux. Ces groupes seront basés uniquement sur les caractères des drogues, sur les organes que la matière médicale emploie le plus : racines, rhizomes et tiges aériennes.
Les Aristoloches, dont on emploie les tiges ou les racines, forment trois grands groupes :
1° Les FiBreusEs, dont le type est l'A. Serpentaria, etqui sont caractérisées par un rhizome plus ou moins court, portant des racines ordinairement nombreuses, soit en touffe, soit écartées.
2° Les LiGnEusEs, dont le type est l'A. cymbifera. Ces plantes sont ordinairement des lianes volubiles ou sarmenteuses, très souvent subéreuses, à structure rayonnée très nette, à racine souvent pivotante, mais toujours fortement ligneuse. Beaucoup d'espèces américaines.
3° Les TUBERCULEUSES, dont le type est l'A. longa. Ici le pivot s’est renflé fortement et a constitué un tubercule arrondi ou allongé, gorgé de fécule, et dans lequel les rayons ligneux sont séparés les uns des autres par un épais parenchyme.
Parmi les FIBREUSES : 1° les unes ont un petit rhizome court, horizontal, vertical ou oblique, sur lequel s’insèrent des racines très serrées, plus ou moins fines, en toufle. Ce sera là le type Serpentaria, qui comprendra non seulement la vraie Serpentaire etlA.reticulata, mais aussi notre A. Pistolochia,
ai: RE D dont les racines plus grosses ont un aspect analogue; 2° les autres ont un rhizome allongé et des fibres radicales seulement aux nœuds, écartées par conséquent et peu développées par rapport au rhizome lui-même : c’est le type Clematitis.
Les LIGNEUSES constituent la section la plus nombreuse. Elles comprennent d'abord les Guacos et Mil-homens avec toute la série complexe des formes voisines, déterminées ou non.
La détermination exacte des échantillons, lorsqu'ils se présentent sans aucun autre organe que des fragments de tige ou de racine, quand on en connaît tout au plus le lieu d'origine, n’est point chose facile, et souvent il serait téméraire d'indiquer une espèce botanique comme la source certaine de tel ou tel produit. Dans bien des cas pourtant l'identité n'est point douteuse, l’on peut décrire l'échantillon sous son vrai nom et lui rapporter avec certitude tous ceux dont les caractères paraissent semblables. Si, dans d’autres cas, il n'est pas possible d'attribuer avec certitude à une plante déterminée l’origine d’une drogue, on peut du moins établir quelques groupements naturels. Ainsi, par un exemple, le groupe des Guacos et Mil-homens est très complexe : nombre de plantes ont été nommées Guacos par les indigènes ; pour ne parler que des Aristoloches, on trouverait peut-être 20 espèces connues sous ce nom: la patrie d’origine, l'aspect, la structure même les rapprochent souvent, et rien n'indique que la drogue soit fournie plutôt par une espèce que par une autre voisine.
Après ce groupe difficile, viennent des espèces mieux limitées, comme les À. Sipho, tomentosa, Indica, etc., etc.
Enfin les TUBERCULEUSES peuvent être divisées en:
1° Rondes, type de l’A. rotunda, pallida, etc.; ;
2° Longues, type de l’A. longa, Fontanesii, etc.;
3° Filipenduliformes, type de l’A. fenera et filipendulina, etc.
Il n'est ici question que des espèces dont j'ai vu des spécimens.