MATHURINE, DU VAL, LUCETTE
DUYAL , d'un ton très-fat.
Oui, mademoiselle, (a Mathuiine.) Madame, j'ai riiomicur de vous présenter mon respect. (ALucette.) Depuis que vous m'avez permis de vous of'li'ir des fleurs, elles viennent d'elles-mêmes dans le jai-din de mon oncle.
HCETTE.
Vous êtes bien honnête, monsieur Du val.
MATHURINE , à part.
Ces fleurs-là vont détruire tout mon onvrage.
DU VAL
J'espère que madame Mathurine me permettra de faire deux parts de mon bouquet. Je metti'ai d'un cùté les roses pour la mère, et de l'autre les boutons pour la fdle : chacune aura ce qui lui ressemble. Quoiqu'on vérité, quand vous êtes auprès l'une de l'autre, je vous [jrends toujours pour les deux sœurs, et j'ai de la [)eine à distinguer l'aînée .
LUCETTE
Ma mèi'c, entendez-vous?
MATHURINE
Tenez, monsieur Duval, vous croyez me faii'o un complimenl, et vous vous Ironqiez. Je sei'ais
bien fâchée tl'ctro sa sœur, car je ne serais plus sa inère ; el je ne connais pas dans le monde un nom plus doux, ni un plus bel état.
DUVAL
En ce cas, les roses vous appartiennent.
(Il chante à Mathurine.)
En approchant de vous ces fleurs , Vous allez ternir leurs couleurs, Bien moins brillantes que les vôtres.
(A Lucette.) Ces tendres boutons s'ouvriront, Quand sur votre sein ils seront Accompagnés de quelques autres.
LUCETTE
Hé ])ien, ma mère, a-t-il de l'esprit?
DU VAL
A propos, madame Mathurine, mon oncle m'a chargé de vous dire qu'il avait trouvé, dans de vieux papiers, un titre par lequel vous avez des I droits certains siu- les biens d'un nommé Arlequin, un paysan de ce village, une espèce d'imbécile, à ce qu'on dit. Mon oncle vous offre de commencer le procès, et vous répond de le gagner.
MATHURINE
Monsieur votre oncle a bien de la bonté.
DUVAL
Cela vaut la peine d'y penser. ( a Lucette.) Vous ne savez pas ce qui m'est arrivé ce uiatin?