SCÈNE IX
LUCETTE
El que dira votre mère? Vous ne songez ])ns qu'en m' abandonnant vous l'abandonnez aussi?
Ce n'est pas moi qui vous abandonne, puisque je vous cnqioi'te dans mon cœur, et que vous m'nvez dit : Va-t'en. Quant à ma mère , je n'ai point d'excuse, je le sais, et j'en pleure. Mais madame Mathurine la consolera, prendra soin d'elle pendant mon absence. Je ven;iis l'en prier; je venais lui demander de remplir ma place auprès de ma mère. Ce n'était pas vous que je chercbais, mademoiselle ; je voulais partir sans vous voir.
LUCETTE
Partir! Quoi! vous voulez partir dès aujourd'hui ?
Tout à l'heure. Il le faut bien : le capitaine m'a dit que le général est à la veille de donner bataille, et qu'il n'attendait plus que moi pour cela. Vous jugez bien que je ne peux [las faire attendre cet honnête homme.
LUCETTE
Mais , Arh^quin , l'on vous a trompé ; soyez sûr....
Oh ! je le sais bien que l'on m'a trompé, mais ce n'est pas le capitaiue. Mademoiselle, ne me rete-
nez pas plus longtemps : je vous le répète encorr-, ce n'est pas vous que je cherchais; c'est niatlaine 3Ialhurhie votre mère, à qui je veux remettre ce papier. Est-elle chez elle?
LUCETTE
Elle est en affaire. (Arlequin s'en va.) Vous me quittez donc ?
ARLEQUIN, s'arrête.
Je tâche de m'en aUer, mais je ne vous quitte pas.
LUCETTE
Arlequin....
Hé bien ? (Il revient.)
LUCETTE
Que je suis malheureuse !
Je n'aurais jamais cru que c'eût été à moi de vous consoler aujourd'hui.
LUCETTE
N'en parlons jjIus, puisque votre parti est pris. (Elle pieuic.) Dilcs-moi seulement ce que c'est que ce papier que vous voulez donner à ma mère.
ARLEQUIN, refusant de le montrer.
Oh! ce n'est rien, mademoiseUe, ce n'est rien.
LUCETTE
Comment! je ne peux pas le voir?
Vous le verrez quelque jour : ce n'est pas mon intention ([ue vous le voyiez dans ce moment.