SCÈNE II
SCAPIN
SCAPIN
Nou, ma foi; regarde toi-même.
Ma fortune est faite, mon terne est venu. Que d'argent je vais avoir! C'est bon, mon mariage sera tout d'amoui-.
SCAPIN
Comnienl ! (Il regarde le blllet d'Arlequin.) Il a, llia foi,
raison. Ce drôle-là est ])ien heureux.
Il y avait longtemps que je guettais ce terne-là; je suis siu' que j'ai passé près de lui plus de trente fois :
à la fin je l'ai attrapé, tnjemel son blUet dans la mémo poclie.) SCAPIN , à part.
Si je pouvais accrocher ce billet-là !
Adieu, je vais me faire payer; car je dois placer tout de suite cet argent, non pas sur ma tète, mais sous les plus jolis petits pieds du monde. '
SCAPIN
Attends donc, tu ne sais pas seulement où il faut aller pour te l'aire payer.
Non.
SCAPI.N.
Ecoute : je vais t'iiidiqucr où demeure celui qui
paye. (Pendant tout le reste de la scène Scapin cherche à voler le billet d'Arlequin, et celui-ci le dérange toujours ) Tu Sais bien OÙ CSt
le Luxemboiu^g ?
Oui.
SCAPIN
Hé bien, c'est là que l'on paye.
Au Luxembourg ?
SCAPIN
Om.... c'est-à-dire.... non.... avant d'y entrer, à droite, tu verras une porte cocbère.... Tiens.... voilà le Luxembourg, là, à droite, il y a une porte cocbère.... jamie.
Une porte jaune ?
SCAPIN, nte.
Oui ; tu la reconnaîtras tout de suite. Tu frapperas, l'on t'ouvrira ; tu entres, tu vois un escalier à gauche, tu montes ; tu trouves au premier une petite porte grise , une sonnette avec un pied de biche ; tu sonnes : vient un domestique : Je demande à parler à M. le directeur. Donnez-vous la peine d'entrer. On te mène à son bureau , tu lui montres ton billet. Vite de l'argent à monsieur,