‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 119 sur 133 · SCÈNE VII. 18d · texte numérisé non relu

SCÈNE VII. 18d

madame Matliuriiie ; quelle satisfaction pour monsiem" votre gendre et pour vous! Tenez, moi, je suis né très-sensible, et mon cœur est ému à cette seule idée. 11 me semble que je vois tout cela ; et je sens la joie.... les transports.... le plaisir.... Oh! c'est un beau moment, madame Mathurine!

MATHURINE

J'en conviens. Mais je n'ai pas trente-quatre ans, j'ai un cœur tout connue un autre : il est possible que je trouve quebju'un qui me plaise ; il est encore possible que je i)laise à quelqu'un. N'est-il pas vrai , monsieur Dm al ? On a ^ u des choses plus extraordinaires.

DU VAL

Pour cela, madame, ce ne serait point du tout singulier.

MATHURINE

Hé bien, si, après avoir mis d'un cùlé le bien qui revient à ma lllle, je mettais d'un autre le reste de ma fortune, qui est quatre fois plus considérable, et par lù-dessus le titre que vous tenez; que je vinsse avec celte dot ti'ouver un aimable garçon, comme vous, je suppose; il ne faut ])as que cela vous fâche, ce n'est qu'une supposition, et que je vous dise : Mon cher ami, vous me plaisez, c'est voti"e métier; je vous épouse, c'est le mien; je vous donne tout ce que j'ai, c'est mon plaisir; et (pi'eu iiroiioiuant ces mots je vous

misse en possession de tous mes ])iens, de tout mon argent, de tous mes contrats : c'est une supposition, comme vous entendez bien; mais vous conviendrez que dans cette supposition-là je jouirais bien mieux de la sm*prise, de la joie, de la reconnaissance de celui que j'enrichirais. Ab! quel moment, monsieur Duval, quelle satisfaction pour mon époux et pom* moi! Tenez, je ne le cache pas, je suis encore sensible, et mon cœui' tressaille un peu à cette idée; il me semble que j'y suis.... et je sens.... en vérité.... Oh! c'est un job moment, monsieur Duval!

DUVAL

Oui, oui, madame Mathurine, et plus joli encore pour celui qm le passerait avec vous que pour vous-même.

MATHURINE

Allons donc, vous vous moquez. Parlons de quelqu'un qui vaut bien mieux que moi, de ma fille : car si je m'occupe jamais de la supposition que j'ai faite, ce ne sera qu'après l'avoir étabhe. Tous mes arrangements sont pris là-dessus : l'argent qui lui revient est prêt; j'y ajouterai même quelque chose, parce qu'une mère est toujours obligée de faire plus que son devoir; on me permettra de disposer ensuite de ce qui me reste en faveur de la personne que mon cœur aimera le plus.

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