SCÈNE XVIII
ma voix la permission de naître pour l'aimer. Mon amie , cette idée a fait évanouir sa colère ; il est resté un moment incertain sur ce qu'il allait dire. Mes yeux étaient fixés sur les siens, mon cœur battait de toute sa force ; je le regardais sans parler, il me regardait de même : enfin ce silence a fini par un torrent de larmes qu'il retenait depuis longtemps. Dès que je l'ai vu pleurer, j'ai senti qu'il allait pardonner; je me suis élancée à son cou; et les premiers mots que sa bouche a prononcés, en se pressant sur mon visage, ont été : « Ma fille , je te pardonne. »
ARGENTINE , embrassant Rosalba avec transport.
Ah! rien ne manque à mon bonheur.
ROSALBA
Venez, mes amis, venez avec moi : je cours chercher Lelio; je vais le conduire aux pieds de mon père. Soyez les témoins d'une félicité que je dois à ma chère Argentine.
Mais je n'entends pas bien tout c(>la. M. Lelio est donc le mari de mademoiselle Rosalba?
ARGENTLNE.
Voilà ce grand secret que j'avais promis de te cacher. De peur qu'il ne fût découvert, je recevais sous mon adresse les lettres de M. Lelio pour sa femme. Celle d'aujourd'liui....
Chut, chut, je comprends toute ma méprise : je ne me la pardonnerais pas si j'avais eu hesoin (l'explication pour me raccommoder avec toi. (ii embrasse Argentine, et puis il prend par la main ses deux enfants.) McS
enfants, vous vous marierez un de ces jours; si vous avez le bonheur, comme moi , de trouver une honnête femme , souvenez-vous qu'il faut toujours a croire plus que vos propres yeux. Sans cela point de bon ménage.