‹ Les armes à feu portatives, trChapitre 14 sur 133 · PLATINE A MÈCHE AVEC BASSINET ET COUVERCLE · texte numérisé non relu

PLATINE A MÈCHE AVEC BASSINET ET COUVERCLE

Vue extérieure, pi. 5, fig. 19.

Constiniction intérieure, pi. 5, fig. 30.

Le canon fut muni d'un guidon (près de la bouche) pour faciliter le pointage. La monture reçut une forme plus pratique et fut pourvue de la baguette ; le maniement de l'arme avait été ainsi considérablement facilité.

Ces perfectionnements n'en restèrent pas là ; à cette même époque on pourvut le canon d'une mire, consistant en un petit tube (tig. 14) ou d'une petite hausse fixée sur le canon et pourvue d'une entaille.

Le départ du coup au moment voulu fut obtenu presqu'en même temps de deux manières, savoir au moyen de la plutlne à rc«fM»rt et de la platine à reiiet ; il n'est même pas certain que cette dernière n'ait pas précédé l'autre et que le mécanisme introduit pour retenir le rouet armé n'ait pas donné naissance à l'idée du chien à mèche.

PLATINE A MÈCHE (A BESSOBT) (arsenal de soleure).

Vue intérieure, pi. 5, fig. 21.

Vue extérieure, pi. 5, fig. 22.

Le chien a son point d'appui sur l'extrémité de la gâchette A, qui dépasse le corps de platine extérieurement et qui est en communication avec la détente. Un ressort B, adapté extérieurement, presse contre le pied du chien de manière à faire abattre celui-ci sur le bassinet dès qu'une pression exercée sur la détente retire l'extrémité de la gâchette qui lui servait d'arrêt.

L'ingénieuse invention de la < platine à ïouet > remonte à l'année

1517, et provient d'un horloger de Nuremberg.

PLATINE A ROUET ORDINAIRE (arsenal de bale).

Vue intérieure, pi. 5^ fig. 23.

Vue extérieure, pi. 5, fig. 24.

Le rouet A de cette platine est armé au moyen d'une clef (servant en même temps de tourne-vis, fig. 27) à laquelle on fait faire trois quarts de tour ; la chaînette B qui.

18 ABM£S A F£Ù.

par ce mouvement de rotation, vient s'enrouler autour du .pivot excentrique du rouet, entraîne l'extrémité du grand ressort G, auquel elle est reliée, et arme celui-ci. Lorsque le rouet est suflSsamment armé, l'extrémité recourbée de la gâchette D entre dans une cavité (cran) du rouet, tandis que l'arrêt dé la gâchette E, pressé en même temps par son ressort, s'engage sous l'autre extrémité de la gâchette et l'empêche de se dégager du cran, jusqu'à ce qu'une pression, exercée sur la détente, vienne retenir l'arrêt de la gâchette. La gâchette ne peut plus alors retenir le rouet, en sorte qu'au moment oh le grand ressort se détend, le rouet se déroule avec la plus grande rapidité.

Avant de presser la détente, le chien, fixé par un ressort et entre les lèvres duquel se trouve une pierre à silex, est abaissé sur le bassinet. La pierre à silex presse sur les cannelures du rouet qui pénètre au centre du bassinet rempli de pul vérin.

Le rouet, dans son vif mouvement de rotation, frotte contre la pierre à silex et en fait jailUr des étincelles qui mettent le feu à la poudre contenue dans le bassinet.

Pour contenir la poudre dans le bassinet, on se servait d'un couvercle à chamièi-e que l'on ouvrait et fermait au commencement avec la main, mais qu'on relia plus tard avec le rouet, afin de le faire ouvrir dès qu'on armait celui-ci ; pour pouvoir le fermer plus commodément, on y fixa un bouton à ressort.

PLATINE A ROUET, a couvercle automatique, ciselée.

Vue intérieure, pi. S, fig. i5.

Vue extérieure, pi. 5, fig. 26.

L'excentrique relié au rouet ouvre le bassinet, dont le couvercle se referme par une pression exercée sur le bouton K, ce qui dégage le ressort d'arrêt L et permet au ressort M de jouer.

Tant que le silex repose sur la circonférence du rouet, l'inflammation de l'amorce est assurée ; mais le mouvement rapide de la roue à cannelures usait très-vite la pierre qu'il fallait alors retourner ou remplacer par une autre.

CLEF DE PLATINE A ROUET (en même temps tourne-vis).

PI. 5, fig. 27.

Pour plus de sûreté, les platines à rouet furent fréquemment munies d'un serpentin à mèche, placé vis-à-vis du chien de silex.

PLATINE A ROUET ET A SERPENTIN (arsenal de bale).

Vue extérieure, pi. 1, fig. 35.

Construction intérieure, pi. V, fig. 36.

Il existe d'admû*ables platines à rouet, tant sous le rapport du soin apporté à leur exécution que sous celui de la richesse de leurs ornements.

SEIZIEICE SIECLE. 19

L'armurerie se développa grâce aux prix élevés qu'on payait pour les armes de luxe, ce qui ne s'applique pas seulement aux armes à feu portatives, mais aussi aux bouches à feu qui furent de plus en plus couvertes d'ornements et de ciselures. On en voit entre autres plusieurs exemples dans les < descriptions du matériel de guerre de Charles-Quint. >

Une arme à peu près unique dans son genre est :

L'ARME- AU-MOINE (inflammation a friction), musée HisTomQUE de dresde.

Cette arme se compose d'un court tube sans monture (d'environ 28 centimètres de longueur) et du calibre de 12"™, 65 ; sur le côté gauche du canon se trouve une espèce de boîte en fer allongée dans laquelle aboutit le trou de lumière. Dans cette boîte, une tige dentée — se terminant extérieurement en poignée — se meut en avant et en arrière sous la pression d'un chien à ressort vissé sur la boîte et entre les lèvres duquel est fixée une pierre à silex ; ce dernier repose sur la tige dentée, et le frottement de celle-ci lui arrache des étincelles qui enflamment la poudre contenue dans la boîte.

J. Schœn dit de cette arme qui, d'après la tradition, aurait dû appartenir à Berthold Schwarz (1290 à 1320) (ce qui est très-invraisemblable), qu'il est difficile de déterminer l'époqu^à laquelle elle appartient; car, d'un côté, son mécanisme primitif défectueux et son maniement fort incommode pourraient faire conclure à une époque reculée, tandis que, d'autre part, son mode d'inflammation pourrait être regardé comme ayant immédiatement précédé la platine à rouet.

La platine à mèche se maintint encore longtemps à côté de celle à rouet et lui était même souvent préférée en raison de sa simplicité ; ainsi, par exemple, en

1519, Maximilien I" ne voulait avoir d'autres armes à feu portatives que celles à mèche.

Les mousquets, adoptés d'abord en

1521 en Espagne, furent (d'après Hoyer) encore munis en grand nombre de platines à mèche.

Le mousquet se distingue notamment de l'arquebuse en ce qu'il est plus facile à porter et à manier. H est muni d'un canon long, mais léger, qui, au lieu de chevalet, s^appuie simplement sur une fourche que le mousquetaire porte avec lui. Le canon est composé de bandes de fer préparées d'avance et soudées ensemble à chaud autour d'un mandrin ; ce procédé permit de diminuer considérablement le poids de ces canons, comparé au poids des canons forés.

La dénomination de < mousquet > doit provenir du nom < Muchetus > (épervier), dont on donna la forme aux chiens ou serpentins de ces armes (courbière).

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