ROSALBA, ARLEQUIN, ARGENTINE, LES DEUX ; ENFANTS
ROSALBA
Qu'il ne manque plus rien à mon bonheur. Laisse-moi reprendre haleine, je ne me possède pas de joie.
ARGENTINE
Je brûle d'apprendre....
ROSALBA
3Ia tendresse pour toi pouvait seule me donner le courage que je viens d'avoir. En te quittant, j'ai couru chez mon père; Arlequin sortait, il lui avait tout dit, car mon père, irrité, donnait à Lelio des noms (pi'il est loin de mériter. Je me suis précipitée à ses pieds : « C'est moi, me suis -je écriée, c'est moi qui l'ai épousé; je suis sa femme.... — La femme de qui? a-t-il dit en me repoussant.... — La femme de Lelio. » A ces paroles, mes iorces m'ont abandonnée, mais non pas mon père; il m'a relevée avec fureur et tendresse, ses mains tremblaient et n'osaient pas serrer les miennes ; il semblait avoir peur de me pardonner. J'ai profité de l'instant, j'ai tout avoué; je lui ai dit que je portais dans mon sein le gage de notre union; que cet enfant était le sien, et qu'il lui demandait par [